‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 101 sur 222 · SAC · texte numérisé non relu

SAC

dant tous les septièmes jours : In Judœa ri vus omnibus septem diebus siccatur. C’est pourquoi il ne nous est guère possible de décider.

Dom Calmet donne de cetle rivière une idée différente. Selon ce savant, Jo<èphc dit que 1 itus, allant en Syrie, vit en're la ville d’Arcé, qui était du royaume d’Agrippa, et la ville de Raphanée , le fleuve nommé Sabbatique, qui tombe du Liban dans la mer Méditerranée. Ce fleuve, ajoute-t-il, ne coule que le jour du sabbat, ou plutôt au bout do sept jours ; tout le reste du temps son lit demeure à sec; mais le septième jour il coule avec abondance dans la mer. De là vient que les habitants du pays lui ont donné le nom de fieuve Sabbatique. »

SABÉISME, culte que i’on rend aux éléments et aux astres, et qui, selon quelquesuns, est l’origine de l’astrologie judiciaire.

SABELLICUS (Geobgks), farceur allemand qui parcourait l’Allemagne au commencement du dix-septième siècle, en se disant chef des nécromanciens, astrologues, magi ciens, chiromanciens, pyromanciens, etc. I! gagna ainsi beaucoup d’argent, et fut trèsrévéré des vieilles femmes et des petits enfants (1).

SAB1ENUS. Dans la guerre de Sicile, entre César et Pompée, Sabiénus, commandant la flotte de César, ayant été pris, fut décapité par ordre de Pompée. U demeura tout le jour sur le bord de la mer, sa télé ne tenant plus au corps que par un filet. Sur le soir, il pria qu’on fît venir Pompée ou quelqu’un des siens, parce qu’il arrivait des enfers, et qu’il avait des choses importantes à communiquer. Pompée envoya plusieurs de sc3 amis,auxquelsSabiénus déclaraque la cause et le parti qu’ils servaient alors étaient agréables aux dieux des enfers, et que leur chef réussirait; qu’il avait ordre de le lui annoncer, et que, pour preuve de ce qu’il disait, il allait mourir aussitôt : ce qui eut lieu. Mais on ne voit pas que le parti de Pompée ait réussi, dans le sens naturel du mot.

SAB1NS, nom des astrologues turcs.

SABLE. Les Madécasses n’entreprennent jamais la guerre sans consulter leurs augures : ceux-ci ont une petite calebasse remplie d’un sable qui ne se trouve qu’en certains lieux; ils le répandent sur une planche et y marquent plusieurs figures. Us prétendent connaître par là s’ils vaincront leurs ennemis (2).

SABNAC ou SALMAC, grand marquis infernal, démon des fortifications. Il a la forme d’un soldat armé, avec une tôle de lion. I! est monté sur un cheval hideux. Il métamorphose les hommes en pierres, et bâtit des tours avec une adresse surprenante. 1) a sous ses ordres, cinquante légions (3).

SACARAS, anges du sixième ordre chez les Madécasses. Ils sont tous mnlfaisan's.

SACC1LA1RES, anciens charlatans qui se

(3) Wierus, iu Pseudom. d.em.

servaient delà magie pour s’approprier l’argent d’autrui.

SACRIFICES. L’homme, partout où il a perdu les lumières de la révélation, s’est fait des dieux cruels, altérés de sang, avides de carnage. Hérodote dit que les Scythes immolaient la cinquième partie de leurs prisonniers à Mars Exterminateur. Autrefois les Sibériens se disputaient l’honneur de périr sous le couteau de leurs prêtres. Il y avait un temple, chez les Thraces, où l’on n’immolait que des victimes humaines; les prêtres de ce temple portaient un poignard pendu au cou, pour marquer qu’ils étaient touj ours prêts à tuer. Dans le temple de Bacchus, en Arcadie, et dans celui de Minerve, à Lacédémone, on croyait honorer ces divinités en déchirant impitoyablement, à coups de verges, de jeunes filles sur leurs autels. Les Germains et les Cimbres ne sacrifiaient les hommes qu’après leur avoir fait endurer les plus cruels supplices. 11 y avait, dans le Pé^u, un temple où l’on renfermait les filles les plus belles et de la plus haute naissance; elles étaient servies avec respect; elles jouissaient des honneurs les plus distingués ; mais tous les ans une d’el-. les était solennellement sacrifiée à l’idole de la nation. C’é ait ordinairement la plus éclatante qui avait l’honneur d’être cho sie ; et le jour de ce sacrifice était un jour de fêle pour tout le peuple. Le prêtre dépouillait la victime, l’étranglait, fouillait dans son sein, en arrachait le cœur, et le jetait au nez de l’idole. Les Mexicains immolaient des milliers de victimes humaines au dieu du mal. Presque tous les peuples, hors le peuple de Dieu dans l’ère ancienne, et les chrétiens dans la nouvelle, ont exercé sans scrupule de pareilles barbaries.

C’est un usage établi à Bénin, de sacrifier aux idoles les criminels ; on les réserve dans cette vue. Us doivent toujours êire au nombre de vingt-cinq. Lorsque ce nombre n’est pas complet, les officiers du roi se répandent dans l’obscurité de la nuit, et saisissent indistinctement tous ceux qu’ils rencontrent ; mais il ne faut pas qu’ils soient éclairés par le moindre rayon de lumière. Les victimes saisies sont remises entre les mains des prêtres, qui sont maîtres de leur sort. Les riches oui la liberté de se racheter, ainsi que leurs esclaves; les pauvres sont sacrifiés. Ce qu’on appelait l’hécatombe était le sacrifice de cent victimes, proprement de cent bœufs, mais qui s’appliqua dans la suite aux sacrifices de cent animaux de même espèce, même de cent lions ou de cent aigles ; c’était le sacrifice impérial. Ce sacrifice se faisait en même temps sur cent autels de gazon par cent sacrificateurs. O-i accusait les sorciers de sacrifier au diable, dans leurs orgies, des crapauds, des poules noires et de petits enfants non baptisés.

SADIAL oc SAD1EL, ange qui, selon les musulmans, gouverne le troisième ciel et qui est chargé d’affermir la terre, laquelle

serait dans un mouvement perpétuel, s’il n’avait le pied dessus.

SAIGNEMENT DE NEZ. Quand on perd par le nez trois gouttes de sang seulement, c’est un présage de mort pour quelqu’un de la famille.

SAINOKAVARA, endroit du lac Fakone où les Japonais croient que les âmes des enfants sont retenues comme dans une espèce de limbes.

SAINS (Marie de), sorcière et possédée.

Voy. Possédées de Flandre. •

SAINT-ANDRÉ. Ce docteur, qui a écrit contre les superstitions, fut appelé, en 1726, par une femme qui lui fit confidence qu’elle était accouchée d’un lapereau. Le docteur témoigna d’abord sa surprise, mais, ^quelques jours après, cette femme prétendit res-' sentir des tranchées; elle ne douta pas qu’elle n’eût encore quelque lapin à mettre au monde. Saint-André arrive, et, pour ne rien négliger, il délivre lui même la malade. Elle accouche en effet d’un petit lapin encore vivant. Les voisines et le docteur de crier miracle. On donne de l’argent à là mère des lapins ; elle prend goût au métier, et se met indiscrètement à accoucher tous les huit jours. La police, étonnée d’une si féconde maternité, croit devoir se mêler de cette affaire. On enfermé la dame aux lapins, on la surveille exactement, et l’on s’assure bientôt qu’eile s’est moquée du public, et qu’elle a cru trouver une dupe dans le docteur Saint-André (1).

11 a laissé des lettres sur la magie, un vol, in-12. Son jugement n’est pas exact.

SAINT-AUBIN, auteur calviniste de l'Hisloire des diables de Louiun, dans l’affaire d’Urbain Grandier. Un vol. in-12. Amsterdam, 1716. Ce livre est écrit avec une mauvaise foi insigne et plein de faussetés.

SAINT-GERMAIN (Le comte de), charlatan célèbre du dernier siècle, qui se vantait de faire de l’or, de gonfler les diamants et d’opérer beaucoup de choses merveilleuses, Comme on ignorait son origine, il se disait immortel par la vertu de la pierre philosophale; et le bruit courait qu’il était âgé de deux mille ans. 11 avait. l’art d’envelopper ses dupes dans le tissu de ses étranges confidences. Cornant un jour qu’il avait beaucoup connu Ponce-Pilate à Jérusalem, il décrivait minutieusement la maison de ce gouverneur romain et disait les plats qu’on avait servis sgr sa table, un soir qu’il avait soupé chez lui. Le cardinal de Rohan, croyant n’entendre là que des rêveries, s’adressa au .valet de chambre du comte de Saint-Germain, vieillard aux cheveux blancs , à la figure honnête : — Mon ami, lus dit-il, j’ai de la peine à croire ce que dit votre maître. Qu’il soit ventriloque, passe; qu’il fasse de l’or, j’y consens; mais qu’il ait deux mille ans et qu’il ail vu Ponce-Pilate, c’est trop fort. Etiez-vous là? — Oh 1 non, monseigneur, répondit ingénument le valet de chambre, c’est plus ancien que moi. 11 n’y

(!) Salgues, des Erreurs et des préjugés, etc., tom. Ht, p. lit.

Page 1