MET
celles qui avaient mené une vie pure étaient heureuses , tandis que les âmes des méchants se voyaient tourmentées par les furies. Mais, après un certain temps, les unes c! les autres quittaient ce séjour pour habiter de nouveaux corps, même ceux des animaux; et afin d’oublier entièrement tout le passé, elles buvaient de l’eau du fleuve Léthé. On peut regarder les Egyptiens comme les premiers auteurs de cette ancienne opinion de la métempsycose, que Pythagore a répandue dans la suite. Les manichéens croient à la métempsycose, tellement que les âmes, selon eux, passent dans des corps de pareille espèce à ceux qu’elles ont le plus aimés dans leur vie prêt é lente ou qu’elles ont le plus maltraités. Celui qui a lué un rat ou une mouche sera contraint, par punition , de laisser passer son âme dans le corps d’un rat ou d’une mouche. L’élat où l’on sera mis après sa mort sera pareillement opposé à l’état où l’on est pendant la vie : celui qui est riche sera pauvre, et celui qui est pauvre deviendra riche. C’est celte dernière croyance qui, dans le temps, multiplia un peu le parti des manichéens. Voy. Ghilcul et Transmigration.
METOPÜSCOPIE. Art de connaître les hommes par les rides du front.
Cardan publia au xvi“ siècle un traité de Métoposcopie, dans lequel il fait connaître au public une foule de découvertes curieuses. Le front, dit-il, est de toutes les parties du visage la plus importante et la plus caractéristique; un physionomiste habile peut, sur l’inspection du front seul, deviner les moindres nuances du caractère d’un homme. En généra! un front très-élevé, avec un visage long et un menton qui se termine en pointe, est l’indice de la nullité des moyens. Un front très-osseux annonce un naturel opiniâtre et querelleur. Si ce front est aussi très-charnu, il est le signe de la grossièreté. Un front carré, large, avec un œil franc sans effronterie, indique du courage uni à la sagesse. Un front arrondi et saillant par le haut, qui descend ensuite perpendiculairement sur l’œil, et qui parait plus large qu’élevé, annonce du jugement, de la mémoire, de la vivacité, mais un cœur froid. Des rides obliques au front, surtout si elles se trouvent parallèles, annoncent un esprit soupçonneux. Si ces rides parallèles sont presque droites, régulières, pas très-profondes, elles promettent du jugement, de la sagesse, un esprit net. Un front qui serait bien ridé dans sa moitié supérieure, et sans rides dans sa moitié inférieure, serait l’indice de quelque stupidité. Les rides ne se prononcent qu’avec les années. Mais avant de paraître, elies existent dans la conformation du front; le travail quelquefois les marque dans l’âge tendre. il y a au front sept rides ou lignes principales qui le traversent d’une tempe à l’autre. La pianèle de Saturne préside à la première, c’est-à-dire la plus haute; Jupiter préside à la seconde, Mars préside à la troisième ; le Soleil à la quatrième ; Vénus à la cinquième; Mercure à la sixième ; la Lune à
la septième, qui est la dernière, la plus liasse et la plus voisine des sourcils. Si ces lignes sont petites, tortueuses, faibles, elles annoncent un homme débile et dont la vie sera courte. Si elles sont interrompues, brisées, inégales, elles amènent des maladies, des chagrins, des misères; également marquées, disposées avec grâce ou prononcées fortement, c’est l’indice d’un esprit juste et l’assurance d’une vie longue et heureuse. Uemarquons cependant que chez un homme à qui le travail ou des revers ont sillonné le front de rides profondes, on ne peut plus tirer de ce signe les mêmes conséquences ; car alors ces lignes étant forcées, ce n’est plus que l’indice de la constance. Quand la ligne de Saturne n’est pas marquée, on peut s’attendre à des malheurs que l’on s’attirera par imprudence. Si elle se brise au milieu du front, c’est une vie agitée. Prononcée fortement, c’est une heureuse mémoire, une patience sage. La ride de Jupiter, quand elle est brisée, présage qu’on fera des sottises. Si elle n’est pas marquée, esprit faible, inconséquent, qui restera dans la médiocrité. Si elle se prononce bien, on peut espérer les honneurs et la fortune. La ligne de Mars brisée promet un caractère inégal. Si elle ne paraît point, c’est un homme doux, timide et modeste. Fortement prononcée, elle contient de l’audace, de la colère, de l'emportement. Quand la ligne du Soleil manque tout à fait, c’est le signe de l’avarice. Brisée et inégale, elle dénote un bourru maussade et avare, mais qui a de meilleurs moments.
Fortement prononcée, elle annonce de la modération, de l’urbanité, du savoir-vivre, un penchant à la magnificence. La ride c'e Vénus fortement prononcée est le signe d’un homme porté aux plaisirs. Brisée et inégale, cette ride promet des retours sur soi-même. Si elle n’est presque pas marquée, la complexion est froide. La ride de Mercure bien prononcée donne l’imagination, les inspirations poétiques, l’éloquence. Brisée, elle n’amène plus que l’esprit de conversation, le ton de la société. Si elle ne paraît pas du tout, caractère nul. Enfin la ride de la Lune, lorsqu’elle est très-apparente, indique un tempérament froid , mélancolique. Inégale et brisée, elle promet des moments de gaieté entremêlés de tristesse. Si elle manque tout à fait, c’est l’enjouement et la bonne humeur. L’homme qui a une croix sur la ride de Mercure se consacrera aux lettres et aux sciences. Deux lignes parallèles et perpendiculaires sur le front annoncent qu’on se mariera deux fois, trois fois si ces lignes sont au nombre de trois, quatre fois si elles sont au nombre de quatre, et toujours ainsi. Une figure qui aura la forme d’un C, placée au haut du front sur la ligne de Saturne, annonce une grande mémoire. Ce signe était évident sur le front d’un jeune Corse dont parle Muret, qui pouvait retenir en un jour et répéter sans effort dix-huit mille mots barbares qu’il n’entendait pas. Un C sur la ligne de Mars présage la force du corps. Ce signe était remarquable sur le front du mrp-
réchal de Saxe, qui était si robuste, qu’il cassait des barres de fer aussi aisément qu’un paysan ordinaire casse une branche d’arbre ou un bâton de bois blanc. Un C sur la ligne de Vénus promet de mauvaises affaires. Un C sur la ligne de Mercure annonce un esprit mal fait, un jugement timbré. Un C entre les deux sourcils, au-dessous de la ride de la Lune, annonce un naturel prompt à s’emporter, une humeur vindicative. Les hommes qui portent cette figure sont ordinairement des duellistes, des boxeurs. Les époux qui ont le front chargé de ce signe se battent en ménage....
Ces aphorismes sont bien hardis. Celui qui aura entre les deux sourcils, sur la ligne de la Lune, la figure d’un X, est exposé à mourir au champ d’honneur dans une grande bataille. Celui qui porte au milieu du front, sur la ligne du Soleil, une petite figure carrée ou un triangle, fera fortune sans peine. Si ce signe est à droite, il promet une succession. S'il est à gauche, il annonce des biens mal acquis. Deux lignes parlant du nez et se recourbant des deux côtés sur le front, au-dessus des yeux, annoncent des procès. Si ces lignes sont au nombre de quatre et qu’elles se recourbent deux à deux sur le front, on peut craindre d’être un jour prisonnier de guerre et de gémir captif sur
un sol étranger Les figures rondes sur la
ligne de la Lune annoncent des maladies aux yeux. Si vous avez dans la partie droite du front, sur la ligne de Mars, quelque figure qui ressemble à un F, vous aurez des rhumatismes. Si cette figure est au milieu du front, craignez la goutte. Si elle est à gauche, toujours sur la ligne de Mars, vous pourrez bien mourir d’une goutte remontée. La figure du chiffre 3 sur la figure de Saturne annonce des coups de bâton. Sur la ligne de Jupiter, un emploi lucratif. Sur la ligne de Mars , commandement d’un corps d’armée dans une bataille, mais le commandant sera fait prisonnier dans le combat. Sur la ligne du Soleil, ce signe annonce quelque accident qui vous fera perdre le tiers de votre fortune. Sur la ride de Vénus, disgrâces dans le ménage. Sur la ligne de Mercure, elle fait un avocat. Enfin, sur la ligne de la Lune, la figure du chiffre 3 annonce à celui qui la porte qu’il mourra malheureusement, s’il ne réprime sa passion pour le vol. La figure d’un V sur la ligne de Mars annonce qu’on sera soldat et qu’on mourra caporal. La figure d’un H sur la ligne du Soleil ou sur celle de Saturne est le présage qu’on sera persécuté pour des opinions politiques. La figure d’un P est le signe, partout où elle paraît, d’un penchant à la gourmandise qui pourra faire faire de grandes fautes. Nous terminerons ce petit traité par la révélation du signe le plus flatteur : c’est celui qui a une ressemblance plus ou moins marquée avec la lettre M. En quelque partie du front , sur quelque ride
(1) Gualberl, V ie de Charles le Bon, chap. 18, dans la collection des Bollandistes, 2 mars.
(2) P. Nico'e, sous le nom de DamviUiers, Lettres des
que celte figure paraisse, elle annonce le bonheur, les talents, une conscience calme, la paix du cœur, une heureuse aisance, l’estime générale et une bonne mort. Toutes bénédictions que je vous souhaite.
MEURTRE. « Dans la nuit qui suivit l’ensevelissement du comte de Flandre Charles le Bon, ses meurlriers, selon la coutume des païens et des sorciers, firent apporter du pain et un vase plein de cervoise. Us s’assirent autour du cadavre, placèrent la boisson et le pain sur le linceul, comme sur une table, buvant et mangeant sur le mort, dans la confiance que par cette action ils empêcheraient qui que ce fût de venger le meurtre commis (1). » Année 1127. Von. Thug-
GÜSMIS.
MEYER, professeur de philosophie à l’université de Halle, auteur d’un Essai sur les apparitions, traduit de l’allemand par F. Ch. de Baer. 1748, in-12. L’auteur convient qu’on est sur un mauvais terrain lorsqu’on écrit sur les spectres. 11 avoue qu’il n’en a jamais vu et n’a pas grande envie d’en voir. Il observe ensuite que l’imagination est pour beaucoup dans les aventures d’apparitions.
« Supposons, dit-il, un homme dont la mémoire est remplie d’histoires de revenants; car les nourrices, les vieilles et les premiers maîtres ne manquent pas de nous en apprendre ; que cet homme pendant la nuit soit couché seul dans sa chambre, s’il entend devant sa porte une démarche mesurée, lourde et traînante, ce qui marche est peut-être un chien, mais il est loin d’y songer, et il a entendu un revenant, qu’il pourra même avoir vu dans un moment de trouble. » L’auteur termine en donnant cette recette contre les apparitions : 1* qu’on lâche d’améliorer sou imagination et d’éviter ce qui pourrait la faire extravaguer; 2° qu’on ne lise point d’histoires de spectres ; car un homme qui n’en a jamais lu ni entendu n’a guère d’ap-. paritions. « Qu’un spectre soit ce qu’il voudra, ajoute Meyer , Dieu est le maître, et il nous sera toujours plus favorable que contraire. »
MICHAEL (Eliacim). Jean Desmarets, sieur de Sainl-Sorlin, avait publié des Avis du Saint-Esprit au roi. Mais le plus éclatant et le plus important des avis de cette sorte est celui qui fut apporté un peu plus lard par le grand prophète Eliacim Michael. Il nous avertissait, dit Baillet, que dans peu de temps on verrait une armée de cent quarantequatre mille hommes de troupes sacrées sous les ordres du roi, qui aurait pour lieutenants les quatre princes des anges. Il ajoutait que Louis XIV, avec cette armée, exterminerait absolument tous les hérétiques et tous les mabomélans, mais que tous ses soldats merveilleux seraient immolés (2).
MICHEL (Mont Saint-), 11 y a sur le mont Sainl-Michel en Bretagne, cette croyance que les démons chassés du corps des hommes sont enchaînés dans un cercle magique ai)
visionnaires; Baiilet, Jugera, des savants, Préjugés des titres des livres.