‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 111 sur 222 · SAT · texte numérisé non relu

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stagnation et de sommeil. Il dresse toujours des embûches à la conscience de l’homme; car la vie consiste dans la conscience du moi. »

« Comparons encore, continue Schelling, notre manière de voir avec d’autres passages de l’Ancien Testament. Nous lisons dans l’Apocalypse que Satan tomba du ciel sur la terre. Il ne s’agit pas ici d’un bon ange devenu méchant, mais d’un changement des relations du démon avec Dieu. Il perdit par le Christ sa fonction religieuse, et acquit eu même temps une existence politique; son action se révéla sur les champs de batailles, arrosés de sang. C’est donc, selon Schelling, dans la politique que de nos jours le démon exerce son empire. Lorsque saint Jean dit : « Celui qui commet le péché est du diable, parce que le diable pèche dès le commencement, » on ne doit pas entendre par ces paroles le commencement de son existence, mais de son activité; car aussi longtemps qu’il resla dans un état latent, comme puissance inactive, il n’était pas encore question de lui. En dehors de celte fonction historique et politique, Satan est encore en rapport avt c chaque homme. « Chacun de nous, dit Schelling, naît sous l’influence du principe satanique, et c’est là le vrai sens du péché originel, qui n’est nié que par une

philosophie superficielle L’avénemenl du

Christ fut le moment de la crise pour Satan. C'est maintenant , dit saint Jean, que le prince du monde va être chassé dehors. C’est-à-dire, selon Schelling, il perJ son domaine dans la religion pour le regagner dans la politique. »

« Schelling ajoute quelques observations sur les anges tant bons que mauvais. Que les anges soient pour lui des puissances, cela va sans dire. « Les mauvais anges, dit-il, sont des puissances négatives ; à chaque royaume et à chaque province de Satan préside une de ces puissances, dont il est le chef qui les gouverne toutes. Quant à leur naissance, elle est la même que celle de leur chef. Ce ne sont pas des êtres créés : ils doivent, comme lui, leur existence à la volonté de l’homme. La raison de leur existence est cependant posée par la création : ce sont des possibilités opposées à la création réelle. Aussitôt que la création fut terminée, les possibilités négatives devaient apparaître. Si un état, par exemple, se forme, tous les crimes deviennent possibles, dont la condition est l’existence de l’état. Les bons anges , comme les mauvais, sont des puissances, mais opposées à ceux-ci. » Ici se manifeste, selon Schelling, des relations très-intéressantes et très-remarquables : lorsque les mauvais anges deviennent des réalités, les bons anges deviennent des possibilités; et la réalité des bons anges réduit les mauvais à de pures possibilités. Les mauvais anges sortirent, par le péché de l’homme, de leur état purement potentiel , et devinrent des réalités : par conséquent les bons anges, les anges positifs, furent renfermés dans la simple potentialité. C’est là le sens de celte expression : Ils restaient daos le ciel, c’esl-à-

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