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être révoquée en doute. Beaucoup de Gal'ois croient encore que celui qui repose dans ce cercle sacré se réveille privé de la raison ou doué de grandes facultés poétiques.
« Les Tylwyth-Teg ont encore leur habitation au pied d’une montagne située sur la frontière du Brecknoekshirc. Voici ce qu’on lit à ce sujet dans le Mabinoqion :
« Autrefois une porte située au milieu des rochers qui bordent le lac s’ouvrait tout â coup pendant le premier jour de mai; ceux qui avaient la curiosité ou le courage do franchir cette porte arrivaient, par un secret passage, dans une petite île située au milieu du lac; ils se trouvaient bientôt dans un jardin orné des plus beaux Irui's et des plus belles fleurs, habité par les Tylwyth-Teg, ou la belle famille , sorte de fées dont la beauté n’était surpassée que par la douceur et la grâce qu’elles déployaient à l’égard des mortels qui avaient su leur plaire. Elles offraient à tous ceux qui les visitaient des (leurs et des (ruils, charmaient leurs sens avec une musique délicieuse, leur découvraient beaucoup de secrets à venir, et les invitaient à demeurer avec eux aussi longtemps qu ils le voudraient. L’entrée de cette île est secrète, et aucun de ses produits ne peut en sortir. Ceux qui se tiennent au bord du lac ne peuvent la voir; seulement ou aperçoit au milieu des eaux une masse confuse, et de temps à autre le son vague et lointain d une musique harmonieuse se mê c aux zéphyrs qui rafraîchissent le rivage, ou vient animer la brise du matin.
« Il arriva, dans une de ces visites annuelles, qu un malheureux, sur le point de quitter 1 île enchantée, mil la fleur qu’on lui avait offerte dans sa poche. Ce larcin ne lui profita guère : à peine avait-il touché le rivage, que la fleur disparut et qu’il perdit lo sens. La belle famille ne parut pas s’élro aperçue de l’injure qui lui avait été faite; elle continua à recevoir ses hôtes avec la mémo courtoisie , et à la fin du jour la porte se reicrma comme d’ordinaire. Mais aussitôt leur vengeance commença ; car, bien que les lylwyth-Teg soient toujours dans leur île , bien qu on entende encore assez souvent les sous harmonieux de leur musique, b.en que les oiseaux continuent à respecter leur présence et n osent pas s’aventurer sur le lac, la porte ne s’est jamais rouverte depuis le jour ou le vol a cle commis , et les habitants du pays de Galles n ont pas cessé d’être nia.heureux.
« On raconte que, peu après cet événement, un audacieux ne craignit pas de se jeter a la nage et de chercher à découvrir 1 île merveilleuse : tout à coup un personnage terrible se dressa au milieu des eaux et commanda à l’imprudent de s’arrêter, s’il ne vmi ait s’exposer à une vengeance effroya-
« Autrefois les fées n’étaient soumises a aucune puissance terrestre; mais plus tard 1 influence des sorcières s’étendit jusqu’à elles. Dans le manuscrit ashmoléen on trouve une recette pour évoquer les fées; elle rap-
pellera sans doute l’incantation employée par les sorcières. Un alchimiste qui voulait que la fée l'aidât dans le grand projet de la transmutation des métaux, s’en servit; nou9 ignorons si ce fut avec succès. »
Bonne recette pour faire venir une fée.
« Prenez d’abord un épais cristal carré, ou verre de Venise, de (rois pouces de long et d'autant de large; placez ensuite ce verre ou eristal dans le sang d’une poule blanche , trois mercredis ou trois vendredis de suite ; après cela, reiirez-le et lavez-le avec de l’eau bénite, et faites une fumigation; ensuite prenez trois baguettes de noisetier de l’année, pelcz-les blanches et belles, faites-lcs assez longues pour y pouvoir écrire le nom de l’esprit ou de la fée que vous appelez trois fois sur chaque baguette; après les avoir aplaties d’un côté, enterrez-les sous une colline que vous croyez fréquentée par les fées, le mercredi, avant que vous l’appeliez; et le vendredi suivant, retirez-les, et appelez la fée à huit, à dix ou à trois heures, qui sout très-favorables à cet objet. Mais , quand vous appellerez, que votre vie soit pure , et tournez le visage vers l’orient. Quand vous tiendrez la fée, altachez-la à celte pierre ou au verre. »>
« Il existe au pays de Galles une espèce d’êtres surnaturels alliés de près aux fées ; on les appelle frappeurs. Les mineurs gallois affirment qu’on les entend, sous terre, dans les mines , et que , par leurs coups , ils indiquent ordinairement aux ouvriers une riche veine de minerai. Dans le troisième volume du Gentleman's Magazine , on trouve deux lettres au sujet des frappeurs écrites par M. Louis Merris, homme estimé autant pour son savoir et sa bienfaisance que pour sou bon sens et son intégrité.
« Des personnes, dit-il, qui ne connaissent pas les arts et les sciences, ou le pouvoir secret de la nature, se moqueront de nous autres, mineurs du Cardigan, qui soutenons l’existence des frappeurs. C’est une espèce de génies bons, mais insaisissables, qu’on ne voit pas, mais qu’on entend, et qui nous semblent travailler dans les mines; c’est-à-dire que le frappeur est le type ou le précurseur du travail dans les mines, comme les rêves le sont de certains accidents qui nous arrivent. Avant la découverte de la mine de Esgair y myn, les frappeurs y travaillèrent vigoureusement nuit et jour, et un grand nombre de personnes les ont entendus. Mais après la découverte de la grande mine, on ne les entendit plus. Lorsque je commençai à fouiller les mines de Elwyn Elwyd, les frappeurs travaillèrent si fort, pendant un temps considérable, qu’ils effrayèrent de jeunes ouvriers, qui s’enfuirent. Mais lorsque nous atteignîmes le minerai, ils cessèrent, et je ne les entendis plus. Ce sont là d’étranges assertions , cependant des faits bien réels, quoique nous ne puissions ni ne prétendions les expliquer. Nous avons maintenant (octobre I75i) du très-beau minerai à Elwyn Elwyd , où l’on entendit travailler les frappeurs. Mais ils ont
cédé leur pl ce, et on ne les entend plus. On peut rire si l'on veut; nous avons tous sujet de nous réjouir et de remercier les frappeurs, ou plutôt Dieu, qui nous envoie ces avertissements. »
« Nous ne savons pas si la croyance dont nous allons parler a jamais pénétré au delà des Marches galloises : nous voulons parler de la lugubre apparition de Canwyllau Cyrph , ou chandelle des morts. Dans plusieurs endroits du pays de Galles, plus particulièrement à Saint-David, dans le comté de Pernbroke, on suppose que la mort d’un individu est annoncée par l’apparition d’une lumière qui ressemble en quelque façon à une chandelle , et passe d’un endroit à un autre dans le voisinage de la maison dans laquelle la personne demeure; quelquefois elle va dans la direction du cimetière, et fréquemment elle paraît dans la main du spectre dont elle prédit le sort.
« On peut rendre compte de quelques-unes14 des apparitions , qu’on suppose ordinairement prédire la mort, par des principes purement physiques. On sait que les Jean à la lanterne, les Guillots du bouchon de paille, viennent d’un certain gaz ou d’un mélange de gaz qui s’élèvent de la terre, particulièrement quand il s’y trouve beaucoup de houille. Ces gaz phosphoriques s’enflamment à l’air atmosphérique, au contact de i’haleine. Dans ce dernier cas, le feu follet semble précéder la personne, étant entretenu par sa respiration. Les chandelles des corps morts paraissent s’allumer et se diriger dans leur course précisément de la même manière. Lorsque cette lumière paraît, il serait curieux de la suivre jusqu’à un corps en putréfaction, afin de juger de cet effet et de s’assurer qu’il a toujours lieu. Dans les cas de cancer, on a vu plus d’une fois un cercle rouge autour de la tête du patient sur le point de mourir; on peut l’attribuer à la meme cause; d’aptres phénomènes particuliers à de tels moments peuvent raisonnablement s’expliquer de la même manière: comme les oiseaux de proie frappant la croisée de leurs ailes, et les hurlements des chiens, ces animaux étant attirés par des exhalaisons particulières. Le mouvement spontané des sonnettes dans les maisons est probablement occasionné aussi par le dégagement de quelque Iluide électrique lorsque la putréfaction commence.
« Un autre précurseur de la mort, qui a paru quelquefois dans le sud du pays de Galles avant le décès de quelques personnes d’un rang élevé, est un cercueil et un convoi funèbre se dirigeant vers le cimetière au milieu de la nuit, et venant de la maison. Quelquefois des corbillards et des voitures de deuil lorment le cortège, qui s’avance dans un morne silence et dans l’ordre le plus méthodique. On ne peut entendre le bruit d’un seul pas à mesure que le convoi marche, et la frayeur des personnes qui l’aperçoivent par hasard se communique bientôt à tous les paysans du voisinage. L’idée que le poëte prêle au roi Lear, de garnir de feutre les pieds d’une troupe de chevaux, était-elle
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suggérée par la connaissance dq celte superstilion? »
SUREAU. Quand on a reçu quelque maléfice de la part d’un sorcier qu’on ne connaît point, qu’on pende son habit à une cheviüe, et qu’on frappe dessus avec un bâton de ‘•ureau : tous les coups retomberont sur l’échine du sorcier coupable, qui sera forcé de venir, en toute hâte, ôter le maléfice.
SURTUR, génie qui doit, selon les Celtes, revenir, à la fin du monde, à la tête des génies du feu, précédé et - u i v i de tourbillons enflammés; il pénétrera par une ouverture du ciel, brisera le pont Bifrost, et, armé d’une épée plus étincelante que le soleil, combattra les dieux, lancera des feux sur toute la terre, et consumera le monde entier. 11 aura pour antagoniste le dieu Frey, qui succombera. V oy. Bifkost.
SUSTRUGiEL, démon qui, selon les Clavicules de Salomon , enseigne l’art magique et donne des esprits familiers.
SUTTEE. C’est le nom qu’on donne dans l’Inde au sacrifice d’une veuve jar le feu. Ces sacrifices sont rarement volontaires. Un voyageur anglais écrivait en 1836 :
« Une tentative de suttee a eu lieu le mois dernier (avril) hors des murs de Jeypores J’en ai été averti à temps, et je vis un grand concours de peuple qui se portait de la ville à Murda-Haida. J’appris que ces gens allaient voir une suttee. La femme était sur le bûcher. Dès que les (lammes l’y gagnèrent, elle s'en élança et y fut rejetée. Elle s’y arracha une seconde fois. On la replongea de nouveau dans le feu; elle s’en sauva une troisième lois. La police de Jeypore intervint alors, et renvoya l’affaire au Rawul, qui ordonna de ne plus employer la force. La veuve fut sauvée en conséquence, et puis se réfugia dans un de nos hôpitaux; sans quoi elle eût été chassée du district. C’est, entre beaucoup d’autres preuves, une preuve nouvelle que le sacrifice est, dans un grand nombre de circonstances, un meurtre prémédité de la part des parents de la victime. »
SWEDENBORG (Emmanuel), célèbre visionnaire suédois.
« Nous ne savons guère, en France, qu’une chose de Swedenborg (dit M. Emile Sou v est re), c’est que, dînant un jour de bon appétit dans une taverne de Londres , il entendit la voix d’un ange qui lui criait : — Ne mange pas tant ! et qu'à partir de cet instant il eut des extases qui l’emportèrent régulièrement au ciel plusieurs fois par semaine. Selon quelques auteurs, l’illuminé suédois fut un des savants les plus distingués des temps modernes, et celui qui, après Descartes, remua le plus d’idées nouvelles. Ce fut Swedenborg qui, dans un ouvrage intitulé : Opéra philosophica et mineralia , publié en 1737, entrevit le premier la science à laquelle nous avons donné depuis le nom de géologie. La seconde pariie de son livre contient un système complet de métallurgie, auquel l’académie des sciences a emprunté tout ce qui a rapport au
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fer et à l’acier dans son Histoire des arts et métiers. Il composa aussi plusieurs ouvrages sur l’ana'omie (ce qui est un nouveau trait de ressemblance entre lui et Descartes), et sembla même indiquer, dans un chapitre sur la pathologie du cerveau, le système phrénologique auquel le docteur Gall dut plus lard sa célébrité. Il publia enfin, sous le titre de Dædulus hyper boreus, des essais de mathématiques et »ie physique qui fixèrent l’attention de ses contemporains.
« Il parlait les langues anciennes, plusieurs langues modernes, les langues orientales, et passait pour le plus grand mécanicien de son siècle. Ce fut lui qui fit amener par terre, au siège de Frédérick-Hall , en se servant de machines de son invention, la grosse artillerie qui n’avait pu être transportée par les moyens ordinaires.
« Loin d’être écrits dans un langage mystique, comme on le croit communément , la plupart des traités religieux de Swedenborg se recommandent par la méthode, l’ordre et la sobriété. Us peuvent se partager en quatre classes, que l’on n’aurait jamais dû confondre : la première renferme les livres d’enseignement eide doctrine; la seconde, les preuves tirées de l’Ecriture sainte; la troisième, les arguments empruntés à la métaphysique et à la morale religieuse; enfin, la quatrième, les révélations extatiques de l’auteur. Les ouvrages compris dans cette dernière catégorie sont les seuis qui affectent la forme apocalyptique, et dont l’extravagance puisse choquer. »
Swedenborg fit toutefois, dans sa mysticité, une religion , comme en font tous les illuminés. De même qu’il avait devancé les savanls dans quelques decouvertes mathématiques, il a été aussi le précurseur des philosophes d’aujourd’hui. 11 a prétendu « réunir toutes les communions en un vaste catholicisme où toutes elles trouveront satisfaction. » D’après lui , « le principe de tout bien est dans un premier détachement de soi-même et du monde. Cet état constitue le bonheur présent et futur, c'est le ciel. L’amour exclusif de soi-même et du monde constitue au contraire la damnation, c'est l'enfer »
Il annonce une nouvelle révélation de l’Esprit, et se pose le Christ d’un christianisme régénéré, comme font présentement quelques professeurs de philosophie. En même temps, Swedenborg se disait en com munication avec des intelligences supérieures et avec les âmes de certains morts de ses amis. Ceux qui le copient aujourd’hui ont-ils les mêmes avantages ?