EE
et sion doit l'appeler cypselus sinensis ou lui conserver le noïf d’hirundo. On se bornera donc à exposer que la queue est fourchue et aussi longue queles ailes; que le sommet de la tête est d’un roux clair et la gorge blanche;que le cou en arrière, le dos, les ailes et la queue sont bruns; qu’à l'angle supérieur du bec il naît une bande longitudinale brune qui se prolonge au-delà de l'œil, lequel estentouré de-petites plumes blanches; que la poitrine et le ventre sont d’ungris roux, et qu’enfin l'iris, le béc et les pieds sont d’un gris bleuâtre.
M. Levaillant a donné, dans ses Oiseaux d'Afrique ,la figure : de deux martinets, pl. 244, n°41 et2,sousles noms de marlinet à croupion blanc et de martine vélocifère; mais ces deux oiseaux étant représentés sur des branches d'arbres avec trois doigts en devant et un par derrière, l’auteur des articles d’ornithologie dansle Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, s’est cru autorisé à les considérer comme des hirondelles éta les ranger parmi elles. Le même motif auroit pu cependant le déterminer à prendre un parti semblable pour le martinetà gorge blanche , dont chaque pied, vu deface, n'offre que trois doigts, étilauroitpü soupçonnerqu'afin de ne passe trouver obligé de figurer une muraille, et attendu que le quatrième doigt est implanté sur le tarse de manière à dévenir versatile, le peintre aura usé-de la faculté que lui donnoït cette circonstance pour en profiter en artiste; sans examiner rigoureusement quelles inductionsle naturaliste seroit dansle cas d’en tirer. D'ailleurs, M. Levaillant a appliqué aux trois espéces par lui décrites sous le nom de martinets, l'observation que chez elles Le doigt antérieur est-placé de côté; de manière que, suivanit le besoin de l'oiseau , il se dirige en avant ou en arrière; et une erreur dans le.dessin n’auroit, pas dû suffire pour faire contéster l'exactitude d’une classification établie par un aussi habile ornithologiste. On, va donc emprunter à M. Levaillant ses descriptions, en laissant les deux plus petits martinets à la place qu’il leur a assignée prés du grand.
MARTINEZ A CROUPE BLANCHE D'AFRIQUE. Cet oiseau ‘porte le nom de martinet à croupion blanc, au tom. 5, p. 112 des Oiseaux d'Afrique; mais, comme il est désigné sous celui de martinet à croupe blanche ,sur la pl. 244, fig. 1 ,etquedéjà lenom d'hirondelle à croupion blanc a:été donné a notre hirondelle
MAR sd “de fenêtre, et à l’hirondelle du Paraguay décrite par d’Azara sous le n.° 304, on préférera ici la dénomination de martinet à croupe blanche, ‘qui offre au moins une distinction légère en françois; et, ne pouvant adopter avec M. Vieillot l’épithète latine d’atra, tirée d’un aperçu tout différent et “peu d'accord avec la couleur brune du plumage de l'oiseau , ‘on lui donnera celle de cypselus uropygialis, propre à appeler l’attention sur la couleur des côtés du croupion et des barbes internes des dernières plumes alaires qui avoisinent cette partie, laquelle a paru à M. Levaillant former le caractere le plus tranchant pour signaler une différence spécifique entre l'oiseau en question et notre martinet commun. Celui-là , fort abondant au cap de Bonne -Espérance, est plus familier que le martinet à gorge blanche; il s'approche des maisons et vit dans les mêmes jieux que les’ hirondelles , sans cependant se méèler avec elles. Lorsqu'il ne peut s'emparer du nid de ces dernières, il en fait un lui-même dans destrous de murs ou dans des crevasses de rochers, et la femelle y pond quatre œufs blancs. Manrier vécocirère;Cypselus velo, Ois. d’Afr., pl. 244, fig. 2. L’épithète adoptée par M. Vieillot pour cette espèce étant la traduction littérale de celle de M. Levaillant, on n'hésite pas à la conserver pour un oiseau dont la rapidité est telle, qu’il parcourt cent toises en cinq secondes, ce qui équivaut à une demi-lieue en une minute. La queue de cette petite espèce est trés-fourchue ;ses ailes, fort longues, la dépassent de près de deux pouces, lorsqu'elles sont pliées. Son plumage est d’un noir foncé à reflets bleus sur la tête, les ailes et la queue, et d’ur noir pur sous le corps. Les yeux sont rougeàtres, Les pieds et le bec sont bruns. Ce petit martinet habite la côte de l'Est pendant la saison d’hiver du Cap; maig cette contrée n’est pas sa patrie, et il paroît n’y venir qu'après avoir fait ses petits ailleurs. Le soir et le matin il vole à la lisière des “bois, et saisit les insectes et les moucherons qu’il aperçoit en Vair ou posés sur les feuilles des arbres, dans les trous desquels il passe la nuit, mais sans se poser sur les branches. M. Levaillant ne l’a jamais entendu jeter un cri quelconque. Les colons du cap de Bonne- Espérance nomment tous les martinets wilsde swaluw (hirondelles sauvages), et les hironpelles make swaluw ( hirondelles privées eu domestiques }.
Dans le département de la Somme , on donne le nom de martinet à une bécasse que les chasseurs regardent comme formant une race plus petite que l'espèce commune ; et Magné de Marolles prétend, dans son Traité de la chasse au fusil, pag. 374, avoir effectivement observé une différence de taitle parmi les bécasses, et remarqué que celle qui est vulgairement appelée martinet, a le bec plus long que l’autre, etle plumage roussàtre. Feu Baïllon père disoit même, dans une note communiquée à Buffon, que celle-là avoit les pieds bleus, et qu’elle arrivoit la dernière ; mais , comme on l'a déjà exposé au tome quatrième de ce Dictionnaire, p. 196, ces circonstances n’ont paru à Buffon être que le résultat de différences accidentelles ou individuelles, si elles ne tiennent même plutôt à l’âge de l'oiseau, dont celui-ci seroit le jeune , et l’autre l'adulte. (Cu. D.) : :
MARTINEZIA. (Bot.) Genre de plantes monokeiviédaede à fléursincomplètes, monoïques ou dioïques, de la famille des palmiers , de la monoécie herandrie de Linnæus, offrant pour caractère essentiel: Des fleurs monoïques sur le même spadice (ou dioïques),un calice à trois divisions profondes: une corolle plus longue que le calice, à trois pétales ; dans les fleurs mâles, six étamines; les filamens libres; dans les fleurs femelles, un ovaire à trois loges; trois styles ; un drupe globuleux, monosperme. |
MARTINEZIA À FEUILLES DE CARYOTE : Martinezia car ryota, Kunth, in Humb. Nov. Gen. et Spec. , 1, pag. 305 EN lai RE Corozo.
: je ré mile rs: CS
Ce palmier s'élève depuis trente jusqu’à cinquante pieds, sur.
un tronc cylindrique épineux.Ses feuillessont peu nombreuses, ailées:les pinnulgs membraneuses, cunéiformes, tronquéesau sommet, d'unyert gai, à trois lobes obtus et rongés ; leurs pétioles garnis en dessus d’épines géminées. La spathe .est d’une seule pièce, ovale, épineuse, longue d'environ seize pouces; le spadice rameux, sans épines; à rameaux alternes, flexueux, comprimés; les fleurs sont ternées; les deux supérieures femelles; l'inférieure mâle; le calice est trés-petit, trigone, urcéolé, à trois lobes aigus; les pétales sont ovales, aigus, concaves; les filamens des étamines trés-courts. L’ovaire avorte daus les fleurs mälés. Le fruit est un drupe globuleux, d’un jaune rougeâtre, à une loge monosperme, d'un demi-pouce
LS
MAR | 293 de diamètre; la semence est veinée, striée à l'extérieur, marquée de deux sillons. Cette plante croit sur les rives de lOrénoque;elle est cultivée dans plusieurs contrées.
Les auteurs de la Flore du Pérou ont mentionné, dans leur Systema veget. Flor. Per., 1, pag. 295, plusieursautresespèces originaires du même pays, tels sout le martinezia ciliata, grand arbre dont le tronc ainsi que les pétioles sont armés d’épines; les feuilles ailées , sans impaire ; les folioles ensiformes, ciliées; les fleurs monviques. Dans le martinezia interrupta, le tronc s’élève à la hauteur de trente pieds; les feuilles sont ailées avec interruption; les folioles courbées en faucille. Le martinezia ensiformis est un arbre d’environ trente pieds, à feuilles ailées, avec une impaire, et dont les folioles sont ensiformes.
Les deux espèces suivantes ont leurs fleurs dioïques, savoir : le martinezia linearis, arbre d'environ quinze à dix-huit pieds, dont les feuilles sont aïlées, sansimpaire; les folioles linéaires, très-aiguës ; les grappes de fleurs composées d’épis courbés. Dans le martinezia lanceolata, les feuilles ailées, sans impaire , sont composées de folioles lancéolées; les supérieures recourbées ; les épis lâches, réunis en grappes. Toutes ces plantes croissent dans les grandes forêts du Pérou. (Porr.)
MARTINETA PESCADOR. (Ornith.) L’oiseau que les Espagnols du Mexique appellent ainsi, est le héron hoactli ou tobactli, ardea hoactli, ne et Lath. (Cx.D.)
MARTINOLLE (Erpét.), l’un des noms vulgaires de la Rae vente, hyla arborea. (Des. ) |
MARTLAT. (Ornith.) Cé nom et celui de martlin sont Han nés à l’hirondelle de rivage, hirundo riparia, Linn., dans le Piémont , où l’on applique ceux de martlera et martlot à l’hirondelle de fenêtre , hirundo urbica, Linn. (Cu. D.)
MARTLERA. (Ornith.) Pour ce mot et pour Martlot voyez Marrcar. (Cu. D.)
MARTLET.(Mamm.) Voyez Marin. (Desm.)
MARTLET. ( Ornith.) Ce nom et celui de martin désignent enanglois, dans Willughby , l’hirondelle derivage, hirundo riparia ,; Linn. (Cu. D.)
MARTORELLO , MARTURA (Mamm.), noms italiens de la marte. (Desm.)
MARTRASIA. (Bot.) M. Lagasca, Lieniste espagnol, com-
294 MAR muniqua, au commencement de 1808, à quelques botanistes françois, un Mémoire manuscrit, rédigé par lui en 1805, et intitulé Dissertation sur un nouvel ordre de plantes de la classe des composées. Ce Mémoire contenoit les caractères de beaucoup de genres nouveaux; dont un éioit nommé par l’auteur Dumerilia. Maïs, lorsqu’en 1811, i! publia son Mémoire dané les Amenidades naturales de las Espanas , imprimées à Orihuela, M. Lagasca changea quelques uns des noms qu'il avoit lui-même donnés, dans son manuscrit, à ses nouveaux genres, et le dumerilia devint le martrasia. Cependant M. Decandolle, qui avoit vu en 1808 le manuscrit de M. Lagasca , mais qui ignoroït sa publication récente et le changement de quelques noms génériques, décrivit le genre dont il s’agit, sous le nom de dumerilia, dans son Mémoire sur les labiatiflores, publié en 1812: Suivant la rigueur des règles en cette matiére, le nom de martrasia ayant été publié par l’auteur même du genre, un an avant que le nom de dumerilia ait été publié par un autre botaniste, le premier nom devroit incontestablement obtenir la préférence sur lé sécond. Mais plusieurs considérations nous détermisent à nous écarter un peu de la régle dans ce cas-ci: 1.° l’auteur du genre étant aussi l’auteur de l’un et de l’autre nom, on né lui fait aucun tort en adoptant celui de dumerilia; 2.° la publication du genre, sous le nom de marirasia, n’étoit ni ne pouvoit être connue en France , à l’époque où M. Decandolle a publié les descriptions et les figures de deux espèces, sous le nom générique de dumerilia, et en reconnoissant M. Lagasca comme auteur de ce genre; 3.” l’excellent Mémoire de M. Lagasca, quoique assurément trés-digne d’un meilleur sort, est pourtant encore aujourd’hui beaucoup moins connu que Île Mémoire de M. Decandolle , ce qui dépend de circonstances fort étrangères au mérité respectif des deux opuscules; 4.° les botanistes, qui ne peuvent deviner le motif de ce changement de dénomination, se résoudront difficilement à préférer le nom d’un obseur apothicaire de Barcelonne à celui d’un naturaliste aussi distingué que M. Duméril; 5° enfin , lenom de dumerilia est adopté par M. Kunth, dans ses Nova Genera et Species planfarum , et il avoit déjà été adopté par nous-même dans ce Dictionnaire (tom. XIII, pag. 553).
Néanmoins, nous proposons aujourd’hui de conserver le
MAR 295 nom générique de martrasia, mais en l’appliquant seulement à une espèce qui nous paroît devoir être distraite du genre Dumerilis, et constituer un genre particulier. Cette espèce est la martrasia pubescens de M. Lagasca, qui, selon cet auteur, a l’aigrette stipitée, tandis que les autres espèces ont l’aigrette sessile. Ce botauiste doutoit lui-même que due dont il s'agis fût congénère des autres.
Ainsi, nous admettons un genre Dumerilia et un genre Martrasia, en les. distinguant l’un de l’autre par la forme du fruit, qui est cylindracé dans le dumerilia , aminci et prolongé supérieurement en un col dans le martrasia. (H. Cass.)
MARTRE, CHENILLE MARTRE. (Entom.) Nom de la larve d'une espèce de bombyce qui est en effet couverte de poils fauves, soyeux, qu’elle a la faculté de redresser ; on la nomme encore hérissonne, bombyx caja. (C. D.)
MARTYNIA. (Bot.) Voyez Connaner. (Porr.)
MARTYROLE. (Ornith.) Les Genevois appellent ainsi Le martinet noir, hirundo apus, Linn., ou cypselus vulgaris, Dum., lequel est nommé en anglois martlette. ( Cu. D.)
MARU. (Bot.) Dans File de Crète, suivant Prosper Alpin, on donne ce nom à une plante que Tournefort a désignée comme une marjolaine, et quiest l'origanum maru de Linnæus. Le maru de Dodoens est une espèce de melinet , cerinthe,
‘ suivant C. Bauhin. Voyez Maroc. (J.)
MARUA (Bof.), nom malabare cité par Rhéede, d’un cannellier, laurus cassia. (3.)
MARUEITA. (Ornith.) Brisson din ce nom particulier à la marouette , ou petit râle de eau , rallus porzana, Linn. { Cu. D.)
MARUGEM. (Bot.) Nom portugais du mouron, anagallis, selon Vandelli: Il est aussi donné à la morgeline, alsine media, qui est notre mouron des petits oiseaux. (J.)
MARULION (Bot.), un des noms grecs de la laitue, cité par Mentzel. (J.)
MARUM. (Bot, } Ce nom est donné à diverses plantes de la famille des labiées: l’une est le marum cortusi, marum verum , teucrium marum de Linnæus, l'herbe à chat sur laquelle ces animaux aiment à se rouler; l’autre est le marum vulgare de Dodoens, thymus mastichina. L’origan de Syrie est le marum
296 MAS syriacum de Lobel. Get auteur a encore un mdrum supinum qui paroît être aussi un.origan. (3: )
MARUM D’EGYPTE (Bot.), nom qui a été donné à une espèce de sauge, salvia æthiopis, Linn. (L. D.) |
MARUM VRAI. (Bof. ) C'est la à maritime.
(L. De} » *
MARURANG. (Bot.) A Anais on donne ce nom, suivant Rumph, à son pebasites agrestis , qui est le ‘clerodendrum infortunatum de Linnæus, genre de la famille dés verbénacées. Adanson fait du marurang un genre distinct du clerodendrum, et le réporte même à sa famille des jasminées, dans laquelle iladmet des genres à quatre et à cinq étamines, et il place le marurang parmi ces derniers, d’après la description de Rumph, . qui paroït peu exacte, puisque d'ailleurs il décrit une corolle polypétale , pendant qu’il en figure une évidemment moncpétale, semblable à celle. du PRE A Ce genre d’Adanson doit donc être supprimé. (J.)
MARU WKI (Mamm.), nom d’un écureuil rayé; peut-être l’écureuil suisse chez les Tartares tungouses. (Daswr.)
MARZUOLO. (Bot.) Les Italiens, et particulièrement les Toscans, donnent ce nom à un agaric figuré par Micheli, tab. 74 , fig. 9. Ce petitchampignon, quel’on mange se trouve sous la neige dans les montagnés au printemps, c'est le jacobin oule ventru brun et blanc, etle dormeur dé Paulet; c’est aussi l’agaricus marzuolus de Fries: (Leu. )
MASANQUIENNE. (Ornith.) La poule est ainsi nommée à l'ile Waäïgiou , selon Labillardière. (Cu. D.)
MASARA (Bot.). Nom brame, cité par Rhéede, du welia cupameni du Malabar, espèce dacalrpha Une autre espèce qui est le cupameni simplement, est nommée maserasesade. (J.)
MASARE, Masaris. (Entom.) Nom d’un genre d'insectes hyménoptères de la famille des duplipeunes ou ptérodiples, près: des guépes dont ils différent par leurs antennes en masse, et non en fuseau. On n’en connoît pas les mœurs; l’une a été rapportée:de Barbarie par M. Desfontaines, et décrite par Fabricius sous le nom de vespiforme. L'autre, observée en Italie et près de Montpellier par M. Chabrier, a été rangée par M. Latreille dans un genre distinct sous le nom de célonite. C’est l'espèce que nous avons fait figurer à la planche 31 de
l’atlas de ce Dictionnaire, 1.°° livraison, n.° 10. Ces in” sectes se roulent en boule comme les chrysides, avec lesquelles Rossi les avoit rangés : il les avoit figurés dans sa Faune d’Etrurie, planche 7, fig. 10 et 11. Nousignorons l’étymologie. du nom de masare; paraprç est l’un des surnoms de Bacchus dans la Mythologie. (C. D.)
MASARICO. ( Ornith.) Voyez MasaniNo. (Cu. D.)
MASARINO. (Ornith.) L'oiseau auquel les Portugais du Brésil donnent ce nom et celui de masarico, suivant Marcgrave et d’Azara , est le curicaca du premier de ces auteurs, ou couricaca de Buffon, tantalus loculator, Linn. et Lath. (Cu. D.)
MASCA. (Bot.) Nom donné dans " Pérou au monnina po- : Lystacha de MM. Ruiz et Pavon, genre de la famille des polygalées. C’est un arbrisseau d’un Mine de hauteur, dont toutes les parties, et surtout la racine, sont amères et savonneuses, employées avec succès pour le traitement des maladies dans lesquelles on fait usage du quassi. (J.)
MASCA. (Ichthyol.) Sur la côte des Alpes maritimes, on donne ce nom à la murénophis < sourcière de M. Risso. Voyez Muréworuis. (H. C.)
MASCA DEI AMPLOA. (Ichthyol.) Sur la côte de Nice, on donne ce nom à l’ésoce boa de M. Risso, qui forme le type du nouveau genre Sromias. Voyez ce mot. (H. C:) |
MASCAGNIN. ( Min.) C'est le nom univoque donné à l’ammoniaque sulfatée native, en l'honneur du célèbre Mascagni. C’est celui dont nous nous servirons lorsque nous aurons occasion de parler de cette substance, extrêmement rare dans le règne minéral. Voyez AMMONIAQUE SULFATÉE. (B.)
MASCALOUF. (Ornith.) L'oiseau qu’on appelle aïnsi en Abyssinie est le pére noir. Voyez Darrier. (Cu. D.)
MASCARET. (Géogr. Phys.) Mouvemens extraordinaires de la marée. Voyez l’article Marées, pag. 127. (L: C.)
MASCARILLE , ou le CHAMPIGNON MUSQUÉ (Bot.)de Paulet (Tr., 2, pag. 203, pl. 93, fig. 6, et Synon., n° 34).
Ce médecin le rapporte au champignon comestible dont. Clusius a donné une figure à la page 265 de son Histoire des plantes rares, et aux espèces représentées , tab. 0, fig. E,F, G de l’ouvrage de Sterbeeck, sur les champignons du Brabant. Il le rapporte encore au champignon en forme de borne ,
déerit par C. Bauhin , Plin., 370, n.° 3 , et par J. Bauhin,,
Hist,, pag- 826 ; maiscette synonymie nd a être vérifiée. Elle n’a pu nous servir à reconnoitre dans le Syst. mycologi-
cum de Fries le nom moderne de cette espèce.
Suivant Paulet,« ce champignon (du genre Agaric et de la famille des calotins de terre ou des bois) est trés-recherché par les amateurs , et n’a pas de mauvaises qualités ; au contraire il paroît même que celui qu’on appelle fripam ou boudin noir dans FInde , est un champignon analogue à celui-ci, et peutêtre le même. Quoi qu'ilen soit , l’un et l’autre sont délicieux, et n’incommodent pas. ? |
Cechampignon, d’une taille moyenne, s'élève en forme de borne, ou de tête oblongue de couleur brune, avec une chair blanche, sujet à s'entr'ouvrir et à laisser voir une partie des feuillets par le relèvement de.ses bords. Cette différence de couleur change le premier aspect de ce champignon, et lui donne l’apparence d’un masque, d’où lui vient son nom de mascarille, qu’il porte spécialement dans les parties méridionales de la France. Ses feuillets sont épais, de longueur inégale ; son stipe est plein et fort. |
Suivant quelques auteurs. c’est le champignon de couche . gw’on nomme mascarille: maïs alors ce nom appartiendroit a plusieurs espèces, car le champignon ci-dessus et ceux figurés par Clusius et Sterbeeck ne s’y rapportent point. (Lerm.)
MASCARIN. (Ornith.) Cette espèce de perroquet, psittacus obscurus, Linn., est représentée dans les planches enluminées de Buffon, sous Le n.° 35. (Cu. D.)
MASCARONE, ( Crust.) Les crustacés brachyures du genre Dorippe ont reçu ce nom enItalie, a cause des bosselures de leur têt, qui sont disposées de manière à figurer une sorte de masque humain. ( Desu.)
MASCHALANTHUS. (Bot.), Schultz; Maschalocarpus ; Spreng. Ce genre de mousses ne différe presque point du pterigynandrum , duquel il n’auroit pas dû être séparé, ayant pour type le péerigynandrum “ri limpe Hedw. Voyez Prericy- NANDRUM. {LEM.)
MASCHIO. (Ornith.} L'oiseau ainsi nommé dans le Bolonois est l’'écorcheur, lanius collurio , Linn, (Cæ. D. )
MASDEVALLIA. (Bot) Genre de plantes monocotylédones,
MAS 20e
à fleurs incomplètes, irrégulières, de la famille des orchidées, de la gynandrie monandrie de Linnæus, offrant pour caractere essentiel : Point de calice; uné corolle ouverte, a six pétales; les extérieurs soudés jusque vers leur milieu, le sixième pétale ou la lèvre orguiculée, point éperonnée; l'onglet soudé avec les pétales extérieurs; la colonne des organes sexuels non ailée; une anthère terminale, operculée; le pollen distribué en deux paquets.
Maspevarcra uniFLORE : Masdevalliauniflora, Kunth , in Humb. etBonpl. Nov.Gen. et Spec., 1, p. 361 ,tab. 89 ; Ruiz et Pav., Syst. veg. Flor. Peruv., pag. 258. Cette plante a des racines épaisses, PET NS trés-simples qui produisent des feuilles coriaces, lancéolées, planes, un peu obtuses, rétrécies a leur base, longues de trois pouces, toutes radicales; de leur centre s'élèvent des hampes simples. glabres, longues de huit pouces ,uniflores,enveloppéespar quelquesgraines glabres ,striées , presque longues d’un pouce. La fleur est terminale, inclinée; la corolle campanulée, longue d’un pouce; les trois pétales extérieurssont oblongs, un pêu épais, rétrécis à leur sommet, à trois nervures, soudés ensemble jusque vers leur miheu; les deux intérieurs latéraux libres , alongés, aigus, à une seule nervure, trois fois plus courts que les extérieurs; le sixième pétale est onguiculé; son limbe oblong, obtus, en carène, ponctué de rouge dans son milieu , une fois plus court que les pétales extérieurs; la colonne droite, canaliculée, ponctuée de rouge, de la longueur des pétales intérieurs; l’anthère terminale. Cette plante est parasite; elle croit au Pérou et dans les contrées froides du royaume de Quito. (Porz.)
MASEH. (Bot.) Voyez LousrA. (J.)
MASENGE. ( Ornith.} C’est, dans le Brabant, la grosse mésange, parus major, Linn. (CH. D.)
MASERASESADE. (Bot.) Voyez Masara. (J.)
MASGNAPENNE. (Bot.) Suivant M. Bose, c’est le nom d’une racine, peut-être celle de la sanguinaire du Canada, ou celle de l’heritiera tinctoria , dont se servoient les Sauvages de la Virginie, pour teindre en rouge leurs meubles et leurs armes. ( Lem.)
MASIER. (Malacoz.?) Adanson (Sénég. PDA DLL)" nommé ainsi un tube calcaire qu'il place dans son genre Ver-
300 . MAS met, et dont Gmelin a cependant fait une espèce de serpule, sous le nom de serpula arenaria. Voyez Vermer. ( DE B.)
MASITYPOS (Bot.), nom du mouron, anagallis, chez les anciens Etrusques, suivant Ruellius. (J.)
MASLAC. (Bot.) C. Bauhin dit, d’après Paludanus et Linscot, que les Turcs rommoient ainsi l’opium extrait du pavot der et qu’ils en prennent chaque jour une partie équivalente à la grosseur d’un pois. Suivant Mentzel , le même nomiudien est donné au chanvre, et il faut APT à ce sujet qué cette plante a aussi une iualiié enivrante et un peu narcotique. (3) ( MASL.ENIK. (Bot. ) Pallas rapporte qu’en Russie, dans la
province de Mouroum, les paysans mangent un charité qu'ils nomment massenik truffe visqueuse, espèce de bolet, boletus viscosus, Pall., sans en ressentir de pernicieux effets. (Lem.)
MASMOCRA {Bot.), nom arabe de l’aristoloche suivant Taberiæmontanus cité par Mentzel. (J.)
MASPETON. (Bot.) Voyez Masrastes. (J.)
MASQUE, Persona. {Conchyl.) Denys- Montfort, tom. 2, pag. 602 de son Système de Conchyliologie, a établi sous ce nom une petite division générique dans le grand genre Murex de
. Lionæus, pour un petit nombre d’espéces dont l’ouverture, largement calleuse, a ses bords rétrécis par des dents irrégulières. Telle est l'espèce que l’on connoit vulgairement sous les noms de Grimace, de Vigiie Ride, de Bossue, et qui vient de la mer des Indes. C’est une espèce du genre Triton de M. de Lamarck, le murex anus de Linnæus. (Varés Rocxer et Tairon.. (De B.)
MASQUE. ( Entom.) Ce nom a été employé par Réaumur et par Geoffroy , pour désigner l’extrémité de la lèvre infé-, rieure des larves de libellules, qui recouvre toute la partie antérieure de la bouche. Voyez tome XXVI, page 242, le dernier alinéa. ( Des.) |
MASSA (Bot.), nom de la muscade dans l'ile de Java, ou plutôt de son macis, suivant C. Bauhin. (J.)
MASSA (Tchthyol.) , nomspécifique d’un crénilabre que nous avons décrit dans ce Dictionnaire , tom. XI, pag. 387. (H. C.)
-MASSACA-CURI, JU-URIVI. (Bot.) Palmier d'Amérique,
prés de Javita, non décrit, vu seulement par M. de Humboldt qui dit que son tronc est chargé d’épines ; ses feuilles sont pennées; son fruit, ovoide, de la longueur d’un pouce, est percé de trois trous. C’est peut-être un bactris. (J.)
MASSACAH. ( Ornith.) Ce nom arabe est donné, suivant M. Savigny, Oiseaux d'Egypte et de Syrie , p. 54, à l’effraie, strix flammea, Linn. (Ca. D.)
MASSACAN. (Ornith.) Ce nom paroît être appliqué dans le Piémont à plusieurs fauvettes tachetées.. (Cr. D.)
MASSAMAS (Bot.), nom mal transcrit dans quelques livres. Voyez Manssanas. (J.)
MASSAQUILA. (Bot.) pañstie voisinage de Cumana on donne ce nom, suivant M. de Humboldt, à un micocoulier,
celtis mollis. (J.) Ù
MASSARIL (Bof.), nom de l’espéce de raisin que l’on recueilloit en Afrique pour l’employer comme médicament, suivant Daléchamps. (J.) #9
MASSE. ( Bof, ) Paulet donne ce nom à une petite famill qu'il forme dans le genre Clavaire, à cause de la forme en massue des trois espèces qu'il cite, décrit et désigne ainsi:
1. Lespriis Pinons, ou Clavaria cæspitosa, Jaceq., maintenant une espèce du genre Sphæria..
…2. Le cros Picon, ou Clavaria pistillaris, Linn. ( Voyez Pa ticle CraAvaire.)
3. Etla Masse À euErRIER, ou Clavaria milifaris, Linn., maintenant Sphæria militaris, Pers. Voyez Spxænta. ( Le.)
MASSE À GUERRIER: (Bor.) Voyez Masse." ( Lem. ) - |
MASSE AU BEDEAU (Bot.), nom vulgaire commun à deux plantes, l'érucage des moissons et la massette a lärges feuilles. (LD:)
MASSE D'EAU. (Bot. ) Voyez Masserre. D. ) ;
MASSENA (ichthyol.), nom spécifique d’un poisson du genre CépnaLortère. Voyez ce mot. (H. C.)
. MASSETE,, Scolex. (Entoz.) Genre de vers intestinaux assez peu connus à cause celeur petitesse et de la variation extrême de leur forme, étabii par Muller, et adopté depuis par ious les zoologistes. Ses cäractères sont : Corps mou, déprimé, atténué en artière, renflé en avant, où il est terminé par une masse céphalique polymorphe, pourvue de quatre succirs
symétriquement placés, de quatre appendices et d’un pore orhicu!aire central. l’organisation des massètes est à peu prés inconnue. M. Rudolphi avoit d’abord supposé qu’elles avaient un canal intestinal; maïs depuis il pense qu'il n’en est pas ainsi, et que le pore terminal est une sorte de suçoir. Les orgares de la génération et le mode de reproduction sont entièrement ignorés. On sait seulement que ces animaux vivent dans la mucosité qui tapisse en si grande abondance le canal intestinal des poissons. Je n’ai jamais eu l’occasion d'observer de massètes. M. Rudolphi, avant son voyage en Italie, n’en avoit pas vu non plus ; mais à cette époque, il a trouvé :fréquemment la massète quadrilobée qu'il a observée vivante, et il croit qu’elle change tellement de forme, qu’il n’est pasimpossible qu'on ait pu en former plusieurs espèces. L'auteur que nous venons de citer, dans sou Traité sur les vers intestinaux, comptoit six espèces dans ce genre, dont trois étoient douteuses. Dans son Synopsis, il regarde les animaux qu'il avoit désignés sous les noms de Scolex bilobus ou de Lavaret, et de Scolex Letrastomzs ou de l’éperlan comme des bothriocéphales, ou de jeunes tænias. Toutes les autres ne sont que des individus de la massète quadrilobée mal observés. Ainsi ce genre n’est plus composé que'de cette seule espèce, dont le corps à une ligne et demie de longueur sur un tiers de ligne de largeur, quand il est contracté, du moins suivant Fabricius; car Muller dit qu’on ne peut la voir à l'œil nu. Lorsqu'il s’alonge, ilatteint jusqu’à plus de quatre lignes; mais alors il devient linéaire. Il est très-mou, trés-polymorphe comme celui de plusieurs planaires; sa couleur est blanchâtre, opaque, gélatineuse. Muiler dit qu’en arrière de la tête sont deux points sanguins et oblongs, dont il est assez difficile de déterminer la nature. On trouve ce ver assez souvent, àce qu'il paroît, dans les intestins de différentes espèces de pleuronectes et dans ceux du saumonlavaret, et peut-être de plusieurs autres poissons. En général, cegenrea bescein d'observations nouvelles; peut-être même l'espèce qui le compose n'est-elle pas aduiter et n'est-elle formée qu'avec de jeunes individus d'échinorhyuques. M. G.Cuvier, quia suivi le premier ouvrage de M. Rudolphi, dit qu’il en possède une grande espèce qui pénètre la chair du spare de Ray ,et dont la partie moyenne du corps est renflée en une vessie qui, dans
MAS 303 Vétat de vie, se restreint ou s’élargit alternativement dans son milieu. Est-ce une véritable massète? (Dr B.)
MASSETTE (Bot.), Typha, Linn. Genre de plantes monocotylédones, qui a donné son nom à la famille des typhacées ou typhinées, et qui, dans le système sexuel , appartient à la monoëécie triandrie. Ses principaux caractères sont les suivans : Fleurs trés-nombreuses, trés-serrées les unes contre les autres, et disposées en deux chatons cylindriques au sommet de la tige; le mâle placé immédiatement au-dessus du chaton femelle. Chaque fleur mâle est composée d’un calice de trois folioles linéaires-sétacées et d’un seul filament trifurqué, portant trois anthères oblongues, quadrangulaires, pendantes; chaque fleur femelle présente un calice formé d'une houpe de poils, etun ovaire porté sur un pédicule trés-délié, surmonté d’un style terminé par deux stigmates capillaires. L’ovaire devient une graine ovale, pointue, enveloppée d’une tunique membraneuse, très-mince, et le calice persistant lui sert d’aigrette.
Tuçgn est dans Dioscoride le nom d’une plante qui croît dans les étangs et les marais, et qui est peut-être la même qu’une des espèces du genre auquel les modernesont consacré le nom de Typha. Ce dernier renferme aujourd’hui sept espèces; les deux‘plus intéressantes à connoître, sont les deux qui suivent :
Masserre À LARGES FEUILLES : vulgairement Masse n’#au, Masse AUSeDE AU, Roseat peséranes; Typha latifolia, Linn.,Spec., 157; F1. Dan., tab. 645. Sa raéine est vivace, rampante, noueuse, garnie de fibres presque ‘verticillées ; elle produit plusieurs tiges droites, frès-simplés, cylindriques, dépourvues de nœuds, parfäitement glabres comme toute la plante ; et hautes de six à huit picds. Ses feuillés sonfalternes linéaires, planes, presque ensiformes, larges de cinq à dix ligriés au plus, engaiînantes à leur base; les unes radicales, lés autres caulinaires; et aussi longués, pour la plupart, que les tiges elles-mêmes. Ses fleurs sont tres-petites, en quantité presque innombrable; les mâles disposées en un chaton cylindrique, long de quatre à cinq pouces, de couleur jaune, contigu à l’épi femelle, qui a la même forme , et qui est d’abord d'un vert obseur, puis ensuite roussätre, et enfin brünâtre, lors de la maturité des graines. Après la floraison, l'épi mâle se flétrit, se détruit le-plus souvent, et alors le chaton femeile paroit terminer la tige au som-
504 MAS met de laquelle il forme en quelque sorte une massue. Cette plante croît en France, en Europe, en Asie et en Amériques dans les étangs, les fossés aphbtique le long dés rivières et des ruisseaux. Gt MassetTrB A FEUILLES ÉTROITES : Typha angustifolia , hide Spec., 1377; Flor. Dan., t. 815. Cette espéce a tout le port de la précédente; sa tige atteint la même élévation; ses feuilles sont; en général, plus étroites, mais la différence est si peu considérable, que cela ne mériteroit aucune considération. Le caractère saillant qui fait facilement distinguer ces deux plantes; c’est que, dans la massette à larges feuilles, le chaton mäle.est toujours contigu au chaton femelle; tandis que, dans celle,à feuilles étroites, il y a constamment un intervalle d’un.a deux pouces entre les deux chatons. Cette plante se trouve dans les mêmes lieux que la précédente.
Les bestiaux mangent les feuilles des massettes, mais C’est un bien médiccre fourrage, et l'on soupconne même qu'il peutleur être nuisible. Lorsque lés racines de ces plantes sont jeunes, et.quand leurs tiges commencent a pousser ,.ellessont tendres et assez douces au goût; quelques personnes les, forit alors confire dans le vinaigre et les mangent en salade. La dé: coction de ces racines dans. l'eau a passé pour avoir la,propriété de modérer les pertes utérines, mais aucune observation ne confirme cette prétendue propriété, et l'usage de ces plantes en médecine-est-tout-a-fait nul aujourd'hui : noi AE Dans les cantons où les massettes sont abondantes on enr ploie leurs feuiiles pour former le siége des chaises communes; pour faire des paillasseset desnattes. En Suède et dans d'autres pays, les tonneliers s’en servent pour lier les extrémités; des cerceaux;ilseninterposentaussi entre les douves des tonneaux, afin qu'ils soient plus exactement clos. Les tiges et les,feuilles servent, au lieu de chaume, a couvrir les toits des maisons rustiques; on peut dans les jardins en. former. des abris pour remplacer les paillassons. Les aigrettes des fleurs femelles, qui font une sorte de duvet, sont, dans le nord de l’Europe, employées pour remplir des matelas , des coussins, des oreillers. On les mêle avec de la poix et du goudron pour calfaterles bateaux et les navires; mais, en général, on tire peu de,parti de cette matière, quoiqu’on puissese la procurer avecfacihité,
MAS 305 On a cherché à l'utiliser davantage en la faisant carder, fouler et feutrer en l’'incorporant avec un tiers de poils delièvre. Par ce moyen on a réussi à en fabriquer des chapeaux. En mêlant ce duvet avec un tiers de coton, eten le faisant carder et filer, on en a aussi fait fabriquer des gants, ei mêmeune espèce de tricot en pièce. Mais ces essais suffisent-ils pour faire croire que cette matière pourroit être employée à faire des bas, des bonnets pour les habitans des campagnes, et même du drap et des couvertures? Il n’est guère permis de le croire; car il ne suffit pas que ce duvet soit doux au toucher etsusceptible de conserver la chaleur, il manque par un point essentiel, c’est que les poils qui le composent sont trop courts pour être jamais travaillés - seuls, et pour qu’on en puisse former des étoffes solides et durables. (L. D.)
MASSETTES. (Bot.) Nous avions désigné primitivement sous ce nom une famille de plantes monocotylédones, maintenant connue sous celui de typhinées. (J.)
MASSETES A RESSORT. ( Bot.) C’est un petit groupe de champignons formé par Paulet, et qu’il présente ainsi:
1.Espèce pourpreatigesimple, où il citele clathrus denodatus, Linn., ou trichia cinnabarina, Bull. , etarcyria punicea ; Pers.
2. Espèce jaune de safran, à tige simple, où il place l’embolus crocatus , Baisch, Elen. , tab. 30, fig. 177.
3. Espèce à tige ascendante, où il mit d’abord Le clathrus nudus, Linn., ou stemonilis fasciculata, Pers. , et trichia axifera, Bull.; ensuite le clafhrus recutitus, Linn., l’embolus pertusus, Baisch, L. c., fig. 176, ou stemonitis typhina, Pers.
Tous ces petits champignons ont une tête oblongue qui ressemble plus ou moins à une massette portée sur une tige grêle. Les graines renfermées dans cette tête sont lancéesau loin par les filamens élastiques sur lesquels elles sont d’abord fixées. (Lem.)
MASSHUW. {Ornith.)\) Hermann, dans ses Observationes Zoologicæ ; pag. 120, donne ce nom allemand à son strix butalis, en françois grimaud ou grimauld, dont il a déjà été parlé sous ce nom au tome XIX, pag. 481 de ce Dictionnaire. Cet oiseau, qui a des rapports avec le strix aluco , Ou hulote, lui paroît en différer par la taille, la couleur de l'iris et le défaut de taches aux pieds. ( Cu, D.)
MASSICOT (Chim.) , nom souslequel l’oxide de plomb formé de 100 de métal etde 7,7 d’oxigène, est connu dansles arts. (CH)
MASSICOT. ( Min.) C’est le nom vulgaire de l’oxide jaune de plomb. On le donne quelquefois à un carbonate de plomb natif, pulvérulent et jaunâtre, qui, sans être cet oxide pur, lui ressemble extérieurement. Voyez PLoms. (B.)
MASSITRE. (Bot.) Daléchamps dit que les Allobroges, aujourd’hui les Savoyards, nommoient ainsi l’ellébore puant. (J.)
MASSON (Bot.), nom vulgaire du jujubier cotonneux, ziziphus jujuba. (J.) |
MASSONE, Massonia. ( Bot.) Genre de or: monocotylédones, à fleurs incomplètes, de la famille des asphodélées, de l’hexandrie monogynie de Linnæus, offrant pour éaractére essentiel : Une corolile tubulée à sa base; le limbe double; l’extérieur plus grand , à six divisions; l’intérieur à six dentsstaminiférés ; Six étamines; les filamens subulés; les anthères ovalesoblongues; l’ovaire supérieur trigone; un style fitiforme ; Le stigmate simple; une capsule triloculaire, à trois valves, polysperme.
Ce genre renferme quelques Mel ct plusieurs variétés qui ont été indiquées comme espéces : toutes sont remärquables par,leur port, par la disposition de leurs feuilles toutes radicales, courtes, ei plus ou moins larges; par leurs fleurs faseiculées où réunies en une sorte d’ombélle, dont la hampe est fort courte, presque nulle. Les racines sont bulbeuses: Leur culture est un peu difficile, en ce qu’elles donnent rarement descäïeux, et qu’elles ne donnent présque jamais de graines dans nos climats. Elles fleurissent pendant l'hiver, et veulent la serre-chaude, un mélange de terre de bruyère et de terre franche, renouvelées tous les deux ans.
MaAssonE À LARGES FEUILLES : Massonia latifolia, Linn. fils, Suppl.; Lamck., Ill. gen. , tab. 233, fig. 1; Aït., Hort. Kew., tab. 3; Magaz. Bot., tab. 848. Ses racines sont bulbeuses, de ia grosséur d’un radis; elles produisent deux larges feuilles ovales, presque arrondies, étalées, séssilés, tachetées de rouge en dessus, d’un vert pâle en dessous. Les fleurs sont blanches, un peu pédicellées, disposées entre les feuilles en une sorte d’ombelle serrée , presque sessile, ou portée sur une hampe trés-courte ; le tube de la corolle est à peu près de la
| MAS 307 longueur du limbe extérieur. L'ovaire devient une capsule obtuse , À angles trés-saillans. Cette plante croît au cap de Bonne-Espérance. On la cultive au Jardin du Roi.
MASSONE À FEUILLES ÉTROITES : Massonia angustifolia, Linn. fils, Suppl.; Lamck., I. gen., tab. 233, fig. 2; Ait., Hort. Kew., tab. 4; Bot. Magaz. , tab. 736. Ses feuilles sont beaucoup plus étroites que dans l’espèce précédente, redressées, ovales-lancéolées,aiguës, longues d’environ trois pouces, du milieu desquelles s’élève une hampe verticale, trés-courte, soutenant des fleurs pédicellées , réunies en un faiscçeau ombelliforme , un peu irrégulier, munies de bractées lancéolées, ai- guës, plus courtes que les fleurs; le tube de la corolle est grêle, trois fois aussi long que le limbe extérieur, dont les découpures sont linéaires, lancéolées, très-étroites, aiguës, réfléchies, de la longueur des étamines. Cette espèce croît au cap de PET VA ES
Massons ONDULÉE, Massonia ne. Thunb., Diss. Nov., pag. 41. Plante découverte dansl'intérieur des terres des contrées australes de l'Afrique, dont la racine est pourvue d’une bulbe à peu prés de la grosseur d’une noïsette, qui produit trois, quatre, quelquefois cinq feuilles ensiformes, lancéolées, rétrécies à leur base , droites, ondulées, de la longueur du doigt; la hampe droite, glabre, longue d’un pouce; les fleurs disposées en ombelle, et portées chacune sur un pédoncule propre, trés-court.
MaAssonE A FLEURS VIOLETTES : Massonia violacea, Andr., Bot. Repos., tab. 46; Agapanthus ensifolius, Willd., Sp., 2, pag. 48 ; Mauhlia ensifolia, Thunb., Prodr., 6o, tab. 3; Polyanthes pYgmæa, Jacq., Icon. rar., 2, tab. 380. Cette plante est munie d’une bulbe ovale, garnie en dessous d’un grand nombre de fibres simples et charnues; deux feuilles radicales, d’une
médiocre grandeur, droites, glabres, ovales, spatulées. IL sort deleur centre une hampe droite, filiforme, longue d’environ deux pouces, chargée, à sa partie supérieure, de fleurs presque en corÿymbe, éparses, nombreuses, pédonculées, de couleur violette; les pédoncules sont uniflores; la corolle pourvue d'un tube grêle, alongé, divisé à son limbe en six lobes ovales, obtus, un peu recourbés. Cette plante croit au cap de Bonne-Espérance. Elle est cultivée au Jardin du Roi.
Masson PUSTULEUSE : Massonia pustulata, Jacq. , Hori. Schænbr., A,tab. 454; Redout., Liliac., vol. 4, Icon. Espèce du. cap de Bonne-Espérance , dont les bubles sont brunes, tuniquées, de la forme et de la grosseur d’une noix ; il en sort deux feuilles opposées, un peu vaginales et canaliculées à leur base, ovales, un peu arrondies, légèrement mucronées, d’un vert foncé, garnies en dessus d’un grand nombre de pustules, longues d'environ six pouces. La hampe est droite , très-courte, soutenant une touffe de fleurs réunies en tête, entremêlées de bractées ventrues, lancéolées, longues d’un pouce ; les fleurs sont pédicellées; la corolle est grêle, d’un blanc pâle; l'orifice du tube verdatre.
MAssSonE A FEUILLES EN LANCE; Massonia lanceæfolia, Jacq., Hort. Schænbr., 4, tab. 456. Plante du cap de Bonne-Espérance, dont les feuilles sont alongées, lancéolées, acuminées, trésentières, planes, un peu charnues, longues de huit à dix pouces, larges de quatre; la hampe est droite, longue de deux pouces, soutenant une tête de fleurs épaisse, pédonculée, longue d’un pouce et demi; les pédoncules sont épais, renflés en massue, accompagnés d’une bractée lancéolée, concave, acuminée, de la longueur des fleurs ; le tube de la corolle est tres-grêle, les bords du limbe d’un blanc sale, de la longueur du tube; l’orifice rouge, ainsi, que les filamens et le style.
MAssonE EN cœur ; Massonia cordata , Jacq., Hort. Schænbr., 4, pag. 5o, tab. 459. Cette espèce à des feuilles un peu arrondies, échancrées en cœur à leur base, aiguës, luisantes'à leurs deux fâces, longues d'environ sept pouces, larges de cinq; les hamipes Courtes, soutenant une tête de fleurs touffue; la éorolle est blanche, rouge à l’orifice du tube; les filamens sont jaunâtres, teints dé rouge à leur base; l’ovaire est trigone; le style plus court que les étamines. Cette plante croit au cap de Bünñe-Espérance.
Outre ces espèces, Jacquin en a mentionné et fait FRA plusieursautres dans l’'Hortus Schænbr., telles que massonia aboata,yol. 4, tab. 458, massonia longifolia, tab. 457;;massonia coronata, tab. 460; massonia sanguinea, tab. 461, etc. Je soupçonne que plusieurs de ces plantes ne sont que des variétés. ( Porr.)
MASSOT. (Ichthyol.) Delaroche dit que ce nom est, aux îles Baléares, celui du Lagre rouaps ( labrus turdus). ( D esm.)
MASSOUABOU (Ornith.), nom que les habitans de Guébé, dans les rues: donnent au calao, buceros, Linn. (CDs)
MASSOY. (Bot.) Rumph estle premier qui aît fait connoître l'écorce de ce nom dont il fait une mention trés-détaillée sous celui de cortex oninius dans son Herb. Amboin., vol. 2, pag. 62, et Murray la cite aussi dans son Appar, Medicam., vol. 6, p.185- Elle provient d’un arbre élevé et assez gros, commun dans la région occidentale de la Nouvelle-Guinée qui estnommée onim. Cette écorce est mince, presque plane, d’une saveur douce et agréable, approchant de celle de la cannelle, d’une couleur grise striée. Les Indiens lui attribuent une vertu échauffante et la propriété d’apaiser les coliques. Ils la réduisent en poudre, et la mélent ainsi dans l’eau avec laquelle ils se lavent tout le corps dans la saison froide et humide. On ne connoît pas assez l'arbre qui la fournit pour déterminer ses affinités." (J.)
MASSUE, ou GRANDE MASSUE D'HERCULE. ( Conchyl.) Les marchands de coquilles donnent ce nom au murex cornutus,
Linn., Gmel., à cause de la longueur du canal, et la brièveté de la père de dite coquille. (De B.)
. MASSUE ÉPINEUSE, ou GRANDE MASSUE D'HERCULE. (Conch.) C’est le Rocaer corNu, murex cornulus. (DEsn.)
MASSUE D’HERCULE ( Bot. ), nom d’une variété de concombre, que l’on a ainsi nommée d’après la forme de son fruit. (L. D.)
MASSUE D'HERCULE DE LA MÉDITERRANÉE (Conchyl.), Murex brandaris, Linn., Gmel. (DE B. )
MASSUE D'HERCULE À POINTES COURTES. (Conchyl.) Variété du murex brandaris, Linn., Gmel. (DE B.)
MASSUE DES SAUVAGES. (Bot.) Ce sont les racines du mabouyer, que les naturels de l'Amérique employoïent pour faire des massues. ( Le.)
MASSUGUO (Bot.), nom provençal d’un ciste, cistus albidu$, cité par Garidel. (J.)
MASSWY. (Ornith.) Ce nom allemand est donné, dans Gesuer et Aldrovande, à l'aigle de mer, ou balbuzard, falco haliaetus, Linn. (Cu. D.)
MASTACEMBLE, Mastacembelus. ( Ichthyol.) Gronovius a donné ce nom à un genre de poissons osseux, holobranches,
de la famille des pantoptères, et reconnoissable aux caractères suivans :
Corps alongé, comprimé, ensiforme, dépourvu de catopes ; nageoires dorsale et anale presque unies à la caudale ; des épines isolées au lieu de première dorsale; deux RER en avant de l’anale; mâchoires à (42 peu près égales. j
Ce BGRES a été confondu par Linnæus avec ses Ora1niss mais il s’en distingue facilement, de même que de celui des Murèxes, parce que les Masracemeres n’ont pas toutes les nageoires impaires réunies, On sépare encore aisément ceux-ci des Ammopytes, qui ont la mâchoire supérieure plus courte que l’inférieure ; des MacroenaTues, qui ont le museau terminé par une pointe cartilagineuse aplatie ; des Xipaias, qui ont le museau terminé par une pointe osseuse ; des ErPIvocnes, qui ont des catopes. ( Voyez ces différens 1 mots, ainsi que PANTOPTÈRES et RHYNCHORDELLE. )
Cegenrene renfermeencore qu’une espéce, c’est le rhynchobdella haleppensis de Schneider, qui a été figuré par Gronovius dans son Zoophylacium (tab. vu, a, fig. 1). C’est un poisson qui se nourrit de vers dans les eaux douces de l’Asie, et dont la chair est estimée. (H. C.)
MASTAKI. ( Bot.) C’est au Japon, suivant in, et Thunberg , le nom vulgaire d’une variété du champignon comestible (agaricus campestris, Linn.). Selon ces auteurs, ce: champignon se nomme encore naba, tam, et vulgairement faki.
Les silaki, faskaki, kuragi et kistaki en sont des variétés. On les desséche, et on en fait une grande consommation dans tout l'empire, et on les voit exposés en vente dans presque toutes les boutiques. ( Lem.)
MASTASTES. (Bot) Nom er du laser , laserpitium, selon PDaléchamps; ilajoute quesa tige estle maspeton de Dioscoride, et que Théophraste et Pline donnent plutôt ce dernier nom à sa feuille. (J.)
MASTFISCH, MASTVISCH. (Mamm.) Noms germaniques quisignifient poisson gras,et qu’on a donnés à quelques cétacés. (FE. C.)
MASTIC. (Bot.) Résine qui découle du lentisque; on en recueille aussisurune espèce de térébinthe, suivant Duhamel.(J.)
MASTIC (Chim.), nom d’une résine. Voyez Résine. ( Cu.)
MASTIC FRANÇOIS. (Bot.) On donne ce nom à une espèce de thym qui exhale l'odeur du mastic. (L. D.)
MASTICATION. (Physiol.) Voyez Ononrozocie. (EF. £: )
MASTICHINA. (Bot.) Ce nom donné, suivant J. Bauhin, a une plante labiée qui a l'odeur du mastic, et que, pour cette raison, l’on nommoit mastic Gallorum, a été adopté par Boerhaave, et ensuite par Adanson, qui tous deux regardoient cette plante comme genre distinct. Ses caractères génériques n’ont paru suflisans ni à Tournefort, qui en faisoit un thymbra, ni à Linnæus qui l’a réuni au thym sous le nom de thymus mastichina qu’il a conservé. (J.)
MASTIGE, Mastigus. (Entom.) Nom d’un genre d'insectes - coléoptères, pentamérés , formé par M. de Hoffmansegg d’une très-petite espèce qu’il a observée en Portugal. Cet insecte paroit voisin des ptines , de la famille des térédyles ou percebois. Fabricius et Olivier l’avoient au moins regardé comme une espèce du genre Pline; mais M. Latreille la rapporté à la famille des clairons. C’est ce que le nombre des articles peut seul faire décider, les clairons étant tétramérés. Le mastige décrit a les palpes trés-longs, ce qui l’a fait désigner sous le nom de palpalis, palpeur. On le trouve sous les écorces, et avec les débris de végétaux sous les pierres. (C. D.)
MASTIGODE, Mastigodes. (Entoz.) Nom de genre employé par Zeder pour désigner la plus grande partie des espèces de vers que les zoologistes modernes nomment trichocéphales, et entre autres, le trichocéphale de l'homme, trichocephalus dispar, plus connu sous la dénomination d’ascaride vermiculaire. Zeder distinguoit son genre Mastigode de son genre Capillaire, parce que la partie antérieure du corps s'atténue peu à peu dans celui-ci, et brusquement dans celui-la, caractère qui est bien loin d’être constant pour toutes les espèces de ces deux genres. Le mot mastigode est composé de deux motsgrecs, maçiË et edvc, ce qui veut dire semblable à un fouet. Voyez Tricuacépxaze. (DE B.)
MASTOCEPHALUS. ( Bot.) Epithète employée par Battara pour caractériser les agaricus dont le chapeau est mamelonné dans son centre. (Lem.)
MASTODIES. (Mamm.) Ce nom a été proposé par M. Rafinesque, pour remplacer celui de Mammurères. ( Des. )
MASTODOLOGIE. (Mamm.) M. Latreille a proposé ce mot pour remplacer le nom hybride de Mammarocre, dont onse sert pour désigner la branche d'histoire naturelle qui a pour objet la connoïssance des mammifères. ( Des.)
MASTODONTE, Mastodon. (Mamm.) Ce nom, qui siguifie dents mamelonnées, a été donné par M. Cuvier à un genre d’animaux perdus, fort voisins des éléphans par leur structure, et qui comme eux doivent être classés dans l’ordre des pachydérmes et dans la tribu des proboscidiens.
Les espèces de ce genre sont au nombre de six, toutes caractérisées par des différences de forme et de proportion dans les dents molaires qui fournissent les débris qu’on en trouve le plus ordinairement. Une seule d’entre elles, dont la taille est au moins égale à celle de l'éléphant, est connue depuis long-temps, non seulement par ses énormes molaires qui ne sont pas rares dans les cabinets d'histoire naturelle, mais encore par de nombreux ossemens qui ont mis à même de prendre une idée exacte et assez complète de son organisation. Cette espèce, généralement désignée sous la dénomination d’animal de l'Ohio, a été confondue, surtout par les Anglois et les habitans des Etats-Unis, avec l'éléphant fossile, le mammouth ou le mammont, et en a même recu les noms. :
Les restes des mastodontes n’ont encore été rencontrés que dans des terrains meubles et très-superfciels, d’où l’on infère que ces animaux doivent prendre rang parmi les plus récens de ceux dont les espéees n’existent plus vivantes sur le globe. |
L'examen des parties du squelette de l’animal de POhio qu’on à pu se procurer a démontré qu'il avoit de grosses défenses recourbées en haut, comme celles des éléphans; que son nez devoit être prolongé comme le leur en une énorme trompe, et que ses pieds étoient également pourvus de cinq doigts ; mais qu’il différoit de ces animaux vivans ou fossiles, par la structure des molaires qui, au lieu d’être composées de nombreuses dents partielles étroites et réunies par une substance cémenteuse, offroient seulement à leur couronne de gros tubercules disposés par paires, et ayant la forme de mamelons très-saillans, de telle façon que ces dents, lorsqu'elles étoient usées présentoient sur leur couronne de doubles lo-
MAS 313 sanges ou des disques bordés d’émail, plus ou moins grands, plus ou moins rapprochés ou confondus entre eux, au lieu de montrer les rubans transversaux à contoursémailleux qu’on voit sur celles des éléphans. |
Comme les éléphans d’ailleurs, les grands mastodontes n’avoient point de canines, ni d’incisives inférieures, et leurs
molaires, au nombre de deux à chaque côté des mâchoires, poussoient du fond de ces mâchoires en avant, en usant obliquement leur couronne. L’ivoire de léurs défenses présentoit, comme celui des éléphans, de nombreuses lignes courbes, divergentes du centre à la circonférence, et entre-croisées régulièrement , d’une matière plus dure que le reste; le cou étoit court; les membres étoient trés-solides et trés-grands; la longueur de la queue étoit médiocre; lenombre des côtes de dixneuf, dont six vraies, de chaque côté, etc. |
Les dépouilles de ce grand animal ont été trouvées très-abondaminent dans le sol d’attérissement des principales vallées des fleuves de l'Amérique septentrionale; celles des autres espèces de moindre taille ont été rencontrées, ou sur les plateaux élevés de l'Amérique du Sud , ou dans quelques points de la France, de l'Italie et de l’Allemagne.
Le Gran» Masroronre : Mastodon giganteum, Cuv., Rech. sur les oss. fossiles, 2° édit., torn. 1, pag. 206; Peales, Account of the skelebon of the mammouth et an historical disquisition on the mammouth; Animal de FOhio des Francois; Père aux bœufs des Indiens ; Eléphant carnivore de quelques auteurs. Cet animal.est caractérisé, spécifiquement, par la forme de ses molaires dont la couronne est à peu prés rectangulaire, si ce ne sont les postérieures qui ont moins de largeur en arrière qu’en avant, et parles gros tubercules en forme de pyramides quadrangulaires, au nombre de six, huit ou dix, disposés par paires, qui garnissent cette couronne.
Par la détrition, ces dents, dont le poids s'élève jusqu’à douze livres, présentent d’abord autant de paires de figures d’émail en losange, qu’il y avoit de pointes dans l’origine. Elles sont en nombre variable comme ceiles des éléphans, ce qui est une suite de leur mode de croissance et d’usure. Quand on les voit entiéres, il n’y en a que deux de chaque côté des mâchoires; maïs lorsque l’antérieure est à moitié usée, la se-
conde est entière, et le commencement d’une troisième apparoît en arrière du bord maxillaire.
En général, cet animal étoit, ainsi que le fait observer M. Cuvier, fortsemblable à l’éléphant par les défenses et toute l’ostéologie , les molaires exceptées. Il portoit très-probablement une trompe; sa hauteur (environ neuf pieds) ne surpassoit point celle de l’éléphant , maïs il étoit un peu plus alongé, et avoit des membres un peu plus épais, ayec un ventre plus mince. Sa mâchoire inférieure a les plus grands rapports avec celle du même animal, par la forme des condyles articulaires, par l’absence de dents incisives et canines, et surtout par sa terminaison antérieure en une sorte de pointe creusée d’un canal; mais cette pointe a moins de longueuret est moins pointue. Les deux lignes dentaires de la mâchoire supérieure divergent en avant, au lieu de converger comme cela est dans l’éléphant; les deux défenses, implantées dans les os incisifs, sont grosses, un peu comprimées , et paroissent légèrementarquées en en haut, Les vertèbres cervicales, au nombre desept, sont assez minces, d’où il résulte que le col est court. On compte dix-neuf vertébres dorsales, et dix-neuf paires de côtes, c’est-a-dire une de moins que dans l'éléphant ; les apophyses épineuses des seconde , troisième et quatrième dorsales sont très-longues; les côtes sont autrement faites que dans l'éléphant, car elles sont minces près du cartilage, et ont de la force et de l’épaisseur vers le dos. L’avant-bras est plus long et le bras plus court à proportion que ceux de cet animal; le bassin est beaucoup plus déprimé, son ouverture est beaucoup plus étroite; le femur est beaucoup plus large d’un côté à l’autre, et plus aplati d’arrière en avant: les pieds sont terminés par cinq doigts courts (surtout les antérieurs} et qui sont conformés comme ceux de l'éléphant.
Dans son résumé sur l’histoire du mastodonte, M. Cuvier ajoute ce qui suit:
« La structure particulière de ses molaires semble indiquer que cet animal se nourrissoit à peu près comme l’hippopotame et le sanglier, choisissant de préférence des racines et autres parties charnues des végétaux; cette sorte de nourriture devoit l’attirer vers les terrains mous et marécageux;
. néanmoins il n’étoit pas fait pour nager et vivre souvent dans
les eaux comme l'hippopotame, et c’étoit un véritable animal terrestre. Ses ossemens sont beaucoup plus communs dans l'Amérique septentrionale que partout ailleurs, et peut-être même ils sont exclusivement propres à ce pays. Ils sont mieux ‘conservés, plus frais qu'aucun des autres os fossiles connus , et jamais ils ne sont empreints ou accompagnés de CORPS marins comme beaucoup de ceux-ci. Néanmoins il n'y a pas la moindre preuve, le moindre témoignage authentique propre à faire croire qu’il y ait encore, ni en Amérique, ni ailleurs, aucun individu vivant; car les différentes annonces qu’on a lues de temps en temps dans les journaux, touchant des mastodontes vivans que l’on auroit aperçus dans les bois ou dans les landes de ce vaste continent, ne se sont jamais confirmées, et ne peuvent passer que pour des fables. »
Quelques faits particuliers: paroissent aussi prouver que la destruction de cette espèce est trés-récente; et dans le nombre nous citerons d’abord la découverte faite en Virginie près de Williamsbourg, à cinq pieds et demi de profondeur, et sur un banc calcaire, denombreux débris au-milieu desquels on trouva une masse à demi broyée de petites branches, de gramen, de feuilles, etc., le tout enveloppé dans une sorte de sac que l’on regarda comme l'estomac de l'animal, renfermant encore les matières mêmes que cet individu avoit dévorées. Nous y ajouterons également la citation faite par Barton, d’une tête de mastodonte, trouvée par des Sauvages en 1762, laquelle avoit encore un long nez sous lequel étoit la bouche, et celle de Kalm qui dit, en parlant d’un squelette découvert dansle paysdesIllinoïs, que la forme du bec étoit encore reconnoissable, quoiqu'il fut à moitié décomposé.
Les lieux principaux des États-Unis où les ossemens de mastodontes ont été recueillis sont : 1° Big-Bone-Strick, ou Great-Bone-Lich , marais salé dont le fond est une vase noire et puante, et qui est situésur la rive gauche de l'Ohio, à quatre milles de ce fleuve et à trente-six milles de sa jonction avec la rivière de Kentucky, presque vis-a-vis la riviére appelée Grande-Miamis { les os y sont très-abondans et enfoncés seulement de quatre pieds) ; 2° Newbourg,sur la rivière d'Hudson, à soixante-sept milles de Philadelphie : c’est de ce lieu que
proviennent les ossemens dont MM. Peales ont pu reformer un squelette entier, moins le eràne cependant, dont les formes restent inconnues ; 5° Albany, dans l'État de New- York, également près de l’Hudson ; 4° plusieurs points des rives de l’Ohio et de la rivière des Grands Osages; 5° les bords du Nord-Holston, branche du Tennessée , dans des marais salés; 6° les alluvions du Müississipi, etc. On n’en a point rencontré plus haut vers le nord que le 45° degré de latitude, du côté du lac Erié. Quant à ceux que l’on dit avoir été découverts dans l’ancien continent. ils se bornent à une molaire dont Buffon a fait mention, et qui proviendroit de la Petite-Tartarie, à une autrequiauroit été trouvée en Sibérie par l'abbé Chappe, et enfin à une troisième des monts Ourals, qui a été figurée et décrite par Pallas dans les Actes de Pétersbourg pour l’année 1777. M. Cuvier témoigne à leur égard quelques doutes, dans sa dernière édition, en faisant remarquer que la dent de Pallas ressemble autant à une molaire de mastodonte à dents étroites, qu'a une molaire de grand mastodonte, et qu'il se pourroit qu’elle appartint à la fpremiére de ces espèces; il ne trouve nulle part de témoignage certain que l'abbé Chappe ait rapporté la sienne de Sibérie, et il croit qu’elle auroit pu être envoyée de Californie au cabinet du Roi par ce voyageur; enfin il pense que la molaire décrite par Buffon, lui ayant été transmise par Vergennes, il n’est pas impossible que ce ministre ait été induit en erreur sur sa localité. Néanmoins, quoique tout semble établir qu'il n’a encore été rencontré d’ossemens de la grande espèce de mastodonte que dans le nord de l'Amérique, M. Cuvier ne prétend pas infirmer entièrement ces trois preuves de leur existence sur l’ancien continent; mais il commence à ne plus les regarder comme suffisantes.
Les Sauvages de plusieurs tribus de l'Amérique du Nord, croient encore à l'existence de ces animaux; d’autres reconnoissent que leur espèce est détruite. Au PERL de M. Jefferson , ceux de Virginie, entre autres, disent qu’une troupe de ces terribles quadrupèdes détruisant les daïms, les buffles et les autres animaux créés pour l'usage des Indiens, le grand homme d'en haut avoit pris son tonucrre, et les avoit tous foudroyés, excepté le plus gros mâle , qui se mit à fuir vers les
MAS S17 grands laes où il se tient jusqu’à ce jour. Selon Barton, Îles Shavanois croient qu'il existoit avec ces animaux des hommes d’une taille proportionnée à la leur, et que le grand Être foudroya les uns et les autres.
Le Masroponre À DENTS ÉrrOITES ; Mastodon anguslidens , Cuv., Rech. sur les ossem. foss., 2° édition, tome :i, pag. Ad est une espèce du même genre que le précédent, ainsi que le démontre la forme de ses molaires, qui, avec un fragment de mâchoire inférieure et un tibia, sont à peu prés les seules parties qu'on en ait encore recueillies.
Ces molaires sont d’un tiers moindres environ dans leur volume que celles des mastodontes géants, mais ellessont compara- tivement plus longues et plus étroites; les mamelons que leur couronne présente, au lieu d’être à peu prés en forme de pyramides quadrangulaires comme dans la première espèce, sont coniques, marqués de sillons plus ou moins profonds, tantôt terminés par plusieurs pointes, tantôt accompagnés d’autres cônes plus petits sur leurs côtés ou dans leurs intervalles; d’où il résulte que l'usure produit d’abord sur cette couronne de petits cercles d’émail isolés, et ensuite des tréfles ou figures à trois lobes, entourés d’émail, mais jamais de losanges. La première molaire est petite, à quatre tubercules divisés en deux paires, et paroît pousser perpendiculairement; laseconde asixtubercules en trois paires, dont le mode de croissance est comme celui des molaires d’éléphans et du grand mastodonte, d’arrière en avant; la troisième a dix tubercules partagés en cinq paires, et paroît pousser comme la seconde.
La màchoire inférieure a sa pointe antérieure terminée comme celle de l’espèce précédente et celle des éléphans, par une sorte de bec tronqué et en gouttiére.
Le tibia, par ses dimensions comparées avec celles des dents, sembleroit établir que cet animal étoit, proportions gardées, plus bas sur jambes que le mastodonte géant.
Les débris du mastodonte à dents étroites ont été trouvés en Europe et dans l'Amérique méridionale.
Le gisement le plus remarquable est celui de Simorre , dans la montagne Noire (département du Gers). Depuis long-temps les dents qu'on y a découvertes, et qui étoient teintes en vert
bleuitre par lefer,sont connues sous les noms de furquoises de Simorre et de furquoises occidentales. Réanmur, qui en a parléle premier, décrit ainsi leur position géologique. « Les dents et Les débris d'os de ce lieù reposent sur une terre blanchâtre, et sont recouverts et encroûtés d’un sable fin, gris, et quelquefois bléuâtre, mêlé de petites pierres, sur lequel est un autre lit de sable semblable à celui de rivière. ? Par l’action de la chaleur ces dents prennent une couleur bleue assez vive, mais inégale , et se brisent en éclats, | Des fragmens de dents de la même espèce, recueillis à Sort près de Dax, par Borda, étoient placés au milieu d’une couche vraiment marine, ainsi que l indiquoient les autres fossiles qui y étoient contenus. Une dent, trouvée à Trévoux, étoit au milieu du sable. D’autres ont été découvertes en Bavière à Reichenberg, et en Italie, Re dans le val d’Arno, à Padoue, au mont foiéaéo prés de Monte Pulciano, et non loin d’Asti en Piémont. Enfin on doit à Dombey eta M. de Humboldt la connoiïssance de plusieurs molaïres qui ont été trouvées au Pérou, et notamment près de Santa-Fé-de-Bogota. Le MasropoxTe pes CorpiLcrères, Cuv., Rech. sur les oss. foss., tom. 1, pag. 266, n’a présenté que des molaires rapportées de l'Amérique méridionale par M. de Humboidt, et trouvées par ce célébre voyageur , l’une près du volcan SUN DEC au royaume de Quito , à 1200 toises de hauteur, et deux autres dans la cordilière de Chiquitos, entre Chichas et Tarija, prés de Santa Crux de la Sierra, par quinze degrés de latitude méridionale. R | Les proportions et les dimensions de ces dents sont les mêmes que celles des molaires à six pointes, ou les intermédiaires du mastodonte géant; mais leurs tubercules, au lieu de présenter sur leur coupe des figures en losanges, offrent des figures de trèfles comme celle des tubercules de l’espèce à dents étroites. Le Masroponre Humeocptien , Cuv., Rech. sur les oss. foss., 2° édit., tom. 1, pag. 268, est une espèce établie d’après les formes et les proportions d’une seule dent fort usée et de couleur noire, rapportée des environs de la Conception au Chili par M.de Humboldt. Sa forme générale est carrée comme celle des dents intermédiaires des mastodontes géants, et des Cordilières ; mais elle est d’un tiers plus petite.
Le Perir Masroponre, Mastodon minor, Cuv., Rech. sur les oss. foss., tom. 1, pag. 267, est une espèce fondée sur lobservation d’une molaire, trouvée en Saxe par le professeur Hugo de Gættingue, qui l’envoya à Bernard de Jussieu. Cette dent, quoiqu’ayant évidemment appartenu à un individu adulte, ainsi qu’on pouvoiten juger par son état de détrition , offroit toutes les formes etles proportions de celles du mastodonte à dents étroites, mais avoit un volume moindre d’un tiers; d’où M. Cuvier conclut que l’espèce à laquelle cette dent appartenoit étoit aussi plus petite dans le même rapport.
Enfin une dernière espèce, le MasrobonNTE Tariroïpe, Cuv., Rech. sur les oss., pag. 267 èt 268, avoit des dents du même - volume que celles du petit mastodonte; mais ces dents étoient formées de coilines transverses, simplement crénelées et non pas aussi exactement partagées en deux pointes que celles de toutes les autresespèces. Leurs collinesdivisées en quatre ou cinq lobes principaux indiquent un rapportavec les dents des grands tapirs fossiles; mais celles-ci en différent en ce que les collines de leur couronne sont plus séparées, et que les crénelures qui en bordent le sommet sont beaucoup trop nombreuses et trop petites pour représenter des mamelons.
La dent de cette espèce décrite et figurée par M. Cuvier, l’avoit été déja par Guettard, Mém., tom. 4, 10° Mémoire, pl. 7, fig. 4. Elle a été découverte par M. Dufay, à Montabusard près d'Orléans, dans une carrière de calcaire d’eau douce pétrie de limnées et de planorbes ; et où se trouvoïent aussi beaucoup d’ossemens de palæotheriums de diverses grandeurs. (Des) | |
MASTORSIUM (Bot.) , nom ancien vulgaire du cresson dans la Toscane, cité par Césalpin. (J.)
MASTOS. ( Bot.) Selon Daléchamps, quelques uns pensent que cette plante de Pline est la scabieuse ordinaire. (J.)
MASTOZOAIRES. ( Mamm.) M. de Blainville remplace par ce nom celui de Mammirëres, et substitue celui de Masrozoo- LoctE au mot MammaLoc1Ee. (Desm.) i
MASTRANSO DE SABANA. { Bot.) L'hyptis Plumeri de M. Poiteau et de la Flore equinoxiale est ainsi nommé dans le canton de Caracas, en Amérique. (J.)
MASTUERCO DE LAS INDIAS. (Bot.) La plante du Pérou,
citée sous ce nom par Monardez et Clusius, paroït être la capucine , tropæolum. (J.)
: MASTWICH. (Mamm.) Ce nom est employé par Houttuyn pour désigner un cétacé qui a été rapporté à l’espèce du phy- setere tursio par Erxleben. (Dssx. )
MATABRANCA (Bot.), nom portugais du feucrium fruticans , suivant Grisley. (J.)
MATADOA. FLAN Mes (Sa ae 239, pl.18) désigne par cette dénomination une coquille bivalve de son genre Telline, qui corresponi à celui des donaces des :conchyliologistes modernes, et dont Gmelin fait une espèce de vénus, sous le nom de Venus Matadoa, très-probablement à tort. (DE B.)
MATAGASSE. (Ornith.)Ce nom , qui s'écrit aussi mat tages, est donné en Savoie et en Angleterre , tantôt à la piegrièche grise, lanius major, Linn., tantôt à l’écorcheur, lanius collurio , ide (Cu. D.)
MATAGUSANOS. (Bo. \ À Lima, suivant les auteurs de la Flore du Pérou, on donne ce nom S celui de contrayerva à la plante queles auteurs de cette Florenommentvermifuga, parce qu’elle est employée dans le pays en application extérieure pour détruire les vers qui s’engendrent dansles chairs des animaux; c’est la même que Le milleria contrayerva de Cavanilles, qui est notre flaveria dont on se sert pour les teintures jaunes. G)
MATAIBA. ( Bot.) Voyez Erniczis. CR
MATALISTA. (Bot.) La racine de ce nom provenant d'Amérique, et citée par Murray dansses App. Medic., v. 6, p. 169, se trouve dans quelques pharmacies, coupée en tronçons plus ou moins gros, assez compactes et pesans. On lui attribue la vertu de purger à la dose de deux gros plus fortement que le mechoacan, et moins que le jalap. (J.)
MATALLO (Bot.), nom italien de l’alizier, cralægus aria, cité par Daléchamps. (J.)
MATALLOU(Bot.), nom caraïbe du coui ou calebasier, crescentia, cité dans le catalogue et l’herbier de Surian. (J.)
MATAMATA. (Erpétol.) Voyez Caécyps. (H.C.)
MATAPALO. (Bot.) Ce nom espagnol qui signifie luepieu, a été donné à un arbre de l'Amérique méridionale, qui, foible
US | MAT K 3o1 dans son origine, s'accroche à un grand arbre voisin le long duquel il monte, jusqu'à ce qu’il soit parvenu à le dominer. Alors sa tête s’élargit a$sez pour dérober à son soutien l'influence du soleil. IL se nourrit de sa substance, le consume par degrés, et prend enfin sa place. Il devient ensuite si gros, qu’on en fait des canots de la première grandeur, à quoi la quantité de ses fibres et sa légèreté le rendent trés-propre. Ces détails sont consignés dans le petit recueil des voyages qui ne nous fait pas mieux connoître cet arbre; mais les auteurs de la Flore Equinoxiale nous apprennent que c’est une espèce de figuier qu’ils ont nommé pour cette raison ficus dendrocida. (T.
10h TE ( Bot.) Leslianes sont appelées ainsi dans les colonies espagnoles. ( LE.) |
MATAPOLLO. (Bot.) Le garou, Line gnidium , hole. est ainsi nommé en Espagne. (Lem.)
MATAPULGAS.(Bot.)Grisley, auteur du Virid. Lusit., cite ce nom portugais pour une euphraise à fleurs jaunes, dont les rameaux sont employés pour faire des balais. (J.)
MATARA , PALMITO, (Bot.) Noms péruviens ou espagnols du molina ferrugina , arbrisseau décrit dans la flore du Pérou, qui doitêtre , comme les congénères, réuni au genre Baccharis, dans la famille des corymbifères. La fumée de cette plante brûlée a la réputation de tuer les vers qui s’engendrent dans les plaies, et on la brûle pour cette raison dans les bergeries.
(d) - MATARRUBIA (Bot. Yi nom que l’on donne à l’yeuse, en Espagne. (Lem.)
MATAVIALOOS (Bot.), nom brame ” l’ophioxylum, dont la racine est employée au Malabar pour guérir la morsure des serpens. (J.)
MATA, XARUECA. (Bot.) Noms espagnols du lentisque , suivant Dhs La résine qui en découle est nommée almastiga ; c’est le mastic des François. (J.)
MATCEI. (Mamm.) Voyez Ouavaravr. (F. C.)
MATCHIR (Ornith.), nom kourile d’un oiseau aquatique, qui est rapporté par Krascheninnikow à l’anas arctica de Clusius, Ou macareux moine, alca arctica, Linn. (Cu. D.)
MATCHIS. (Mamm.) C'est le nom générique des sapajous
322 MAT dans les colonies espagnoles, au rapport de M. de Humboldt. (F. C.) ; |
MATE. (Bot.) Le réglisse d'Amérique, abrus præcatorius , Linn., est ainsi nommé par les Espagnols. (LEm.) |
MATÉLÉE, Matelea. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, monopétalées, de la famille des apocynées, de la pentandrie digynie de Linnæus, offrant pour caractère esseutiel : Un calice à cinq divisions profondes; une corolle monopétale en roue; le limbe à cinq lobes arrondis; le tube très-court; cinq étamines; les anthères réunies en un corps pentagone, aplati en dessus, fermant l'entrée du tube; deux ovaires supérieurs ; deux styles; deux, plus souvent un follicule bivalve, à deux loges; la cloison chargée de semences imbriquées, crenelées à leurs bords.
Marécée Des MaraAIS : Mafelea palustris, Aubl., Guian., vol. 1, pag. 278, tab. 109, fig. 1; Lamck., Ill. gen., tab. 179; Hostea viridiflora, Willd., Spec., 2, pag. 326. Plante herbacée dont les tiges sont simples , quelquefois rameuses, hautes de deux ou trois pieds, et plus droites, noueuses, garnies. de feuilles médiocrement pétiolées, opposées, ovales, alongées, étroites, très-entières, surmontées d’une longue pointe, glanduleuses à leur partie inférieure ; les articulations pileuses. Les fleurs sont disposées, aux aisselles des feuilles, en grappes courtes, droites, accompagnées de petites écailles; Le calice est persistant ;ses divisions ovales , aiguës; la coroile verdûtre, presque plane ; les lobes du limbe se recouvrant les uns Îles autres par un de leurs bords ; les filamens très-courts; les ovaires ovales, dont un des deux avorte très-souvent; le stigmate renversé et creusé en bec d’aiguiére. Le fruit consiste en un long follicule pentagone, aigu, verruqueux, partagé en deux loges par une cloison membraneuse. Cette plante est remplie d’un suc laiteux : elle croît à Cayenne au bord des ruisseaux. ( Por.)
MATELOT (Conchyl.), nom vulgaire d’une espèce de coquille du genre Cône, conus classiarius. (DE B.)
MATELOT ( Ornith.) , nom de l’hirondelle de fenêtre, lurundo urbica, Linn., dans le département de la Meurthe. (Cu. D.)
MATERAT (Ornith.), un des noms vulgaires dela mésange
MAT 523 à longue queue, parus caudatus, Linn., que, selon Buffon, quelques villageois appellent monstre, parce qu’ ‘elle a souvent les plumes hérissées. (Ca. D.)
MATERAZ. ( Bot.) Les champignons qu’on nomme ainsi en France, selon Clusius, sontles cèpes potirons etles ni 5 UE FotAs , suivant Paulet. (Lem.)
MATEREBÉ (Bot.), nom caraïbe du lappulier, triumfetta, cité par Surian. (J.)
MATES DE INDIA. (Bot.) Clusius, dansses Erotica, cite sous ce nom indien le cniquier, guilandina bonduc. (J.)
MATETE, ( Bot.) C’est le nom que porte dans les colonies françoises le manioc préparé pour les esciaves malades. (L£m.)
MATGACH (Mamm.), nom du saïga mâle en Tartarie. (F. C.)
MATHERINA. (Bot.) Les paysans de l'ile de Crète donnent <e nom à la marjolaine, suivant Belon. (J.)
MATHOEN (Ornith.), nom que les Flamands donnent à Véchassé, charadrius himantopus, Länn. (Cx. D.)
MATIÈRE. ( Physique.) Terme abstrait, servant à indiquer ce que tousles corps ont de commun, et, a proprement parler, indéfinissable , aussi bien que les mots femps et espace. La combinaison des sensations éprouvées par nos divers organes, la constance de leur reproduction , de leur succession où de leur simultanéité, nous découvrent toutes les propriétés que nous attribuons à la matière , maïs ne peuvent nous apprendre ce qu’elle est en e'le-même. Nous ne savons autre chose, sinon qu'il existe des corps qui produisent sur nous tels ou tels effets. Jouissent-ils de propriétés qui n'aient pas de relation avec ces effets, ou avéc nous? Nous l’ignorons : que nous paroîitroient-ils si nous étions autrement organisés? Nous l’ignorons encore ; mais tous les hommes conviennent qu’il y a un espace étendu dans lequel sont contenus des espaces étendus, circonscrits par des limites, et opposant de plus une résistance , lorsqu'on veut les déplacer ou pénétrer entre leurs limites. Voyez Air, t.[.%, p.395. (1)
(1) Il y a bien quelques métaphysiciens qui ont nié l'existence des corps; mais les physiciens ne peuvent regarder ces discussions que comme un jeu, et si l’on veut, un exercice de l'esprit, suffisamment réfuté dans l'argumentation de Sganarelle avec Marphurius. ( Mariage forcé, sc, VII.)
Se USE MAT
C'est par la vue et le toucher ques’acquierent l’idée d’éfendue et la notion d’impénétrabilité, qui, se reproduisant dans tous les corps, constituent pour nous le caractère essentiel de la matière. Mais outre ces propriétés, sans lesquelles nous ne saurions la concevoir, toutes les observations et toutes les expériences ont établi jusqu'ici, sans excep‘ion, la mobilité, c’est-a-dire la propriété qu'ont les corps d’être mus; la porosité, celle d’être composés de parties ou molécules qui ne se touchent point ; la divisibilité, celle de pouvoir être divisés, sinon jusqu’à l'infini, comme la simple étendue, au moins de l'être jusqu’à un degré de ténuité, tel que leurs parties échappent à nos sens aidés des plus puissans microscopes ; la compressibilité, c’est-à-dire la propriété d’être réduits à occuper moins d'espace ; l’élasticité, celle de revenir plus ou moins complétement à leur premier état; enfin la pesanteur, c'esth-dire la tendance qu’ils manifestent versle centré dela terre, par leur chute, quand ils ne sont pas soutenus, et par la pression qu’ils exercent sur leurs supports. J’ai énoncé cette propriété la dernière, non parce qu’elle est moins générale que les précédentes, mais parce qu’elle me semble tenir de moins
“près aux idées sensibles qu’on se fait de la constitution des corps. |
On a fait des fluides électrique, magnétique, de la chaleur et de la lumière , une classe de corps impondérabies ; mais cette épithète indique seulement que leur pesanteur échappe à nos instrumesns ; elle seroit tout naturellement nulle, si les phénomènes attribués a ces fluides se réduisoient à de simples mouvemens excités entre les molécules äes corps. Voyez Lümière, tom. XXVII, pag. 345; voyez aussi les articles Mouvement, Pssanteur , Pones , Ressort et Corps. ( Chym. ) Cl:C.)
MATIÈRE VERTE. ( Bot.) Ce mot désigne une molécule végétale qui fut le sujet de beaucoup de controverses en histoire naturelle. Nous croyons pouvoir fxer toute incertitude à.cet égard. Ce que l’on appelle communément matière verte se développe dans l’eau distillée, comme dans celle des puits, des fontaines, des rivières ou de la pluie. Elle se forme sur les parois des vases, dans la masse du liquide mise en expérience, sur les pierres et autres corps inondés, en y produisant
NAT 325 une teinte agréable à l’œil, teinte que Priestley remarqua le premier, à laquelle ce physicien donna le nom qu’elle porte, et qui, méconnue depuis, mérite qu’on s'y arrête dans cet ouvrage. Des corpusculesindépendans, sans liaison entre eux, la composent. Ces corpuscules sont ovoïdes comme les globules du sang de certains petits oiseaux; ils paroissent varier de forme , lorsqu'on les examine au microscope, tantôt sur un sens, tantôt sur un autre, et changent conséquemment de figure, selon l’aspect sous lequel on les aperçoit. On seroït tenté de croire qu’il en existe de plusieurs espèces, mais la diversité de forme dent on étoit d'abord frappé s'explique bientôt. $ A
C’est cette matière verte qui, se développant dans toute la nature partout où la lumière agit sur l’eau, pénètre les marais où l’on fait parquer les Huîtres, les fossés des grandes routes, les pierres taillées et le bas des vieux murs humides. Partout où se développe une mucosité, qui n’avoit pas échappé à Priestiey, celle-ci est bientôt suivie par la matière verte, qui, la saturant, en forme le plus simple des végétaux ; l'humidité venant à disparoitre, quand la matiére muqueuse s'évanouit la verte persiste, et, comme une poussière de la plusbelle couleur , elle ne cesse de teindre les corps sur lesquels on la vit se développer. Quelques animaux infusoires l’absorbent ou s’en nourrissent , ou peut-être la matière verte se développe-t-elle aussi dans leur corps humide et pénétrable à la lumière, comme elle se développe dans de l’eau même, et de la cette organisation de molécules sphériques, hyalines ou animales, et de molécules ovoïdes, vertes, qui forment certains Enchélides, Volvoces et Vorticellaires. Nos Zoocarpes surtout, qui sont des animaux verts, offrent cette double composition.
Les Infusoires, ces ébauches invisibles de l’animalité, ne sont pas les seuls animaux qui se pénétrent de matière verte; de plus compliqués s’en teignent aussi, soit qu’ils l’absorbent, soit qu’elle se forme dans leur translucide tissu: ainsi nous avons produit sur ces Hydres que l’on appelle vulgairement Polypes d’eau douce, ce qui arrive tous les jours aux Huitres que l’on fait parquer; en élevant de ces animaux dans des vases où la matière verte s'étoit développée en abondance , ils sout devenus du plus beau vert, ce qui nous porte à
soupçonner que l'Hydra siridis deshelmintologues n’est pasure espèce, mais simplement une modification des espèces voisines que le hasard plaça dans des circonstances pareilles à celles où nous en avons mis pour les colorer.
La viridité des Ifuîtres, pour nous servir de l’exprèssion employée par M. Gaillon, de Dieppe, qui a fait d'excellentes observations sur les parcs où l’on fait verdir ces conchiféres, n’a d'autre cause que l'absorption de la matière verte. L'époque: où cette viridité a lieu, est celle où l’eau , introduite dans les parcs, se trouve dans les conditions nécessaires pour que la matière verte sy développe en suffisante quantité. Tout ce qui existe alors dans ces parcs s’en pénètre, la vase, les plantes, les coquilles même s’en trouvent colorées. On a long-temps rapporté ce phénomène à la décomposition des Ulves ou autres Hydrophytes, et c’est précisément le contraire qui a lieu, car c’est au développement du principe primitif de ces végétaux aquatiques, à ce que l’on peut considérer comme les préparatifs de leur organisation, qu'est dû ce que l’on croyoit un effet de leur dépérissement. i
M. Gaïllon, qui le premier acquit par le mieroscope des idées justessur la coloration des Huitres, fut cependant induit en erreur sur un point, Ce quine prouve pas que cet excellent observateur eût mal vu, mais seulement que dans les choses délicates, de la nature de celles qui nous occupent, il est impossible de voir juste du premier coup d’œil. I! observa dans l’eau verte des parcs, dans les Huitres colorées, dans les couches de la matière végétative étendue sur les coquilles de celies-ci, un animal dont il a dit d’excellentes choses (Anpales générales des sciences physiques, t. VII, p.95), et qu'il compare au V'ibrio tripunetatus de Muller; il n’y vit guèrede différence que dans la couleur; la figure qu’il nous en adressa est parfaitement exacte. Cet animal que M. Gaillon proposoit de ‘ nommer Vibrio ostrearius, n’est cependantlui-même qu’un être coloré accidentellement comme l’Huître : fort transparent, il absorbe ou sert au développement des corpuseules de matière. verte;et, dans cet état, pénétrant dans la matière muqueuse, et dans les parties de l’Huître où sa forme aiguë et naviculaire lui donne la faculté de s’introduire, il ne colore que parce que lui-même fut coloré précédemment, et il est possible qu'on
trouve, dans certaines circonstances, des Huïtres colorées sans la participation des Vibrions de M. Gaillon, ainsi que l’étoient lès Hydres que nousavons colorés et qui n’offroient ah leur masse aucune trace de pareils animaux.
Nous avons dit que Priestley remarquale premier la substance dont il est question et qu’il appela matière verte (tom. IV, sect. 335, pag. 355). Il la trouva confondue avec une mucesité, dont elle est indépendante et distincte, mais qu’elle pénètre communément. Il soccupa beaucoup plus des propriétés de l'air qu’il supposoit s’en dégager que de sa nature; cependant il affirma avec raison qu’elle n'éloit ni un animal, ni un végétal; et, n’y découvrant aucune organisation au microscope, il la regarda comme une substance particulière, sui generis, véritable sédiment muqueux'et coloré de l’eau.
Sénebier (Journal de Physique, 1781, tom. 27, pag. 209 et suiv.), s'étant proposé de réitérer les expériences de Priestléy sur la matière verte, la méconnut totalement : « cette ma- « tière, dit-il, est une plante aquatique du genre dés conferves « gélatineuses. ? Il est facile de voir par tout ce qu’ajoute ce savant, à cette erreur, que, n'ayant pas tenu compte des teintes formées par les molécules de la véritable matière verte, il a pris pour celle-ci l’Oscillaire d’Adanson, qui ne tarde pas effectivement à se développer et à croître dans les vases où l’on met en expérience de l’eau pure exposée à la lumière
a l’air. Ces vases offrent au développement de cette Arthrodiée les mêmes facilités que lui présentent les baquets où on laisse séjourner l’eau dans nos cours ou dans nos jardins.
Baker ( Employ. for fhe micr., part. Il, pag. 233, pl. X, fig. 1-6) avoit déja observé la même Oscillaire développée dans des vases de verre remplis d’eau, et l’avoit considérée comme un être vivant, et non comme une Conferve gélatineuse.
M. Decandolle ( Flor. Fr., tom. 11, pag. 65) a étéentraîné dans l'erreur par son illustre compatriote, au sujet de la matière verte de Priestley; et de la cette création du Vaucheria in- Jfusionum , plante qui n’existeroit pas dans la nature, si l’ex-
périence ne nous avoitappris qu'’ilétoit question de l'Oscillaria Adansonii, N. ,imparfaitement observée, avecune lentille trop foible pour qu'on y pût découvrir les articulations ‘caracté-
ristiques. Cette Oscillaire, ou la prétendue Vaucherie des infusions, n’a nul rapport avec les êtres auxquels le savant genevois Ôta, sans motifs suffisans, l'excellent nom d’'Ectospermeque leur avoit donné M. Vaucher, et que nous rétablirons par la suite, lorsqu’au mot Psycaoniées nous exposerons dans ce Dictionnaire un travail étendu sur les êtres microscopiques de nature ambigue. F
Ingen-Housz (Journ. Phys., 1784, tom. 24, pag. 336 et suiv.) avoit , aprés Sénebier, examiné la matiére verte de Priestley, mais en observant des faits très-intéressans dont iln’appréciapas toute l'importance, et lorsque le hasard lui avoit évidemment découvert avant nous ces Zoocarpes que nous avons les premiers fait connoître , il prononçÇa que la matière verte étoit composée de petits animaux qu’il. appeloit improprement insectes. Le Mémoire d’Ingen-Housz est trop curieux et trop riche de faits pour que nous puissions ne pas nous y arrêter.
L'auteur s’étoit proposé principalementde publier ses observationssur l'air qui résulte de la matière verte. 4 M. Priestley, dit-il, avoit remarqué le premier que lorsqu'on expose au soleil de l’eau , surtout de l’eau de source, il s’y engendre, après quelques jours , une substance verte, gélatineuse au toucher ; et que, quand cette matière est produite, on trouve dans le vase une grande quantité d'air pur quise développe au soleil. > Ce n’étoient point des plantes placées dans ces bouteilles qui avoient produit ce phénomène, qui continua quand on les en eut retirées; il étoit conséquemment dû à la matiére verte qui en tapissoit le fond.
M. Priestley, ayant décrit la matière verte comme un sédiment muqueux de l’eau ( dans son quatrième volume sur les airs, imprimé en 1779), l'éleva au rang des végétaux dans son cinquième volume imprimé en 1781, sur le témoignage de son ami, M. Bevly, et il la classa parmi les Conferves, sans vouloir déterminer si c’étoit la Conferva fontinalis, ou quelque autre espèce de Conferves. M. Forster l’avoit prise pourle Byssus botryoides de Linné. M. Sénebier, dans son ouvrage également intéressant et curieux sur la lumiére solaire, imprimé en 1782, a cru que ni M. Priestley, ni M. Forster n'avoient connu la véritable nature de cet être. Le premier dit qu’en examinant de plus près cette plante, il l’a reconnue pour
être la Conferva cespitosa filis rectis undique divergentibus Halleri, n.° 214. Si c’est la Conferva fontinalis , il faudroit qu'elle eût des fibres au moins de la longueur d’un demi-pouce. Si c'est la plante de Haller, il faudroit que lesfilamens fussent encore plus longs. Suivant le second, ces filamens paroissent déja aprés deux jours, lorsqu'on expose l’eau commune à l’action immédiate du soleil. IL dit qu'on voit ces filamens s'élever graduellement et tapisser les parois sur tout ie fond du verre. Cette plante, poursuit M. Sénebier, devient fort serrée en bas, et parvient à une grandeur si considérable, qu'il l’a vue s'élever pendant deux mois à la hauteur de deux pouces et demi au-dessus du fond. M. Ingen-Housz ne veut pas nier l'exactitude des observations de M. Sénebier ; mais il doute avec raison que la plante de ce savant soit la véritable matière verte que Priestley décrivit dans son quatrième volume. En effet, dit-il, lorsque l'on compare une masse informe, muqueuse, sans aucune Organisation apparente , ainsi que l’a décrite Priestleÿy, avec une plante qui, selon M. Sénebier, tapisse, comme un tissu fort serré, toutle fond du vase, et quis’alonge jusqu’à deux pouces et demi en hauteur, et par conséquent qui est très-visible à plusieurs pas de distance, on ne sauroit guëére soupçonuer l'identité. Priestley a montré lui-même a M. Ingen-Housz cette matière à Londres; une cloche pleine d’eau en étoit tapissée ; et cet observateur exact y eût certainement vu des fibres, si ces fibres y eussent existé. L'auteur a examiné journellement la matière verte durant plus de trois ans, et l’a suivie dans tous ses états depuis son origine jusqu’à son dépérissement. Il croit pouvoir prononcer à cet égard, et en ayant fait faire des dessins exacis, gravés pour orner le second volume deses expériences
sur les végétaux, il se contente d'en donner une description abrégée. Pour éviter toute confusion, il commence par produire da matière verte sous les yeux de ses lecteurs, comme le faisoit M. Priestley, c’est-à-dire, en mettant dans'des vases bien transparens exposés au soleil, de l’eau de sourte, et en plaçant au fond de ces vases de petites lames de verre, afin de pouvoir ensuite examiner ces lames au microscope. Lorsqu'après quelques jours on aura observé une bonne quantité de bulles d'air montant continuellement dans l'eau, on trouvera les parois du vase intérieurement parsemées de
corpuscules ronds ou ovales, ou approchant de ces figures , et d’une couleur verdàtre.(On voit qu'ici M. Ingen- Housznes’étoit pas rendu exactement compte de la forme des corpusculesdeia matière verte.) Le nombre des corpusculesaugmentant chaque jour, ceux-ci deviennent au boùt de quelques semaines une croûte dont la verdure est plus ou moins foncée , en raison du temps que l’eau a été exposée au soleil, et du nombre des corpuscules qui se sont accumulés dans cette eau. Ces corpuscules sont extrêmement petits, et enveloppés dans une matiére muqueuse. On les reconnoîft bientôt pour de véritables insectes qui cessent de se mouvoir lorsqu'ils se trouvent embarrassés dans la couche glaireuse. On en voit nager tout autour : où y apérçoit aussi des corps angulaires plus volumineux que les insectes.
Ces insectes finissent par obstruer et remplir la couche muqueuse, qui elle-même étoit sans couleur, de sorte que celle-ci ne paroit bientôt plus être qu’une masse glaireuse , verte, sans aucune apparence manifeste d'organisation; elle ressemble alors parfaitement à ce que l’a trouvée M. Priestley, une disposilion glaireuse de l’eau devenue verte au soleil.
Plus tard l’incorporation des insectes dans la masse muqueuse est complète ; mais si l’on en éparpille des lambeaux, onremarquera que ses bords déchiréssont tout hérissés de fbres transparentes, sans aucune couleur, et ressemblant à des tubes de verre. On observera que ces fibres sont douées d’un mouvement sensible (ilest évidemmentquestion ici d’une Oscillaire) ; elles se plient en tous sens, s’approchent, s’entrelacent et se tortillent de nouveau. Ce mouvement, qui ressemble à celui de certains animalcules aquatiques, qui ont la forme d’anguilles , se fait par intervalles très-irréguliers. M. l'abbé Fontana a montré, plusieurs années auparavant, à l’auteur, des fibressemblables, mais vertes, douées d’un pareil mouvement; il les prit pour des animaux plantes, et les crut des êtres intermédiaires entre ceux des règnes animal et végétal. Il falloit trois, quatre ou cinq mois pour produire ces fibres.
Si l’on s’obstine à abandonner la croûte muqueuse à elleméme , la métamorphose va plus loin, la croûte muqueuse se couvre de bosses et d’aspérités. En dix ou douze mois ces bosses s'élèvent en pyramides d’un à deux pouces, qui
deviennent perpendiculaires, sont d’un vert plus foncé vers leur partie supérieure et latérale qu’au milieu et au bas, et ressemblent à une gelée assez ferme pour se soutenir dans l’eau. Si la croûte muqueuse mérite réellement le nom de plante , elle doit être classée parmi les Tremelles, Il faut pour obtenir ces résultats laisser la matière verte dans le même vase sans la déranger. La Tremelle ne se forme pas pour péu qu'il y ait de mouvement.
La matiere verte est généralement commune dans les bassins des jardins, et entremêlée à La Conferva rivularis, On en voit aussi dans les cuves en bois qui servent aux arrosemens du jardin de botanique de Vienne; et plus tard cette matière verte est remplacée par la Conferva rivularis, dont les filamens observés au microscope paroissent être des tubes transparens, ayant des intersections plus ou moins distantes les unes des autres. Ces fibres tubulaires semblent devoir leur couleur aux petits corpuscules verts dont elles sont comme fareies, et qu’on seroit tenté de prendre pour les restes des insectes dont la matière verte est composée, ou pour ces insectes même qui y sont enfermés comme ils le seroient dans un tube de verre, c’est-à-dire, sans être attachés au tube, dont on les voit sortir librement et assez souvent , lorsqu'on observe au microscope les extrémités des fibres coupées. On placera peut-être les Conferves parmi les Zoophytes, lorsqu'on sera convaincu que ces corpuscules verts, dont les fibres de la Conferve sont comme farcies, sont des insectes morts ou vivans.
« La matière verte de M. Priestley, ajoute M. Ingen-Housz, « toute composée d'insectes véritables dans le premier temps « de son existence, se change-t-elle d'elle-même, tantôt en « Tremelle, et tantôt en Conferve ? Je me contenterai, dans « Cet abrégé, de la relation du fait tel qu'ilest. ? :
« J'invite, continue M. Ingen-Housz, en terminant son in= téressant Mémoire, les physiciens asuivre en été les progrès de cette substance vraiment curieuse, et entiérement négligée avant M. Priestley, au moins dans l’état où il l’a observée. Mais si l’on désire abrégerle temps, et obtenir bientôt une quantité très-considérable de la matière verte de M. Priestley , on peut suivre la méthode simple de la produire qu’il a indiquée
dans son cinquième volume : elle consiste à mettre dans l’eau exposée au soleil un morceau de viande, de poisson, de pomme de terre, ou quelque autre substance putrescible. On verra bientôt (quoique pas infailliblement) toute l’eau devenir verte. En examinant cette eau au foyer d’un bon microscope, on trouvera que sa couleur est due à un nombre infini de petits insectes verts, très-manifestement vivans. Ces insectes sont communément ronds et ovales. ?
Ilest évident, d’après cet extrait du travail de M. Ingen- Housz, que ce physicien a d’abord connu et fort bien observé notre matière verte, qui est celle de Priestley ; mais que l’ayant ensuite perdue de vue, il a pris, comme les sayans dont il avoit essayé de réfuter les erreurs, des organisations toutes différentes, et des êtres d’une autre nature, pour les conséquences de la matière verte. Les idées d’Ingen-Housz ont été reproduites sous d’autres formes par M. Agardbh , et l'on peut reconnoiître en partie les bases du Mémoire qu’a publié le professeur suédois, sous le titre.de métamorphose des Algues, dans le Mémoire d’Ingen-Hous.
Celui-ci a vu encore comme Priestley et comme nous, la matière verte pénétrant une matière muqueuse. Les OsciHlaires n'ayant pas tardé à se développer dans les mêmes vases et autour des amas de matière muqueuse pénétrée de matiere verte , il a soupçonné que ces substances s’étoient organisées en végétaux ; enfin sont venus les Infusoires plus compliqués, remplis, comme nous avous dit que la chose arrive souvent, de matière verte, etila cru que la matière verte s'éloit transformée en animaux. Nous avons déjà indiqué la source de ces erreurs; elles ne prouvent rien contre la sagacité des observateurs qui y sont tombés, puisque tous ont parfaitement décrit une série de phénomènes qu’on retrouve constamment dans les infusions.
Quant aux animalcules verts qui se développent dans les infusions de matière animale ou végétale , ou bien à ceux qui sortent des tubes des Conferves , ni les uns ni les autres ne sont de la matière verte, et nous devons, pour éviter toute coufusion, nous étendre un peu sur ce point,
Les tubes des Conferves, et surtout des êtres ambigus-dont nous avons formé la famille des Arthrodiées, sont générale-
MAT 333 ment veris; vus au microscope, leur couleur paroît d’abord due à des glomérules de même teinte dont seroït rempli le tube intérieur quise reconnoît aisément dans la plupart d’entre eux. Ces glomérules sont probablement de la matiere végétative ou verte , ainsi que l’a pensé Ingen-Housz ; maïs il ne faut pas confondre , avec cette matière, des corpuscules parfaitemert globuleux, un peu plus gros que ses corpuseules ovoides et que nous appellerons corpuscules hyalins, pour indiquer leur parfaite translucidité ; ceux-ci, mêlés à la matiere verte intérieure, se groupent ou se disposent avec elle sous diverses figures, dont plusieurs peuvent fournir des caractères génériques et spécifiques excellens. Ce sont eux qui, par exemple , sont comme enfilés en spirale dans nos Salmacides, de là tribu des Conjugées. Ces e. hyalins ne sont peut-être que des globules de gaz pareils à ceux qui montent à la surface des eaux où l'on tient des Conferves ou des Arthrodiées en expérience, et qui fournissoient à Priestiey , à Sénebier, ainsi qu’à Ingen-Housz, l'air sur lequel ces savans firent leurs expériences. Ils attribuoient le CN RPC n de cet air à la présence de la matière verte qui n’en produit cependant pas.
Ce qui nous a fait naître cette idée, c’est que lorsqu'on observe au microscope des Arthrodiées, des Conferves, ou toute autre hydrophyte filamenteuse, tubuleuse et transparente, qui contient de la matière verte et des corpuseules hyalins , si quelque filament vient à se rompre sous l'œil de l’observateur, les globules ovoides de matière verte , qui doivent avoir un certain poids, se répandent au fond de l’eau comme le feroit un sédiment, tandis que les corpuscules hyalins s’élèvent a la surface de cette eau, comme le font partout ailleurs les bulles d'air. Le grand nombre de ces corpuscules hyalins ou builes ne tarde pas à diminuer et même à disparoître peu d’instans après avoir été mis en liberté; la matière verte au contraire demeure et présente les mêmes phénomènes dans son desséchement que celle qui s’est formée en liberté sans avoir jamais été captive dans des tubes.
Nos Zoocarpes, véritables propagules ; ou semences végétativement formées dans les articles des Arthrodiées, agolomération de matière verte et de corpuscules hyalins , probable-
ment aussi de matière animale développée dans l’intérieur de l’Arthrodiée, où nos foibles moyens ne nous permettent pas de la distinguer; nos Zoocarpes, tant qu’ils sont eaptifs et sans mouvement, se préparent à la vie, comme le papillon s'y prépare dans l’immobile chrysalide : que manque-t-il donc à ces Zoocarpes dans la capsule articulaire qui les renferme pour agir et manifester une vie complète? Est-ce le contact immédiat de l’eau? Il ne nous est pas donné de l'expliquer ; mais si les corpuscules hyalins sont , comme nous avons de fortes raisons de le croire, des globules de gaz, on s’explique comment les gaz peuvent entrer sous forme moléculaire dans la composition des corps organisés vivans. C’est à leur présence, sous cette forme globuleuse, que seroit peutêtre due l’élasticité des tissus; et, indépendamment de leurs propriétés chimiques, ils auroient encore l'usage de petites vessies compressibles, interposées dans la réunion de la matiére vivante, végétative et muqueuse, pour compléter l'organisation. Ici nous arrivons aux limites des connoissances que nos yeux nous ont pu fournir, et nous nous arrêtons pour rentrer dans le domaine des réalités.
Ceux qui voudroient connoître exactement lamatière verte de Priestley, et qui craindroient de confondre celle qu'ils peuvent faire développer sous leurs yeux, avec les Oscillaires et les Conferves qui lui succèdent, ou quis’y mêlent, la retrouveront souvent contre les vitres humides des serres chaudes: celles du Jardin des Plantes particuliérementen sont souvent colorées vers l’automne, surtout aux lieux où ces vitres passent l’une sur l’autre par leurs bords. Il faut remarquer dans cette circonstance qu'il arrive à la matière verte une chose fort remarquable qui a encore été prise pour une métamorphose par certains observateurs, Le même fait a eu quelquefois lieu sous nos yeux dans des carafes : pressées les unes contre les autres dans une légère couche de matière muqueuse, qui s’est également développée sur les parois des vases ou contre les vitres, les moiécules se déforment légèrement, et devenant imparfaitement polygones, composent une petite membrane. mince, qu'on peut préparer sur le papier comme une véritable Ulve, dont la matière verte prend alors totalement l'aspect quand on l’examine au microscope.
Il est peu de personnes qui n’aient remarqué dans certains fossés du pourtour d’une ferme, dans plusieurs ornières des boues d’un faubourg, dans‘des coins de fosses à fumier, enfin dans l’eau stagnante et superficielle deslieux voisins deshabitations mal tenues des gens de la campagne, de l’eâu d’un vert sombre, souvent trés-foncée en couleur, qui s’épaissit quelquefois au point de perdre toute fluidité, et d'acquérir la propriété de teindre les doigts, le papier ou le linge qu’on y plonge, ainsi que le feroit une dissolution de vert d'iris. Dans cet état l’eau a contracté une légère odeur de poisson, qui rappelle celle des parcs où l’on met verdir les Huîtres. Ce n’est point la matière verte, dans son état primitif et naturel, qui produit un tel phénomène. Si l’on soumet au microscope une goutte de cette eau colorée, on la trouve remplie d'Enchélides , infusoires du premier ordre que nous établissons dans la classification de ces animaux, c’est-a-dire du nombre de ceux qui sont trés-simples, nus, dépourvus de cirres ou d’organes quelconques visibles même. au microscope; ces Enchélides nagent avec rapidité; leur forme est celle d’une poire alongée, et leur taille est bien plus considérable que celle des corpuscules constitutifs de la matière verte. Ce sont de pareils animaux qui, absorbant ou produisant dans leur épaisseur de la matiére verte, en se formant de matière muqueuse et de matière vivarte,se retrouvent souvent dans les infusions artificielles ; cesont eux qui, s'étant développés dans les expériences d’Ingen-Housz , ont porté ce physicien à regarder la matière verte comme composée d'êtres vivans qu'il appeloit improprement, des insectes.
On doit remarquer que les animalcules veris sont déja d’un ordre fort avancé, relativement à ceux qui sont entiérement incolores et translucides. Il n’entre dans ces derniers, que de la matière muqueuse , pénétrée de matiére animale et de corpuscules hyalins ou gazeux; la matière verte, soit qu'elle se développe enSuite intérieurement en veriu du mécanisme de la décomposition de l’eau par la lumière, soit qu'elle ait été absorbée, apportant une molécule élémentaire de plus, doit augmenter les combinaisons, et de la ce passage de l’infusoire aux Zoocarpes que nous avons démontré n'être que les semences ou les propagules vivaus
d’un tube végétal, alongé sous la forme d'une Conferve. (Bonx pe Sr. Vincent.) ï |
MATIERES ANIMALES. ( Chim.) Matiéres dont les principes ont été unis sous l’influence de la vie d’un animal. Voyez PRINCIPES IMMÉDIATS ORGANIQUES. { Cu.) | |
MATIÈRES INORGANIQUES. (Chim.) On comprend sous ce nom les corps simples, et les corps composés dont les principes ont été unis sans l'influence de la vie d'un être organisé. Cette expression est synonyime de corps inorganiques, de corps bruts. Voyez Corps, tom. V, pag. 520, et Principes IMMÉDIATS ORGANIQUES. ( CH.)
MATIÈRES ORGANIQUES. (Chim.) Cette expression, op: posée à celle de matières inorganiques, s'applique aux ma: tières dont Les principes ont été unis sous l’influerce de la vie d’un être organisé, soit d'un végétal, soit d’un animal. Voyez PRINCIPES IMMÉDIATS ORGANIQUES. (CH)
MATIÈRES VÉGÉTALES. (Chim.) On comprend, sous ce nom, les corps composés dont les principes ont été unis sous l'influence de la vie d’un végétal. Voyez Pinéfees IMMÉDIATS ORGANIQUES. (Cx.) |
MATIN (Mamm.), nom propre d’une race du chien domeshique:, (EC
MATINA. (Ornith.) La Chesnaye-des- Bois dit, d’après Ray, que ce nom est donné en Italie a la cane-pétière, ou petite outarde , ofis tetrax, Linn. (Cu. D.)
MATINALE | Freurj. (Bot.) Les fleurs sont dites nocturnes ou diurnes, selon qu’elles s’épanouissent la nuit ou le jour, et les fleurs diurnes sont méridiénres ou matinales suivant qu’elles s'ouvrent vers le milieu du jour ou le matin; la chicorée, le pissentit ont les fleurs matinales. L’ornithogallum umbellatum, le mesembrianthemum cristallinum , etc; ont les fleurs méridiennes. (Mass. ) |
MATISE, Matisia. { Bot.) Genre de plantes dicotylédones ; à fleurs complètes , polypétalées, irrégulières, de la famille des malvacées, dela monadelphie polyandrie de Linnæus, offrant pour caractere essentiel: Un calice d’une seule pièce, de deux a cinq lobes ; une corolle Composée de cinq-pétales, dont deux plus courts, un tube à cinq découpures, chargées chacune d'environ douze anthères sessiles, à une loge; un ovaire supé-
| MAT 337 rieur, entouré par le tube des étamines; un stigmate charnu, muni de cinq tubercules violettes; une baie à ae loges monospermes.
Marise EN cœur : Matisia cordata , Humb. et Bonpl., PI. Æquin., vol.1,pag. 10, tab. 2; Kunth, in Humb., 5, pag. 306. Arbre d'environ quinze pieds de haut, dont le tronc se divise à son sommet en un grand nombre de rameaux étalés horizontalement, garnis de feuilles alternes, pétiolées, situées vers l'extrémité des rameaux, amples, en cœur, larges de dix pouces, longues de huit, glabres, membraneuses, entières, aiguës, de couleur verte, à sept nervures saillantes et deux petites stipules aiguës et caduques. Les fleurs sont d’un blancrose, éparses, longues de deux pouces, réfléchies, couvertes d’un léger duvet , réunies en trois ou six faisceaux petits, pédonculés; les pédoncules munis de deux ou trois bractées persistantes. Le calice est un peu charnu , roussàtre, tomenteux en dehors, pileux en dedans, à deux ou cinq dents inégales ; la corolle presque labiée, un peu plus grande que le calice, a cinq pétales, dont trois un peu concaves forment la lèvre supérieure; les deux autres plus petits, ovales, rétrécis à leur base ; les filamens plus longs que la corolle, réunis inférieurement en un tube charnu, point adhérent, cylindrique, pulvérulent; les anthères réniformes, à deux loges, rapprochées deux à deux, et environ au nombre de douze sur chaque filament ; l'ovaire pileux a cinq angles peu saillans. Le fruit est une baie ovale, de quatre à cinq pouces, entourée à sa base par le calice, couverte d’un duvet cendré et soyeux, surmontée d’un mamelon, divisée en cinq loges, contenant dans chacune une semence brune, anguleuse , longue d’un pouce. Cette plante croît dans les vallées chaudes et humides de l’Amérique méridionale. Son fruit a le goût de l’abricot, Les habitans de la Nouvelle-Grenade et du Pérou la cultivent avec soin. ( Porn.)
MATOU. (Ichthyol.) C’est le nom que l’on donne se ment à un pimélode de la Caroline, pimelodus catus. Voyez Pimécone. (H. C.)
MATOUREA.(Bot.) Genre de plantes de la Guiane établi par Aublet, et le même qué le Vandellia de Vahl, placé à la fin des personées, Voyez Marounr. (J.)
72 Te
MATOURI, Matourea. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs complètes, monopétalées, irrégulières, de la famille des personées, de la didynamie angiospermie de Linnæus , offrant pour caractère essentiel : Un calice à quatre divisions profondes; une corolle monopétale, le tube courbé; le limbe à deux lèvres, la supérieure bifide ; l'inférieure à trois divisions; quatre étamines didynames; un ovaire supérieur; un style; deux stigmates, une capsule uniloculaire, polysperme. Quelques auteurs modernes ont réuni ce genre au Vandellia, dont il différe à peine.
Maxrourr DEs prés : Matourea pratensis, Aubl., Guian., 2, pag. 642, tab. 259; Lamck., Ill. gen. , tab. 553; Vandellia pratensis, Vahl, Egl., 2, pag. 48; Dickia, Scopol.; vulgairement Basiric sAuVAGE. Plante herbacée, qui s’éléve à la hauteur d’environ deux pieds sur plusieurs tiges tétragones, rameuses, garnies de feuilles opposées , ovales oblongues, un peu aiguës, dentées en scie , médiocrement velues, soutenues par de courts pétioles, longues d'environ un pouce et demi. Les fleurs sont axillaires , ordinairement solitaires, de couleur bleuâtre; à calice velu ; ayantles découpures ovales, alongées, acuminées, persistantes ; le tube de la corolle est beaucoup plus long que le calice ;la lévresupérieure du limbe relevée, bifide: l'inférieure à trois lobes ovales, obtus, inclinés; celui du milieu un peu plus long ; les deux éfamines sont plus longues surpassent le tube de la corolle; elles sont arquées et portent des anthères, ovales, à deux lobes; l'ovaire est supérieur, le style de la longueur des étamines; le stigmate à deux lames. Le fruit est une capsuie oblongue, bivalve, à une seule loge au centre de laquelle est un placenta dl chargé de semences nombreuses trèsmenues. Cette plante croît dans les terrains humides, à l'ile de Cayenne. (Poir.)
MATRA-MARELO, SAKSOK (Bot.), noms sous lesquels est | désignéà Java, suivant Burmann, leverbesina lavenia de Linnæus. (J.)
MATRAS. (Chim.) C’est un vaisseau de verre de forme sphéroïidale à long col.(Cx.)
MATRELLA. (Bot.) Ce nom a été donné par M. Persoon à l'agrostis matrella, de Linnæus, plante graminée qu'il regardoit comme genre différent, en quoi il étoit d'accord avec
MAT 339 Wiälldenow, qui a établi ee genre sous lenom de ee maintenant admis. Voyez Zoysta. (J.)
MATREME, Matrema. ( Polyp. ) M. Rafinesque a nb ce nom (J. de Physiq., tom. 88 , pag. 428) , pour désigner un genre de poiypiers fossiles qu'il dit être de la famille des tubiporites , et auquel il donne pour caractères : Corps pierreux, composé de plusieurs tubes articulés, libres ou réunis; articulations imbriquées; ouverture terminale, campanulée, ayant un centre mamelliforme. Il cite dans ce genre trois espèces : Matremastriata, crenulata, rugosa, mais qu’il ne définit pas. Il n’en indique pas même la patrie. (De B.)
MATRICAIRE, Matricaria. (Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurs composées, de la famille des corymbiféres , de la syngénésie polygamie superflue de Linnæus, offrant pour caractère essentiel : Un calice imbriqué, hémisphérique; des fleurs radiées; Les fleurons hermaphrodites; les demi-fleurons oblongs, femelles, fertiles; cinq étamines syngénèses;un ovaire supérieur; un style; deux stigmates; des semences oblongues; dépourvues d’aigrettes; le réceptacle nu, convexe.
Ce genre a plus ou moins d’étendue, suivant les auteurs. Les uns y réunissent les chrysanthemum de Linnæus qui n’en différent que par les écailles du calice scarieuses à leurs bords; d’autres ont établi le genre Pyrethrum qui se compose en grande partie de plusieurs espèces des deux premiers genres dont elles différent par leurs demi-fleurons terminés par trois dents, et par lessemences surmontées d'une membrane sai!lante , souvent dentée. Quoique les matricaires soient plus généralement considérées comme plantes médicales, cependant on les cultive dans plusieurs jardins comme plantes d'ornement, surtout le matricaria parthenium. (Voyez CarysanTaème et Py- RÈTHRE.)
MATRICAIRE OFFICINALE : Matricaria parthenium, Linn.; Pyrethrum parthenium, Smith, Bull. Herb., tab. 203; Fuchs, pag. 48, tab. 45. Optima. Cette plante a donné le nom au genre que nous traitons, a cause de son emploi dans les douleurs de la matrice.Ses tiges sont nombreuses, droites, fermes, canneléess, hautes d'environ deux pieds; les feuilles alternes, pétiolées, assez larges, ailées, composées de pinnules pinnatifides dont les divisions sont incisées , un peu obtuses, d’un vert tendre,
légèrement velues. Les fleurs naissent à l'extrémité des tiges et des rameaux sur des pédoncules disposés en: CONTES de : grandeur médiocre, jaunes dans leur disque, blanches à leur circonférence: les écailles du calice sont étroites, les intérieures un peu scarieuses sur leurs bords.
Cette plante croît aux lieux incultes et pierreux de l'Europe. On la cultive dans la plupart des jardins, tant à raison de ses propriétés médicales, que pour la décoration des parterres : les fleuristes recherchent particulièrement une de ses variétés à fleurs doubles. La matricaire a une odeur forte , pénétrante, un peu désagréable, une saveur amère , d’où résultent ses propriétés antispasmodiques, stomachiques, diurétiques, emménagogues, résolutives, etc. C’est principalement sur les organes dans un état d’atonie qu’elle agit avec plus d’efficacité. Dans tout autre cas, surtout dans les affections utérines qui résultent d’un excès d'action, d’un état pléthorique, la matricaire seroit plus nuisible qu’utile, d’après les observations de M. Alibert. On l’administre intérieurement en poudre, en décoction, en infusion, ou bien on en fait prendre le suc clarifié : on la donne en lavemens, surtout pour les maladies de la matrice. Simon Paulli recommande aux personnes qui sont exposées à la piqûre des abeilles de se munir d’un bouquet de matricaire pour chasser ces insectes, que l’odeur de cette plante met en fuite.
MATRICAIRE CAMOMILLE : Matricaria camomilla , Linn. ; Lobel, Tcon., 770, fig. 1; Dodon., Pempt., 257. I1ne faut pas confondre cette espèce avec la vraie camomille, connue sous le nom de camomille romaine , anthemis nobilis, Linn.; elle ressemble un peu à la camomille puante; mais son réceptacle n’est pas garni de paillettes; son odeur est foible ,point désagréable. Ses tiges sont striées, souvent rougeàtres, hautes d'environ un pied et demi, garnies de feuilles glabres, sessiles, d’un vert gris, deux fois ailées, découpées très-menu; les folioles linéaires, aiguës, simples, ou bien à deux ou trois divisions; les fleurssolitaires, à l'extrémité des rameaux, formant par leur ensemble une sorte de corymbe; leur disque est jaune; leurs demi-fleurons sont blancs; les folioles du calice lancéolées, un peu obtuses, presque égales, un peu scarieuses sur les bords. |
Cette plante croît en Burope dans les champs cultivés. Quoi-
MAT 34 queinférieure en qualité à la camomille romaine , on l’emploie quelquefois aux mêmes usages. Ses fleurs ont une odeur légèrement aromatique et une saveur mucilagineuse. Elles donnent par la distillation une huile essentielle d’une couleur bleue tres-agréable, semblable à celle du saphir.
MATRICAIRE ODORANTE ; Matricaria suaveolens, Linn. Cétte plante est d’une odeur suave et pénétrante. Ses racines produisent des tiges grêles, tres-ramifiées, paniculées, un peu striées, hautes d'environ un pied; garnies de feuilles lâches, alternes, sessiles, finement découpées, les inférieures doublement ailées, à découpures linéaires, simples ou bifides; les supérieures trés-souvent une fois ailées. Les fleurs, petites, solitaires , situées à l'extrémité de rameaux dénués. de feuilles. a leur partie supérieure, ont le disque jaune, les demi-fleurous blancs et renversés, les folioles du calice obtuses et scarieuses à leurs bords, le réceptacle conique, fort alongé. Cette plante croît en Europe. (Porr.)
MATRICE, Ulerus. (Mamm.) On donne ce nom à une dépendance des organes de la génération qui existe spécialement chez. les femelles de mammifères. C’est un viscère creux ,musculo-membraneux et vasculaire, destiné à loger les fœtus depuis le moment de la conception jusqu’à celui de la naissance,
et a leur fournir pendant ce temps les fluides nécessaires à leur nutrition.
La matrice est située dans la cavité pelvienne ou du bassin, entre la terminaison du canal intestinal et la vessie urinaire. Sa forme, toujours symétrique, est fort variable dans les diverses espèces d'animaux. L'on y distingue son corps ou partie principale, et son col ou prolongement postérieur. Son volume, trés-peu remarquable dans l’état de vacuité, prend dans le temps de la gestation un développement d'autant plus considérable que le terme de celle-ci est moins éloigné. Elle est fixée aux deux côtés du bassin par deux replisdu péritoine appelésimproprement ligamens larges ou sous-lombaires, et aussi par plusieurs autres liens nommés ligamens ronds ou cordons suspubiens, ligament antérieur et ligameut postérieur.
Hors de l’épgque de la gestation, la cavité intérieure de le matrice est fort petite, surtout relativement à l'épaisseur de ses parois. Cette cavité, dans le plus grand aombre de femelles
de mammiféres, communique au dehors par une seule ouverture, le museau de tanche, qui s'ouvre dans le fond d’un tube cylindrique, dilatable , plus ou moins long, ou le vagin, lequel aboutit extérieurement à la vulve. Dans sa partié antérieure , l'utérus est bifurqué et reçoit au fond de chacune des bifurcations nommées cornes de la matrice, un canal de longueur variable, plus ou moins sinueux, flottant dans l’abdomen, placé le long du bord supérieur et dans la duplicature du ligament large. Ces conduits, nommés trompes utérines ou trompes de Fallope, débouchent d’une part dans la cavité de la matrice, et de l’autre se terminent par un évasement béant dans la cavité abdominale, en forme de cornet découpé sur ses bords, et qui reçoit les noms-de pavillon de la trompe ou de morceau frangé.
C’est dans le pavillon des trompes que tombent les ovules détachés des ovaires, lesquels sont situés en regard de son ouverture. Ces ovules descendent dans Iles trompes, et, arrivés à la matrice, y séjournent, s’y développent et y montrent bientôt les fœtus apparens. Lorsque les ovules tombent dans la cavité abdominale, au lieu de prendre la route des trompes, ils donnent lieu à la grossesse extra-utérine. Quelquefois ils se développent dans les trompes mêmes, et non dans J’utérus, et souvent aussi dans les cornes, dont le vofume est ordinairement en sens inverse de celui du corps de la matrice, c’est-a-dire plus considérable lorsque ce dernier est tréspetite el vice versä.
La matrice est composée d’une membrane extérieure ou séreuse qui est la continuation du péritoine, d’une membrane muqueuse intérieure, et d’un tissu particulier intermédiaire fort épais, élastique, à texture dense et serrée, composé de fibres dont la disposition n’a pu encore être bien observée, et pourvu d’un très-grand nombre de vaïsseaux sanguins, de vaisseaux lymphatiques et de nerfs. Ce tissu dans la grossesse paroît devenir véritablement fibreux, et dans laccouchement, sa contraction trés-puissante est la cause déterminante de l’expulsion des fœtus.
Les artères de la matrice provenant des sperhatdéek et d’une branche des hypogastriques, l’utérine, ont de nombreuses anastomoses entre elles et sont trés-flexueuses, Ses veines
suivent à peu prés le même trajet, mais sont encore plus flexueuses. Ses nerfs viennent des plexus sciatiques et hypogastriques. Ses vaisseaux lymphatiques sont très-multipliés et acquièrent un gros volume dans le temps de la gestation. Tous ces organes sont soutenus à leur origine entre les deux lames du péritoine, qui forment les ligamens larges, et qui contiennent aussi les trompes de Fallope.
Dans la femme, le corps de la matrice est de forme ovale un peu aplatie et plus large vers son fond. Son col est à peu près cylindrique. Sa cavité est petite et à peu prés triangulaire; ses deux angles supérieurs conduisent dans les trompes chacun par une ouverture très-fine , et l’antérieur au museau de tanche par une fente transversale. Les cornes de la matrice
(ad uterum, Geoffr.) sont dans un état minime et rudimentaire.
L’utérus des femelles de singes et de bradypes a beaucoup de ressemblance avec celui de la femme, seulement sa forme générale chez les premières est ordinairement plus alongée, son corps plus arrondi et son col distingué par un étranglement plus ou moins marqué : dans les secondes il est à peu près triangulaire.
Les makis parmi les quadrumanes, les carnassiers excepté les marsupiaux, la plupart des rongeurs, les pachydermes, les ruminans et les cétacés ont au contraire un utérus plus compliqué. La partie qui répond au col est simple mais le corps est constamment séparé en deux cornes, soit dans une partie de son étendue, soit dans toute sa longueur. Il est peu divisé dans les makis et semble seulement bilobé; mäis, dans les autres mammifères qu’on vient de nommer, les cornes sont ordinairement fort alôngées, et elles excédent souvent trois fois, et même plus, la longueur du col. Ce dernier est réduit à presque .rien dans l’agouti, le paca et le cobaye cochon d’Inde. Dans le lièvre et le lapin il n’y a pas de col de matrice ni de museau de tanche, et chaque corne forme un sac séparé qui a dans le fond du vagin un orifice distinct, d'où il suit qu’on peut considérer leur matrice comme double.
Les organes femelles des marsupiaux du genre Didelphe se composent d’un large canal membraneux , qui aboutit à la vulve, et dans le fond duquel viennent déboucher deux autres
canaux assez étroits, arqués en anse de panier, et qui se ren-= dent, par leur extrémité opposée , à une cavité commune, divisée en deux çornes, et recevant dansson fond les deux trompes utérines.Jusqu’a ce jour on avoit donné le nom de vagin au canal extérieur, celui de matrice à la cavité commune, où se rendent les deux canaux en anse de panier, et ces derniers n’avoient pas reçu de désignation particulière. M. Geoffroy Saint-Hilaire vient de démontrer la véritable analogie de ces parties dans l’article Marsurraux de ce Dictionnaire. (Voyez ce mot.) I1 les considère comme ayant la plus grande analogie avec celles des oiseaux, et conséquemment il rapporte ce qu’on a nommé vagin, au canal qu'il appelle urétro-sexuel dans ces animaux, ou à la fosse naviculaire des mammifères; il regarde comme étant des vagins les deux canaux en anse de panier, et fait voir que la prétendue matrice n’est que le résultat de la greffe par approche de ces deux canaux. Cette cavité dans les femelles vierges est partagée en deux, longitudinalement, dans son milieu, par un diaphragme qui se détruit par la gestation, et dont les débris laissent un raphé lorsqu'elle est devenue commune chez les femelles qui ont mis bas. Lorsque ce diaphragme existe, chacun des vagins se continue par une matrice à peine plus renflée et par la trompe qui en est la suite, jusques prés de l'ovaire.
Les plus grands rapports existent entre cette organisation et celle qui est propre aux femelles. de lapins , de lièvres, et d'oiseaux: ‘ |
Dans l’ornithorhynque et l’échidné , le canal urétro sexuel, selon M. Geoffroy, ou le vagin, suivant sir Everard Home et M. Duvernoy, présente dansson fond deux orifices de canaux encore plus semblables aux oviductus des oiseaux , lesquels sont égaux entre eux, bien séparés et trés-distans, renflés dans la partie inférieure, qu’on peut, à cause desa fonction , appeler du nom de matrice, et plus minces dans. la supérieure ou l’antérieure qui représente la trompe de Fallope.
Les parois de l'utérus n’ont pas toujours la même struc-
ture, et leur épaisseur n’est pas proportionnelle dans les.
différentes espèces de mammiferes. Ce n’est guère qué dans les femelles de singes qu’elles paroïissent aussi épaisses et aussi denses que chez la femme. Mais, dans toutes les autres, elles.
MAT 345 sont beaucoup plus minces, et surtout dans celles des animaux à bourse. Dans les grands animaux à matrice double ou à grandes cornes, les fibres musculaires sont plus apparentes que dans celles de la femme, ou des petites espèces de quadrupèdes. Dans les ruminans , les parois internes de l'utérus présentent de gros mamelons appelés cotylédons, sur lesquels se fait l'application du placenta des petits, et qui sont d'autant plus considérables que les femelles ont eu plus de gestations.
Tout ce que nous venons de dire de la matrice des mammifères se rapporte à l’état de vacuité de cet organe. Aprés la conception elle change de forme et de volume dans un temps variable , selon les espèces. Chez la femme elle devient presque globuleuse dans sa totalité; et ses parois, à son dernier degré d’extension, sont fort amincies; son tissu est de- venu spongieux par le développement et la dilatation des vaisseaux (surtout les veines) qui entrent dans sa composition ; des fibres musculaires se sont évidemment formées dans son épaisseur, et affectent des directions très-variées, mais qui sont en général disposées de manière à resserrer la matrice dans tous ses points, lorsqu'elles se contractent à l’époque de l’accouchement.
Les modifications dans la structure de la matrice sont en général les mêmes dans les femelles de mammifères que chez la femme; mais les fibres musculaires, au lieu de se renforcer, s'amincissent. Quant à la forme , elle varie. Dans les matrices à grandes cornes , les changemens de figure de cet organe différent suivant qu’il y a plusieurs petits dans chaque corne, ou qu'il n’y en a qu’un dans une corne, ou que l’unique fœtus est contenu à la fois (comme chez la vache) dans une des cornes et dans le col de la matrice.
Les fonctions principales de l’utérus consistent à conserver les petits pendant un temps plus ou moins long , en leur fournissant les fluides nécessaires à leur nutrition et à leur développement; fluides qui sont absorbés par un organe particulier à ces petits, le placenta. Cette absorption se fait avec l'intermédiaire des enveloppes propres des fœtus , qui n’empêchent en aucune manière l’arrivée du sang artériel de la mère aux artérioles du placenta , et le retour du sang veineux de ce même placenta aux veinules de l’utérus,, Une autre
fonction de cet organe est d’expulser par sa contraction propre les fœtus, lorsqu'ils sont à terme. Enfin , dans plusieurs espéces, l'utérus devient un organe ÉrÉtE ur de sang artériel,
à des époques plus ou moins éloignées, mais réguliéres, et l’on observe Hits ces époques sont celles où les femelles sont surtout aptes a la génération.
La matrice est représentée dans les animaux vertébrés ovipares, par la portion inférieure de leurs oviductus; mais cette partie n’est pas un lieu de séjour pour les fœtus , et si quelquefois elle conserve dans les reptiles et les poissons les ovules ou les œufs, assez long-temps pour Que les petits y éclosent , elle ne leur fournit en aucune manière les fluides nourriciers dont ils ont besoin pour se développer.
Enfin on a nommé matrice, dans plusieurs crustacés, certains lieux de dépôt pour les œufs, certaines cavités ou poches, tantôt dorsales, tantôt ventrales, où ces œufs sont placés aprés être poadus jusqu’au moment de leur éclosement; maiscette dénomination est également inexacte, en ce que les organes auxquels elle est appliquée n’exercent point la fonction principale de l'utérus. (Desu.)
MATRICE. ( Min.) On donne quelquefois ce nom à la roche ou à la substance minérale qui en enveloppe une autre. C’est une expression synonyme du mot gangue, dans l’acception que nous lui donnons en françois, expression doublement impropre en ce qu’elle est appliquée dans le régne organique à un organe qui n'a aucune analogie avec cette enveloppe pierreuse, et parce qu’elle pourroit faire croire que cette enveloppe a une influence de création, de nutrition ou de développement sur le minéral qu’elle renferme. On ne s’en sert plus dans les ouvrages où l’on cherche à introduire de la précision dans les idées et dans leur expression. (B.)
MATRICE DE GEROFLE, MÈRE DE GEROFLE. (Bot.) C’est le fruit du geroflier, parvenu à maturité, nommé aussi ANroPHyLLe. Voyez Ce mot.(J.) |
MATRI SALVIA. (Bot.) Le botaniste Columna nommoit ainsi la grande sclarée. (J.)
MATRISYLVA. (Bot.) Ce nom a été donné par Tragus et Cordus au muguet des bois, asperula odorata, que Gesner, cité par C. Bauhin, dit être l’alyssum de Pline. Le matrisylva est
MAT | 347 cité dansles tivres de matiére médicale; on lui attribue la vertu de résoudre les obstructions du foie et de guérir la jaunisse;
mais ces vertus ne sont pas bien constatées, et cette plante est peu usitée. (J.)
MATSCH, (Mamm.) nom du chat domestique en Tartarie. (F. C.)
MATSIBUS.(Bot.) La plante ainsi nommée au J apon, PACE" Kæm pfer , est le gnaphalium arenarium. (J.)
MATSJADADA. (Bot.) Voyez Mix-AnGant. (J.)
MATS-KASE-SO (Bot.), nom japonois de la rue, rula graveolens, suivant M. Thunberg. (J.) MATTA-CAVALLO. (Bot.) Les Espagnols de Saint-Domingue donnent ce nom au lobelia longiflora, plante que l’on redoute dans les prairies, comme trés-nuisible aux chevaux. (J. )
MATTA-CUTTU. (Bot.) Voyez Cossrr. (J.)
MATTÉ (Bot.) , nom donné dans le Brésil à l'herbe du Paraguay. (J.)
MATTHIOLA. (Bot. JV ds Marrioze et Guerranps. (Poir.)
MATTHIOLE, Matthiola. ( Bot.) Genre de plantes dicotylédones, à fleurscomplètes , polypétalées, de la famille des cruciféres, de la fétradynamie siliqueuse de Tinnæus, très-voisin des cheiranthus, dont il différe par le stigmate et les cotylédons. Son caractère essentielconsiste dans : Un calice fermé, à quatre folioles, dont deux renflées à leur base; quatre pétales en croix , onguiculés; six étamines libres , tétradynames , sans dents; les plus longues, un peu dilatées ; un ovaire supérieur alongé ; un style presque nul; un stigmate à deux lobes connivens, renflés sur le dos, ou munis d’une pointe; une silique arrondie ou comprimée , alongée , bivalve, à deux loges, couronnée par le stigmate; les semences comprimées, Lis HE échancrées, placées en un seul rang.
Le nom de matthiola avoit été employé par Linnœus pour un genre de plantes que l’on a depuis reconnu pour appartenir au guettarda, auquelil a été réuni. D'après cette réforme, Rob. Brown a appliqué le nom de matthiola à un autre genre établi pour un grand nombre d’espèces placées parmi les cheiranthus de Linnæus (Grroriée) , réforme qui ne peut être autorisée qu’à raison des espèces très-nombreuses de ce dernier genre. Il suit de la que notre giroflée des jardins (cheiranthus