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le méchant, le mauvais et le malin. 11 est le principe en effet et le père de la méchanceté.

MECHTILDE (Sainte). Elle parut environ cent ans après sainte Hildegarde. Elle était sœur de sainte Gertrude. Ses visions et révélations ont été imprimées en 1513. C’est un recueil assez curieux et assez rare, qui contient le livre du Pasteur et les Visions du moine Vetin, réimprimées depuis par le père Mabillon, au quatrième livre de ses Actes de saint Benoît, partie première. On y trouve aussi les révélations de sainte Elisabeth de Sehonaw, qui contiennent cinq livres, aussi bien que celles de sainte Mechlilde. Celles de sainte Gertrude viennent ensuite, et sont suivies des visions du frère Robert, dominicain, qui vivait en 1330. SainteMechtilde est morte en l’an 1284 ou 1286 (1). On trouve dans ce recueil beaucoup de descriptions de l’enfer.

MEDECINE. Si la médecine et la chirurgie ont fait quelque progrès en Turquie et en Egypte, lisait-on, il y a six ou sept ans, dans la Revue Britannique, c’est grâce aux. efforts de quelques Européens actifs et éclairés; les Persans en sont encore réduits , dans toutes les maladies graves, aux prédictions des astrologues et aux incantations mystiques de leurs hakkims ; souvent l’infortuné patient meurt faute de soins, lorsque l’emploi des moyens convenables lui aurait facilement conservé la vie.

Celui qui ferait en ce pays des expériences chimiques passerait pour être en correspondance avec le diable, et serait immédiatement regardé comme un magicien; ainsi les préjugés des Persans s’opposent à toute espèce de progrès.

La profession de la médecine en Perse est divisée en trois classes : les droguistes, les barbiers et les docteurs ( hakkims ). Les premiers ont presque tous de petites boutiques dans les bazars, où sont exposées leurs drogues pour le détail. La plus grande partie de leurs provisions consiste en herbes sèches et en plantes pour les fomentations, les décoctions et les infusions , qui sont les trois branches les plus lucratives de leur commerce.

La partie dans laquelle ils ont le plus de connaissances est celle des poisons, dont le plus grand nombre paraît appartenir au règne végétal, bien qu iis sachent employer les poisons métalliques , tels que l’arsenic et le deutochlorure de mercure ; ils se procurent ce dernier à Tiflis, en Géorgie. Us sont renommés dans tout 1 Orient pour leur habileté dans les combinaisons chimiques et la dextérité avec laquelle ils les emploient ; car ils sont généralement les agents passifs de leurs princes, qui les payent bien pour cette espèce de service. Quelques-uns d’entre eux prétendentavoir le pouvoir d’ôter la vie dans un temps donné, parce que, pour mieux cacher leurs procédés, ils joignent les prédictions astrologiques. Dans ce cas, cependant, ils n'oublient pas le point important de leur mission, et ils ont soin de mêler de temps eu

Ci) Lenglet-Dufïesnoy, Traité des apparitions, 27 i.

temps, aux aliments de la victime qui leur est désignée , une quantité de poison assez considérable pour être assurés d’obtenir l’effet qu’ils désirent, et que le malheureux est porléà attribuer à l’action terrible el extraordinaire de certaines conjonctions défavorables des étoiles, qui exercent sur lui une influence funeste et graduellement destructive.

La partie la plus curieuse de la boutique du droguiste persan est celle où sont les prophylactiques ou moyens propres à prévenir les maladies. Ce sont généralement des bézoards ou des pierres saintes de la Mecque qui ont été consacrés par les mollahs ou les derviches. « Le padzecher, disent lesPersans, est le roi des médicaments; c’est le plus puissant protecteur de la vie; jamais un insecte venimeux n’ose attaquer l’être fortuné qui possède un tel bézoard; les scorpions l’évitent avec soin, et regardent, quand il est passé, s’ils conservent leur queue; les mouches de Miairna fuient loin de lui; les serpents ne traversent jamais le chemin qu’il a suivi. 11 est inutile, disent les princes, de chercher à empoisonner un tel homme; car un charme préserve sa vie. » Les Persans font dériver le mot de pader-i-zcher, le père ou le maître du poison. Les droguistes les tirent de Bockara, dans l’Inde, et de quelques autres endroits, et en donnent souvent des prix considérables. J’en ai vu un sur le bras d’une dame persane que l’on estima de 20 à 30 tomans (de 10 à 15 liv. st. ); dans les cas d’épidémie, le prix s’en élève encore beaucoup plus haut. Les calculs urinaires appartiennent à cette classe de médicaments; mais on pense qu’ils sont souvent fraudés par les droguistes : aussi leur préfère-t-on le vrai bézoard des Perses. « J’eus un jour l’occasion, dit un écrivain anglais , de voir administrer ce puissant spécifique à un malade qui avait été mordu par un scorpion. Le droguiste, qui avait en sa possession ce trésor inestimable, tira le bézoard de sa poitrine, et, après l’avoir échauffé du souffle de sa respiration et l’avoir trempé dans du lait frais, il l’appliqua sur la piqûre. La solennité de cette action fu! encore relevée par la pompe avec laquelle il répéta sa prière supplicatoire. Bizinellah , el rahman, el rathecam, la ilia , il huila (au nom de Dieu tout-puissant et tout miséricordieux, il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu). Je ne vis cependant aucun changement dans l’état du malade après l’application et l’emploi de ce que lesPersans considèrent comme la substance et le complément de leurs croyances médicales. »

MÉDÉE , enchanteresse de Golchide, qui rendit Jason victorieux de tous les monstres, et guérit Hercule de sa fureur par certains remèdes magiques. Elle n’est pas moins célèbre par ses vastes connaissances en magie que par le meurtre de ses enfants. Les démonographes remarquent qu’elle pouvait bien être grande magicienne, parce qu’elle avait appris la sorcellerie de sa mère, Hécate. Les songe-creux lui attribuent un livre

de conjuration qui porte en effet son nom. Voy . Mélye.

MÉD1E. On trouvait, dit-on, chez les Mèdes, des pierres merveilleuses , noires ou vertes , qui rendaient la vue aux aveugles et guérissaient la goutte , appliquées sur le mal dans une compresse de lait de brebis.

MEERMAN , homme de mer. Les habitants des bords de la mer Baltique croient à l’existence de ces hommes de mer ou esprits des eaux , qui ont la barbe verte et les cheveux tombant sur les épaules comme des tiges de nénuphar (t). Ils chantent le soir parmi les vagues, appelant les pêcheurs. Mais malheur à qui se laisse séduire par eux; leur chant précède les tempêtes.

MÉGALANTHROPOGÉNÉS1E, moyen d’avoir de beaux enfants et des enfants d’esprit.

On sait quels senties effets de l’imagination sur les esprits qui s’y laissent emporter; ces effets sont surtout remarquables dans les femmes enceintes, puisque souvent l’enfant qu’elles portent dans leur sein est marqué de quelqu’un des objets dont l’imagination de la mère à élé fortement occupée pendant sa grossesse. Quand Jacob voulut avoir des moutons de diverses couleurs , il présenta aux yeux des brebis des choses bigarrées, qui les frappèrent assez pour amener le résultat qu’il en espérait. L’effet que l’imagination d’une brebis a pu produire doit agir plus sûrement encore sur l’imagination incomparablement plus vive d’une femme. Aussi voyons-nous bien plus de variété dans les enfants des hommes que dans les petits des animaux. On a vu des femmes mettre au monde des enfants noirs et velus; et lorsque l’on a cherché la cause de ces effets , on a découvert que, pendant sa grossesse, la femme avait l’esprit occupé de quelque tableau monstrueux. Les statues de marbre et d’albâtre sont quelquefois dangereuses. Une jeune épouse admira une petite statue de l’amour en marbre blanc. Cet Amour était si gracieux, qu’elle en demeura frappée; elle conserva plusieurs jours les mêmes impressions , et accoucha d’un enfant plein de grâces , parfaitement semblable à l’amour de marbre , mais pâle et blanc comme lui. Torquemada rapporte qu’une Italienne des environs de Florence, s’étant frappé l’esprit d’une image de Moïse, mit au monde un (ils qui avait une longue barbe blanche. On peut se rappeler , sur le même sujet , une foule d’anecdotes non moins singulières ; peut être quelques-unes sont-elles exagérées. Voy. Accouchements.

En 1802, une paysanne enceinte, arrivant à Paris pour la première fois , fut menée au spectacle par une sœur qu’elle avait dans la capitale. Un acteur qui jouait le rôle d’un niais la frappa si fortement , que son fils fut idiot , stupide et semblable au personnage forcé que la mère avait vu avec trop d’attention.

Puisque l’imagination des femmes est si puissante sur leur fruit, c’est de cette puissance qu’il faut profiter, disent les professeurs de mégalanthropogénésie. Ornez la chambre des femmes de belles peintures durant toute la grossesse , n’occupez leurs regards que de beaux anges et de sujets gracieux ; évitez de les conduire aux spectacles de monstres , etc. A Paris , où les salons de peinture occupent les dames , les enfants sont plus jolis que dans les villages, où l’on voit rarement des choses qui puissent donner une idée de la beauté. Chez les Cosaques, où tout est grossier , tous les enfants sont hideux comme leurs pères. Pour obtenir des enfants d’esprit , il n’est pas nécessaire que les parents en aient, mais qu’ils en désirent, qu’ils admirent ceux qui en ont, qu’ils lisent de bons livres, que la mère se frappe des avantages que donnent l’esprit , la science, le génie; qu’on parle souvent de ces choses', qu’on s’occupe peu de sottises. Voy. Imagination.

On a publié il y a quelques années un traité de Mégalanthropogénésie qui est un peu oublié , et qui mérite de l’être davantage , 2 vol. in-8°.

MEHDI. Les journaux d’avril 1841 annonçaient l’apparition en Arabie d’un nouveau prophète appelé Mehdi. « Ceux qui croient en lui (disaient ces journaux), et ils sont nombreux, comptent la nouvelle ère mahomélane du jour de son apparition. I s disent qu’il entrera à la Mecque dans sa quarantième année, que de là il ira à Jérusalem et régnera avec puissance et grandeur jusqu’à ce que Declschuil , le démon du mal , se soit levé contre lui et l’ait vaincu. Alors Jésus , le prophète des chrétiens, viendra à son secours avec soixante-dix mille anges. Toute la terre reconnaîtra Mehdi, et après la conversion des païens , des juifs ci des chrétiens à l’islamisme, commencera l’empire des milleetmille années. Ce prophète a fait battre des monnaies, sur lesquelles il s’intitule : lman des deux continents et des deux mers. » Toutefois , on ne parla de ce Mehdi qu’un moment. C’était ce qu’on appelle un canard de journal; et voici l’origiue de celui-là : Les persans dirent qu’il y a eu douze grands imans ou guides. Ali fut le premier ; ses successeurs furent les enfants qu’il eut de Fatimé , sa glorieuse épouse, fille de Mahomet. Le dernier a élé retiré par Dieu de ce monde corrompu ; et les hommes sont restés sans iman visible. 11 s’appelle le Mehdi, c’est-à-dire celui qui est conduit et dirigé par Dieu. Il doit reparaître sur la terre à la fin du monde.

MÉLAMPUS , auteur d’un Traité de l’art de juger les inclinations et le sort futur des hommes par l’inspection des seings ou grains de beauté. Voy. Seings.

MÉLANCHTHON, disciple de Lulher, mort en 1568. 11 croyait aux revenants comme son maître, et ne croyait pas à l’Eglise. 11 rapporte , dans un de ses écrits, que sa tante

41) M. Marinier, Traditions de la Baltique.

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