‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 112 sur 222 · SAT 4S · texte numérisé non relu

SAT 4S

dire dans l’état potentiel. L’homme se sépara, par sa chut**, de son bon ange, qui fut mis en dehors de lui et privé de son existence réelle. Les bons anges sont les idées positives, ce qui doit être. L’homme donc, ayant accueilli par sa volonté ce qui ne doit pas être, a chassé le contraire. Toutefois ces idées positives suivirent, comme des envoyés divins, l’homme même dans son plus grand éloignement de Dieu. C’est ainsi qu’on peut dire avec raison que chaque homme se trouve placé entre son bon et son mauvais ange.

« Tout homme et tout peuple a son ange. Aussi longtemps que l’homme ne s’était pas séparé de Dieu, les bons anges n’avaient pas besoin de le suivre. Voilà pourquoi le Christ dit des enfants que leurs anges voient toujours le visage du Père dans le ciel : ce qui veut dire que les enfants sont auprès de Dieu. A l’époque de la crise, vers la fin de la lutte décidée par le Christ, les anges reviennent plus souvent. Ils apparaissent alors plusieurs fois; car les bons anges sont les ministres du Christ. Ils échangent alors la possibilité avec la réalité, tandis que les mauvais anges rentrent de nouveau dans l’état de simple possibilité. Les mauvais anges sont, d’après l'Epître de saint Jude, retenus par des chaînes éternelles, dans les profondes ténèbres, jusqu’au grand jour du jugement.

« Les ténèbres signifient cet état de potentialité qui forme le lien élernel dont ils sont enchaînés. Lorsque , par la chute de l’homme, ils rentrèrent dans la réalité, ils ne conservèrent plus , comme dit le même apôire, leur première dignité; ils quittèrent leur propre demeure. C’est un langage figuré, qui peut être ainsi traduit : Non eo loco manebant, quo manere debebant. Leur première dignité fut de n’être rien : ce qu’ils auraient dû rester éternellement. « Nous remarquons partout ici, dit Schelling, des traits mythologiques : la mythologie retentit souvent dans le Nouveau Testament. Les leçons sur la mythologie expliquent toutes ces analogies. »

« Cette autre partie du système de Schelling offre trop peu d’intérêt pour que nous en donnions une analyse. Les mêmes idées s’y retrouvent, avec la seule différence qu’elles sont représentées par des personnes mythologiques. Schelling croit que tontes les traditions mythologiques des peuples de l’antiquité retracent au fond les mêmes idées : ce qui est du reste très-probable. »

SATYRES. Les satyres étaient chez les païens des divinités champêtres qu’on représentait comme de petits hommes velus, avec des cornes et des oreilles de chèvre, la queue, les cuisses et les jambes du même animal.

Pline le Naturaliste croit que les satyres étaient une espèce de singes; et il assure que dans une montagne des Indes il se trouve des singes qu’on prendrait de loin pour des hommes : ces sortes de singes ont souvent épouvanlé les bergers. Les démonomanes disent que les satyres n’ont jamais

été autre chose quedes démons, qui ont paru sous cette figure sauvage; les cabalistes n’y voient que des gnomes.

Saint Jérôme rapporte que saint Antoine rencontra dans son désert un satyre qui lui présenta des dattes, et l'assura qu’il était un de ces habitants des bois que les païens avaient honorés sous les noms de satyres et de faunes; il ajouta qu’il était venu vers lui comme député de toute sa nation, pour le conjurerde prier pour eux le Sauveur, qu’ils savaient bien être venu en ce monde. Les satyres ne seraient ainsi que des sauvages Le maréchal de Beaumanoir, chassant dans une forêt du Maine en 1599, ses gens lui amenèrent un homme qu’ils avaient trouvé endormi dans un buisson, et dont la figure était très-singulière : il avait au haut du front deux cornes, faites et placées comme celles d’un bélier; il était chauve, et avait au bas du menton une barbe rousse par flocons , telle qu’on peint celle des satyres. Il conçut tant de chagrin de se voir promener de foire en foire, qu’il en mourut à Paris, au bout de trois mois. On l’enterra dans le cimetière de Saint -Côme. «Sous le roi Etienne, dit Lcloyer, en temps de moissons, sortirent en Angleterre deux jeunes enfants de couleur verte, ou plutôt deux satyres, mâle et femelle, qui, après avoir appris le langage du pays, se dirent être d’une terre d’antipodes, où le soleil ne luisait, et ne voyaient que par une lumière sombre qui précédait le soleil d’orient, ou suivait celui d’occident. Au surplus, étaient chrétiens et avaient des églises. » Enfin, un rabbin s’est imaginé que les satyres et les faunes des anciens étaient en effet des hommes; mais dont la structure était restée imparfaite, parce que Dieu, lorsqu'il les faisait, surpris par le soir du sabbat, avait interrompu son ouvrage.

SAÜBADINE DE SÜBIETTE, mère de Marie deNaguille, sorcière, que sa fille accusa de l’avoir menée au sabbat plusieurs fois (1).

SAUS1NE, sorcière et prêtresse du sabbat. Elle est très-considérée des chefs de l’empire infernal. C’est la première des femmes de Satan. On l’a vue souventdans les assemblées qui se tenaient au pays de Labour (2).

SAUTE-BUISSON. Voy. Verdelet.

SAUTERELLES. Pendant que Charles le Chauve assiégait Angers, des sauterelles, grosses comme le pouce, ayant six ailes, vinrent assaillir h s Français. Ces ennemis d’un nouveau genre volaient en ordre, rangés en bataille, et se faisaient éclairer par des piqueurs d’une forme élancée. On les exorcisa, suivant l’usage du temps, et le tourbillon, mis en déroute, s’alla précipiter dans la mer (3).

SAUVEURS D’ITALIE, charlatans qui se disent parents de saint Paul, et portent imprimée sur leur chair une figure de serpent qu’ils donnent pour naturelle. Ils se vau-

(t) Delancre, Tableau de l'inconstance des déni., sorc. et magic., liv. n, p. 1 19.

(2) Delancre, Tableau de l’inconstance des dém., etc.,

tent de ne pouvoir être blessés par les serpents, ni parles scorpions, et de les manier sans danger.

SAVON. Dans l’île de Candie et dans lg plupart des îles de la Turquie et de la Grèce on évite d’offrir du savon à quelqu’un. On craindrait par là d’effacer l’amitié.

SAVONAROLË (Jérome), célèbre dominicain ferrarais du xve siècle. Machiavel dit qu’il avait persuadé au peuple de Florence qu’il parlait avec Dieu. Nardin, dans son Histoire de Florence, livre ii, dit que les partisans de Savonarole étaient appelés Piagnoni, les pleureurs, et ses ennemis Arrabiati, les enragés ou les indisciplinables (4). Nous ne jugerons pas ici cet homme, qui put bien avoir des torts graves.

SCANDINAVES. Alfader est le plus ancien des dieux dans la Théogonie des Scandinaves. L’Edda lui donna douze noms ; premièrement Alfader ( père de tout ) ; deuxièmement Héréon (seigneur ou plutôt guerrier); troisièmement Ni karfle sourcilleux) lorsqu’il est mécontent ; quatrièmement Nikuder ( dieu de la mer) ; cinquièmement Fiolner ( savant universel ) ; sixièmement Orne ( le bruyant); septièmement Bifid ( l’agile) ; huitièmement Vidrer (le magnifique); neuvièmement Svidrer ( l’exterminateur ) ; dixièmemenl Svider ( l’incendiaire ) ; onzièmement Oské ( celui qui choisit les morts ) ; douzièmement Falker ( l’heureux ) ; Alfader est le nom que l’Edda emploie le plus souvent. Voy. Oms.

SCHADA-SCH1VAOUN, génies indiens qui régissent le monde. Ils ont des femmes ; mais ce ne sont que des attributs personnifiés. La principale se nomme Houmnni :

c’est elle qui gouverne le ciel et la région des astres.

SCHADUKIAM, province du Ginnistan, que les romans orientaux disent peuplée de dives et de péris.

SCHAMANS, sorciers de la Sibérie, qui font des conjurations pour retrouver une vache perdue, pour guérir une maladie, et qui invoquent les esprits en faveur d’une entreprise ou d’un voyage. Ils sont très redoutés.

SCHERTZ (Ferdinand), auteur de la Ma* gia posthumu, Olmulz, 1706. V . Vampires.

SGHOUMNUS, fées malfaisantes très-redoutées des Ivalmouks ; elles se nourrissent de sang et de la chair des humains, prennent souvent la forme de femmes charmantes ; mais un airsinistre, un regard perfide, dévoilent leur âme infernale. Quatre dents de sanglier sortent ordinairement de leur bouche, qui se prolonge quelquefois en trompe d’éléphant.

SCHROTER (Ulrich). En 1553, à Willissaw, dans le canton de Lucerne, un joueur de profession, nommé Ulrich Schroter, se voyant malheureux au jeu, proférait des blasphèmes qui ne rendaient pas ses parties meilleures. 11 jura que, s’il ne gagnait pas,

p. Ht.

(3) M. Garinet, Hist. de la magie en France, p. iâ-

(i) Sainl-Foix, t. lit, p. 3C8.

SCO

dans la chance qui allait -tourner , il jette rait sa dague contre un crucifix qui était sur la cheminée. Les menaces d’Ulrich n’épouvantèrent point celui dont il outrageait l’image; Ulrich perdit encore. Furieux, il se lève, lance sa dague, qui n’atteignit pas son but sacrilège, et aussitôt, disent les chroniques du temps, une troupe de démons tombe sur lui et l’enlève, avec un bruit si épouvantable, que toute la ville en fut ébranlée (1).

SC1AMANCIE, divination qui consiste à évoquer les ombres des morts, pour apprendre les choses futures. Elle différait de la nécromancie et de la psychomancie , en ce que ce n’était ni l’âme ni le corps du défunt qui paraissait, mais seulement un simulacre.

SCIENCES. Les musulmans attribuent la diffusion des sciences dans le monde , à Edris, qui n’est autre qu’Enoch. Ce nom Edris vient d’un mot arabe qui signifie méditation, étude. Edris, disent-ils, fut l’un des plus anciens prophètes. Dieu lui envoya trente volumes qui renfermaient les principes de toutes les sciences et de toutes les connaissances humaines. 11 fit la guerre aux infidèles descendus de Caïn, et réduisit le premier en esclavage ses prisonniers de guerre ; il inventa la plume et l’aiguille, l’arithmétique et l’astronomie. Edris vécui 375 ans, ei fut enlevé au ciel.

SCIENCES OCCULTES, ou sciences secrètes. Ou donne ce nom à la magie, à la théurgie, au plus grand nombre des divinations, à la jurisprudence des pactes, à l’art notoire, à l’art des talismans, aux pratiques des grimoires, aux secrets et aux combinaisons des sorciers, aux procédés qui évoquent, dirigent ou renvoient les démons et les esprits ; etc., etc., etc. Voyez tout ce Dictionnaire.

SCIMÀSAR, une des douze espèces d’augures que Michel Scot distingue dans son traité de la physionomie. Il l’appelle Scimasar Nova. Lorsque vous voyez, dit-il, un homme ou un oiseau derrière vous, qui vous joint et vous passe, s’il passe à votre droite, c’est bon augure, et mauvais s’il passe à voire gauche.

SCIOPODES, peuples fabuleux de l’Ethiopie, dont parle Pline, lesquels, n’ayant qu’un pied, s’en servaient pour se mettre à l’ombre du soleil, eu se couchant par terre, et levant leur pied en l’air.

SCOPELÏSME , sorte de maléfice qu’on donnait par le moyen de quelques pierres charmées. On jetait une ou plusieurs pierres ensorcelées dans un jardin ou dans un champ : la personne qui les découvrait ou y trébuchait, enrecevait le maléfice, qui faisait parfois mourir.

SCORPION. Les Persans croient que, par le moyen de certaines pierres merveilleuses, on peut ôter le venin aux scorpions, qui se trouvent chez eux en grand nombre.

Frey assure qu’il n’y a jamais eu ni de

(1) Bodin, Démonomanie, liv. ni, ch. l'r, après Job- Fincel ci Audré-Muscut.

Dictionn. pes sciences occultes. IL

SEC

serpents ni de. scorpions dans la ville de Hatnps, a cause de la figure d’un scorpion gravée sur un talisman dari3 les murailles de cette ville.

SCOTOP1TES. Voij. Ciuconcellions.

SCOTT. Yoy. Walter Scoit.

SCOXouCHAX, d uc et grand marquis des enfers, lia la voix rauque, l’esprit porté au mensonge ; il se présente sous la forme d’une cigogne. Il vole l’argent dans les maisons qui en possèdent, et ne restitue qu’au bout de douze cents ans, si toutefois il en reçoit l’ordre. 11 enlève les chevaux. Il exécute tous les commandements qui lui sont donnés, lorsqu’on l’oblige d agir de suite; et (jusqu’il promette d’obéir aux exorcistes, il ne le fait pas toujours. 11 ment, s’il n’est pas dans un triangle; si au contraire il y est renfermé, il dit la vérité en parlant des choses surnaturelles. 11 indique les trésors cachés qui ne sont pas gardés par les malins esprits. Il commande trente légions (2).

SCYLLA. , nymphe dont Glaucus fut épris. N’ayant pu la rendre sensible, il eut recours à Circé, qui jeta un charme dans la fontaine où Scylla avait coutume de se baigner. A peine y fut-elle entrée, qu’elle se vit changée en un monstre qui avait douze griffes, six gueules et six têtes, une meule de chiens lui sortait de la ceinture. Effrayée d’elle-même, Scylla se jeta dans la mer à l'endroit où t s t le détroit qui porie son nom.

SEBHiL ou SEB1IAEL, génie qui, selon les musulmans, lient les livres où sont écrites les bonnes et mauvaises actions des hommes.

SECRETAIN (Françoise), sorcière qui fut brûlée à Sain’-Claude, en Franche-Comté, sous Boguet. Elle avoua qu’elle avait vu le diable, tantôt en forme de chien, tantôt en forme de chat, tantôt en forme de poule (3). Elle le vit aussi sous les traits peu agréables d’un grand cadavre

SECRETS MERVEILLEUX. Faites tremper une graine quelconque dans la lie de vin, puis jetez-la aux oiseaux ; ceux qui en tâteront s’enivreront et se laisseront prendre à la main. Mangez à jeun quatre branches de rue, neuf grains de genièvre, une noix, une figue sèche et un peu de sel, pilés ensemble, vous vous maintiendrez en j arlaite santé , dit le Pelit-A lbert. Qu’on pile et qu’on prenne, dans du vin, une pierre qui se trouve dans la tête de quelques poissons, Avicenne dit qu’on guérira de la pierre. Mizaldus prétend que les grains d’aubépine, pris avec du vin blanc, guérissent de la gravelle. La grenouille des buissons, coupée et mise sur les reins, fait tellement uriner, si l’on en croit Cardan, que les hydropiques en sont souvent guéris. Qu’on plume, qu’on brûle et qu’on réduise en poudre la tète d’un milan , qu’on en avale dans de l’eau autant qu’on en peut prendre avec trois doigts, Mizaldus promet qu’on guérira de la goutte. Cardan assure encore qu’une décoction de I écorce

(2) Wierus, in Pseudotnon. d em.

(5) Boguet, Discours des exécrables sorciers.

du peuplier blanc, appliquée sur les membres soutfranls , guérit la goutte sciatique. Wecker déclare qu’une tasse de thé guérit les morsures des vipères. On voit dans Thiers qu’on fait sortir les ordures des yeux en crachant trois fois. Ce ne sont là que des secrets de santé. Leloyer dit que, pour se garantir des enchantements, il faut cracher sur le soulier du pied droit, et qu’on se préserve des maléfices en crachant trois fois sur les cheveux qu’on s’arrache en se peignant, avant de les jeter à terre. Un ancien assure qu’une vierge arrête la grêle en en mettant trois grains dans son sein. Nous entrons là dans les secrets plus mystérieux. On empêche un mari de dormir en mettant dans son lit un œuf d’hirondelle. Mettez un œuf dans le vin: s’il descend de suite au fond, le vin est trempé ; s’il surnage, le vin est pur. Qu’on mêle l’herbe centaurée avec le sang d’une huppe femelle, et qu’on en mette dans une lampe, avec de l’huile, tous ceux qui se trouveront présents se verront les pieds en l’air et la tête en bas. Si on en met au nez de quelqu’un, il s’enfuira et courra de toutes ses forces. Celui-ci est d’Albert le Grand, ou du moins du livre de secrets merveilleux qu’on lui attribue. Qu’on mette pourrir la sauge dans une fiole , sous du fumier, il s’en formera un ver qu’on brûlera. En jetant sa cendre au feu elle produira un coup de tonnerre. Le même Albert le Grand ajoute que, si on en mêle à l’huile de la lampe, toute la chambre semblera pleine de serpents. La poudre admirable que les charlatans appellent poudre de perlimpinpin, et qui opère tant de prodiges, se fait avec un chat écorché, un crapaud, un lézard et un aspic, qu’on met sous de bonne braise jusqu’à ce que le tout soit pulvérisé (1). On pourrait citer une foule de secrets pareils, car nous en avons de toutes les couleurs; mais ceux qu’on vient de lire donnent déjà une idée de la totalité. Voy. Charmes, Enchantements, Maléfices, Paroles magiques, Superstitions, etc.

Pline assure qu’un certain Babilius fit en six jours la traversée de la Sicile à Alexandrie, par la vertu d’une herbe dont il ne dit pas le nom. On cite d’autres voyageurs qui ont fait en un jour cent lieues à pied au moyen de la jarretière du bon voyageur. V. Jarretière.

11 y a des livres très-gros, uniqucmentconsacrés aux formules des secrets dits naturels et des secrets dits magiques. Nous devons donner une idée textuelle de celte partie de l’encyclopédie infernale.

secrets de l’art magique du grand grimoire.

« Composition de mort, ou la pierre philosophale. — Prenez un pot de terre neuf, metlez-y unelivre de cuivre rougeavecunedemichopine d’eau forte que vous ferez bouillir pendant une demi-heure : après quoi vous y mettrez trois onces de vert-de-gris que vous ferez bouillir une heure ; puis vous met-

Irez deux onces et demie d’arsenic que vous ferez bouillir une heure vous y mettrez trois onces d’écorce de chêne, bien pulvérisée, que vous laisserez bouillir une demiheure, une potée d’eau rose bouillie douze minutes, trois onces de noir de fumée que vous laisserez bouillir jusqu’à ce que la composition soit bonne. Pour voir si elle est assez cuite, il faut y tremper un clou : si elle y prend, ôtez-la ; elle vous procurera une livre et demie de bon or ; et si elle ne prend point, c’est une preuve qu’elle n’est pas assez cuite; la liqueur peut servir quatre fois.

« Pour faire la baguette divinatoire et la faire tourner. — Dès le moment que le soleil paraît sur l'horizon, vous prenez de la main gauche une baguette vierge de noisetier sauvage et la coupez de la droite en trois coups, en disant : Je te ramasse au nom d'Eloim , Mutralhon, Adonaï et Semiphoras, afin que tu aies la vertu de la verge de Moïse et de Jacob, pour découvrir tout ce que je voudrai savoir; et pour la faire tourner, il faut dire, la tenant serrée dans ses mains par les deux bouts qui font la fourche : Je te recommande au nom d'Eloim, Mutrathon , Adonaï et Semiphoras, de me relever....

« Pour gagner toutes les fois qu'on met aux loteries. — Il faut, avant de se coucher, réciter trois fois cette oraison, après quoi vous la mettrez sous l’oreiller, écrite sur du parchemin vierge, sur lequel vous aurez fait dire une messe du Saint-Esprit...., et pendant le sommeil le génie de votre planète vient vous dire l’heure que vous devez prendre votre billet : Domine Jesu Christe, qui dixisti ego sum via, veritas et vita , ecce enim veritatem dilexisti, incerta et occulta sapientiæ tuœ manifestasti mihi, adhuc quæ révélés in hac nocte sicut ita revelatum fuit parvulis solis, incognila et ventura unaque alia me doceas, ut possim omnia cognoscere , si et si sit ; ita monstra mihi montem ornatum omni vino bono, pulchrum et gratum pomarium, aut quamdam rem gratam, sin autem minislra mihi ignem ardenlem, vel aquarum currentem , vel aliam quameunque rem quæ Domino placeat , et vel Angeli Ariel , Rubiel et Barachiel sitis mihi multum amatores et factores ad opus istud oblinendumquod cupio scire, videre , cognoscere et prœvidere per ilium Dium qui venturus est judicare vivos et mortuos, et sæcu lum per ignem. Amen. Vous direz trois Pater et trois Ave Maria pour les âmes du purgatoire....

« Pour charmer les armes à feu. — Il fauQ dire : — Dieu y ait part et lediablela sortie, — et lorsqu’on met en joue, il faut dire en croisant la jambe gauche sur la droite : — Non tradas Dominum nostrunt Jesum Christum.

Mathon. Amen....

« Pour parler aux esprits la veille de lu Saint-Jean- Baptiste. — 11 faut se transporlei de onze heures à minuit près d’un pied dt fougère, et dire : — Je prie Dieu que les esprits à qui je souhaite parler apparaissent i minuit précis ; — et aux trois quarts vous di-

(1) lûvasseau

SEC

rez neuf fois ces cinq paroles : Bar, Kira- Ijar, Alli, Alla Tetragamaton.

« Pour se rendre invisible . — Vous volerez un chat noir, et vous achèterez un pot neuf, un miroir, un briquet, une pierre d’agalhe, du charbon et de l’amadou, observant d’aller prendre de l’eau au coup de minuit à une fontaine ; après quoi allumez votre feu, mettez le chat dans le pot, et tenez le couvert de la main gauche sans bouger ni regarder derrière vous, quelque bruit que vous entendiez ; et après l’avoir fait bouillir vingt-quatre heures, vous le mettez dans un plat neuf ; prenez la viande et la jetez pardessus l’épaule gauche, en disant ces paroles : Accipe quod tibi do, et nihil amplius (1) ; puis vous mettrez les os un à un sous les dents du côté gauche , en vous regardant dans le miroir; et si ce n’est pas le bon os, vous le jetterez de même, en disant les mêmes paroles jusqu’à ce que vous l’ayez trouvé ; et sitôt que vous ne vous verrez plus dans le miroir, retirez-vous à reculons en disant : Pater , in manus tuas commendo spiritum meum

« Pour faire la jarretière de sept lieues par heure. — Vous achèterez un jeune loup au dessous d’un an, que vous égorgerez avec un couteau neuf, à l’heure de Mars, en prononçant ces paroles : Adhumalis cados ambulavit in fortitudine cibi illius; puis vous couperez sa peau en jarretières larges d’un pouce, et y écrirez dessus les mêmes paroles que vous avez dites en l’égorgeant, savoir, la première lettre de votre sang, la seconde de celui du loup, et immédiatementde même jusqu’à la fin de la phrase. Après qu’elle est écrite et sèche , il faut la doubler avec un padoue de fil blanc, et attacher deux rubans violets aux deux bouts pour la nouer du dessus du genou au dessous; il faut prendre garde qu’aucune femme ou fille ne la voie : comme aussi la quitter avant de passer une rivière, sans quoi elle ne serait plus si forte.

« Composition de l'emplâtre pour faire dix lieues par heure. — Prenez deux onces de graisse humaine, une once d’huile de cerf, une once d’huile de laurier, une once de graisse de cerf, une once de momie naturelle, une demi-chopine d’esprit de vin, et sept feuilles de verveine. Vous ferez bouillir le tout dans un pot neuf, jusqu’à demi-réduction, puis vous en formez les emplâtres sur de la peau neuve, et lorsque yous les appliquez sur la rate, vous allez comme le vent ; pour n’être point malade quand vous le quittez, il faut prendre trois gouttes de sang dans un verre de vin blanc.

« Composition de l'encre pour écrire les pactes. — Les pactes ne doivent point être écrits avec l’encre ordinaire. Chaque lois qu’on fait une appellation à l’esprit, on doit en changer. Mettez dans un pot de terre vernissé neuf, de l’eau de rivière et la poudre décrite ci-après. Alors prenez des branches de fougère cueillies la veille de la Sainl-

(l) On disait a Belphégor : Accipe quod tibi do , slercus in oce. tuo.

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Jean, du sarment coupé en pleine lune de mars; allumez ce bois avec du papier vierge, et dès que votre eau bouillira, votre encre sera faite. Observez bien d’en changer à chaque nouvelle écriture que vous aurez à faire. Prenez dix onces de noix de gaile , et trois onces de vitriol romain , ou couperose verte; d'alun de roche ou de gomme arabique, deux onces de chaque; mettez le tout en poudre impalpable, dont, lorsque vous voudrez faire de l’encre, vous préparerez comme ii est dit ci-dessus,

« Encre pour noter les sommes qu'on prendra dans les trésors cachés, et pour en demander de plus fortes à Lucifuge dans les nouveaux besoins. — Prenez des noyaux de pèches, sans en ôter les amandes , mettezles dans le feu pour les réduire en charbons bien brûlés, alors relirez-les, et lorsqu’ils sont bien noirs, prenez-en une partie que vous mêlerez avec autant de noir de fumée , ajoulez-y deux parties de noix de galle concassées; faites dans l’huile desséchée, de gomme arabique quatre parties; que le tout soit mis en poudre très-fine, et passé par le tamis. Mettez cette poudre dans de Pt-au de rivière. 11 est inutile de faire remarquer que tous les objets décrits ci-dessus doivent être absolument neufs.

« En quels temps les arts se doivent accomplir et perfectionner. — Nous dirons en quels jour et heure les choses se doivent perfectionner; quoiqu’elles ne soient notées d’aucuns jour et heure, tu opéreras daus le jour et heure de a* , et l’heure sera la première ou la huitième, quoique cela, il vaudrait mieux dans la quinzième ou vingt-deuxième de la même nuit (2), laquelle on appelleavant matin ; lors en cette heurc-là tu pourras expérimenter tousles arts et expériences du même genre comme ci-dessus, soit pour le jour ou la nuit, pourvu que les choses soient préparées à l’heure désignée pour de semblables expériences. Mais quant aux expériences particulières, l’heure et le temps de la conjuration ne se spécifient pas ; le plus sûr est de la faire de nuit, à cause du silence qui règne alors, pourtant on doit observer inviolablement que cerlaine qualité de jour est également bonne. Mais l’endroit principal et important pour la faire, c’est un lieu obscur, congru à semblable art, où personne n’habite, ainsi on pourra accomplir tel art et le conduire à effet. Mais si tel art 1 1 expérience sont pour avoir la connaissance d’un vol quelconque, les choses préparées ou ordonnées, ou doit les faire en l’heure de la Jj) et de son jour, s’il est possible, en ^ croissante, depuis la première heure du jour jusqu’à la huitième du même jour, ou bien à dix heures de nuit ; mais il est mieux do jour que de nuit, parce que la lumière a plus de rappoit au désir, et elle favorise l’inclination ei la volonté de faire en toutes les œuvres magiques, car elles ont si grande vertu, qu’elles suppléent souvent au défaut

(2) Ces choses oui été rédigées en Iialie, où les heures se coinpleut de 1 a 24,

de ceux qui ont accoutumé de tomber dans les ouvrages, surtout l'observation des heures et planètes est de très-grande conséquence si vous voulez réussir : il est nécessaire de choisir un temps clair et sans vents.

Il est vrai que les anges ont été créés de diverses natures, les uns ayant été de beauté et de froid, les autres de mouvement et de feu, et les autres de vent : ceux qui ont été faits de vent apparaissent avec une grande vitesse, ressemblant aux vents : ceux qui ont été créés de beauté, apparaissent en belle forme ; ceux qui ont été créés de mouvement de feu, viendront avec une grande impétuosité, mouvement de terre en forme de feu, de manière que la présence de chacun ressemble aux flammes de feu, et quand tu appelleras les êtres créés de l’eau, ils viendront avec une grande pluie, tonnerreset choses semblables; et lorsque ce sera ceux créés de l’air, ils viendront en espèce de vent doux. Tu ne dois avoir aucune crainte dans l’appel que tu feras, parce que la crainte chasse la foi, et foi blessée empêche la réussite des choses qui seront dites ciaprès. De plus, tu dois observer que les intelligences aériennes se doivent appeler dans un temps clair, serein, doux et tranquille. Celles des souterrains, dans un temps nocturne ou bien dans un jour nébuleux depuis midi jusqu’au coucher du soleil. Les esprits ignés habitent en Orient, les aquatiques dans le midi, les bruyants dans le septentrion: et surtout prends garde qu’il faut toujours pour plus grande sûreté, si l’on invoque les esprits créés de feu, être tourné du côté d’orient , en faisant toutes les choses nécessaires pour ce côté, et ainsi des autres esprits, dans les différentes parties du monde. Les expériences extraordinaires, savoir: celles d’amour, de grâce et d’impi écation seront plus efficaces, étant préparées du côté du septentrion ; de plus tu dois observer que toutes les fois que lu feras une expérience, sans l'heure ou bien la solennité prescrie, tu ne feras rien. Mais si lu prépares et accomplis les choses directement, lu en recevras l’effet, et si elles ne se succèdent pas, apprends que l’expérience sera fausse ou que lu auras manqué à quelque chose. Alors, pour l’accomplir, il faut la refaire de nouveau, et tu dois savoir de combien de chapitres elle dépend, et que la clef de tous arts dépend de son intelligence, sans quoi tu ne seras jamais rien.

« Les heures de T sont propres comme celles de 0% dans leurs jours où ils se conjoignent avec la 25)- Et si tu as le regard de contraire ou de quadrat, elles sont bonnes pour faire les expériences de haines, de procès, inimitiés et discordes, ajoutant de plus les choses que nous dirons ci-après sur semblables matières. Les heures du 0, de Jupiter ai et de o* , spécialement l’heure de leur planète , sont bonnes à éprouver toutes les expériences , tant ordinaires qu’extraordinaires , lesquelles ne sont comprises dans aucun genre ci-dessus marqué , joignant celles que nous dirons dans leur propre

chapitre, comme celles qui appartiennent à la 2J), sont propres à la convocation des esprits, des ouvrages nécromanciens, comme pour trouver les choses dérobées, en prenant garde que la 25) soit colloquée et en signe terrestre , c’est-à-dire de Mercure c ? , pour l’amour, grâces et invisibilités ; la 25) doit être en signe de feu P 6» pour la haine et discorde; la lune doit être en signe aquatique , pour les expériences extraordinaires ; la lune doit être dans les signes d’air n *=» après la conjonction et la sortie du O et de ses rayons , et aussitôt qu’elle commence à paraître; mais si l’observation des choses cidessus te paraît si difficile, fais seulement ceci : observe la 3 croissante jusqu’à son complément, qu elle est au nombre pair avec le G ; elle est très-bonne pour faire les choses ci-dessus. La 3 étant opposée au O et pleine de lumière, est bonne pour faire les expériencesdeguerre, bruiis et discordes, et quand elle est à son dernier quartier, elie est bonne pour faire les choses directes qui sont à la destruction et ruine. La 3 tenant de nouveau à la convention ou recevant ses derniers rayons , est bonne pour faire l’expérience de la mort, parce que, dans ce temps-là, elle est privée de lumière. De plus, observez inviolablement que la 23) étant conjointe avec le 0 rien ne doit être commencé, parce que ce lemps-là est très malheureux et que rien ne peut réussir. Mais que la 25) étant au croissant et aiguë de lumière, tu pourras écrire, opérer et préparer toutes les expériences que tu voudras faire, principalement pour parler aux esprits ; il faut que ce soit le jour de P et dans son heure, la G étant au signe terrestre ou aéré comme il a été dit ci-dessus, et en pareil nombre ayec le 0. Mais si ce sont choses et expériences d’amour, de grâce et impétration, tu opéreras de jour et heure du0, à savoir depuis Sa première jusqu’à la huitième, pourvu que les choses soient préparées et ordonnées selon les jour et heure convenant à cette expérience et de la manière qu’elle se puisse faire.

« Les œuvres de la destruction, haine et désolation se doivent faire dans le jour et heure de T? , depuis lapremière heure ou huitième de la nuit, le quinzième ou vingt-deuxieme, et ainsi elles seront véritables. Mais les expériences burlesques et joyeuses se font dans la première heure de <f la huitième , la quinzième et la vingt-deuxième. Les expériences extraordinaires , de quelque nature qu’elles soient, doivent être préparées et accomplies dans les première et huitième heures de et de la quinzième et de la vingtdeuxième de toutes les autres heures dans lesquelles les arts magiques doivent être accomplis ou expérimentés. 11 est nécessaire que la 25) soit de lumière et nombre avec le 0; , sous les rayons du soleil, c’est le meilleur depuis le premier quartier jusqu’à ce qu’il soit à l’opposite, ainsi la 25) étant en signe de feu.

« Pour l'exécution des expériences du vol, de quelque manière qu’elle se fasse, elle

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doit être perfectionnée quand la 3J) est manifestée et illuminée ; mais afin que les expériences soient découvertes de l’invisibilité, les choses étant toutes préparées, que la soit à l’heure dans laquelle elle se perfcciionne.

« 11 faut opérer avec grande foi.

«. Lecteur bénévole, dii pour sa conclusion l’auteur de ces fatras, dont noos ne donnons que le bouquet, pénétre-toi bien de tout ce que le grand Salomon vient de t’enseigner par mon organe. Sois sage comme lui, si lu veux que toutes les richesses que je viens de mettre en ton pouvoir puissent faire ta félicité. Sois humain envers tes semblables, soulage les malheureux; vis content. Adieu. »

Il e>t triste de savoir que de tels livres se vendent en grand nombre dans nos campagnes. Les voltairiens, qui se plaignent de l’innocente diffusion de quelques petites bro« chures pieuses qui prêchent la paix, ne disent rien des grimoires et des clavicules.

SEGJ1N, septième partie de l’enfer ch z les mahométans. On y jette les âmes des impies, sous un arbre noir et ténébreux, où l’on ne voit jamais aucune lumière : ce qui n’est pas gai.

SEÎDUR, magie noire chez les Islandais.

Voy . Nid.

SEINGS. Divination à Taide des seings adressée par Mélampus au roi Ptolémée. — Un seing ou grain de beauté, au front de l’homme ou de la femme, promet des r.chcsses. Un seing auprès des sourcils d’une femme la rend à la fois bonne et belle : auprès des sourcils d’un homme, un seing le rend riche et beau. Un seing dans les sourcils promet à l’homme cinq femmes, et à la femme cinq maris. Celui qui porte un seing à la joue, deviendra opulent. Un seing à la langue promet le bonheur en ménage. Un seing aux lèvres indique la gourmandise. Un seing au menton annonce des trésors. Un seing aux oreilles donne une bonne réputation. Un seing au cou promet une grande fortune, mais pourtant celui qui porte un seing derrière le cou pourrait bien être décapité. Un seing aux reins caractérise un pauvre gueux. Un seing aux épaules annonce une captivité. Un seing à la poitrine ne donne pas de grandes richesses. Celui qui porte un seing sur le cœur est quelquefois méchant. Celui qui porte un seing au ventre aime la bonne chère. Ceux qui ont un seing aux mains auront beaucoup d’enfants. Voy. Chiromancie.

SEL. Le sel , dit Bognet , est un antidote souverain contre la puissance de l’eafer. Le diable a tellement le sel en haine, qu’on ne mange rien de salé au sabbat. Un Italien , se trouvant par hasard à celte assemblée pendable , demanda du sel avec tant d'importunité, que le diable fut contraint d’eu faire servir. Sur quoi l’Italien s'écria : — Dieu soit béni, puisqu’il m’envoie ce sel ! et tout délogea à l’instant. Quand du sel se répand sur la table, mauvais présage que l’on conjure en prenant une pincée du sel répandu , et le jetant derrière soi avec la main droite pur-

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dessus l’épaule gauche. Les Écossais attribuent une vertu extraordinaire à l’eau saturée de sel ; les habitants des Hébrides et des Orcades n’oublient jamais de placer un vase rempli d’eau et de sel sur la poitrine des morts, afin, disent-ils, de chasser les esprits infernaux. Le sel est le symbole de l’éternité et de la sagesse , parce qu’il ne se corrompt point. Voy. Salière.

SE BAR.' Voy. Vépar.

SEPULTURE. Quelques philosophes qui voyageaient en Perse ayant trouvé un cadavre abandonné sur le sable, l’ensevelirent et le mirent en terre. La nuit suivante, un spectre apparut à l’un de ces philosophes et lui dit que ce mort était le corps d’un infâme qui avait commis un inceste, et que la terre lui refusait son sein. Les philosophes se rendirent le lendemain au même lieu pour déterrer le cadavre; mais ils trouvèrent la besogne faite, et continuèrent leur route sans plus s’en occuper. Voy. Mort et Funérailles.

Nous pouvons ajouter un trait de plus aux bizarreries des usages funèbres.

Jonas, l’un des rois Comans, mourut subitement avant d’être baptisé; pour celle raison on l’enterra comme païen hors des murs de Constantinople. On permit à ses officiers de faire ses funérailles selon leurs pratiques barbares. Son monument fut dressé sur une éminence, et dans la fosse, autour de son cadavre, on pendit, à sa droite et à sa gauche plusieurs de ses écuyers qui s’offrirent volontairement à aller servir leur maître dans l’autre monde; on y pendit aussi, pour le même usage, vingt-six chevaux vivants.

SERMONS. Le diable, qui affecte de singer tous les usages de l’Eglise, fait faire au sabbat des sermons auxquels doivent assister tous les sorciers. Asmodée est son prédicateur ordinaire; et plusieurs sorcières ont rapporté lui avoir entendu prêcher des abominations.

SEROSGH , génie de la terre chez les Parsis. 11 préserve l’homme des embûches du diable.

SERPENT. C’est sous cette figure redoutée que Satan fit sa première tentation. Voy. Samael. Le serpent noir de Pensylvanie a le pouvoir de charmer ou de fasciner les oiseaux et les écureuils : s’il est couché sous un arbre et qu’il fixe ses regards sur l’oiseau ou l’écureuil qui se trouve au-dessus de lui . il le force à descendre et à se jeter directement dans sa gueule. Cette opinion est justement très-accrédilée, et ceux qui la nient parce qu’elle lient du merveilleux ne connaissent pas les effets de la fascination naturelle. Il y a dans les royaumes de Jui a el d’Ardra, en Afrique, des serpents très-doux, très- familiers, et qui n’out aucun venin ; ils font une guerre continuelle aux serpents venimeux : voilà sans doute l’origine du culte qu’on commença et qu’on a continue de leur rendre dans ces contrées. Un marchand anglais, ayant trouvé un de ces serpents dans sou magasin, le tua, et, n’ima-

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ginant pas avoir commis une action abominable, le jeta devant sa porte. Quelques femmes passèrent, poussèrent des cris affreux, et coururent répandre dans le canton la nouvelle de ce sacrilège. Une grande fureur s’empara des esprits ; on massacra les Anglais; on mit le feu à leurs comptoirs, et leurs marchandises furent consumées par les flammes. 11 y a encore des chimistes qui soutiennent que le serpent, en muant et pn se dépouillant de sa peau, rajeunit, croît, acquiert de nouvelles forces et qu’il ne meurt que par des accidents, et jamais de mort naturelle. On ne peut pas prouver par des expériences la fausseté de cette opinion ; car si l’on nourrissait un serpent et qu’il vînt à mourir, les partisans de son espèce d’immortalité diraient qu’il est mort de chagrin de n’avoir pas sa liberté, ou parce que la nourriture qu’on lui donnait ne convenait point à son tempérament.

On dit (ju’Ajax, roi des Locriens, avait apprivoisé un serpent de quinze pieds de long qui le suivait comme un chien et venait manger à table. Voy. Alexandre de Paphlagonie , Ane, Harold, Haridi, etc.

SERPENT DE MER (le grand). On se rappelle le bruit que fit, en 1837 , la découverte du grand serpent de mer, vu par le navire Le Havre , à la hauteur des Açores. Tous les journaux s’en sont occupés ; et , après s’en être montrée stupéfaite, la presse, faisant voile-face, a présenté ensuite le grand serpent marin comme un être imaginaire. M. B. de Xivrey a publié à ce propos, dans le Journal des Débats, des recherches curieuses que nous reproduisons en partie. « Les mers du Nord, dit-il, paraissent être aujourd’hui la demeure habituelle du grand serpent de mer, et son existence est en Norvège un fait de notoriélé vulgaire. Ce pays a vu souvent échouer sur ses côtes des cadavres de ces animaux, sans que l’idée lui soit venue de mettre de l’importance à constater ces faits. Les souvenirs s’en sont mieux conservés lorsqu’il s’y joignait quelque autre incident plus grave, comme la corruption de l’air causée quelquefois par la putréfaction de ces corps. Pontoppidan en a cité des exemples, mais jamais on n’avait pensé à rédiger, à l’occasion de pareils faits, un procèsverbal. Celui qui fut rédigé à Stronza offre les notions les plus précises que l’on possède sur la figure du serpent de mer. Nous y voyons notammentcesigne remarquabledela crinière, dont les observateurs plus anciens et les récits des Norvégiens s’accordent à faire mention. Nous le trouvons dans une lettre I datée de Bergen, 21 février 1751, où le capitaine Laurent Ferry termine ainsi sadescriplion du serpent de mer qu’il rencontra : « Sa tête, qui s’élevait au-dessus des vagues les plus hautes, ressemblait à celle d’un cheval; il était de couleur grise, avec la bouche trèsbrune, les yeux noirs et une longue crinière qui flottait sur son cou. Outre la tête de ce

reptile, nous pûmes distinguer sept ou huit de ses replis, qui étaient très-gros et renaissaient à une toise l’un de l’autre. Ayant raconté cette aventure devant une personne qui désira une relation authentique, je la ré^ digeai et la lui remis avec les signatures des deux matelots, témoins oculaires, Nicolas Peterson Kopper et Nicolas Nicolson Angleweven , qui sont prêts à attester sous serment la description que j’en ai faite. » C’est probablement cette crinière que Paul Egède compare à des oreilles ou à des ailes dans sa description du serpent marin qu’il vit à son second voyage au Groenland : « Le 6 juillet, nous aperçûmes un monstre qui se dressa si haut sur les vagues, que sa tête atteignait la voile du grand mât. Au lieu de nageoires, il avait de grandes oreilles pendantes comme des ailes ; des écailles lui couvraient tout le corps, qui se terminait comme celui d’un serpent. Lorsqu’il se reployait dans l’eau, il s’y jetait en arrière et, dans cette sorte de culbute, il relevait sa queue de toute la longueur du navire. » Olaus Magnus, archevêque d’Upsal au milieu du xvi* siècle , fait une mention formelle de cette crinière , dans le portrait du serpent de deux cents pieds de long et de vingt de circonférence, dont il parle comme témoin oculaire : « Ce serpent a une crinière de deux pieds de long; il est couvert d’écailles et ses yeux brillent comme deux flammes ; il attaque quelquefois un navire, dressant sa télé comme un mât et saisissant les matelots sur le tillac. » Les mêmes caractères, qui se reproduisent dans d’autres récits dont la réunion serait trop longue, se retrouvent dans les descriptions des poêles Scandinaves. Avec une tête de cheval, avec une crinière blanche et des joues noires, ils attribuent au serpent marinsix cents piedsde long. Ils ajoutentqu’il se dresse tout à coup comme un mât de vaisseau de ligne, et pousse des sifflemenls qui effrayent comme le cri d’une tempête. Ici nous apercevons bien les effets de l’exagération poétique, mais nous n’avons pas les données suffisantes pour marquer le point précis où elle abandonne la réalité.

«En comparant ces notions (1) avec ce que peuvent nous offrir d’analogue les traditions du moyenâgeetdel’antiquité, je trouve des similitudes frappa nies dans la description qu’ Albert le Grand nous a laissée du grand serpent de l’Inde : «Avicenne en vit un, dit-il, dont le cou étaitgarni dans toute sa longueurde poils longs et gros comme la crinière d’un cheval: Et visus est •anus ab Avicenna, in cujus collo secundum latitudinem colli, erantpili descendantes lonyi et grossi ad modum jubarum equi. » Albert ajoute que ces serpents ont à chaque mâchoire trois dents longues et proéminentes. Cette dernière circonstance paraît une vague réminiscence de ce que Clésias, dans ces Indiques, et d’après lui Elien, dans ses Propriétés des animaux, ont rapporté du ver du Gange. Pour la dimen-

(?) Fournies par l'auteur anglais d’un article de la Rétrospective Review, traduit en 1835 dans la Ici ue Oritan -■

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