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d autres, insensés, suspendus par les bras, ^ permet à un paria de lui parler, celui-ci est avaient fait vœu de rester dans celte posi- obligé de tenir une main devant sa bouche.

lion jusqu’à ce que ces membres, privés de sentiment, eussent perdu leur jeu d'arliculation. Un de ces fanatiques me frappa par son regard sombre et farouche, qui décelait l’horrible angoisse qu’il éprouvait en tenant son poing constamment fermé, pour que ses ongles, en croissant, entrassent dans les chairs et finissent par lui percer la main. Chez ce peuple idolâtre, il existe des préjugés, des superstitions plus affreuses encore ; entre autres, l’horrible et barbare sacrifice des femmes sur le bûcher de leur mari défunt. Les lois sévères et l’influence morale des Anglais, à qui appartient une grande partie de celte immense contrée, diminuent peu à peu ces coutumes absurdes et révoltantes. Cependant ces sacrifices ont encore lieu en secret; et le préjugé est tel que la malheureuse victime qui s’arrache au bûcher est rejetée de sa caste, maudite de sa famille, et traîne les jours qu’elle a voulu sauver, dans l’ignominie, la misère et l’abandon.

« Chez tous les peuples qui n’ont pas reçu la lumière de l’Evangile et parmi les Indiens plus que partout ailleurs, une femme est regardée pour si peu de chose, que les plus durs traitements, les travaux les plus pénibles lui sont réservés. Aussi s’habituenl-ils difficilement à voir les femmes européennes entourées d’hommages et de respect.

« Bénarès, comme toutes les villes indiennes, offre le singulier mélange de toutes les superstitions des divers peuples de l'Orient. A leurs traits beaux et réguliers , à leurs membres musculeux, à leurs turbans blancs et à leurs larges pantalons, on reconnaît les sectateurs d’Ali et de Mahomet. On distingue les brames, adorateurs de Vichnou, à leur démarche grave et hautaine, à leur tête nue, aux lignes blanches, jaunes et rouges qu’ils portent sur le front, et qu’ils renouvellent tous les matins à jeun; à leurs vêtements blancs drapés avec art sur leurs épaules ; enfin, à la marque la plus distinctive de leurs fonctions de brames, le cordon en écharpe qu’ils portent de gauche à droite, et qui se compose d’un nombre déterminé de lils, que l'on observe scrupuleusement. 11 est filé sans quenouille, et de la main même des brames. Le cordon des nouveaux initiésa trois brins avec un nœud ; à l’âge de douze ans, on leur confère le pouvoir de remplir leurs fonctions; ils reçoivent alors le cordon composé de six brins avec deux nœuds.

« Les lndous sont divisés en quatre castes*, la première est celle des brames ou prêtres; la seconde celle des guerriers ; la troisième celle des agriculteurs; la quatrième celle des artisans. Ces castes ne peuvent manger ni s’allier ensemble. Vient ensuite ta caste la plus basse, la plus méprisée, la plus en horreur à tous les lndous : c’est celle des parias, qui sont regardés comme des infâmes parce qu’ils ont été chassés, il y a des siècles peutêtre des castes auxquelles ils appartenaient. Celle infamie se transmet de père en fils, de siècle en siècle. Quand un Indou de caste

pour que son haleine ne souille pas le fier et orgueilleux Bengali.

« Le nombre des parias est si considérable, que,s’ils voulaient sortir de l’opprobre où on les tient, ils pourraient devenir oppresseurs à leur tour.

« Vers le milieu de la journée, dit ailleurs l’écrivain que nous transcrivons, nous arrivâmes près d’une vaste plaine, où se trouvaient réunis un grand nombre d’indous.

Au centre s’élevait un mât ayant à son sommet une longue perche transversale fixée par le milieu. Quelques hommes, pesant sur l’un des bouts de la perche, la tenaient près du sol, tandis que l’autre extrémité s’élevait en proportion contraire. Un corps humain y était suspendu; il paraissait nager dans i’air. Nous nous approchâmes du cercle formé par les spectateurs, et je vis avec le plus grand étonnement que ce malheureux n'était retenu dans sa position que par deux crocs en fer.

« Cet homme ayant été descendu et décroché, il fut remplacé par un autre sunnyass; c'est sous ce nom qu’on désigne celte sorte de fanatiques. Loin de donner des signes de terreur, il s’avança gaiement et avec assurance au lieu du supplice. Un brame s’approcha de lui, marqua la place où il fallait enfumer les pointes de fer; un autre, après avoir frappé le dos de la victime, avait introduit les crocs avec adresse, juste au-dessous de l’omoplate. Le sunnyass ne parut point en ressentir de douleur. 11 plana bientôt au-dessus des têtes, prit dans sa ceinture des poignées de fleurs qu’il jeta à la foule en la saluant de gestes animés et de cris joyeux.

« Le fanatique paraissait heureux de sa position ; il fil trois tours dans l’espace de cinq minutes. Après quoi on le descendit, et les cordes ayant été déliées, il fut ramené à la pagode au bruit des tamtams et aux acclamations du peuple.

i< Que penser d’une religion qui veut d8 tels sacrifices ! Quels préjugés 1 quel aveuglementl On éprouve un sentiment douloureux au milieu de ce peuple privé de ces vérités consolantes, de ces pratiques si douces et si sublimes de la religion du Christ. Hâtons de nos vœux le moment où celui qui a dit au soleil : « Sortez du néant et présidez au jour, » commandera à sa divine lumière d’éciairer ces peuples assis à l’ombre de la mort.

« Tous les riches habitants de Madras possèdent de charmantes maisons de campagne entourées de jardins d’une immense étendue ; c’est un véritable inconvénient pour les visiteurs qui sont souvent obligés de parcourir un espace de trois milles pour aller d’une maison à l’autre. En revenant un soir d’une de ces délicieuses propriétés fort éloignée de la ville, j’entendis des cris déchirants partir d’une habitation indienne devant laquelle je passais ; ils furent bientôt couverts par une musique assourdissante:

le son si triste du tamtam prévalait sur tout ce tumulte. Je sortis de mon palanquin, et montant sur une petite éminence qui se trouvait à quelques pas de la maison, je pus jouir tout à mon aise de l’étrange spectacle qui s’offrit à ma vue.

« Je vis sortir de cette habitation des musiciens deux à deux, et, dans le même ordre, suivaient une trentaine d’indiens, tous coiffés d’un mouchoir en signe de deuil ; ils déroulèrent dans toute sa longueur une pièce d’étoffe blanche d’environ trente pieds, qu’ils étendirent avec soin sur le milieu de la route. Puis venait un groupe d’hommes paraissant chargés d’un lourd et précieux fardeau qu’ils portaient sur leurs épaules ; ils marchaient sur le tapis jonché de fleurs, que de jeunes filles jetaient à mesure qu’ils approchaient. » Le fardeau était une jeune fille morte, richement parée, que l’on conduisait à sa dernière demeure. Le voyageur eut le bonheur d’entendre les chants de l’Eglise sur la fosse; car on rendait à la terre les restes d’une chrétienne malabare.

On voit, dans le même chapitre comment sont enterrés les Indiens sans honneur. Tippoo-Saïb dut sa perte surtout à la perfidie. « Son premier ministre, soupçonné d’avoir trahi sa cause, fut massacré par les soldats et enterré sous des babouches (souliers) ; ce qui, dans l’Orient, est la plus grande marque de mépris. »

La Rétrospective Review a donné à la Gn de 1840 une notice assez complète des superstitions du pays de Galles, article remarquable, que les éditeurs de la Revue britannique n’ont pas laissé échapper. On y retrouvera des traits d’affinité avec les croyances de l’Ecosse, de la Suède, de la Flandre, dont nous avons déjà parlé.

« De toutes les superstitions populaires admises par les Gallois, leur croyance aux fées est la plus poétique, peut-être; dans tous les cas, c’est la plus ancienne. Ils reconnaissent des fées de deux espèces : les unes bonnes et bienveillantes pour l’homme, les autres d’une joyeuse malice, toujours prêtes à jouer un méchant tour, et à rire aux dépens de la victime.

« La première espèce de ces fées a pour nom génér ique celui de tytwyth-teg t ou la belle famille; l’autre, celui d ’ellyllon, qui signifie lutin , esprit. Les lylwyth-teg sont de petite taille : elles mènent une vie toute pastorale, protègent les femmes de ménage industrieuses et hospitalières, inspirent les rêves agréables, encouragent la vertu et la bienfaisance, ne manquent jamais de récompenser le serviteur Gdèle ou l’enfant obéissant.

« Dans plusieurs parties de la principauté de Galles, l’opinion commune est que si le soir, au moment du coucher, l'aire de la chaumière est nettoyé, le plancher balayé et les sceaux remplis d’eau, les fées viendront a minuit, à l’endroit préparé pour leur réception ; qu’elles continueront leurs innocents chats jusqu’à l’aube, qu’elles chanteront 1 air bien connu du point du jour ; qu’cl-

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les laisseront une pièce d’argent sur l’âtre et disparaîtront.

k 11 est facile de reconnaître dans cette fiction les conseils d’une prévoyance sage et intelligente : l’absence du danger du feu dans la propreté de l’âtre, le moyen de l’éteimbe dans les sceaux pleins, un motif de persévérance dans la récompense attendue. Comme dans les superstitions populaires de l’Allemagne, il y a toujours une idée morale dans les contes de fées gallois; c’est ainsi que la narration curieuse, faite par Giraldus le Cambrien, était un véritable avertissement contre le vol ; elle donne aussi une juste idée de l’opinion populaire au xn' siècle relative aux tylwyth-teg.

« Il y a peu de temps, dît ce chroniqueur, un événement digne de remarque a eu lieu dans ce pays (Nealh, au comté de Glamorgan). Un prêtre nommé Elidorus en a été lui-même le principal acteur. Il était âgé de douze ans environ, quand, pour éviter la sévérité de son précepteur, il s’enfuit et se cacha sous le bord escarpé d’une rivière. Depuis deux jours il était dans cette retraite, lorsque deux petits hommes de la taille des pygmées lui apparurent et lui dirent : — Si tu veux nous accompagner, nous te mènerons dans un pays rempli de délices.

« 11 y consentit, et suivit ses guides par un sentier souterrain et obscur, jusqu’à un trèsbeau pays, nébuleux cependant, où le soleil ne brillait jamais de tout son éclat. Il fut présenté au roi, qui était environné de toute sa cour : après l’avoir examiné longtemps, à la grande surprise de ses courtisans, le roi le remit entre les mains de son fils, qui n’était alors qu’un enfant. Ces gens étaient d’une très-petite taille, mais bien proportionnés; ils avaient un beau teint, de longs cheveux, surtout les femmes, qui les portaient flottants sur les épaules. Leurs chevaux, leurs chiens de chasse étaient en rapport avec leur taille, lis ne mangeaient ni poisson ni viande, et vivaient principalement de lait et de safran. Toutes les fois qu’ils revenaient de notre monde, ils blâmaient notre ambition, nos infidélités, et quoiqu’ils n’eussent aucune forme publique de culte, ils paraissaient porter un grand amour et un grand respect à la vérité; personne chez eux n’excitait plus d’aversion qu’un menteur.

« L’enfant revint souvent dans notre monde, quelquefois parle chemin qu’il avait pris en partant, quelquefois par d’autres, d’abord accompagné, et ensuite seul , ne se faisant connaître qu’à sa mère, à laquelle il racontait ce qu’il avait vu. Prié par elle de lui apporter un cadeau en or, dont ce pays abondait, il déroba, tandis qu’il jouait avec le fils du roi, une balle d’or qui servait à leurs divertissements, et la porta à sa mère, mais non sans être poursuivi, car en entrant dans la maison il trébucha sur le seuil, et laissa tomber la balle, que deux esprits saisirent, et en s’en allant ils accablèrent l’enfant de toutes sortes de marques de mépris cl de dérision.

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