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fondé. « Clémcnl lui-même, disent-ils (1), déclare, dans son décret d’abolition, qu’il n’a pas le droit de détruire l’ordre; » et, pour le prouver, ils citent une partie de la buile de Vienne (6 non. maii,pont. nost. ann. 7, sive 2 maii 1312), qui déclare exactement le contraire.
« Yoici comme s’exprime ce document, qui se trouve entre les mains de tout le monde :
« Ce n’est pas sans amertume de cœur et sans douleur qu’avec l’approbation du saint concile, ne pouvant , d’après les enquêtes et les procédures auxquelles il (l’ordre du Temple) a été soumis, prononcer en justice une sentence définitive, nous soumettons, non par une telle sentence, mais par voie de provision ou d’ordination apostolique, cet ordre à une prohibition perpétuelle, et le soustrayons à notre sanction irrévocable et perpétuellement valable, défendant expressément que personne n’cnlre dans ledit ordre, n’en prenne ou n’en porte l’habit, ou ne présume agir comme templier; que siquelqu’un faisait infraction à cette défense, il encourrait, par le fait même, la sentence d’excommunication. »
« L’assertion des templiers modernes, confrontée avec les termes de la bulle papale, nous dispense du moindre commentaire, car la difficulté qu’ils ont élevée contre le caractère perpétuel d’une sentence provisoire s’appuie simplement sur une interprétation vicieuse des mots. Personne, pas plus en bonne grammairequ’en bonne jurisprudence, ne confondra provisoire avec momentané , ou perpétuel avec éternel. S’il restait une réîlrxion à faire sur l’acte apostolique, elle serait pour la modération de Clément V.
« Ainsi disparaît devant un solide examen cette fantasmagorie de persécutions et de vengeances que la petite bis luire pamphlétaire a soulevée sans pudeur autour d’un acte légal et politique, dont la prudente et ferme exécution licencia partout une corporation surannée, transfigura ses éléments selon les besoins du temps, concourut à rétablir les finances de l’Europe, et sauva peut-être une guerre civile à la P' rance. »
TËNARE, soupirail des enfers chez les anciens; il était gardé par Cerbère.
TENEBRES. On appelle les démons puissances des ténèbres, parce qu’ils ne souffrent pas la lumière. On comprend aussi pourquoi les enfers sont nommés le séjour ténébreux.
TENTATIONS. Voy. Démons, Pactes, Dévouement, etc. — Yoici sur ce sujet un passage emprunté à l'Esprit de Nicole et composé d’extraits lexlucls de ses diyers écrits :
a Les démons sont des anges qui ont été créés comme les bons, dans la vérité, mais qui, n’y ayant pas demeuré fermes, sont tombés par l’orgueil et ont été précipités dans l’enfer. Et quoique Dieu, par un secret jugement, permette qu’avant le jugement dernier ils n’y soient pas entièrement alta-
(I) Manuel des chevaliers de l’ordre du Temple, à Paris, chez le chevalier A. Guyot, imprimeur de la milice du Temple, 707 (‘).
C) Date lemplière qui prend pour ère la fondation de la
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chés , et qu’ils en sortent pour tenter les hommes, ils portent néanmoins leur enfer partout.
« Les démons, quoique toujours disposés à nuire aux hommes, n’en ont néanmoins aucun pouvoir, à moins que Dieu ne le leur donne; et alors c’est, ou pour punir les hommes, ou pour les éprouver, ou pour les couronner.
« Les mérhants sont proprement les esclaves do diable; il les tient assujetlis à sa volonté ; ils sont dans les pièges du diable, qui les tient captifs pour en faire ce qui lui plaît. Dieu règle néanmoins le pouvoir du démon, et ne lui permet pas d’en user toujours à sa volonté ; mais il y a cette différence entre les méchants et les bons, qu’à l’égard des méchants il faut que Dieu borne le pouvoir que le diable a de lui-même sur eux, pour l’empêcher de les portera toutes sortes d’excès, au lieu qu’à l’égard des bons il faut, afin que le diable puisse les tourmenter, que Dieu même lui en donne la puissance, qu’il n’aurait pas sans cela.
« Tout le monde est rempli de démons, qui, comme des lions invisibles, rôdent a l’entour de nous, et ne cherchent qu’à nous dévorer. Les hommes sont si vains dans leur aveuglement, qu’ils se font un honneur de ne pas les craindre, et presque de ne pas les croire.
« C’est une faiblesse d’esprit, selon plusieurs, d’attribuer aux démons quelque effet, comme s’ils étaient dans le monde pour n’y rien faire, et qu’il y eût quelque apparence que Dieu, les ayant autrefois laissés agir, il les ait maintenant réduits à une entière impuissance. Mais cette incrédulité est beaucoup plus supportable, quand il ne s’agit que des effets extérieurs. Le plus grand mal est qu’il y a peu de personnes qui croient sérieusement que le diable les lente, leur dresse des pièges, et rôde à l’entour d’eux pour les perdre, quo que ce soit ce qu’il y a de plus certain. Si on le croyait, on agirait autrement; ou ne laisserait pas au démon toutes les portes de sou âme ouvertes parla négligence et les distractions d’une vie relâchée, et l’on prendrait les votes nécessaires pour lui résister.
« Il est bien rare de trouver des gens frappés de la crainte des démons, et qui aient quelque soin de se garantir des pièges qu’ils leur tendent. C’est la chose du monde à quoi l’on pense le moins. Toute celte république invisible d’esprits mêlés parmi nous, qui nous voient et que nous ne voyons point, et qui sont toujours occupés à nous tenter, en exciiant ou en enflammant nos passions, ne fait pas plus d’impression sur l’esprit de la plupart des chrétiens, que si c’était un conte et une chimère. Notre âme, plongée dans les sens, n’est touchée que par les choses sensibles. Ainsi elle ne craint point ce qu’e le ne voit point ; mais ces ennemis n’en sont pas
chevalerie primitive du Temple à Jérusalem (1118), et q i par conséquent répond à l’an 1825 de Noire-Seigneur Jésus-Christ.
moins à craindre, pour n’êlre pas craints, il le sont au contraire beaucoup plus, parce que cette fausse sécurité fait leur force et favorise leurs desseins. C’est déjà pour eux avoir fait de grands progrès que d’avoir mis les hommes dans cette disposition.
« Comme ce sont des esprits de ténèbres, leur propre effet est de remplir l’âme de ténèbres et de s’y cacher. Hors un petit nombre d’âmes qui vivent de l’esprit de Jésus-Christ, les démons possèdent toutes les autres. Ils y régnent absolument, et ils réunissent tous ieurs efforts contre ce petit nombre d’hommes qui sont encore vivants parmi ces cadavres qui les environnent et dont ils se servent pour les séduire.
« Le démon ne parle pas par lui-même, mais il parle par tous les hommes qu’il possède et à qui il inspire les sentiments qu’il voudrait faire passer dans notre cœur. Ces gens tracent dans notre esprit l’image de leurs pensées et de leurs mouvements; et si nous ne sommes pas bien sur nos gardes, il est facile de se laisser aller à suivre ces sentiments par le consentement du cœur. Il nous parle par tous les objets du monde, qui ne frappent pas seulement nos sens, mais qui sont présentés à notre esprit sous une fausse image de grands biens et d’objets capables de nous rendre heureux. 11 nous parle par nos propres sentiments et par ces mouvements qu’il excile dans notre âme, qui la portent à vouloir jouir de ces biens sensibles et à y chercher son bonheur. Ainsi nous sommes dans une épreuve continuelle de ces impressions des démons sur nous.
<« Le démon, ne pouvant parler immédiatement au cœur, et ne devant pas se manifester à nous, emprunte le langage des créatures et celui de notre chair et de nos passions, et nous fait entendre par là tout ce qu’il désire, fl nous dit, par les discours d’un vindicatif, qu’il est bon de se venger; par ceux d’un ambitieux, qu’il est bon de s’élever; par ceux d’un avare, qu il est bon de s’enrichir; par ceux d’un voluptueux, qu’il est bon de jouir du monde.
« il les fait parler, en agissant sur leur imagination et en y excitant les idées qu’ils expriment par leurs paroles, et il joint en même temps à celte instruction extérieure le langage de nos désirs qu’il excite. Celui des exemples des personnesdéréglées luiserl encore plus que celui de leurs paroles. Et enfin la seule vue muette des objets du monde qu’il nous présente iui sert encore d’un langage, pour nous dire que le monde est aimable et qu’il est digne d’être recherché.
« La malice et l’artifice du démon a bien plus pour but en cette vie de rendre les hommes criminels, que de les accabler de misères el de maux. Il espère bien se dédommager en l’autre vie de tous les ménagements dont il use en celle-ci. Mais, comme il sait qu’il n’a de force et d’empire sur eux qu à proportion qu’ils sont coupables, il tâche de les rendre plus coupables, afin de pouvoir les dominer et tourmenter plus cruellement et plus à son aise. 11 prend donc pour l’ordi-
naire, dans celte vie, ie parti d’exciter et de féconder les passions. 11 tâche de procurer aux siens des richesses et des plaisirs, et de les faire réussir dans leurs injustes desseins. Il s’applique particulièrement à empêcher qu’ils ne lui échappent, et à éloigner d’eux tout ce qui pourrait les réveiller de leur assoupissement. II emploie toules sortes d’adresses et d’artifices pour les retenir dans ses liens. Il les environne de gens qui les louent el qui les autorisent dans leurs dérèglements, qui leur en ôlent le scrupule, en leur proposant une infinité de mauvais exemples, qui les y confirment. Il les amuse et les enlretientd’espérances trompeuses. Il les accable d'emplois, d'occupations, dedesseins, de divertissements qui les empêchent de penser à eux.
« El comme, selon les diverses personnes et dans les diverses circonstances, il a besoin de divers moyens, il se sert aussi quelquefois des calamités et des maux de la vie, pour les accabler de tristesse , les réduire au désespoir , et les empêcher, par la multitude de leurs maux, d’avoir le temps de penser à se convertir; enfin, tout lui est bon pour se conserver l’empire de ceux qu’il tient en sa possession , se réservant en l’autre vie de leur faire sentir la dureté de son joug. »
TEPHRAMANC1Ë , divination par laquelle on se servait de la cendre du feu qui, dans les sacrifices . avait consumé les victimes.
TERATOSCOPIE , divination qui tire des présages de l’apparition de quelques spectres vus dans les airs, tels que des armées de cavaliers et autres prodiges, dont parlent les chroniqueurs.
TERRAGON. Dans un pamphlet contre Henri III, qui parut en 1589, sous le titre de Remontrances à Henri de Valois, sur les choses horribles envoyées par un enfant de Paris, on lisait ce qui suit : « Henri, lorsque vous donnâtes liberté à tous sorciers et enchanteurs et autres divinateurs , de tenir libres écoles aux chambres de votre Louvre el même dans votre cabinet, à chacun d’iceux une heure le jour, pour mieux vous instruire , vous savez qu’il&.vous ont donné un esprit familier, nommé Terragon. Vous savez qu’aussitôt que vous vîtes Terragon , vous l’appelâtes votre frère en l’accolant... » Ou ajoutait sur ce démon familier des choses détestables. « Vous savez , Henri , que Terragon vous donna un anneau, et que dans la pierre de cet anneau votre âme était figurée... »
Ces singularités ne viennent que d’un pamphlet. Mais toutefois Henri 111 était fort superstitieux, et s’occupait de magie. V oy. Hexhi 111.
TERRE. Félix Nogaret a exploité une opinion bizarre de quelques philosophes dans un petit ouvrage intitulé : La terre est un animal , in-16. Versailles, an III. Lyon possède un astronome qui met en avant une autre théorie. 11 prétend que la terre est une éponge qui se soulève et qui s’abaisse chaque jour au dessus ou au-dessous du soleil, de manière à former les jours et les nuits. Les
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