‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 136 sur 222 · SYL · texte numérisé non relu

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rien de surprenant ; mais ce qui pouvait paraître extraordinaire, c’est que ces entretiens continuassent régulièrement chaque soir dans le salon du palais de Golhenbourg, sur le même sopha à étoiles d’argent, quoique Swedenborg travaillât à Londres , à son traité sur le vrai christianisme , et que la comtesse s’ennuyât à un bal de la cour de Stockholm. Leurs esprits , affranchis des chaînes de la matière, enveloppés dans une image de leur corps , se réunissaient au lieu ordinaire de leurs contidences. Le vieux régisseur de la maison voyait régulièrement à la môme heure les bougies s’allumer dans le salon, et le baron et la comtesse se présenter. Personne n’osait troubler cet entretien d’esprits, et très-peu de gens savaient pourquoi.

La comtesse mourut subitement, et les entre. iens cessèrent. Le chagrin de Swedenborg fut extrême. Il s’enferma et demeura longtemps invisible même pour ses amis les plus intimes. La terre s’était vengée; indignée de ce qu’il ne s’occupait toujours que du ciel, elle lui avait enlevé un de ses dons les plus beaux; elle s’était résolue à briser une œuvre qui lui avait si heureusement réussi, mieux réussi que mille autres. On n’a pas besoin d’être visionnaire pour mesurer l’étendue d’une tristesse comme celle qu’éprouvait le pauvre Swedenborg.

Cependant la perte de l’apparition terrestre de son amie n’était pas le coup le plus terrible qui le frappât ; son chagrin le plus cuisant, c’était de ne pas savoir où elle était. A quoi bon toute sa théorie des anges, si la comtesse Ulrique Eléonore n’était pas allée grossir leur nombre? Quel mortel pouvait espérer le devenir, si cette âme élevée et pure n’en avait pas été jugée digne? Oh ! c’était inexplicable ! En vain interrogeait-il tous les messagers célestes qui le visitaient, aucun d’eux ne connaissait ce nouvel ange.

Serait-elle dans Saturne? — Impossible, c’est la planète de l’épreuve; pourquoi y serait-elle encore assujettie ? Dans Vénus? — encore bien moins. Cette planète est habitée par des créatures grandes, corpulentes et ignares : que ferait-elle au milieu de pareils cires, qui ne l’ont déjà que trop martyrisée ici-bas dans les soirées, aux promenades, aux tables de jeu et à la cour? — Mais si elle n’était pas dans Jupiter, dans Saturne, dans Vénus, etc., ni parmi les anges, où était— el le donc? — Celte question empoisonnait l’existence du visionnaire.

Après tout, la comtesse n’était morte que depuis cinq jours : on ne pouvait donc pas encore désespérer de recevoir de ses nouvelles. Dans la nuit du sixième jour, son ami veillait à Stockolm, en proie à ces doutes affreux qui menaçaient d’ébranler son système. L’heure sonna où l’entrevue dont nous avons parlé avait ordinairement lieu, et le son de la cloche ne s’était pas évanoui dans les airs que la comtesse parut dans la chambre avec son air habituel plein d’une douce amabilité. Elle était plus pâle encore que de coutume, et l’expression de ses regards était une espèce de faible reproche.

D’un geste très-significatif elle indiqua les régions du cœur et elle disparut. Ce fut l’ouvrage de quelques secondes.

Le visionnaire resta saisi de confusion et d’effroi. Autant il s’était d’abord estimé heureux de revoir celle qu’il avait perdue, autant l’aspect de son visage muet lui avait ensuite navré le cœur. Une espèce de fardeau pesant lui oppressait la conscience; et la crainte d’avoir offensé par quelque méprise son amie vivante ou morte le tourmentait cruellement. Le signe qu’elle avait fait vers son cœur déchirait le sien. Son anxiété croissait tellement, qu’il partit en grande hâte pour Golhenbourg, où le corps de la comtesse avait été transporté.

Il arrive : on lui dit que, par ordre du mé; decin, l’enteriement n'a pas encore eu lieu, parce qu’aucun symptôme de mort réelle ne se manifeste jusqu’à présent sur le corps de la défunte. Le baron traverse la foule des domestiques consternés, entre d’un pas rapide dans la salle où la belle comtesse est étendue sur son lit de parade, dans le plus magnifique costume de cour, couverte de brillants et la poitrine ornée du large ruban amaranthe de l’ordre des chanoine^ses de Sainte-Anne. Vingt-quatre chandeliers à branches versent leurs flots de lumière sur son port majestueux et sur son visage fin et pâle, où plane encore la même expression de tristesse. Sans dire un mot, Emmanuel Swedenborg détacha, sous le cordon de l’ordre, une chrysolithe de forme octogone que les femmes de chambre, en habillant le cadavre, avaient employée comme agrafe pour tenir le ruban. La pierre n’eut pas p ulôt quitté la place qu’elle occupait sur le cœur de la comtesse, que son visage devint d’un calme parfait et d’une sérénité angélique ; toute trace de mélancolie et de reproche avait disparu. Cette chrysolithe était une pierre magique douée de la propriété de tenir le corps et l’esprit réunis , de sorle que la comtesse ne fui réellement morte qu’après que le talisman fut éloigné.

Tranquille sur le sort de son amie, Swedenborg retourna à Stockholm. On ne sait pas s’il l’a trouvée plus tard parmi les anges; ce qui est néanmoins fort vraisemblable, puisque, à dater de celle époque, il défendit plus chaleureusement que jamais le système qu’il avait fondé.

SYGOMANCIE, divination par les feuilles de figuier. On écrivait sur ces feuilles les questions ou propositions sar lesquelles on voulait être éclairci : la feuille séchait-elle après la demande faile au devin par les curieux, c’était un mauvais présage; et un heureux augure si elle tardait à sécher.

SYDONAY. V oy. Asmodée.

SYLLA. Comme il entrait à main armée en Italie, on vil dans l’air, en plein jour, deux grands boucs noirs qui se battaient, et qui, apres s’etre élevés bien haul, s’abaissèrent à quelques pieds de terre, et disparurent en fumée. L’armée de Sylla s’épouvantait de ce prodige, quand on lui lit remarquer que ces prétendus, boucs ti’elaiciù

que des nuages épais formés par les exha- I laisons de la terre. Ces nuages avaient une forme qu’on s’avisa de trouver semblable à celle du bouc, et qu’on aurait pu comparer également à celle de tout autre animal. On <Ot encore que Sy lia avait une figure d’/\pollon à laquelle il parlait en public pour savoir les choses futures.

SYLPHES, esprits élémentaires, composés des plus purs atomes de l'air, qu’ils habitent.

L’air est plein d’nne innombrable multitude de peuples, de figure humaine, un peu fiers en apparence, dit le comte de Gabalis, mais dociles en effet, grands amateurs des sciences, subtils, officieux aux sages, ennemis des sots et des ignorants. Leurs femmes et leurs filles sont dus beautés mâles, telles qu’on dépeint les Amazones. Ces peuples sont les sylphes. On trouve sur eux beaucoup de routes. Voy. Cabale.

SYLVESTRE II. Herbert , élevé sur la chaire de saint Pierre, sous le nom de Sylvestre, en 999, fut l’un des plus grands papes. Ses connaissances l’avaient mis si fort au-dessus de son siècle, que des hérétiques, ne pouvant nier sa grandeur, attribuèrent l’étendue de son savoir à quelque pacte avec le diable. Il faisait sa principale étude, après les sciences sacrées , des sciences mathématiques : les lignes et triangles dont on le voyait occupé parurent à des yeux ignorants une espèce de grimoire et contribuèrent à le faire passer pour un nécromancien. Ce ne fut pas seulement le peuple qui donna dans celte idée absurde. Un auteur des vies des papes a dit sérieusement que Sylvestre, possédé du désir d’étre pape, avait eu recours au diable, et avait consenti à lui appartenir après sa mort, pourvu qu’il lui fit obtenir cette dignité. Lorsque, par cette voie détestable, ajoute le même auteur stupide, il se vit élevé sur le trône apostolique, il demanda au diable combien de temps il jouirait de sa dignité ; le diable lui répondit par cette équivoque digne de l’ennemi du genre humain : — Tu en jouiras tant que tu ne mettras pas le pied dans Jérusalem. — La prédiction s’accomplit. Ce pape, après avoir occupé quatre ans le trône apostolique , au commencement de la cinquième année de son règne, célébra les divins mystères dacs la basilique de Sainte- Croix, dite en Jérusalem, et se sentit atlaqué aussitôt après d’un mal qu’il reconnut éire mortel. Alors il avoua aux assistants le commerce qu’il avait eu avec le diable et la prédiction qui lui avait été faite, les avertissant de profiter de son exemple et de ne pas se laisser séduire par les artifices de cet es- , Pri^ mal'n. Nous n’avons pas besoin de faire observer que nous rapportons des contes impudemment menteurs. Puis il demanda, poursuivent le? calomniateurs niais de ce grand pape, qu’après sa mort son corps fût coupé en quartiers, mis sur un chariot à

eux chevaux, et inhumé dans l’endroit que

H) Charlatans célèbres, de M. Gonriet, 1. 1", p 193.

les chevaux désigneraient en s’arrêtant d’eux-mêmes. Ses dernières volontés furent ponctuellement exécutées. Sylvestre fut inhumé dans la basilique de Latran. parce que ce fut devant cette église que les chevaux s’arrêtèrent...

Mariions Polonus a conté encore que Sylvestre H avait un dragon qui tuait tous les jours six mille personnes... D’autres ajoutent qu’autrefois son tombeau prédisait la mort des papes par un bruit des os en dedans, et par une grande sueur et humidité de la pierre au dehors. On voit, par tous ces conles ridicules, qu’autrefois comme de nos jours, l’Eglise et ses plus illustres pontifes ont été en butte aux plus sottes calomnies.

SYMAND1US, roi d’Egypte, possesseur du grand œuvre, qui, au dire des philosophes hermétiques, avait fait environner son monument d’un cercle d’or massif, dont la circonférence était de trois cent soixante-cinq coudées. Chaque coudée était un cube d’or. Sur un des côiés du péristyle d’un palais qui était proche du monument, on voyait Symandius offrir aux dieux l’or et l’argent qu’il faisait tous les ans. La somme en était marquée, et elle montait à 131,200,000,000 de mines (1).

SYMPATHIE. Les astrologues, qui rapportent tout aux astres, regardent la sympathie et l’accord parfait de deux personnes comme un effet produit par la ressemblance des horoscopes. Alors tous ceux qui naissent à la même heure sympathiseraient entre eux; ce qui ne se voit point. Les gens superstitieux voient dans la sympathie un protige dont on ne peut définir la cause. Les physionomistes attribuent ce rapprochement mutuel à un attrait réciproque des physionomies. H y a des visages qui s’attirent les uns les autres, dit Lavater, tout comme il y en a qui se repoussent. La sympathie n’est pourtant quelquefois qu’un enfant de l’imagination. Telle personne vous plaît au premier coup d’œil, parce qu’elle a des traits que votre cœur a rêvés. Quoique les physionomistes ne conseillent pas aux visages longs de s’allier avec les visages arrondis, s’ils veulent éviter les malheurs qu’enlraîne à sa suite la sympathie blessée, on voit pourtant tous les jours des unions de celte sorte aussi peu discordantes que les alliances les plus sympathiques en fait de physionomie.

Les philosophes sympalhistes disent qu’il émane sans cesse des corpuscules de tous les corps, et que ces corpuscules , en frappant nos organes, font dans le cerveau des impressions plus ou moins sympathiques ou plus ou moins antipathiques.

Le mariage du prince de Condé avec Marie de Clèves se célébra au Louvre, le 13 août 1572. Marie de Clèves , âgée de seize ans, de la figure la plus charmante, après avoir dansé assez longtemps et se trouvant un peu incommodée de la chaleur du bal, passa dans une garde-robe, où une des femmes de la reine mère, voyant sa chemisa

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