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Notre genre Melanchrysum, qui est peut-être aussi le Moehmia de Necker, a la plus grande aflinité aveë le Gazania de Gærtner, par le péricline , le port et toutes les apparences extérieures ; ce qui a produit les erreurs et la confusion commises par plusieurs botanistes, et notamment par M. Brown.
Le genre Cuspidia, qui se rapproche du Melanchrysum par certains caraëtères, et dont l’aigrette est analogue à celle du Didelta , nous a paru pouvoir être placé entre ces deux genres. Gærtner lui attribue une couronne féminifiore , ce qui seroit extraordinaire dans la section des Gortériées, où nous avons trouvé constamment la couronne neutriflore. Mais Gærtner ne s'est-il pas trompé sur ce point? Nous sommes d’autant plus disposé à le croire, que notre Cuspidia castrata, décrite dans le Bulletin des sciences de Novembré 1820, a la couronne évidemment neutriflore.
Le genre Didelta auroit aussi la couronne féminiflore, suivant l’Héritier. Mais c'est probablement encore une erreur, car la calathide que nous avons décrite (tom. XIII, pag. 225) avoit la couronne neutriflore; et il n’est plus douteux pour nous que cette calathide appartient à une espèce du genre Didelta, très-peu distincte de la Didelta fetragoniæjfolia de l’Héritier, et dont voici la description faite sur um échantillon de l’herbier de M. Desfontaines.
Didelta obtusifolia , H. Cass. Tige rameuse, striée, glabre. Feuilles alternes , eu un peu opposées, sessiles, oblonguesobovales, étrécies à la base, arrondies au sommet, trés-entières; les jeunes feuilles tomenteuses et blanchâtres. Grandes cala< thides radiées, solitaires au sommet de la tige, et de longs rameaux pédonculiformes; corolles jaunes. Chaque calathide composée d'un disque multüflore , régulariflore, androgyniflore, et d’une couronne unisériée, liguliflore, neutriflore ; péricline supérieur aux fleurs du disque, plécolépide , formé de squames entregreffées, excessivement courtes, presque nulles, manifestes seulement par leufs appendices, et bisériées : les extérieures au nombre de trois, dont chacune est surmontée d’un grand appendice libre, foliacé, ovale ; les intérieures plus nombreuses, surmontées d’appendices plus courts et plus étroits, libres, foliacés, linéaires-lancéolés ;
clinanthe large, plan, alvéolé, hérissé de fimbriiles spiniformes, qui sont nulles sur sa partie centrale ; ovaires petits, obconiques, enchâssés dans les alvéoles du clinanthe ; aigrettes courtes, composées de squamellules inégales, filiformes, épaisses, aiguës, barbellulées; corolles de la couronne tridentées au sommet ; corolles du disque à divisions longues, linéaires, noirâtres au sommet ; étamines à appendices apicilaires arrondis, noirâtres; styles d’arctotidée.
Le genre Favonium doit sans doute accompagner immédiatement le Didelta : maïs il en est, selon nous, SE cd distinct. É
Le genre Cullumia, qui a surtout des rapports avec les Berkheya à fruits glabres, se rapproche peut-être aussi du Didelta par les fimbrilles fort remarquables que nous avons obser-
vées sur les cloisons du clinanthe, dans la Cullumia squarrosa.
Le caractère sur lequel M. Brown a fondé son genre Cullumia, n’avoit point échappé à la sagacité de Vaillant, puisqu'il attribuoit la Cullumia ciliaris à son genre Caprnees caractérisé par l’aigrette nulle. t Le genre Berkheya fut institué par Adanson sous le nom de Crocodilodes, parce qu’il supposoit que ce genre correspondoit au Crocodilodes de Vaillant. C’est une erreur. Le genre Crocodilodes de Vaillant correspond au genre Afrac- Lylis de Linné : en effet, il est composé de quatre espèces, dont les trois premières sont les Atractylis gummifera, cancellata et humilis de Linné; et s'il est vrai, comme on le prétend, que la quatrième espèce appartienne au genre Berkheya, c’est par ignorance de.ses caractères génériques que Vaillant l’aura comprise dans son genre Crocodilodes, puisqu'il attribuoit à ce genre les caractères propres au genre Atractylis de Linné. Depuis Adanson, plusieurs botanistes ont successivement reproduit comme nouveau, et sous différens noms, son genre Crocodilodes. Si la raison et l'équité pouvoient prévaloir sur des régles arbitraires et frivoles, il n’est pes douteux que le nom de Crocodilodes devroit être préféré à tout autre, puisque c’est celui qui a été employé par le premier fondateur du genre: mais on a gravement décidé que tout nom générique terminé en odes ou oides devoit être sévèrement proscrit. Il faut souvent danslessciences,
MEL 453 comme dans la conduite ordinaire de la vie, se soumettre à certains préjugés déraisonnables : c’est pourquoi nous laissons a l'écart le nom de Crocodilodes, et, forcé de choisir entre les autres, nous préférons celui de Berkheya, parce qu'il est le plus usité, et parce qu’il consacre un beau genre de synanthérées à la mémoire du botaniste qui, le premier, a écrit un traité complet sur la structure propre à cet ordre de plantes considéré en général. M. de Lamarck, dans ses Illustrahiones generum , applique le nom de Gorteria au genre Berkheya, et il donne celui de Personaria au vrai genre Gorteria. C'est violer manifestement la règle qui veut que, lorsqu'un ancien genre est divisé en plusieurs genres nouveaux, l’ancien nom générique soit conservé au genre nouveau contenant l'espèce qui fut le type primitif du genre ancien. Cette règle, trop peu respectée par les botanistes, est pourtant bien nécessaire pour garantir la nomenclature de la confusion, de l'arbitraire et des variations continuelles.
Le genre Berkheya n'ayant point été décrit dans ce Dictionnaire, nous devons réparer cette lacune , en exposant ici ses . caractères, tels que nous les avons observés sur un échantillon sec de la Gorteria fruticosa de Linné, qui est le type de ce genre Berkheya.
Calathide radiée : disque multiflore, régulariflore, androgyniflore; couronne unisériée, liguliflore, neutriflore. Périchine égal aux fleurs du disque , irrégulier ; formé de squames paucisériées, extrêmement courtes, appliquées, surmontées de très-grands appendices inégaux , inappliqués, oblongs, foliiformes , foliacés, munis d’épines sur les bords et au sommet. Clinanthe très-profondément alvéolé, à cloisons membraneuses. Fleurs’ du disque : Ovaires entièrement engainés par les alvéoles du clinanthe , et tout couverts de longs poils. Aigrettes courtes, composées de squamellules paucisériées , un peu inégales, paléiformes, coriaces, ovales-oblongues, denticulées. Corolles à cinq divisions trés-longues , linéaires. Anthères pourvues d’appendices basilaires, et d’un appendice apicilaire alongé, arrondi au sommet. Styles d’arctotidée. Fleurs de la couronne privées de faux-ovaire, mais pourvues de fausses-étamines. |
Notre genre Evopis, dont les fleurs de la couronne sont
pourvues de fausses- étamines, comme les deux genres Bertkheya et Heterolepis, entre lesquels il est rangé, paroït d’ailleurs convenablement placé à la fin des Gortériées et tout auprès des Prototypes, parce que son péricline semble être formé de squames libres. Ce n’est pourtant, selon nous, qu’une fausse apparence ; car l’analogie nous persuade que les pièces du péricline de l’Evopis ne sont que les appendices des vraies squames qui sont totalement avortées, et qui sevoient infailliblement entregreffées, si elles existoient. Il ne faut pas confondre notre genre Evopis avec le genre Rohria de Vahl, caractérisé par ce botaniste de la maniére suivante: Receptaculum favosum; pappus polyphyllus; corollulæ radü ligulatæ, staminiferæ, antheris sterilibus. Vahl attribuoït a ce genre deux espèces : 1.° la Gorteria herbacea de Linné fils, qui est le type de notre genre Evopis; 2.° l’Atractylis oppositifolia de Linné, qui est le type du genre Berkheya. Aïnsi, le genre Rohria de Vahl est formé de la réunion de l’Evopis et du Berkheya ; maïs il correspond plus directement avec le Berkheya, par le caractère que Vahl assigne à laigrette : c’est pourquoi Thunberg applique à toutes les espèces de Berkheya le nom générique de Rohria, que nous n’avons pas dû conserver à notre genre Evopis, distingué du Berkheya par le péricline et par l’aigrette.
Notre genre Heterolepis ne sauroïit être mieux placé qu’au commencement des Prototypes, et tout auprés des gortériées, avec lesquelles il a une affinité manifeste ; il se rapproche surtout de l’Evopis par les fausses-étamines dont sa couronne est pourvue, et par son aigrette, qui s'éloigne de celle des autres Prototypes.
Le genre Cryptostemma, dont la couronne est souvent biliguliflore, doit suivre immédiatement l'Heterolepis, qui est particuliérement remarquable par ce caractère, et qui offre ainsi une affinité apparente avec les mutisiées.
Le genre Arctotheca, placé à la suite du précédent, parce qu’il a, comme lui, la couronne neutriflore, à été mal décrit dans ce Dictionnaire, ce qui nous impose l'obligation d'exposer ici ses caractères génériques , tels que nous les avons observés sur un individu vivant d’Arcéotheca repens , cultivé au Jardin du Roi.