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MIC

: haut île celle montagne. Ceux qui mettent le pied dans ce cercle courent toute la nuit i sans pouvoir s’arrêter : aussi la nuit on n’ose traverser le mont Saint-Michel (1).

MICHFL, maréchal-ferrant de Salon en Provence, eut une singulière aventure en 1697. Un spectre, disait-on, s’était montré à un bourgeois de la ville et lui avait ordonné d'aller parler à Louis XIV, qui était alors à Versailles, en luirecommandant le secret envers toutautre que l’intendantde la province, sous peine de mort. Ce bourgeois effrayé conta sa vision à sa femme et paya son indiscrétion de sa vie. Quelque temps après, la même apparition s’étae.t adressée à un autre habitant de Salon, il eut l’indiscrétion à son tour d’en faire part à son père, et il mourut comme le premier. Tous les alentours furent épouvantés de ces deux tragédies. Le spectre se montra alors à Michel, le maréchal-ferrant ; celui-ci se rendit aussitôt chez l’intendant, où il fut d’abord traité de fou; mais ensuite on lui accorda des dépêches pour le marquis de Barbezieux, lequel lui facilita les moyens de se présenter au premier ministre du roi. Le ministre voulut savoir les motifs qui engageaient ce bonhomme à parler au prince en secret. Michel, à qui le spectre apparut de nouveau à Versailles, assura qu’au risque de sa vie il ne pouvait rien divulguer, et, comme il était néanmoins pressé de parler, il dit au ministre que, pour lui prouver qu’il ne s’agissait pas de chimères, il pouvait demander à Sa Majesté si, à sa dernière chasse de Fontainebleau, elle-même n’avait pas vu un fantôme? si son cheval n’en avait pas été troublé? s’il n’avait pas pris un écart? et si Sa Majesté, persuadée que ce n’était qu’une illusion, n’avait pas évité d’en parler à personne? Le marquis et le ministre ayant informé le roi de ces particularités, Louis XIV voulut voir secrètement Michel, le jour même. Personne n’a jamais pu savoir ce qui eut lieu dans cette entrevue. Mais Michel, après avoir passé trois jours à la cour, s’en revint dans sa province, chargé d’une bonne somme d’argentqae lui availdonnée Louis XIV, avec l’ordre de garder le secret le plus rigoureux sur le sujet de sa mission. On ajoute que, le roi étant un jour à la chasse, le duc de Duras, capitaine des gardes du corps, ayant dit qu’il n’aurait jamais laissé approcher Michel de la personne du roi, s’il n’en avait reçu l’ordre, Louis XIV répondit: « 11 n’est pas fou, comme vous le pensez, et voilà comme on juge mal. » Mais on n’a pu découvrir autre chose de ce mystère.

MICHEL DE SAHOURSPE, sorcier du pays

(t) Cambry, Voyage dans le Finistère, t. I", p. 2i2.

(2) Cette noix contenait une araignée. Ouire te serpent, Michel Boémius faisait cas de plusieurs animaux, «ayant soin de mettre en bonne odeur les plus horribles de nature, par exemple, le crapaud, qui, étant percé tout vif par la supérieure parLiede la tôle avec un bilnn pointe, et éiant séché, s'applique avec grande vertu sur les morsures venimeuses ; pareillement l’araignée, qui est un singulier îemède contre la fièvre quarte, si celui qui est malade la porte quatre jours, sans le savoir, dans les coquilles d’une noix ; de môme la salamandre (avec laquelle plusieurs ont

de Saxe, qui déclara qu’il avait vu au sabbat un grand et un petit diable; que le grand se servait du petit comme d’un aide de camp; et que le derrière du grand maître des sabbals étail un visage.

MICHEL L’ECOSSAIS, astrologue du xvi* siècle. Il prédit qu’il mourrait dans une église; ce qui arriva, dil Granger. Comme il était un jour à l’office, il lui tomba sur la télé une pierre qui le tua.

MICHEL BOEMIUS, ou M chel le bohémien, charlatan, qui. en l’année 1536, s’établit dans la ville de Clermont en Beauvassis et y exerça la médecine empyrique. il suivait la doctrine de Paracelse, et prétendait que tous les ingrédients de curation se trouvaient dans le serpent, surtout dans le serpent d’Allemagne. (11 était de ce pays.) 11 tua beaucoup de monde; mais son audace intrépide le maintint. Il gagna tant d’argent que, malgré sa laideur et ses quarante ans, un bonhomme qui l’admirait lui donna sa fille, un notable parti, âgée de seize années. Le mariage se fit donc. « Le soir il y eut grand festin, et l’on conte que, sans la gravité de son état, Michel Boémius eût ouvert le bal avec son é; ousée. On dansait, et l’harmonie des instruments, qui retentissait au loin, allait donner des crampes aux pauvres filles qui n’étaient pas de la fête, quand on sonna un coup très-fort à la porte du beau-père.

« Un valet fut ouvrir; un personnage caché dans un manteau demanda à parler à Michel Boémius. Comme on lui eut dit qu’il était occupé à son bal de noces, l’étranger reprit qu’un médecin se devait le jour et la nuit aux malades, et qu’il lui fallait Michel de nécessité. On le fit entrer dans un parloir proche la porte de la maison, et l’on fut quérir Michel, qui vint sans sé faire prier. Quand le valet eut fermé la porte derrière lui , Michel dit à l’élrang-r de s’asseoir, afin qu’ils pussent causer plus à l’aise de son cas ; mais l’autre faisant signe que cela était inul le, dit à Michel : Vous ne me reconnaissez pas? Michel l’ayant remarqué au visage, ne le reconnut pas; seulement, il fitla réflexion qu’il avait une figure grandement pâle, et qu’il fallait qu’il fût bien mal accommodé. Alors l’étranger ajouta : Je suis cependant de voire connaissance, car j’ai eu une Gèvre quarte ; — je suis venu vous consulter; vous m’avez donné une noix (2), me disant de la porter quatre jours en me gardanl de l’ouvrir. — Eh bien 1 reprit Michel. — Eh bien ! je ne l’ai pas portée quatre jours, car le troisième j’étais mort. — Vous voulez rire, dit Boémius. — Demandez à Etienne le fossoyeur, qui m’a jeté de la terre sur la tête, et tâtez vous-même.

assuré qu’ils avaient été tout près de trouver l’art, de faire de i’or) était, selon l’opinion dudit Michel Boémius, dqnp très-bonne curation. El que diriez-vous si je vous contais tout ce qu’il professa encore, touchant la vertu du ver de terre ou pluvial, contre le panaris, touchant la vertu du rat sauvage contre les convulsions, et celte infinie des écrevisses qui guérissent la lièvre et i’hydropisie, si seulement, sans approcher le malade, lesdiles écrevisses ayant eu les bras liés sur le dos, sont dans cet état rejetées dans le fleuve.»

i5l DICTIONNAIRE DES

L’étranger força Michel de mellre sa main sur ses côtes, entre lesquelles on ne sentait pas de chair.— Mais je ne suis pas venu vous le reprocher, ajouta-t-il, seulement ayant ouï dire que vous vous mariez, nous avons résolu de venir vous féliciter. Moi je suis le premier, etlcs autres vont venir. Adieu donc! Et quand il fut sorti, il resta dans la chambre une odeur terreuse et une senteur de putréfaction à se pâmer.

« Michel ne se vanta pas trop de ce qui venait d’arriver; il ne s’en rendait pas bien compte. Pourtant il voulut bien penser que quelque mauvais plaisant lui avait joué ce tour, et il donna ordre aux valets de ne le déranger pour personne, si encore on venait à le demander. Mais il n’avait pas plutôt fait ce commandement, que la sonnette tinta plus fort qu’elle n’avait fait, et un valet fut encore ouvrir. Cette fois, ce fut une femme qui demanda à parler au docteur. Mais comme on lui eût dit qu'elle ne pouvait avoir une consultation à cette heure. — Ne me reconnais-tu, Claude? dit-elle au valet; je suis l’âme de Laurence Pasquier, morte il y a trois semaines. Le valet, la reconnaissant, poussa un grand cri, laissa la porte ouverte en se sauvant, et elle le suivit.

« Le bruit de la danse , qui sait toujours bien mener une femme, conduisit la visiteuse au salon où se donnait le bal. Elle y entra presque en même temps que le valet, qui s’écriait qu’il y avait un fantôme à la porte de la rue. Le visage pâle de Laurence Pasquier ayant aussitôt été reconnu de plusieurs , qui l’avaient vu de leurs yeux porter en terre, tout fut dans une grande épouvante : les musiciens n’eurent plus de bras pour racler les CQrdes de leurs violes et plus de souffle pour souffler dans leurs hautbois.

« Michel Boëmius, voyant que cela était sérieux, et que c’était bien un vrai fantôme, cherchait à se cacher derrière une tapisserie, mais la morte l’aperçut, fut à lui et lui dit : — j’avais une hydropisie qui me tourmentait fort et je fus vous consulter; vous me dîtes de prendre des écrevisses, de leur attacher les ongles, de les lier sur leur dos et de les rejeter dans le fleuve, ce que je fis : je ne sais ce qui advint des cancres; mais pour moi je mourus après huit jours. Je ne suis pas venue vous le reprocher; seulement ayant ouï dire que vous vous mariez, nous ayons résolu do venir vous féliciter; moi, je "suis la seconde, et les autres vont venir. Adieu donc, bon Michel, recevez mon compliment; et là-dessus s’en fut. Je ne sais si d'autres penseront ainsi que moi, mais il me semble que ces paroles froides et goguenardes, que ces gens auxquels il avait fait perdre la vie disaient à Michel l’un après «'autre, étaient plus horribles el plus menaçantes que s’ils lui eussent ensemble adressé force injures, car on devait croire que quelque méchant dessein était caché dessous.

«Quand le fantôme se fut éloigné, laissant après lui son parfum de cimetière, il n’y eut plus de jambes pour danser, et le marie, au-

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quel un quarl d’heure avant chacun faisait bonne mine, perdit bien de sa considération, tellement qu’un vieillard qu’il avait par hasard guéri de queique mal et qui avait cfé un de ses plus dévoués, se mit à dire tout haut : Le fait est que ce Michel a tué bien du monde! A ce moment la sonnette tinta pour la troisième fois ; ce qui n’était pas étonnant, puisque ces paroles les autres vont venir annonçaient assez que toutes les pratiques de Michel y passeraient, et je ne crois pas, fussent-elles venues à une par minute, que la nuit eût suffi à les recevoir; mais on se garda bien d’ouvrir, quoique la sonnette allât ou jours, et qu’à la fin, ennuyés de ce que sans doute on ne les introduisait pas, ils se fussent mis à la tinter comme font Ses cloches aux enterrements. Le petit point du jour qui se faisait en cette saison à trois heures mit fin à tous les enchantements, et telle fut la première nuit de noces de Michel Boëmius, qui se passa presque toute en pater et en oremus, la noce ayant jugé plus prudent de pensera Dieu que de danser. Le fâcheux était qu’un valet qui s’était risqué à regarder dans la rue un peu avant que les sonneurs ne s’éloignassent, disait qu i! en avait compté plus de 740 (la peur sans doute lui en avait fait voir un peu plus), et il assurait les avoir entendus dire de mauvaise humeur : Nous saurons bien revenir une au're fois.

« On conseilla à Michel huit jours de pénilence, dans la prière, l’aumône, le jeûne et les pieuses lectures. 11 s’y soumit, et no voyant plus rien, il reprit courage, il vint le neuvième jour chez son beau-père, disant qu’il voulait emmener sa femme en son logis.

« 11 y avait fait préparer un bon souper, où il convia toute la parenté; il engageait tout le monde à boire et à être gai; mais on ne l’était guère; la mère de la mariée couvait sa fille des yeux, et pensant que dans une heure elle la laisserait seule avec un homme auquel de telles choses étaient arrivées, elle sentait son cœur prêt à défaillir. Si elle eût été près de son enfant chéri, elle lui eût dit tout bas : Viens avec moi, et se levant elle l’eût emmenée en quelque lieu où le mari maudit ne l’eût point su découvrir; mais cela n’était pas possible. Quand l’heure fut venue de se séparer, elle ne put que l’embrasser nombre de fois en l’arrosant de ses larmes et en recommandant bien à Michel d’avoir dans leur chambre un grand vase d’eau bénite, laquelle était un excellent préservatif contre tous les enchantements ; ensuite elle s’en fut avec toute la parente, grondant fort son mari , qui la laissait faire, car lui aussi avait le cœur Irisle, quoiqu’il n’en dit rien.

« Michel ne fut pas plutôt seul avec sa femme, que voilà sous sa fenêtre un tumulte épouvantable de poêles, chaudrons, casseroles, marmites, sonnettes, cornes à bouquin, sifflets, crccelics, et plusieurs autres instruments sans nom, le tout accompagné de cris et de huces, au milieu desquelles il entend bien retentir son nom : il se lève el

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