‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistesChapitre 14 sur 55 · NAR · texte numérisé non relu

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fausses trachées, ni vaisseaux poreux, il paroît que lesfluides se répandent dans leur tissu, de proche en proche, sans suivre de routes fixes et régulières. |

Causes de la succion, de la transpiration et de la marche des fluides.

Beaucoup de physiciens des deux derniers siècles croyoient que la succion des végétaux (voyez Succrow) étoit une simple imbibition, et que leur transpiration (voyez DépsrpitioN) résultoit uniquement de la vaporisation des fluides par la chaleur. La succion des racines et des feuilles, et la marche ascendante de la séve étoient, suivant eux, le résultat de l'attraction capillaire des tubes; mais cette hypothèse et plusieurs autres, tirées des lois générales de la physique, ne répondoient pas à cette grande objection, que, dans les végétaux morts, on n'observe ni succion, ni transpiration, ni mouvemens réguliers des fluides, bien que les formes organiques n’y différent point sensiblement de celles des végétaux en pleine végétation. Il a donc fallu avoir recours à la force vitale, qui est pour le naturaliste ce qu'est l'attraction pour le physicien, un effet général auquel on rapporte comme à une cause première tous les phénomènes particuliers qui concourent à le produire.

Nous dirons donc que la succion, la transpiration et la marche des fluides dépendent de la force vitale; mais, parce que nous voyons que cêtte force n’agit pas toujours avec une égale intensité, et que même ses effets sont modifiés par des causes extérieures, il nous reste à connoître ces causes, et l'influence que chacune d’elles exerce sur les phénoménes de la végétation. Le calorique est celle dont l’action est le moins équivoque : indépendamment de ce qu’il détermine l’évaporation, il agit encore comme stimulant de l’irritabilité, puisqu'il faut différens degrés de chaleur pour faire entrer en séve les différentes espèces, et que chacune est douée d’une force particulière ; au moyen de laquelle élle supporte , sans risque de la vie, un abaïissement de température plus ou moins considérable.

L'action de la lumière occasionne la décomposition du gaz acide carbonique et le dégagement de l’oxigène : c’est un fait que prouve l'expérience, quoique les théories chimiques n'en puissent rendre raison.

Le fluide ékectrique à sans doute quelque influence sur la

vie végétale ; mais, jusqu’à ce jour, on ne sait rien de positif à ce sujet. La croissance extraordinaire des plantes, quaud le cielest orageux , dépend peut-être beaucoup plus de la lumière diffuse du jour, et de la chaleur humide de l atmosphère, que de l’action du fluide électrique.

La raréfaction et la condensation de l’air contenu dans les vaisseaux contribuent aux mouvemfèns des fluides.'La plante, au moyen de l'air, agit comme une pompe foulante et asp:rante ; mais cet effet a pour cause les variations de l’atmosphère, et l’air n’est ici qu’un véhicule que la température met

en jeu.

Quant à l'attraction capillaire, elle tend sans cesse à introduire et à retenir dans le tissu végétal, une quantité considérable d'humidité, et, par cette raison, il n’y a pas de doute qu’elle n’aide à la nutrition ; mais le tissu végétal, privé de vie, ne cesse pas d’être hygrométrique, parce que cette propriété résulte de formes que la mort ne détruit point; ainsi on ne sauroit expliquer certains mouvemens de la séve qui nese manifestent que dans le végétal vivant, pas les seules lois de l'attraction capillaire.

Concluez de tous ces faits, que la force vitale joue un rôle dans les mouvemens de la séve aussi bien que dans les autres phénomènes de la végétation.

Le premier cHetde la vie végétale, je veux dire la succion, n’est señsible que dans les parties jeunes, telles que le Liber, les feuilles et l’extrémité des racines. Le liber est l'organe essentiel de la succion. Une branche peut pomper les fluides sans feuilles, sans boutons, sans racines, mais non pas sans liber ; et encore dois-je rappeler que les boutons, les feuilles et l'extrémité des racines, qui, dans un arbre en pleine végétation, aident si puissamment à la succion, ne sont que des développemens du liber ou de l'herbe annuelle, ce qui est la même chose.

Tant que les vaisseaux ne sont pas remplis de séve, la suecion peut s’opérer indépendamment de la transpiration. Les arbres entrent en séve avant l'épanouissement des boutons, et les individus, dont on supprime les feuilles et les branches à l’époque de la végétation, continuent durant quelque temps de pomper les fluides par leurs racines.

Dans les climats tempérés, au retour du printemps, lorsque l'élévation de la température excite l’irritabilité végétale, les jeunes racines des végétaux ligneux entrent en succion , et la séve s’éléve et s’amasse dans leurs tiges et leurs branches. A cette époque, les feuilles sont encore enfermées dans les boutons; la transpiration est à peu prés nulle , et la moindre blessure , faite aux végétaux foccasionne une perte considérable de séve. La ponction de l’érable à sucre se fait, dans l'Amérique septentrionale, au mois d’avril, temps où la terre est toute couverte de neige. C’est aussi dans ce mois que la vigne et les bouléaux d'Europe se remplissent de séve. On reconnoît clairement, à cette époque, l’effet d’une force interne propre au végétal vivant; car, une fois que le mouvement séveux a commencé, un abaissement marqué dans la température n’arrête pas la succion du liber. Mais les boutons, abreuvés de fluide, ne tardent pas à se développer, et dès lors les choses prennent une autre face. La séve, auparavant presque stagnante, s’élance dans les vaisseaux avec une force prodigieuse, pénètre les jeunes rameaux, se distribue dans les feuilles, et produit a la fois la matiere de la transpiration , les sucs prapnes et le cambium.

Aussi long-temps que les feuilles transpirent abondamment, la séve est entraînée vers les extrémités, et les rameaux s’alongent, mais le végétal ne gagne pas en diamètre. Sitôt que la transpiration se ralentit, la croissance des rameauxs’arrête, les sucs nourriciers se portent vers la circonférence, et le végétal grossit.

Vers la fin de l'été, les feuilles endurcies transpirent si peu que la séve s’amasse dans les vaisseaux comme au printemps. Cette surabondance de nourriture , à une époque où la chaleur sollicite la transpiration et anime toutes les forces vitales, fait bientôt épanouir les boutons terminaux; de jeunes feuilles paroiïssent , le mouvement de la séve se rétablit, et ke végétal s’alonge. Le renouvellement de la végétation continue jusqu’à ce que les froids de l’arrière-saison y mettent un terme ; mais alors même la transpiration et la nutrition ne sont pas totalement interrompues. En cet état, l’arbre est comparable à ces animaux dormeurs, qui passent l'hiver dans un engourdissement léthargique.

Un froid accidentel, ou la suppression des canaux nécessaires à la transpiration, prolonge le repos des plantes au-delà du temps ordinaire. M. Thouin rapporte qu'ayant envoyé dis arbres en Russie, au comte Dimidoff, celui-ci les fit déposer dans une glacière, jusqu'au moment favorable à la plantation; que quelques uns de ces arbres, oubliés dans la glacière , passérent l’été sans donner aucun signe de vie, et que l’année suivante , ils furent mis en terre et poussérent très-bien. Quelquefois des arbres transplantés ne se développent pas la première année ; on les croit morts; mais la seconde année, ils percent avec une vigueur toute nouvelle. On a vu des pieux enfoncés dans le sol, s’enraciner et produire des branches au bout de quinze à dix-huit mois.

La chaleur, l'humidité excessives des pays situés entre les tropiques, apportent quelques modifications dans la marche des phénomènes de la végétation; mais, quoi qu’il en soit, on y reconnoît toujours l'influence des causes que j'ai Éd do précédemment. Mrreer, Elém. (Mass.)

MARCHETTE. (Aviceptol. ) On appelle ainsi la planchette ou toute autre machine qui tient un piége tendu, et que l’oiseau fait détendre lorsqu'il se pose dessus. (Cu. D.)

MARCOCABA. ( Bot.) Nom caraïbe cité dans l'Herbier de Suriän, du duranta , genre de la famille des verbenacées, dont la baïe est, selon lui, employée par les Caraïbes pour faire un vin. (3) -

MARCOLEUS. ( Ornith.) On trouve, dans Gesner et dans Aldrovande, ce nom et celui de marggraff donnés comme des dérogation allemandes du geai d'Europe, corvus glandarius, : : Linn. (Cx. D.)

MARCOTTAGE. ( Bot.) Mode de ani ition employé pour un assez grand nombre de végétaux. IL consiste à faire produire des racines à des branches encore attachées à la plante-mère. Pour cet effet, on élève une butte de terre autour de la base dé jeunes branches (ceignassier); souvent, il est nécessaire de courber les branches en terre, au lieu deles laisser dans la direction perpendiculaire (vigne); d’autres fois il faut en outre inciser la partie courbée enterre (œillet), afin de déterminer , à l'endroit de la blessure, un bourrelet qui facilite l'émission des racines, On détermine également

des bourrelets par des ligatures, par lenlévement d'un anneau d’écorce, etc. Les branches ainsi opérées, se nn marcottes, couchages, provins. ( Mass.)

MARDAKASCH. (Bot.) Nom arabe de la marjolaine, suivant Forskal. Daléchamps dit qu’elle est nommée merzenius ou mersangius. L’origanum ægyptiacum, espèce congénère , est nommé mardakouch ou bardakou, selon M. Delile. (J.)

MARDAKOUCH. ( Bot.) Voyez Marpakascx. (J.)

MARDER, MAAR, MARD (Mamm.), noms de la marte commune dans les langues germaniques. (F. C.)

MARDLURARTARTOK (Ornith.), un des noms groënlandois cités par Fabricius, Fauna Groenlandica, pag. 125 , comme synonymes du coq, phasianus gallus, Linn.(Cu. D.)

MARDONO (Bot.), nom donné dansle Chili au stereoxylum pulverulentum de la Fiore du Pérou, qui croit aux environs de la ville de la Conception. (J.)

MARÉCA. ( Ornith.) Suivant Pison, Hist. nat. el medica Indiæ occidentalis, p. 83, et M. d’Azara, tom. 4 de la traduction françoise de ses Voyages, p.326, ce nom désigne en général les canards au Brésil. D'un autre côté, Marcgrave, p. 214, l’applique en particulier à deux espèces de ce genre, dont Bufion appelle la première marec, et la seconde maréca. Celle-la, qui porte le nom d'ilathera He l’île de Bahama, est l'anas bôbas mensis, Linn., et celle-ci l’anas brasiliensis. (Cu. D.)

MARÉCAGEUSES [| Prawrss]. (Bot.) Parmi les plantes qui vivent dans l’eau, on distingue celles qui eroissent dans la mer (fucus), dans les lacs (scirpus lacustris, littorella lacustris), dans les fontaines (monlia fontana, sisymbrium nasturiium), dans les fleuves ou les eaux courantes (ranunculus fluviatilis) , dans les marais (chara, calla palustris); on nomme ces dernières plantes marécageuses. ( Mass.)

MARÉCAGINE. (Bot.) Nom françois donné par Bridel à son genre ParupeLza. Voyez ce mot. (Lem.)

MARÉCHAL. (Entom.) Nom vulgaire re faupins dans quelques départemens ; on les nomme aussi scarabées à ressorts, Voyez Taurin. (C. D.)

MARÉCHAUX. (Ornith.) M. Guillemeau dit , dansson Essai sur l’ornithologie des Deux-Sèvres, pag. 136, qu’on appelle

ainsi, dans les environs de Niort, le rossignol de muraille, motacilla phænicurus, Linn. (Cx. D.)

MARÉES. (Géogr. Phys.) Mouvemens périodiques de la mer, par lesquels elle s'élève et s’abaïsse successivement dans un même lieu, a des intervalles de temps réglés. La première circonstance est la marée montante qui se nomme aussi flux ou flot; l'autre est la marée descendante , appelée encore reflux ou jusan. Il est pleine mer quand la marée montante est parvenue à sa plus grande hauteur ; il est basse mer " lorsque la marée a cessé de descendre.

Ces divers mouvemens, peu sensibles dans les mers intérieures, et souvent déguisés par l'effet des circonstances locales, n’ont été connus des anciens que lorsqu'ils sont arrivés au bord de l'Océan. Les Grecs, dans l'expédition d'Alexandre aux Indes, et ies Romains, lors de la descente de César en Angleterre, furent vivement frappés de ce phénomène rendu trèsimposant par la grandeur que lui donnent les circonstances locales, à l’embouchure de l’Indus et dans le passage étroit qui sépare du continent les îles britanniques; maïs cependant quelles que soient les différences qu'y peut apporter la configuration des côtes, il est impossible , quand on l’observe avec suite, de méconnoîitre les relations que ses périodes ont avec les mouvemens de la lune. Dans les espaces libres, la haute mer arrive toujours aux environs de l’heure où la lune passe au méridien du lieu, et douze heures après lorsqu'elle passe au méridien opposé ; en sorie que ces déux instans retardent d'environ trois quarts d'heure par jour, ainsi que le fait le passage de la lune au méridien. Dans les lieux situés sur des détroifs ou sur des rivieres, ils ne sont plus les mêmes, a cause du temps qu'emploient à y parvenir les ondes par lesquelles le mouvement de la mer se propage ; mais le retard journalier suit encore le cours de la lune.

La mer emploie six heures à monter et autant à descendre : l'intervalle des deux époques successives de la basse mer, est . don aussi d'environ douze heures; ces époques répondent aux momens où la distance de la lune au méridien est d’environ le quart de la circonférence. Il suit de là que si l’on a observé une fois l'heure de la haute mer sur la côte ou dans uz port, on connoîtra celle des jours suivans, en y ajoutant

le retard du passage de la lune au méridien, pour le nombre de jours quise sont écoulés. Cette première époque, de laquelle on déduit toutes les autres, et qu’on fixe ordinairement au jour de la pleine lune, se nomme l'établissement du port. On la détermine avec soin, et on la publie afin que les navigateurs puissent profiter de la haute mer pour franchir les espaces où la basse mer ne laisse pas une profondeur suflisante. On voit par la qu'il est nécessaire aussi de connoître la hauteur à laquelle la marée s'élève; et nous avons déjà dit que cette hauteur dépendoit des localités. En effet, dans lesespaces les plus ouverts, comme dans la mer des Indes, elle ne surpasse point 1: mètre (3 pieds), et ne va même qu’à 3 décimètres (1 pied ) àOtahiti, dans le grand Océan (mer du Sud), tandis qu’elle est de 15 mètres (45 pieds) environ dans le renfoncement de la côte de France près de Saint-Malo. Des vaisseaux du premier rang peuvent donc, dans ces parages, passer sur un fond qui six heures après se trouvera entièrement découvert. Lorsqu'une élévation si considérable a lieu sur une côte plate, la mer, s’avançant beaucoup dans les terres, s’y développe avec une rapidité qui peut surpasser quelquefois la vitesse d’un cheval, et causer la perte des personnes qui n’ont pas su se retirer assez à temps. |

Ce n’est pas seulement à raison des circonstances locales que varie la hauteur des marées; elle dépend aussi de la position de la lune, soit par rapport à la terre, soit par rapport au soleil. Toutes choses d’ailleurs égales, la marée est plus forte quand la lune est le plus prés de la terre , c’est-à-dire à son périgée, que lorsqu'elle en est le plus loin , ou à son apogée. La marée est aussi plus forte aux époques des nouvelles et pleines lunes, c’est-à-dire quand le soleil et la lune sont en conjonction ou en opposition, qu'au premier et au dernier quartier (1).

Cette dernière circonstance, jointe à ASE des marées dans les équinoxes, montre qu’elles ont aussi quelque liaison avec la position de la terre relativement au soleil,

(IL est bon de se rappeler ici que la nouvelle et la pleinelune portent le nom commun de Syzve1rs ; le premier et le dernier quartier se nomment QUADRATURES.

MAR 129 et concoure à établir d’une manière irréfragable l’explication donnée par Newton, la seule qui ait pleinement satisfait aux conditions du phénomène.

Lorsqu'il eut déduit des lois reconnues dans les mouvemens des corps célestes , la tendance réciproque de leurs molécules en raison inverse du quarré de la distance, il en conclut que la lune attire inégalement les diverses parties du globe terrestre; qu’elle agit davantagesur celles doat elle estle plus prés, et moins sur celles dont elle est le plus éloignée : ainsi les points de la surface de la terre, tournés vers la lune , seront plus attirés que ceux qui sont dans l’intérieur, et ces derniers plus que ceux qui sont à la surface de l'hémisphère opposé à celui qu’éclaire la lune. Si la terre étoit entièrement solide, ses molécules ne pouvant obéir séparément à ces diverses actions, prendroient un mouvement commun, répondant à une force qui seroit la résultante de toutes celles que la lune exerce sur chaque molécule terrestre ; et c’est ce qui a lieu en effet pour la partie solide du globe , mais non dans la masse d’eau qui le recouvre, dont toutes les parties, mobiles séparément, obéissent à l’action qui les sollicite, selon l'intensité de cette action. De là vient que la partie fluide située immédiatement au-dessous de la lune, s'approche plus de cet astre que ne fait le noyau solide de la terre , et la partie qui recouvre l'hémisphère opposé, étant encore plus éloignée de la lune que ce noyau, demeure en arrière par. rapport à lui. La portion du globe recouverte par l'Océan prend donc la forme d’un sphéroïde alongé, dont le grand diamètre est à peu prés dirigé vers la lune ; je dis à peu près, parce que les molécules fluides ne prennent pas instantanément les positions respectives qui résultent des vitesses particulières qui leur sont imprimées, et parce quele soleil agitsur elles comme le faitla lune, mais dans :ine direction qui varie comme les situations de la terre et de la lune relativement à cet astre, en sorte que tantôt son. action conspire avec ceile de la lune, et tantôt lui est contraire en tout, ou au moins en partie.

Quoiqu’ayant une masse beaucoup plus petite que celle du soleil, la lune, à cause de sa proximité de la terre , détermine la plus grande partie de l'effet des marées, Son action est environ trois fois plus intense que celle du soleii, et en

conséquence c'est, comme on l’a vu plus haut, principalement sur le mouvement de la lune que se règle celui des marées. La mer est pleine dans un lieu peu de temps aprés le passage de cet astre par le méridien du lieu, c’est-à-dire que l’eau est parvenue à sa plus grande élévation , après que la lune s’est approchée le plus du zénith du lieu dont ii s’agit. Pareille chose arrive en même temps au point diamétralement opposé, s'il appartient à l'Océan. À mesure que la terre s’éloïgne du méridien, l'eau s’abaisse jusqu’à ce que l’astre soit arrivé à 9° de ce cercle. ,

On voit donc que les eaux de la mer doivent, comme en effet cela a lieu, s'élever deux fois dans l’intervalle qui s'écoule entre deux passages de ia lune par le méridien, ce qui dépend de la combinaison des vitesses de la lune et de la ter re dans leurs orbites respectives. Sa durée moyenne, qui est de 24 heures bo min. 28 sec., surpassant d'environ trois quarts d'heure celle

. du jour, fait retarder de cette quantité le moment de la pleine mer. Enfin les forces du soleil et de la lune ayant leur entier effet toutes les fois qu’elles agissent sur la même ligne , les marées, qui répondent à la nouvelle et à la pleine lune, doivent être etsont aussi plus considérables que les autres.

T'elles sont les principales circonstances qui résultent d’un premiér coup d'œil jeté sur la cause qui produit les marées; c’est au calcul seul qu’il appartient de justifier l'explication danstousses détails ;et, pour le voir, il faut recourir au second volume de la Mécanique céleste où M. Laplace a développé sur ce sujet toutes les ressourcesque pouvoit offrir l’analyse mathématique; mais si la marche générale du phénomène cadresibien avec la théorie, qu'il n'est plus permis de révoquer en doute celle-ci, c’est de l'observation qu'il faut apprendre tout ce qui tientaux localités, savoir : la hauteur absolue, l’heure de l’établissement du port, et les distances auxquelles la marée s'étend danslelitdesriviéres.DanslaSeine, par exemple,lemouvement de la marée n’est sensible que jusqu'à vingt-cinq lieues de l’embouchure , et l’on s’en aperçoit encore à plus de deux cents dans la rivière des Amazones. Cela ne tient pas à ce que la hauteur de la pleine mer soit beaucoup plus considérable à l’entrée de la rivière des Amazones qu’à celle de la Seine; les plus fortes marées s'élèvent dans le premier de ces lieux à trente pieds, et

dans le second à vingt-cinq; mais la différence entre les masses d’eau qui se présentent aux embouchures respectives de ces fleuves, en cause une très-srande dans l’étendue de l’ondulation par laquelle se propage le mouvement du flux dans l’un et l’autre cas : elles’avance beaucoup plus loin dans celui des deux fleuves dont embouchure estle plus ouverte et tournée vers un espace où rien n'arrête et ne dérange le mouvementdes marées,

La combinaison des courans particuliers aux diverses plages, avec la configuration des côtes et les vents régnans, car le vent agitbeaucoupsur le mouvement des eaux dans les marées, produit les bizarreries qui s’observent dans les détroits, entre lesiles, et dont il est bien difficile de donner une explicacation détaillée quisoit exacte. Ce concours de causes non seulement change les époques de l’élévation et de l’abaïssement des eaux , mais intervertit l’ordre des alternatives, les réduit ou les multiplie. On cite un port de la côte du Tunquin où les deux marées du même jour se confondent en une seule: et l’on peut, jusqu’à un certain point, concevoir ce fait en observant que, si la disposition des terres force la masse d’eau mue par Le flux etle reflux à se diviser , et qu’un même canal reçoive par ses extrémités deux courans, allant à la rencontre l’un de l’autre, l’eau s’élévera plus qu’elle n’auroit fait au large; ou bien, si le canal tend à se vider par une deses extrémités, tandis que l’eau y afflue par l’autre, il n’y aura que peu ou point d’élévation : et tout celane dépend que dela différence des heures auxquelles répondent l'élévation et l’abaissement des eaux dans les points d’où les canaux tirent leurorigine.

D'autres fois, les eaux acquièrent en trés-peu de temps leur hauteur , et s’avançant en masse, parcourent avec rapidité un grand espace dans lequel elles causent beaucoup de ravages. Tellessontles marées connuessouslenom de mascaret sur la eôte de France, etde proroca a l'embouchure de la rivière des Amazones. Dans ce dernier lieu, l’eau s'élève par trois etquatreondes aui se succédent en peu de minutes, et dont la hauteur est de douze à quinze pieds. On pense que l’engorgementqui a lieu dans un canal resserré, et la résistance qu’opposent au courant du fleuve des sables amoncelés à son entrée , retenant le flux pendant quelque temps, occasionnent cetteespéce de débordement subit.

SE

Les eaux contenues dans des bassins peu étendus, ne peuvent prendre que de trés-petits mouvemens en vertu de l’action immédiate dusoleiletdelalune;car ce n’est quel’accumulation des mouvemens partiels imprimés à chaque molécule d’une grande masse qui produit un déplacement appréciable, voila pourquoi surleslacs on n’aperçoit aucun mouvement analogue aux marées, et ce qui les rend peu sensibles dans la Méditerranée et la Baltique, mers intérieures, dont les communications avec l'Océan sont d’ailleurs fort étroites par rapport a leur surface. Dans la Méditerranée, la plus grande des deux, l’eau monte à peine de quelques pieds. (L. C.)

-MAREH. (Bot.) Les habitans de la Nubie nomment ainsi fe sorgho , suivant M. Delile, (J. )

- MAREKANITE. (Min.) Nom d'une variété d’obsidienne, tiré de celui d’une colline volcanique appelée Marikan près du port d’'Okhotsk dans le golfe du Kamtschatka. Elle ne paroit différer en rien d’essentiel des ohsidiennes perlées de Hongrie et du Mexique. Nous en placerons donc les caractères et l’histoire à l’article de l'Orsinienne. Voyez ce mot. (B.)

MARÈNE (Ichthyol.), nom d’un corégone que nous avons décrit dans ce Dictionnaire, tom. X, pag. 560. (H.C.)

MARENGE (Ornith.),un des noms anciens que, d’après Cotgrave, Buffon cite parmi les synonymes de la grosse mésange, ou mésange charbonnière. parus major, Linn. (Cu. D.)

MARENTERIA (Bot.), Petit-Thou., Nov. Gen. Madag., pag. 18, n.° 60. Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, polypétalées , de la famille des anonées, de la po-. lyandrie pentagynie, qui comprend des arbustes de l’île de Madagascar, dont les rameaux sont grimpans; les fleurs terminales et solitaires. Le caractère essentiel de ce genre est d’avoir : Un calice d’une seule pièce , à trois lobes; une corolle composée de six pétales; trois extérieurs étalés et plus grands; trois intérieurs droits ; des étamines nombreuses ; : quatré ou cing ovaires surmontés d’un stigmate; quatre à cinq baies un peu pédicellées, horizontales , rudes, ventrues, inégales ; plusieurs semences disposées sur un seul raug.

- Ce genre éiabli par M. du Petit-Thouars doit être placé parmi les unona, d’après M. Dunal. (Porn. )

MARENULE (Ichthyol.), nom d’un corégone que nous avons décrit dans cet ouvrage, tom.X, pag. 561. (H. C.)

MARETON (Ornith.), nom vulgaire, en Brie, du canard millouin , anas ferina et rufa, Linn. Voyez Moreron. (Cu. D.)

MARETTA-MALA-MARAVARA ( Bot.), nom Malabare de l’acrostichum heterophyllum, de la famille des fougères. (J.)

MARFOURÉ. ( Bot.) L'hellébore pied de griffon, helleborus fœtidus, est ainsi nommé aux environs de Montpellier, selon Gouan. (J.)

MARGADON. ( Malacoz.) C’est le nom que l’on donne à la sèche oflicinale sur les côtes de la Basse-Normandie, (De B.) MARGAEZ ( Mamm.), nom russe du saïga mâle. (F. C.)

. MARGAI. (Mamm.) Voyez CHar Marçay. (F. C.) MARGAIGNON. (Ichthyol.) Dans certains cantons, on

appelle ainsi une variété de l’anguille à tête plus petite. Voyez

Murèxe. (H.C.)

MARGAIRES. (Ornith.) Gesner cite, dans son Appendir, ce nom comme donné en Savoie à des oiseaux qu'il ne désigne que par leur couleur, tantôt blauche, tantôt rousse, et tantôt noire. (Cx. D.)

MARGAL ou MARGAU.,(Bot.) Dans le midi de la France et en Espagne, on donne ces noms à l'ivraie vivace. (L. D.)

MARGAL (Bot.), nom languedocien, suivant Gouan, de l’ivraie vivace, lolium perenne, qui est le rai-grass des Anglois. (3) à

MARGARATES. (Chim.) Combinaisons salines de l'acide margarique avec les bases salifiables. d

100 parties d'acide margarique sec neutralisent une quantité d’oxide qui contient 3 p. d’oxigène, c’est-a-dire, le tiers de l’oxigène contenu dans l'acide. |

Tous les margarates, délayés ou dissous dans l’eau , sont décomposés par Les acides trés-solubles dans l’eau.

On prépare les margarates de baryte, de strontiane et de chaux, en mettant l’acide margarique dans les eaux de baryte, de strontiane et de chaux bouitlantes, lavant les magarates refroidis : 1.” avec l’eau; 2.° avec de l'alcool chaud.

Les margarates de potasse et de soude se préparent en faisant digérer l'acide margarique dans des eaux de potasse et de soude concentrées, pressant les margarates refroidis entre du

papier joseph, puis les traitant par l'alcool bouiliant. Ces margarates se précipitent par le refroidissement.

MARGABATE D'AMMONIAQUE.

L'acide margarique hydraté se comporte avec le gaz ammoniaque comme l'acide stéarique, si ce n’est cependant qu’il s’y combine plus lentement; il en absorbe sensiblement le même volume. (Voyez STÉARATE D’AMMONIAQUE.)

L’acide margarique s’unit également bien à lammoniaque Hquide. En chauffant l'acide dans un flacon fermé, entièrement plein d’ammoniaque liquide, on obtient une solution complète, si lammoniaque est suffisamment étendue; dans le cas contraire, il se forme un margarate gtlatineux plus ou moins transparent.

Le margarate d’ammoniaque préparé avec le gaz peut être sublimé dansle vide;il se dissout dans l’eau chaude, au moins dans celle quicontient de l’ammoniaque : la solution dépose du surmargarate nacré par le refroidissement, et il ne reste pas sensiblement d'acide dans la liqueur.

Le margarate d'ammoniaque exposé à l'air à 13° (au moins celui qui a été préparé avec l’ammoniaque aqueuse), laïsse dégager ure portion de son alcali.

MARGARATE DE BARYTE.

Il est formé de Méide. .aéte vs 209422 40100 Bacyie. 4 40e 22,31... 28,72 qui contiennent 3 d'oxigène. L] Iest insoluble dans l’eau, et un peu soluble dans l’alcool bBouillant.

MARGARATE DE CHAUX.

Il'est formé de

Agide ts 90,033.... 100 Baryte....... 9,967.... 11,07 qui contiennent 3,109 d’oxigène.

Propriétés analogues à celles du précédent:

MARCARATE DE PLOMB.

Il est formé de

5 100 45... 41,74 qui contiennent 2,993 d'oxigène.

MAR 135 Il est insoluble dans l’eau, et un peu soluble dans l’acool bouillant.

On le prépare en mélant deux solutions chaudes de margarate de potasse et de nitrate de plomb.

SOUS-MARGARATB DE PLOMB. p

Il est formé de

MAeide:2. 214 BA AA... : O0 Massicos.-. 41. 45,59.... 83,79 qui contiennent 6,008 d’oxigène.

On le prépare en faisant bouillir de l’acide margarique dans du sous-acétate de plomb, lavant le margarate refroidi avec de

l'eau. MARGARATE DE POTASSE.

1l est formé de

Meidess. rt SO Go Potasse.. Let 15,... 17,67 qui contiennent 2,997 d'oxigène:

Ilest blanc, cristallisable., il est soluble dans l’eau bouillante: La solution par le refroidissement, si elle est suffisamment étendue, se réduit en potasse et en bimargarate de potasse quise précipite en pailiettes nacrées. Il est soluble dans l'alcool bouillant sans altération. |

100 p. d’eau froide lui enlèvent la moitié deson alcali : l’éther bouiilant lui enlève une portion deson acide.

BÉMARGARATE DE POTASSE.

Il contient deux fois plus d'acide que le précédent; il est insoluble dans l’eau froide, et soluble, sans altération, dans l'alcool bouillant.

On le prépare en faisant macérer le margarate de potasse dans l’eau froide.

MARGARATE DE SOUDE.

Il est formé de

RGTARS RE AS RU ren 100 Suuderh nan LhE. es 12,43 qui contiennent 3,179 d’oxigène,

IL est en petites plaques demi-transparentes; il est insipide d’abord; mais il a ensuite un goût alcalin; exposé à la chaleur il se fond.

: partie de margarate de soude mise dans 600 parties d’eau,

à la température de 12°, n'a éprouvé aucun changement dans son aspect après une macération de huit jours; aprés quinze jours il a perdu de sa transparence, L’eau évaporée ne laisse qu’une trace de matière saline.

2 grammes de margarate de soude chauffés dans 100 grammes d’eau ont été dissous avant que l’eau enträten ébullition; la solution étoit parfaitement limpide; l'ayant étendue dans trois litres d’eau froide , on a chtenu un précipiténacré. Après trois jours on a filtré , l'eau évaporée a laissé un résidu alcalin qui ne retenoit qu’une quantité d'acide margarique inappréciable. Le dépôt nacré étoit un vrai surmargarate de soude; le margarate de soude existe dans tous les savons à base de soude, c’est lui qui produit dans le baume opodeldoch les végétations qu’on yremarque lorsque ceite matière est exposée a une basse température, :

BIMARGARATE DE SOUDE.

Il contient deux fois autant d'acide que le sel neutre.

Il est plus fusible que le margarate de soude; il est insoluble dans l’eau, et tres-soluble dans l'alcool bouïllant.

On l’obtient en faisant dissoudre le margarate de soude dans une grande quantité d'eau chaude; par le refroidissement il. se précipite du bimargarate qu’on dissout dans l'alcool bouillant; la solution alcooïisée dépose, en se refroidissant, du bimargarate cristallisé.

MARGARATE DE STRONTIANEe

Il contient :

De NC LOST NO M'ARDEMR CARPE 100 :

Strontiane. A de PCR UER EU 19,54 qui contiennent 3,063 d'oxigène.

Il est insoluble dans l’eau , et un peu soluble dans l'alcool bouillant. (Cx.)

MARGARIDA. (Bot.) Gouan dit que dans le Languedoc on donne ce nom vulgaire à la marguerite des prés, et celui de margaridela à la paquerette. (J.)

MARGARIDETA (Bot.), nom languedocien de la paquerëtte vivace. (L. D.)

MAR 1357 MARGARIQUE [acier |. ( Chim.) T, Composition.

L’acide margarique hydraté (de graisse humaine), brülé par l’oxide brun de cuivre, a donné:

Dhusènel unir cotisant RAC 1,656 férboneslh.i. 0. ts 6 cu 2 10 ES PAR RER Ti AP Al 76,366 Hd ee ue louis ne 11,978

Lorsqu'on le chauffe avec le massicot, on obtient de 0,500 d’acide 0f,017 d’eau. Conséquemment :

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