‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 104 sur 222 · SALOMON ET LA SIMORGUE · texte numérisé non relu

SALOMON ET LA SIMORGUE

La sagesse de Salomon offrait aux lalmudistes une belle carrière. Ils s’y sont jetés et l’ont semée de merveilles. Les Arabes ont encore enchéri sur eux , et l’histoire de Soliman-ben-David est devenue l’un des cycles les plus magnifiques de leurs poétiques créations. Il est des palais que l’on attribue à ce prince, quoique les ruines qui en restent encore debout embarrassent fort les archéologues, moins téméraires en matière d’authenticité que les naïfs musulmans. Son nom se lit sur des talismans qui se sont conservés jusqu'à nos jours. La table d’émeraude bordée de pierres précieuses, que Mouza prit à Tolède, lors de la première entrée des Arabes en Espagne, n était autre que la table de Salomon ; ce sont aussi ses vases et son sceau, que ces vases d’airain où furent enfermés les génies rebelles, et ce sceau dont ils furent scellés avant d'étre jelés à la mer.

Mais malgré sa souveraineté sur toute la nature et son empire sur les esprits, Salomon paya quelquefois cher cette supériorité. Un jour qu’il avait fait une qucsiion illégale à un esprit qui lui était soumis, celui-ci refusa de répondre. Mais il promit de le faire si on lui remettait le sceau du prince, c’est-à-dire son talisman. A peine le mauvais esprit l’eut— il en sa possession, qu’il chassa Salomon de son palais, et le roi, réduit à mendier, erra plusieurs mois, répétant ces mots, qui forment le commencement de l’Ecclésias:e : s. Moi, le prêcheur, j’ai été roi sur Israël. » Les rabbins rattachent ainsi les contes les plus étranges au texte de l’Ecrilure sainte. La répétition constante de celte phrase dans la bouche d’un mendiant ayant attiré l’attention des sages, le démon, qui avait usurpé la place de son maître, fut découvert, et Salomon remonta sur son trône. Depuis cet événement il vécut toujours dans la crainte ; il s’entourait chaque nuit d’une sorte de garde formée de soixante vaillants hommes, des plus vaillants d'Israël, ayant chacun son épée sur sa cuisse, à cuuse des

.frayeurs delà nuit ( Cant ., ni, 7, 8). La plus singulière fiction qui ait été imaginée sur ce monarque est celle qui le représente dirigeant la construction du temple, assisté non-seulement par les ouvriers juifs et par les Tyriens salariés, mais encore par les djinns ( génies ) soumis à son pouvoir magique. Le roi étant mort, disent les musulmans, pendant la construction de l’édifice, demeura debout appuyé sur son bâton, et les démons, ignorant que son âme avait quitté le corps, continuèrent de travailler, effrayés de la sévérité de l’œil qui les avait surveillés pendant sa vie. Mais quand l’édifice fut achevé, un ver sortit du bâton, le cadavre tomba sur la terre ; aussitôt les légions de démons travailleurs prirent la fuite en tumulte, pleins de colère ue l’erreuy qui les avait retenus si longtemps sous le joug d’un mort.

Le second acteur principal qui se trouve en scène avec le roi des hommes, dans la légende qu’on va lire, c’est le roi des airs, le ou la Simorgue, oiseau mâle ou femelle d’une immense grandeur, caché dans les montagnes de Kaf, qui entourent le monde comme d’un cercle de pierre, et qui meurt pour renaître après avoir vécu quinze cents ans. Dans sa vie et sa mort, la Simorgue a trop de ressemblance avec le phénix de la myihologie grecque pour ne pas leur attribuer une certaine parenté. Peut-être descendent-ils du garuda des Indiens, ainsi que Yanka des Arabes , qui à son tour a tant de similitude avec le merveilleux roc, si célèbre dans les contes de Sindbad et d’Aladin. Le garuda, ou porteur de Vichnou, naquit de l’un des œufs jumeaux où il fut couvé avec le cocher du soleil , le bel aruna, qu’on représente sans cuisses, parce que sa mère les Lui supprima en écrasant la coquille pour le faire naître plus tôt. L’immense oiseau du conte de Sindbad et l’œuf qui lui fut enlevé pour en faire un dôme de palais sont en harmonie avec le grandiose de la mythologie sanscrite; mais dans les contes mythologiques de l’Inde on ne trouve ni le style arabe, ni le moindre souvenir de la superstition populaire de l’ancienne P<rse.

Mais voici la légende orientale :

Louange à Dieu, souverain Seigneur des deux mondes et de la vie future réservée aux vrais croyants ; honneur et gloire à son prophète Mahomet et à toute sa famille.

Apprenez qu’il a été rapporté ceci: Un jour Salomon (la paix soit avec lui !), assis sur son trône, présidait un lever; toutes les choses créées , les animaux sauvages, les péris, les dives, les reptiles et les oiseaux, se tenaient chacun à son rang devant lui ; aucune créature n’osait lever la tête, ni respirer en sa présence. Cependant l’oiseau qu’on appelle étourneau ayant fait un mouvement pour lequel Sdloman ordonna -qu il serait châtié, l’oiseau dit : O Sa. union I ce mouvement a été préordonné par la providence divine ; pourquoi donc me châlieraislu ? la Simorgue , qui était présente , eutendant l’étourneau parler ainsi, se tourna vers

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