MEL
ayant perdu son mari lorsqu’elle était enceinte et près de son terme, vit un soir , étant assise auprès de son feu , deux personnes entrer dans sa chambre, l’une ayant la figure de son époux défunt , l’autre celle d’un franciscain de la ville. D’abord elle en fut effrayée ; mais son défunt mari la rassura , et lui dit qu’il avait quelque chose d’important à lui communiquer. Ensuite il fit signe au franciscain de passer un moment dans la pièce voisine , en attendant qu’il eût fait connaître ses volontés à sa femme ; alors il la pria de lui faire dire des messes, et l’engagea à lui donner la main sans crainte; elle donna donc la main à son mari, et elle la retira sans douleur , mais brûlée , de sorte qu’elle en demeura noire tout le reste de ses jours. Après cela, le spectre rappela le franciscain, et tous deux disparurent....
MÉLANCOLIE. Les anciens appelaient la mélancolie le bain du diable, à ce que disent quelques démonomanes. Les personnes mélancoliques étaient au moins maléficiées, quand elles n’étaient pas démoniaques; et les choses qui dissipaient l’humeur mélancolique, comme faisait la musique sur l’esprit de Saiil, passaient pour des moyens sûrs de soulager les possédés.
MELCHISËDECH. plusieurs sectes d’hérétiques, qu’on appela melchisédéchiens, tombèrent dans de singulières erreurs à propos de ce patriarche. Les uns crurent qu’il n elait pas un homme, mais la grande vertu de Dieu , et supérieur à Jésus-Chris! ; les autres dirent qu’il était le Saint-Esprit. Il y en eut qui soutinrent qu’il était Jésus-Christ même. Une de ces sectes avait soin de ne loucher personne, de peur de se souiller.
MELCHOM, démon qui porte la bourse; il est aux enfers le payeur des employés publics.
MELEC-EL-MOUT. C’est le nom que les anciens Persans donnent à l’ange de la mort. Les Persans modernes l'appellent aussi l’ange aux vingt mains , pour taire entendre comment il peut suffire à expédier toutes les âmes. 11 paraît être l’ange Azraël des juifs, et le Mordad des mages, appelé eucore Asuman.
MÉLUSINE. Jean d’Arras ayant recueilli , sur la fin du xiv* siècle, tous les contes qu’on faisait sur Mélusine, en composa ce qu’il appelle la chronique de cette princesse. Nous en donnerons le précis.
Mélusine fut l’aînée de trois filles , que sa mère, Pressine , femme d’Élinas , roi d’Albanie, eut d’une seule couche. Pressine avait exigé d’Elinas qu’il n’entrerait point dans sa chambre jusqu’à ce qu’elle lût relevée. Le désir de voir ses enfants le fit manquer à sa promesse. Pressine , qui était une sylphide ou une fée , fut donc forcée de le quitter ; ce qu’elle fit, ayant emmené avec elle ses trois filles, auxquelles d’une haute montagne elle montrai! le pays albanais, où elles eussent régné sans la latale curiosité de leur père. Ëes trois sœurs , pour s’en venger, enfermè-