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qu’on ne peut voir brûler. Souvent, lorsque la ménagère se lève avant le jour, elle trouve que de la bûche qu’elle a laissée la veille dans un coin, il ne reste plus qu’un peu de menu bois autour des chenêls; et,
( hose singulière, ce menu bois brûle autant que toute une bûche et donne une chaleur bien plus considérable. Mais la ménagère doit se garder de maudire le klabber ou de faire un signe de croix ; car dès lors lecharme est rompu et le même bois se consume rapidement. On a souvent éprouvé lavengeance de ces esprits, quand on les provoquait, soit en les forçant à s’éloigner, soit en les désobligeant de quelque autre manière. Un pau-
Ivre paysan, dont la femme était malade, se leva pendant la nuit pour bailre son lait; en entrant dans la place où les préparatifs avaient été faits la veille, — et où le lait avait été mis dans de grands vases auprès du feu, pour l’amener à se cailler légèrement, — il vit le feu flamber doucement, et devant le foyer un petit homme assis qui dormait à demi. Au bruit de ses pas, le petit homme s’éveilla, se mit debout et le regarda fixement sans prononcer une parole. Le bon paysan ne dit mot non plus, regarda à ladérobée le klabber, tout habillé de rouge, ayant la figure et les mains vertes; il jeta une bûche à côté de lui et retourna se coucher. Le lendemain son lait était battu et le beurre prêt à être porté au marché; jamais le paysan n’en avait eu autant en deux battues. Cela dura au moins deux ans. La femme se rétablit et le ménage prospéra, à tel point que le paysan doubla le nombre de ses vaches, fit réparer ses étables et eut encore de quoi remplir, en bons écus, un vieux bas qu’il cacha soigneusement dans une armoire. Le klabber revenait régulièrement toutes les nuits, battait le lait, labourait les terrains du paysan et lui faisait plus de travail que deux bons valets n’auraient pu faire. Mais la prospérité gâta le paysan. 11 se mit à fréquenter le cabaret, à jouer aux cartes durant les vêpres et à rentrer ivre chez lui. Le klabber lui en fit des reproches ; d’abord le paysan y prêta l’oreille, mais ensuite il n’en tint plus compte, et une nuit qu’il trouva le génie devant le foyer, il répondit aux reproches par des invectives, prit
Ila bûche que sa femme avait soigneusement préparée et la jeta dans une citerne. Le klabber disparut aussitôt. Au matin la femme du paysan était malade, son bas rempli de charbon, ses vaches mortes, ses étables délabrées et ses champs incultes. Le klabber s’était vengé, et la nuit suivante il vint rire à grands éclats autour de la ferme désolée, insensible aux lamentations de la malade et aux prières du malencontreux fermier.
« Les klabbers joignaient donc à une puissance fantastique une dextérité étonnante et un corps conformé et palpable comme le nôtre. — Leur habillement, nous l’avons vu dans le récit qui précède, était rouge de la tête aux pieds. — Leur visage et leurs mains étaient de couleur verte selon les uns, rouge selon les autres, naturelle, s’il faut eu
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