‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 100 sur 222 · SABBAT · texte numérisé non relu

SABBAT

SABBAT DES JUIFS. C’était chez les Juifs le jour du repos consacré au Seigneur. Les rabbins, qui ont substitué divers usages superstitieux aux vieilles observances , ont marqué avec leurs minuties ordinaires oe qu'il est défendu de faire le jour du sabbat, ils portent ces prescriptions à trente-neuf chefs qui ont leurs dépendances. 11 n’est pas permis, disent-ils, de labourer, de semer, de botteler,de lier des gerbes;de battre le grain, de vanner, de cribler, de moudre, de bluter, de pétrir , de cuire , de tordre , de blanchir, de peigner ou de carder, de filer, de retordre, d’ourdir, de traquer, de teindre, de lier, de délier, de coudre, de déchirer ou de mettre en morceaux, de bâtir, de détruire, de frapper avec le marteau , de chasser ou de pêcher, d’égorger, d’écorcher, de préparer et de racler la peau, de la couper pour quelque travail ; d’écrire, de raturer, de régler pour écrire, d’allumer, d’éteindre, de porter quelque chose d’un lieu particulier à un lieu public. Ces différents chefs renferment leurs accessoires : par exemple, limer est une dépendance de moudre. Mais les rabbins offrent eux-mêmes les moyens d’éluder ces défenses. Ainsi on ne peut allumer de feu le jour du sabbat; mais on peut se servir, pour en allumer , de quelque serviteur qui ne soit pas juif. Il n'est pas permis non plus de parier d’affaires, de discuter le prix de quoi que ce soit, d’arrêter aucun marché, de donner, r.i de recevoir. On ne peut enlin s’éloigner de plus d’un mille de la ville qu’on habite. Le sabbat commence la veille, à noire manière de parler, une demi-heure avant le coucher du soleil.

Il y a sur le sabbat d’autres singularités. Les rabbins appellent fleuve Sabbatique une prétendue rivière que les uns mettent dans la Palestine, que les autres placent ailleurs, mais dont personne n’a pu exactement désigner le lit. L’historien Josèphe en parle ainsi : « Titus rencontra en son chemin une rivière qui mérite assurément que nous en parlions. Elle passe entre les villes d'Arcé et de Raphanéc, qui sont du royaume d’Agrippa, et elle a quelque chose de merveilleux ; car, après avoir coulé six jours en grande abondance et d’un cours assez rapide, elle se sèche tout d’un coup le sept ème, et recommence le lendemain à couier six autres jours comme auparavant, pour se sécher périodiquement le septième jour, sans jamais sorlir de cet ordre ; cc qui lui a fut donner le nom de Sabbatique, parce qu’il semble qu’elle fêle le septième jour, comme les juifs. » v

Pline a voulu apparemment parler du même fleuve, lorsqu il dit qu’il y a dans la Judée un ruisseau qui demeure à sec pen-

(1) Salines, des Erreurs et des préjugés.

(2) Voyage de Madagascar, en 1722.

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