‹ Dictionnaire des sciences naturelles, dans lequel on traite mhodiquement des diffens res de la nature, consid soit en eux-mes, d'apr l'at actuel de nos connoissances, soit relativement l'utilitqu'en peuvent retirer la mecine, l'agriculture, le commerce et les artes. Suivi d'une biographie des plus cres naturalistesChapitre 30 sur 55 · CH. D · texte numérisé non relu

CH. D

re ( Ornith. ) Voyez Marrin -Pécneur.

(Cab). |

MARTIN-PECHCARET (Ornith.), nom provençal du martinpêcheur d'Europe, alcedo ispida, rue (Cr D.)

MARTIN-PÉCHEUR. (Ornith.) On a déjà décrit un assez grand nombre d'espèces de ce genre sousle mot ArcyoN ; mais d’autres ont été découvertes depuisla publication du premier volume de ce Dictionnaire, et il a d’ailleurs été proposé dans leur distribution des changemens que l’on croit devoir faire connoître. L’auteur de cet article s’étoit borné à diviser les alcyons, alcedo, Linn., en trois sections; savoir : les alcyons tétradactyles huppés ou sans huppes, et les alcyons tridactyles. M. Cuvier, prenant pour base la forme du bec et le nombre des doigts, a fait observer que chez ces oïseaux les uns ont, comme dans l'espèce ordinaire, le bec droit et pointu; que chez d’autres la mandibule inférieure est renflée; que ceux de la Nouvelle-Hollande, des terres voisines, etc., ont le bout de la mandibule supérieure crochu; et qu’enfin chez les Ceyx de M. de Lacépéde, dont le bec est droit et pointu comme chez les martins-pêcheurs ordinaires , le doigtinterne n'existe point au dehors, ce qui toutefois n'autorise pas suffisamment la formation d'un genre particulier, puisqu'on a trouvé dans l’Inde deux espèces, dont l’une , l’alcedo tribrachys deShaw , a un moignon dépourvu d’ongle, et dont l’autre a un ongle sans doigts, c'est-à-dire des rudimens du quatrième.

M. Cuvier range dans la première section , l’alcedo maxima, Gmel., ou afra, at pl. enl. de Buffon , 679; alcedo alcyon, pl. 715 et 793; alcedo torquata, pl. 284; alcedo rudis , pl. 62 et 716; alcedo bicolor, pl. 592 ; alcedo americana, pl. 591; alcedo bengalensis, Edw., pl. 11;alcedo cæruleocephala, pl. 356 de Bufr.,

fig. 2; alcedo cristata, pl. 756, fig. 1 ; alcedo madagascariensis, pl. 778, fig. 1; alcedo purpurea, pl. 778, fig. 2; alcedo superciliosa, pl. 766, fig. 1 et 2.

Dans la seconde, alcedo capensis, pl. 590 : alcedo atricapilla, pl. 673 ; alcedo smyrnensis, pl. 232 et 804; alcedo dea, pl. 116; alcedo chlorocephala , pl. 783, fig. 2 ; alcedo coromanda, Sonnerat, Ind., pl. 118; alcedo leucocephala (javanica, Sh.), pl. 757; alcedo senegalensis, pl. 594 et 556; alcedo cancrophaga, Sh., pl. 3534.

Daxs la troisième, alcedo fusca ( gigantea, Sh. X, pl Pop:

Dans la quatrième, alcedo tridactyla, Gmel.; Pall., Spicil., VI, pl. 11, fig. 2; Sonn., pl. 52; alcedo tribrachys , Sh., Natural. Misc., XVI, pl. 681.

M. Cuvier observe que dans plusieurs des figures enluminées de Buffon, qui se rapportent aux alcyors de la seconde section , le bec n’est pas assez renflé.

M. Vieillot, dans la seconde édition du Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, a aussi divisé les martins-pécheurs d’après le nombre de leurs doigts ; mais il a sous-divisé les tétradactyles en trois sections, dont la première se distingue par un bec droit, quadrangulaire ; la seconde par un becdroïit, trigone, et la mandibule inférieure renflée; et la troisième par un bec trigone, et une échancrure à la mandibule supérieure qui est inclinée vers le bout. La dernière de ces sections ne comprend que trois espèces sur l’une desquelles ( l’alcedo gigantea de Latham et fusca de Gmelin), M. Leach à établi au tome second de ses Miscellanea Zoologica , pag. 125, le genre Dacelo, anagramme d’alcedo , en lui donnant pour caractères : Un bec gros, conique, à quatre angles, qui s'ouvre jusque sous les yeux ; la mandibule supérieure plus longue que l'inférieure, et fortement échancrée vers sa pointe; les narines oblongues; la queue moyenne, composée de douze rectrices presque égales, dont l’extérieure de chaque côté est un peu plus courte, Les pieds munis de quatre doigts, un derrière et trois devant, dont l’interne est le moins long, et dont les deux autres sont réunis à leur base par une membrane; les ongles recourbés.

M. Temminck, qui, dans la seconde édition de son Manuel d’ornithologie, admet le genre Dacelo, ou martin -chasseur,

ajoute aux caracteres fournis par M. Leach , que le bec, déprimé à la pointe, n’a pas l’arête vive qui se remarque à la mandibule supérieure des martins-pêcheurs ; que cette mandibule, subitement comprimée, est courbée à l'extrémité qui est trés-évasée ; que les narines, percées obliquement, sont à moitié fermées par une membrane couverte de plumes. Le même auteur indique en outre, comme différence essentielle entre les deux genres, la nature du plumage, toujours lustré, lisse et à barbes serrées chez les martins-pêcheurs, tandis que ces barbes sont làches chez les martins-chasseurs, dont les plumes ne sont pas lustrées. M. Temminck avoue, d’ailleurs, que le bec de l’alcedo gigantea, Lath., ou martin-pêcheur choucas, sur lequel M. Leach a formé son genre Dacelo , est presquele même que celui des alcedo, et qu’il doit, en conséquence, être placé sur la limite des deux genres, de sorte qu’à son égard le changement de dénomination ne reposeroit que sur les mœurs et la nature du plumage; circonstances d’autant moins suflisantes pour le motiver dans un système artificiel, que si les martins-chasseurs, qui habitent les bois, nichent dans aes creux d’arbres, et non dans des trous en terre, leur nourriture, qui consiste surtout en insectes, n’est pas tout-àfait différente de celle des martins-ichthyophages, puisque ces derniers en mangent aussi conjointement avec des poissons. D'un autre côté, M. Temminck ne cite pas d’autres espèces a ranger, suivant lui, dans le genre Dacelo, et M. Vieillot ne place avec l’alcedo gigantea que le martin-pécheur à tête grise, alcedo senegalensis , Lath., pl. enl. de Buffon, n.° 594, et le martin-pècheur vert de l’Australasie, alcedo Australasiæ, Vieill. Il est vrai que, suivant l’ordre dans lequel on trouve les alcyons rangés au Muséum d'Histoire naturelle de Paris, le nombre des martins-chasseurs seroit plus considérable ; mais la division entre les martins-pêcheurs et chasseurs ne paroit pas encore suflisamment établie pour la proposer ici d’une maniere absolue; et d’ailleurs M. Levaillant, qui le premier en a donné l’idée dans le second volume de ses Oiseaux de paradis, rolliers, etc., pag. 111, annonce dans les additions au troisième volume du même ouvrage, pag. b1, article du jacamar alcyon, le projet de diviser le genre Alcedo en trois familles tres-distinctes, savoir : les alcyons-pêcheurs , les al-

272 MAR s

cyons-crabiers et les alcyons-chasseurs. Il renvoie même pour l'établissement des caractères physiques et moraux de ces trois familles, au Supplément à l'Histoire naturelle des Oiseaux d'Afrique; mais malheureusement la suite de ce grand et bel ouvrage n’a pas encore été publiée, quoique le manuscrit fût prêt dés l'année 1808, ainsi que | l’auteur l’a déclaré par une note qui en termine le sixième “volume ; et la division des martins-crabiers, qui, comme l’alcedo cancrophaga, Lath., se nourrissent de crabes de terre, ayant sans doute offert à . M. Levaillant de nouveaux aperçus, il y auroit de l’indiscrétion à s'occuper en ce moment d’une classification générale des alcyons, qui seroit nécessairement incomplète avant d’avoir, sur la totalité de ces oiseaux, les renseignemens promis par ce savant ornithologiste.

Une considération générale qui résulte toutefois de l’examen auquel on vient de se livrer, c’est que le terme simple alcyon, employé dans le premier volume de ce Dictionnaire, de préférence au mot composé. martin- pécheur, étoit en effet plus convenable, puisque les épithètes de chasseurs etde crabiers ne peuvent être ajoutées à martins-pécheurs, et que le mot martin, isolé, pourroit faire naître une confusion avec le martin, autre genre d'oiseau (cossyphus, Cuv.),auquel ce nom est consacré depuis long-temps.

Avant de s'occuper d'espèces dont il n’est point parlé dans le premier Volume de ce Dictionnaire, on croit devoir ajouter aux observations générales qui y sont présentées, que ces oiseaux n’ont pas la faculté de marcher:ni de sauter; qu'ils ne paroïssent être sujets à la mue qu’une fois l’année : que plus les poissons que veulent saisir les alcyons- ichthyophages s sont grands, plus ceux-ci se laissent tomber de haut: enfin, que chez certaines espèces étrangères, les jeunes, qui ressemblent aux femelles, se reconnoissent à la couleur du bec et des pets

Les espèces d’alcyons que l’on trouve au Muséum d Histoire naturelle de Paris, et qui ne paroissent pas encore avoir été décrites, sont les suivantes : J

ALCYON À MANTEAU ; Alcedo westita. Cet oiseau, placé prés du martin-pécheur-pie, et dont la taille est un peu plus forte, a été rapporté du Brésil par M. Lalande, aide-naturaliste, qui

MAR 273 a fait plusieurs voyages utiles à l’histoire naturelle, et que les sciences viennent de perdre. Tout le dessus du corps est d’un vert foncé, ainsi que les ailes et la queue, dont les pennes extérieures sont tachetées de blanc. Cette dernière couleur est celle des parties inférieures; mais, comme le vert descend jusque sur les côtés de la poitrine, il en résulte un demi-collier blanc. Le bec et les pieds sont noirs.

Cet oiseau paroît être le même que celui quia été décrit par M. d’Azara, 2.° 421, sous le nom de martin-pêcheur, d’un vert sombre, œiridis, Vieill.

ALCYON D'UN VERT DE MER; Alcedo beryllina, Vieill. Cette espèce de cinq à six pouces de longueur, est sur toutes les partiessupérieures d’un vert de mer, qui forme aussi une ER bande sur la poitrine ; l’espace entre le bec et l’œil est blanc ; et l’on voit aux côtés du cou une tache longitudinale de la même couleur; la gorge et le ventre sont également blancs ; le bec est noir et les pieds sont jaunâtres. Un individu de cette espèce est représenté dans l’atlas de ce Dictionnaire. Il est indiqué au Muséum comme étant de la Nouvelle-Hollande; mais M. Vieillot dit qu’il se trouve à Java.

ALCYON À TÊTE ROUSSE ; Alcedo ruficeps , Cuv. Cette espèce, un peu plus forte que l’alcyon d'Europe, a été trouvée aux îles Mariannes par MM. Quoy et Gaimard, naturalistes de l'expédition du capitaine Freycinet. La tête et le haut du dos sont roux; les autres parties supérieures , les ailes et la queue sont d’un vert foncé.

ALCYON A TÊTE BLANCHE; Alcedo abc, Cuv. Cet oiseau, de la taille du proyer, a été rapporté des mêmes îles par les mêmes naturalistes, qui ont fait a son sujet des observations propres a jeter des incertitudes fondées sur la réalité des espèces que les auteurs ont trop multipliées, sans doute, dans le genre Alcyon. Les trois individus qu’ils se sont procurés, leur ont offert trois états différens : dans le premier, la tête étoit bleue ; dans le second, elle étoit moitié blanche et moitié bleue; dans le troisième , tout-à-fait blanche. Le ventre est de cette dernière couleur ; la gorge et la poitrine sont roussàtres.

Mais l’espèce la plus intéressante de celles qu’on doit à MM. Quoy et Gaimard, est le Manrin-cHasseur, ou Arcyon

GAUDICHAUD, Dacelo Gaudichaud, auquel ils ont donné le nom de ieur collègue, chargé de la partie botanique dans Le voyage autour du monde. Cet” oiseau , qui est représenté sur la vingtcinquième planche de l'Atlas de Zoologie de ce voyage , est le salba des habitans de Guébé, et le mankinetrous, où mangrogrone des Papous. Il résulte des notes que MM. Gaimard et Quoy ont bien voulu communiquer à l’auteur de cet article, que l'oiseau dont il s’agit habite les bois aux iles Rawak et Waigiou, faisant partie de celles des Papous, aux îles Mariannes et à la Nouvelle-Hollande; qu’il n’est point farouche, et que les individus qu’on y a tués avoient encore le bec couvert délaterre qu'ils venoient de fouiller pour y chercherleur nourriture.

L'individu du Muséum a onze pouces et demi de longueur : son bec, gros et tétragone, qui est verdâtre sur les côtés, et de couleur de corne sur les arêtes, est long de deux pouces quatre lignes; les mandibules sont aiguës à leur pointe, et la supérieure dépasse l’inférieure; l'iris est rougeàtre ; le haut des tarses ést emplumé; les pieds sont courts et de couleur brune ; l’ongle du doigt du milieu est dilaté sur son bord interne. Le plumage est d’un noir foncé sur la tête et le manteau ; la gorge est couverte d’un plastron blanc qui $’étend sur les côtés du cou , et forme par derrière un collier moins large, nuancé de roussâtre ; un trait blanc passe du bec derrière l'œil ; le bas du dos, le croupion et les couvertures supérieures des ailes sont d’un bleu d’outremer; les grandes pennes des ailes et de la queue sont d’un bleu foncé, qui devient noir à leur extrémité ; la poitrine et les parties inférieures sont d’un roux également foncé; les côtés du corps sont fauves, et ont une tache noire qui ne devient visible que quand laile est soulevée. ;

Les naturalistes voyageurs ont trouvé sur deux autres individus des mêmeslieux , quelques différences qu'ils attribuent à l’âge, et ils ont observé qu’en généralles alcyons-chasseurs sont fort gras, qu’ils habitent le milieu des boïs, et que si Rue; 4 fois ils fréquentent les bords de la mer, c’est pour s ‘empärer de petites pagures qu’ils enlévent avec leur coquille.

L'article Arcyow, inséré au premier volume de ce Dictionndire , né faisant point mention de plusieurs espèces décrites

MAR Lib 278

dans d’autres ouvrages, on va en donner ici une courte notice, sans prétendre aucunement les présenter toutes comme espéces réelles, ni même en garantir l'existence ; et comme on vient de parler d’un alcyon-chasseur, on commencera par les deux espèces qui, avec l’alcyon géant, dont il a été question au premier volumede ce Dictionnaire, pag. 453, offrent d’une maniere plus prononcée les caractères de la même famille. ALCYON À TÊTE GkIse; Alcedo senegalensis, Lath. Cet oiseau ,

de la taille d’un merle, qui se trouve au Sénégal, en Arabie et dans d’autres contrées de l'Afrique, est figuré dans les planches enluminées de Buffon sous le n.° 594 ; mais, suivant M. Levaillant, qui l’a vu dansle pays des Caffres, cette planche représente la femeile. Le mâle, un peu différent, a le dessus de la tête d’un brun mêlé de noir; le dos et les petites couvertures des ailes de cette dernière couleur; le croupion, la queue et les ailes bleus; le ventre rayé longitudinalement de noir. Gmelin et Latham regardent comme une variété le

martin-pêcheur bleu et noir du Sénégal, Buff., pl. 556 ; et le second de ces auteurs cite aussi comme une autre variété un individu rapporté d’Abyssinie , lequel a la tête et le cou blancs; une bande bleue sur la poitrine; le bec et les pieds rouges, et vit, dit-on, de crabes, comme l’alcyon crabier, pl. 3342

ALCYON VERT DE EE Alcedo Australasiæ, Vieill. Cet oiseau, de la taille de l’alcyon d'Europe, a sur le front des plumes de couleur ferrugineuse : une bande de la même couleur, au centre de laquelle se voit une ligne d’un bleu foncé, part des narines, passe au-dessus des yeux, et occupe ensuite toute la partie postérieure du cou et les côtés de la tête, dont le sommet est vert ainsi que le dos. Les ailes et la queue ont leurs pennes bleues; la gorge est d’un blanc qui jaunit sur

la poitrine et le ventre. Le bec, noir en dessus, est blanc en | dessous.

ALCYON DE L'AMAZONE; Alcedo amazona, Lath. Cet oiseau de la Guiase, long d’un pied, a le bec noir; les parties su périeures d’un vert brillant ; le dessous du corps blanc, ainsi qu'un demi-collier prés de la nuque; des taches vertes à la poitrine et aux flancs , et des or blanches aux pennes alaires.

ALCYON A BEC BLANC; Alcedo leucorhyncha , Lath. Séba , qui donne tet oiseau de quatre pouces et demi de longueur, comme habitant l'Amérique, dit qu’il a le cou et la tête d’un rouge bai; le dos et les couvertures: des ailes et de la queue d’un beau vert; les pennes alaires cendrées; la poitrine etle ventre d’un jaune clair ; la queue bleue en dessus, et cendrée en dessous.

Arcyon Du BEsNGALE ; Alcedo bengalensis, Lath. Les "he petits alcyons Crau a ie pl. 11, et dont Brisson a formé deux espèces, sont considérés par les ornithologistes modernes comme des variétés du même. L’un a quatre pouces et demi de longueur; son bec est noir, et le dessus du corps d’un bleu d’aigue-marine ; une strie rousse traverse les yeux ; la gorge est blanche, et le dessous du corps roux: les pennes alaires et caudales sont brunes et bordées d’un vert d’aiguemarine; les pieds sont rouges. Les plumes de la tête et de la queue sont entiérement brunes chez le second de ces oiseaux, dont la taille est un peu inférieure.

ALCYON BLEUATRE ; Alcedo cærulescens, Lath. Cet oiseau , de l'ile de Timor, est de la taille du précédent; il a les PDES supérieures d’un bleu très-pâle, varié de blanc. La poitrine est de la même couleur, ainsi qu’une bandelette qui de la mandibule inférieure descend des deux côtés de la gorge. Le reste des parties inférieures est blanc ; le bec noir, et le tarse orangé.

ALCYON A FRONT JAUNE; Alcedo erithaca, Lath. Cette espèce du Bengale a été décrite par Albin, comme étant de la taille du martin-pêcheur d'Europe, et ayant le bec, les pieds, le dessus de la tête, le croupion et les couvertures supérieures de la queue rouges; une bande noire et une bleue sur les côtés de la tête ; le front et le dessous du corps jaunes; la gorge et un collier blancs; le dos d’un bleu foncé; les ailes d’un gris de fer. Buffon et Mauduyt élèvent des doutes sur l'existence de cet oiseau , auquel Latham donne une variété dans celui qui est ainsi décrit par Pennant dans ses Genera of birds : Bec et pieds rouges; une tache blanche prés de la base de la mandibule supérieure ; tête et haut du cou d’un rouge orangé, gorge blanche; haut du dos bleu , le milieu orangé; le croupion d’un pourpre clair; la poitrine et le ventre d’un blanc jaunûtre.

Ces oiseaux paroissent avoir des rapports avec Palcedo purpurea, décrit dans ce Dictionnaire, 1.“ vol., pag: 449.

ALCYON BLEU ET BLANC ; Alcedo cyanoleuca, Vieïll. Cette espêce est donnée par M. Vieillot comme se trouvant en Afrique sur la côte d’Angole, et ayant le bec rouge avec la pointe noire; la tête , le dessous du co@, le dos , les ailes etla queue d’un bleu d’aigue-marine ; la gorge, les côtés du cou, la poitrine et le ventre blancs , avec quelques raies obscures ; les pieds noirs.

ALCYON 4 COLLIER BLANC ; Alcedo collaris, LatR Suivant Sonnerat, cette espèce des Philippines est d’une taille inférieure à celle du merle commun; le bec est noir, et jaunâtre à la - base de la mandibule inférieure; les pieds sont noirätres; les parties supérieures sont d’un bleu verdàtre, et le dessous du corps est blanc, ainsi que le collier.

ALeyoN À FRONT Gn!s; Alcedo cinereifrons, Vieill, Cet oiseau de Malimbe , qui fréquente, dit-on, les bords de la mer, a la mandibule supérieure jaune , avec des taches rouges et noires; l’inférieure de cette‘ derniére couleur; les pieds bruns; la tête, a l'exception du front , le cou, le dos, le croupion, là poitrine, et le bord extérieur des pennes alaires, d’un bleu d’aigue-marine ; les couvertures des aïles et les plumes scapulaires noires, ainsi qu’un trait qui traverse l’œil; la gorge et le ventre blanchâtres.

ALCYON À COLLIER DES INDES; Alcedo cærulea, Lath. Long d’environ sept pouces, il a le bec noirâtre à la pointe, et gris à sa base. Les yeux sont surmontés d’une petite bande blanche ; le dessus du corps est d’un très-beau bleu jusqu’au croupion, qui est d’un vertéclatant, ainsi que les couvertures supérieures des ailes et de la queue. Le cou est entouré d’un collier blanc ; la gorge, la poitrine et le dessous du corps sont roux ; les pennés des ailes et de la queue sont bleues en dessus, et noirâtres en dessous. Les pieds sont gris.

ALCYON BLEU DE CIgL; Alcedo cyanea, Vieill. Cet oiseau du Paraguay, décrit par M. d’Azara, n.° 417, est long d’environ seize pouces. Le bec, plus épais que large , a deux pouces de longueur; et il est trés-fort; la gorge , une portion du devant du cou etune tache entre le bec et l’œil sont blancs ; un beau bleu de ciel règne sur le sommet et les côtés de la tête, et sur

le dessus du corps, où chaque plume présente un trait longitudinal noir. Les parties inférieures sont d’une couleur de tabac d’Espagne; le bas de la jambe et le tarse sont d’un brun clair, mêlé de verdâtre, Les jeunes se reconnoissent à un mélange de rouge foible et au bleu de ciel du devant du cou. M. d’Azara a décrit, n.° 488, un autre individu sous le nom de martin-pêcheur d’un bleu de ciel obscur; mais, comme il ressemble béaucoup au précédent, ce n’est probablement qu’une différence d’âge ou de sexe.

Le même auteur donne , aux n.* 419 et 420, la description de deux alcyons sous les noms de martin-pêcheur mordoré ( alcedo rubescens, Vieill.) et de martin-pêcheur à cou rouge; mais il paroît aussi que le second n’est pas une espèce différente du premier, qui est long de douze pouces environ, et a le bec noir, les sourcils , la gorge, un demi-collier sur la nuque, la poitrine, le ventre blancs; la tête, le derrière et les côtés du cou , le dos, le croupion, le côté supérieur des pennesalaires, et leurs couvertures, mordorés sous un aspect, et d’un noirâtre mêlé de bleu de béryl sous l’autre, avec quelques taches et points blancs sur les couvertures ; le grand côté des pennes frangé en festons blancs et noirâtres ; la queue noirâtre et tachetée de blanc sur les pennes extérieures de chaque côté.

ALCYON TOUNZI ; Alcedo nutans, Vieill. Cet oiseau, plus petit que l’alcyon d'Europe, estregardé par Sonnini comme une variété du martin-pêcheur bleu et noir du Sénégal; mais quoiqu’il ait, comme celui-ci, les parties supérieures bleues, la gorge blanche et le dessous du corps d’un roux fauve, M. Vieillot fait observer qu’il en diffère par la taille, par ses pennes brunes, par le violet pourpré qui lui couvre les joues, par son collier roux, etc. Il habite les rivages de la mer et le bord des ruisseaux dans les royaumes de Congo et de Cacombo, et balance continuellement sa tête.

ALCYON TEU-ROU-JOu-LON. Cet oiseau, qui habite les iles Célébes, a le bec rouge, la tête et le dos verts; la queue d’un beau bleu , et le ventre jaune. Suivant Buffon , ce n’est qu’une variété du martin-pêcheur à tête couleur de paille; mais sa taille n'excède pas celle de l’alouette, et celui-ci est beaucoup plus grand.

ALCYON A TÊTE 8LEUR ; Alcedo cœruleocephala, Latham, pl.

MAR 279 enl. de Buffon, n.° 366. Cet oiseau, qui, comme le précédent, se trouve à Madagascar , n’a que quatre pouces de longueur ; le dessus de sa tête est d’un bleu vif avec des nuances plus claires et verdoyantes ; le dessus du corps est d’un bleu d'outremer; la gorge est blanche, et les parties inférieures sont rouges, ainsi que les piedset le bec.

Golberry dit, au tome second de son Voyage en Afrique, pag. 4358, qu’on voitsur les bords du Sénégal un martin-pécheur qui n’a que deux pouces de longueur, et qui, d’une vitesse et d’une légèreté extrêmes, voltige toute la journée, sans se reposer, aux-environs de l'ile Saint-Louis, où, pendant les crues du fleuve, il recherche avidement les petits ‘vers qu'il trouve sur ses rives. Son bec:trés-fin est, ajoute-t-il, plus long que son corps; sa tête verdâtre est chatoyante comme l’émeraude orientale; le dos et les autres parties supérieures sont d’un bleu céleste foncé; l'extrémité des aïles est noire; la gorge est d’un blanc éclatant; la poitrine, le ventre et le dessous de la queue sont d’un roux alezan. Le voyageur qu’on vient de nommer, et dont l’ouvrage a été imprimé en 1602» n’est point cité par les ornithologistes qui, en parlant du martin-pêcheur bleu et noir du Sénégal, alcedo senegalensis, Lath., var., et du inartin-pêcheur à tête bleue, alcedo cæruleocephala , Lath., appliquent aux deux la planche 356 de Buffon, quoiqu'’ils donnent au premier de ces oiseaux sept pouces de longueur, et quatre seulément au deuxième. Comme les couleurs de la planche enluminée indiquent des rapports entre ce dernier et le petit martin-pêcheur de Golberry, qui n’a vraisemblablement pas compris la longueur du bec et celle du corps dans son évaluation à deux pouces, il est probable que l'oiseau dont il s’agit n’est pas une nouvelle espèce ; mais saus cela on pourroit l'appeler à juste titre alcedo pusilla.

ALCYON Des Inpes; Alcedo orientalis, Lath. Cet oiseau, qui a le bec et les pieds rouges, est long de quatre pouces et demi. La tête et la gorge sont d’un beau bleu; le dessus du corps”est vert; les pennes alaires sont noirâtres et bleues à l'extérieur; le dessous du corps est roux ; le bec et les pieds sont rouges.

ALcyon viozet; Alcedo coromanda, Lath. On trouve à la côte de Coromandel cet oiseau de la grosseur du merle, qui

a les parties superieures du corps d’un rouge päle changeant en violet, à l'exception du croupion sur lequel on voit une bande longitudinale d’un blanc bleuâtre. Le dessous du corps est d’un roux clair; la gorge est blanche, et le bec et les pieds sont rougeàtres.

ALCYON DE SURINAM; Alcedo surinamensis, Lath. Cet oiseau dont parle Fermin dans sa Description de Surinam, tom. 2, pag. 181, est un peu moins grand que le merle commun. Il a la tête d’un noir verdâtre, avec quelques taches bleues en travers; le dos est d’un bleu clair et argenté, avec des nuances noirâtres; la queue est d’un bleu obscur; la gorge et le milieu du ventre sont d’un blanc rougeûtre; la poitrine est rousse; le bec est noir. On le trouve ordinairement prés des eaux vives; il se perche sur les arbres, et fait dans des trous près de l’eau un nid où il pond cinq ou six œufs.

ALcyon TACHETÉ ; Alcedo inda, Lath. Edwards a donné, pl. 335, la figure de cet oiseau de Cayenne, qui est long de sept pouces, et a le dos, les aïles et la queue d’un noir verdàtre, avec une bordure blanche aux pennes caudales et uropygiales; le dessous du corps orangé, à l'exception d’un collier noir, et bordé de cendré blanchâtre; le bec noirâtre et les pieds de couleur de chair. |

On a décritau tome I. de ce Dictionnaire , pag. 457, sous le nom d’alcyon ceyx, l’alcyon tridactyle de l’île de Luçon ; alcedo tridactyla, Lath., dont la figure se trouve dans le Voyage à la Nouvelle-Guinée, de Sonnerat, pl. 32, et dansle sixième fascicule des Spicilegia de Pallas, pl. 11, fig. 2. Shaw a décrit depuis dans ses Mélanges une autre espèce sous le nom d’alcedo tribrachys, ou alcyon ceyx à dos bleu. Cet oiseau , rapporté de Timor, a été figuré dans le même ouvrage, pl. 681. Il est d’un bleu foncé sur le corps, et une bande de la même couleur descend des joues sur les côtés de la gorge, du cou et de la poitrine; les côtés de l’occiput et le dessous du corps sont ferrugineux. Les tarses sont orangés, et le bec est noir.

ALCYON CEYX POURPRE ; Alcedo ceyx purpurata, Dum. Cet oïseau , de la taille d’une fauvette , a été rapporté de Java par M. Leschenault. Les parties supérieures du corps sont rousses ; les inférieures sont blanches, et le bec est roux.

L'oiseau décrit sous le nom de martin-pécheur de mer aux

ailes longues, par M. d'Azara , est la frégate, pelecanus aquilus, Linn.; et M. Savigny dit, pag. 6 des Observations sur son systèine des oiseaux d'Egypte et de Syrie, que l’alcedo ægyptia d'Hasselquist dans son Voyage au Levant, part. 2, pag. 21 dela traduction françoise, n’est pas un alcyon , mais vraisemblablement un bihoreau.

Les alcyons portent à O-Taïti et aux iles des Amis les noms d’erooro et de koato-0-00. Ils y sont regardés comme des oiseaux sacrés, qu’il est défendu de tuer. (Ca. D.)

MARTIN-PESCAO.( Ornith.) L'oiseau que l’on nomme ainsi à Gênes est l’hirondelle de mer cendrée, séerna cinerea, Linn. (Cr:

MARTIN-SEC. ( Bot.) Nom d'une variété de poire pyramidale, de grosseur moyenne, roussàtre, à chair cassante, sèche, d’une saveur sucrée, müûrissant de novembre à janvier. (L. D.)

MARTIN-SIRE. (Bot.) Autre variété de poire alongée, assez grosse, d’un vert jaunâtre, tachetée de points gris, à chair ferme, sucrée , et mûrissant en novembre. (I. D.)

MARTIN , VACHE A DIEU, BÊTE A DIEU, MARTIN BON DIEU (Entom.), noms vulgaires des coccinelles. (C. D.)

MARTINAZZO ( Ornith.), nom donné par les Vénitiens au goéland varié ou grisard, Larus nævius, Linn. (Cn. D.)

MARTINET. (Ornith.) Ces oiseaux ont beaucoup de rapports avec les hirondelles; mais, tandis que celles-ci ont les doigts des pieds et le sternum disposés comme chez la plupart des passereaux, les martinets s’en distinguent, 1.° par la situation du pouce qui, placé de côté, se dirige le plus ordinairement en avant, et quelquefois, selon le besoin de l’oiseau, en arriére; 2.° par la brièveté de l’humérus, dont les apophyses sont très-larges, par la fourchette ovale et par le sternum sans échancrure vers le bas, toutes circonstances propres à augmenter la puissance du vol. Les autres caractères génériques des martinets sont d’avoir le bec très-court et couvert de plumes presque jusqu’à la pointe; des abajoues contre les parois desquelles une humeur gluante retient les insectes jusqu'au moment où l'oiseau éprouve le besoin de les avaler, ou d’en nourrir ses petits; les tarses et les doigts plus courts et

plus gros que chez les hirondelles, et les ongles plus crochus; les ailes plus longues et moins larges; la queue ordinaire-

ment composée de dix pennes. On peut remarquer, en outre, que les plumes des martinets sont courtes, rudes et de la nature de celles des oiseaux aquatiques, pendant que les plumes des hirondelles sont plus fines et plus moelleuses : aussi M. Levaillant observe-t-il que si les grands orages, les fortes pluies, les vents violens font rentrer les hirondelles dans leurs cachettes, les martinets semblent éprouver un plat sir réel à lutter contre les élémens en fureur.

Aristote paroît avoir appliqué collectivement aux hirondelles et aux martinets le nom d’apodes, quoiqu'il n'ignoràt pas que ces oiseaux n’étoient point privés de pieds, mais parce qu'ils s’en servent fort peu. Linnæus a restreint cette dénomination aux martinets qui en font encore moins d'usage que les hirondelles ; mais ce terme ambigu doit être tout-à-fait écarté pour le remplacer par celui de cypselus , tiré du mode de fabrication de leurs nids, cistellis ex luto fictis, d'apres l'interprétation de Gaza, rapportée par Gesner, de Avibus, p- 161. Ce nom générique a d’ailleurs été adopté par Illiger et par d’autres ornithologistes modernes.

Les martinetssontdes oiseaux aériens par excellence, dontla vie se passe dans une agitation extrême ou dans un repos absolu. Lorsqu'ils se posent, ce qui arrive rarement, c’est sur des lieux élevés, contre des muraiiles ou contre des arbres; et si par accident ils tombent à terre, ils ont beaucuup de mal à se traîner sur une petite motte ou une pierre qui leur fournisse les moyens de mettre en jeu leurs longues ailes. Dans le cas même où ils se irouveroient sur une surface dure et polie, Linnæus et Montbeillard pensoient qu’il leur seroit impossible de se relever; mais Spallanzani à vérifié le contraire par des expériences faites sur plus de dix individus d’âges différens qui, posés sur le parquet trés-uni d’une chambre vaste et bien éclairée, frappoient subitement de leurs pieds contre terre, étendoient leurs ailes, les battoïient l’une contre l’autre, et, après s'être ainsi détachés du sol, parvenoient à décrire un cercle bas et court, puis un second plus large et plus élevé, et devenoient enfin maîtres de l'air. L'auteur italien croit néanmoins que si les martinets s’'abattoient dans des lieux fourrés, couverts de buissons ou de hautes herbes , ce seroient pour eux des écueils insurmontables; mais il faudroit, pour

cela, qu'ils sussent épuisé leurs forces à ramper vainement, à la manière des reptiles, avant de pouvoir se dégager de ce mauvais pas. .

Les martinets boivent comme ils mangent en volant. etleur nourriture consiste en insectes qui vivent dans les régions élevées dé l'air ou sur les eaux , et Spallanzani, qui a eu lieu de SA UREr combien ces oiseaux sont friands des fourmis aïlées, s’est assuré, dans cette occasion, qu ’1ls apercevoient distinctement un objet de cinq lignes de diamètre à la distance de trois cent quatorze pieds, et que leur vue étoit si nette, qu'ils descendoient du haut des airs avec la rapidité d’une flèche, et, aprés avoir effleuré la terre, remontoient d’une vitesse égale et dans une direction contraire. Montbeillard pensoit que les martinets alloient passer la nuit dans les bois pour faire la chasse aux insectes ; mais Spallanzani, ayant ouvert de ces oiseaux par lui tués de grand matin, au moment de leur retour journalier , n’a trouvé dans leur estomac qu'un résidu d'insectes méconnoissables par l'effet de la digestion, qui n’auroit pas été si avancée dans le cas où ces alimens auroient été pris la nuit même , et il croit d'autant moins que les martinets puissent voir suffisamment dans la nuit, qu'en obscurcissant une chambre qui en renfermoit, ces oiseaux perdoient la direction du vol, se heurtoient contre les murs et tomboiïent à terre. |

Les martinets sont peu nombreux en espèces. On n’en connoît que deux en Europe, le martinet noir ou commun, etle martinet à ventre blanc ou des hautes montagnes.

Marniner nor ou commun. Cet oiseau, qui est l'hirundo que , Linn,, dont la figure se trouve dans les Pl. ent. de Buffon,

542, et dans Lewin, n.° 127, ne peut conserver aucun de ces ge noms, puisque, d'une part, on est convenü de séparer génériquement les martinets des hirondelles, et que, d’une autre ;, l’épithète apus est inexacte et propre à donner une idée fausse. M. Temminck a appelé cette espèce martinet de muraille ,cypselus murarius , et si cette dénomination avoit indiqué une particularité exclusive, ç'auroit été le cas de l'adopter; mais ce martinet, qui s'accroche aux murailles et niche dans les trous, s'accroche également aux vieux arbres, dans Île creux desquels il fait aussi son nid, comme le grand martinet.

On croit donc devoir préférer l’épithète vulgaris ou niger, sans toutefois appliquer celle d’albiventris au grand martinet ou martinet a ventre blanc, attendu qu’il n'existe pas de motifs pour ôter à celui-ci l’ancienne épithète melba.

Le martinet commun est long d'environ huit pouces;ila prés de quinze pouces de vol; sa queue, fourchue, en a environ trois, et, suivant Montbeillard, elle est composée de douze pennes. Le bec a huit à neuf lignes.

Cet oiseau, qui pèse dix à douze gros, a l'œil enfoncé et l'iris de couleur de noïsette. Son plumage est d’un noir de suie, à l'exception de la gorge qui est blanchâtre. Le bec est noir; les pieds et les ongles sont noïirâtres; le devantetle côté intérieur du tarse sont couverts de petites plumes de la même couleur. La femelle, un peu plus petite que le mâle, n’est pas tout-à-fait aussi brune, et les jeunesont la bordure des plumes supérieures roussâtre ; mais aprés la première mue, qui, suivant M. Natterer, a lieu chez ces oïseaux une fois l’année, au mois de février, pendant qu'ils sont en Afrique et en Asie , il n'existe plus dé différences entre eux.

Ces martinets arrivent dans nos climats pendant le cours du mois d'avril et plus tard que les hirondelles, parce que les insectes ailés ne s’élévent aux régions où ils ont coutume de voler, que quand latmosphère y est suffisamment échauffée; mais leur apparition a lieu un peu plus tôt ou plus tard, selon que la contrée qu'ils viennent habiter est plus ou moins méridionale. Ils n’arrivent guère avant le commencement de mai en Angleterre.

Quoiqu'il résulte des expériences de Spallanzani que ces oiseaux peuvent résister à un froid plus qu’ordinaire, ilsse retirent aussi avant les hirondelles, parce que les insectes de haut vol qui forment la nourriture des premiers, ne conservent pas, quand la température se refroidit, la vigueur nécessaire pour voltiger à leur portée, tandis qu’ils restent à celle des hirondelles domestiques et de fenêtre.

Les martinets noirs, comme les hirondelles, reviennent au printemps prendre possession des domiciles qu’ils avoient adoptés les années précédentes. Les trous, les crevasses de murailles, les avant-toits des maisons couvertes de tuiles, sont les lieux où ils se plaisent le plus généralement à établir

leurs nids, et lorsqu'ils retrouvent les anciens, ils nese donnent pas la peine d’en construire de nouveaux. Spallanzani en a décrit un qui présentoit une cavité alongée, dont le plus grand diamètre avoit quatre pouces trois lignes, et le plus petit trois pouces et demi; mais ils n’ont pas tous la même dimension, et ne sont pas composés des mêmes substances, qui consistent surtout en plumes, laine, herbes sèches et autres matériaux souples que ces oiseaux peuvent rencontrer, soit en l'air, soit en rasant la surface du terrain, ou qu’ils enlévent d’autres nids, et particulièrement de ceux des moineaux, à quoi ils ajoutent extérieurement des parties d'insectes qu’ils ont à demi digérées. Pour donner de la consistance à cet assemblage incohérent, l'oiseau tire de sa gorge une humeur visqueuse , de couleur cendrée, la même qui lui sert comme de glu pour attraper sa proie, et qui, pénétrant le nid de toutes parts, lui donne une sorte d’élasticité. Quelquefois les martinets se contentent de rajuster les nids de moineaux pour leur usage. F

Comme on ne voit point ces oiseaux se poser à terre ni sur les branches d’arbres, il étoit probable qu’ils s’aecouploient dans leurs nids, et Spallanzani s’est assuré de ce fait par la facilité que lui donnoient à cet égard des nids établis dans des colombiers entre Les boulins destinés aux pigeons. En examinant de l’intérieur et par des sortes de guichets formés d’une brique, ce qui se passoit dans ces nids, l’observateur zélé est parvenu à voir plusieurs fois le mâle couvrir la femelle, et en user à peu prés comme les hirondelles de fenêtre, excepté que cet acte chez eux est de plus courte durée. Le mâle, dans ces doux momens, jette de petits cris dont l'expression est toute différente de celle des cris plus alongés, plus forts qu'il pousse quelquefois dans le nid, et qui s'entendent assez loin pendant le silence de la nuit. Ces cris sont indépendans du sifflement aigu que les martinets font entendre en voiant.

Spallanzani a observé que les martinets entrés dans leur trou, y éprouvent une sorte d'inertie ou de stupeur, et que, surpris dans l’accouplement ou l’incubation, ilsne font aucun mouvement pour changer d’attitude ,se laissent même prendre à la main, et qu’on est forcé de les pousser dehors pour les faire sortir de leur trou, ce qu'il attribue aux longues ailes

et aux pieds courts de ces oiseaux, qui leur ôtent lesmoyens de se remuer facilement dans des espaces aussi étroits. Cette explication est d'autant plus naturelle qu'un pareil abandon d'eux-mêmes ne les accompagne qu’au gîte.

Les martinets ne font qu’une seule ponte, à moins que la première couvée n'ait manqué par Les froids du mois de mai, ou par quelque autre accident. La femelle seule couve les œufs, qui sont blancs, de forme alongée, au nombre de deux à cinq, et dont Lewin a donné, tom. 4, pl. 28, une fort mauvaise figure. L’incubation dure environ trois semainés, et Ja mére couve encore ces petits plusieurs jours aprés qu'ils sont éclos. Suivant Montbeillard , les petits ne sollicitent pas la becquée comme ceux des autres oiseaux; mais Spallanzani qui, en 1789, en a vu éclore une nichée dans son voisinage, où il étoit à portée d’en examiner le trou, à remarqué qu’au moment où les père et mère leur apportoient à manger, ce qui arrive cinq a six fois le jour, les petits ouvroient le bec pourrecevoir la nourriture et poussoient en mêmetempsun cri, foible à la vérité, maïs sensible et soutenu pendant quelques instans; et ils en faisoient autant avec lui quand il leur touchoit le bec avec le doigt. Lorsque les petits ont acquis assez de force pour n'avoir plus besoin d’être réchauffés par leurs mères, celles-ci s'élèvent vers la fin du jour avec les mâles, et ne reviennent que le lendemain au soleïl levant, ce qui a lieu jusqu’a l’époque de leur départ, c’est-à-dire jusqu’à la fin de juillet ou au mois d'août. |

Ce n’est qu’au bout d’un mois que les jeunes abandonnent leur nid, et en cela ils sont plus tardifs que les autres oiseaux, et même que les hirondelles, ce qu’on peut attribuer à la nécessité dans laquelle se trouvent les martinets de se passer de tout appui dés l'instant où ils ont prisleur essor. Aussi un adulte s'échappant du nid a-t-illes pennes aussi longues que celles des pére et mère, son vol est aussi rapide ; une fois sorti du nid, il n'y revient plus.

Pendant les grandes chaleurs, les martinets restent au milieu du jour dans leur nid, dansles fentes de murailles ou de rochers, entre les entablemens des constructions, et ce n’est que le matinet le soir qu’ils vont à la provision, ou voltigent sans but et par le seul besoin d’exercer leurs ailes. Dans ce

| MAR 287 dernier cas, ils décrivent en l’air des courbes sans fin autour des clochers, des colombiers, ow des lignes droites le long des maisons, en poussant des cris aigus; mais lorsqu'ils vont à la chasse, ils ont une maniere lente de nager dans l’air, souvent ils ne battent pas des ailes, ils sont solitaires et silencieux, et la direction de leur vol éprouve des interruptions et des chan-

gemeus subits et en divers sens. C’est pour se soustraire à la

trop grande chaleur que ces oiseaux ont l'habitude particulière de se tenir cachés pendant le jour, et de ne s'élever dans les airs que vers le crépuscule du soir; plus libre quand les petits ont pris leur vol, la famille entière se transporte sur les

montagnes, où elle séjourne jusqu'aux approches des froids.

rl

Les jeunes martinets, comme les jeunes hirondelles’, pèsent plus que les vieux, et la cause en est dans l'existence d’une grande quantité de graisse, dont le corps des premiers est couvert et pénétré même en plusieurs endroits, tandis que les vieux en sont privés totalement. Le poids des adultes diminue à mesure de leur accroissement, et ils finissent par ne plus peser davantage que les père et mére quand toute leur graisse a disparu. Cette circonstance doit suffire pour détourner des ruses qu’on emploie en divers pays, a l'effet de s'emparer de ces oiseaux utiles, puisque si les jeunes sont un fort bon manger, les vieux ont la chair dure et point succulente.

Ces oiseaux sont à tout âge, et particulièrement dans leurs nids, tourmentés d'insectes parasites, et celui qui les quitte le moins forme un démembrement du genre Hippobosque, auquel M. Latreille a donné le nom d’ornithomiye.

GRAND MaARTINET Où MARTINET À VENTREBLANC; Cypselus melba, Vieiïll. L'espèce désignée sous le nom d’hirundo melba, par Linnæus ét par Latham, ou grand martinet à ventre blanc, par Montbeillard, et qui est figurée pl. 17 des Glanures d'Ewards, est considérée par MM. Cuvier et Temminck, comme étant la même que le martinet à gorge blanche de l’Ornithologie d'Afrique, pl. 243. Cet oïseau, long d’environ neuf pouces, a les parties supérieures d’un gris brun, ainsi qu’un plastron à la poitrine. La gorge et le ventre sont d’un blanc qui paroit être plus ou moins pur selon l’âge des individus, Le . bec est d’un brun noirâtre, et les pieds sont couverts de plumes brunes. La femelle a le éisés moins large, et les teintes du

plumage moins foncées. Cette espèce habite Les Alpes du Midi, en Suisse, au Tyrol, en Sardaigne: Spallanzani l’a rencontrée danslesiles de Pannaria, d'Ischia, de Lipari et à Constantinople. Russel l’a vue sur les rochers des environs d'Alep, et celui qui a été décrit par Edwards, avoit été tué à Gibraltar. C'est aussi dans les rochers que se retire et niche le martinet figaré par M. Levaillant ; et les individus que M. Temminck a reçus de l'Afrique méridionale, ne différoient de ceux d'Europe que par l’espace plus étendu qu'occupoitle brun de la poitrine sur le bas du cou et'sur les flancs.

Ces martinets, plus gros que les noirs, et qui volent avec une rapidité étonnante, se distinguent dans les airs par les parties blanches de leur plumage, et par des cris plus retentissans et plus soutenus. Ils se font aussi remarquer par une singulière habitude : au milieu deleurs circuitsils s’acerochent par les ongles aux rochers situés dans le voisinage de leurs nids, et d’autres s’attachant successivement sur les premiers, ilen résulte une masse oscillante jusqu’au moment où ils se séparent, etreprennent leur vol en jetant leurs cris accoutumés.

C’est à la fin de mars et au commencement d'avril que les grands martinets arrivent en Savoie ; maïs pendant la première quinzaine ils volent sur les étangs et les marais, et nese dirigent qu’ensuite vers les hautes montagnes, leur séjour habituel. Comme ils établissent en général leurs nids sur des précipices, Spallanzani n’est parvenu à obtenir quelques renseignemens sur leur ponte et l'éducation des petits que du concierge d’un château des Etats de Modène, sur la haute tour duquel ils’établissoit de ces oiseaux qui y faisoient chaque année deux pontes, la premiere de trois ou quatre œufs, et la seconde ordinairement de deux seulement. L’incubation dure trois semaines; les petits de la première couvée devencient adultes à la mi-juillet, et ceux de la seconde à la mi-septembre, et quoique ces jeunes qui sont fort bons à manger, leur fussent enlevés chaque fois, les pères et mères n’abandonnoïent pas les mêmes lieux, où ils nichoient dans leurs anciens nids, à moins qu'ilsne se trouvassentobligés d’en refaire de nouveaux. Ces nids, construits extérieurement avec des morceaux de bois.et des brins de paille enirelacés en cercles concentriques, et fortifiés par des feuilles d'arbres qui en occupent les vides,

MAR 289 sort revêtus intérieurement de chatons de peuplier æt de plumes, qui ne sont pas unis au ‘moyen du gluten sorti de la bouche.

Spallanzani, à qui l’on avoit envoyé avec le nid un martinet adulte, qui étoit à jeun depuis trente-une heures au moment de son arrivée , et devoit, par conséquent , avoir déjà perdu. de ses forces, l’a encore soumis'à des épreuves pour s'assurer du. degré de froid auquel il résisteroit ; et l'oiseau n’a péri qu'après être resté sept heures sous: un bocal où le thermo: mètre marquoit huit degrés et demi au-dessous de la congélation, et vingt-cinqheures dans une glacière, sans avoir donné aucun signe de léthargie | ce qui ajoute aux raisons exposées sous le mot hirondelle, pour rejeter l'hypothèse de la ei ds de ces oiseaux pendant l'hiver. )

- Spallanzani croit que les grards martinets ne butte. pas tous les iles Eoliennes pendant l'hiver; et que dans un pays où cette saison.est assez douce ,plusieursse cachentseulement dans quelques retraites:où ilss'abandonnent au repos et àune abstinence que leur graisse, assez abondante, les aide à supporter; mais les autres et ceux des: contrées plus au x passent en Afrique. NT, D47.,7 L

L'auteur des articles: didea iii: du le Nouveau Dic: tionnaire d'Histoire naturelle ;tapporte dés observations faites en Suisse sur .ces oiseaux par un de ses‘correspondans; mais la plupart sont contradictoires avec celles du naturaliste italien , puisqu'il enrésul{eroit que le nid'auroïtune autre forme, qu'au lieu d'être pratiqué: dansiun:itrou ; il seroit attaché le long d’un soliveau, et que ; composé d’autres matériaux, il seroit enduit de là matière glaante que cedernier n’ÿ à point trouvée. La seule remarque pourdaquelie les deux :observateurs soient d'accord , est la facilité avec laquelle on peut tou cher le mâle: et la: SR HE blottis l’un contre l’autre dans leur nid; mais cette dernière circonstance n'empêche pas qu’on ne soit fondé ia douter de l'identité des espèces.

GranD MarriNer p&rA CINE. À l'exception de la taille de éet oiseau qui, d’après la description qu’en a donnée Sonnerat dans son Voyage aux Indes, tom. 2, pag. 199, est de onze pouces six lignes depuis le bout du bec, jusqu'à celui de la queue, rien n'anuonce s'il s’agit ici d'une hirondelle ou d’un martinet,

Page 1