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G 57 TET

éclipses sont impossibles, d’après son système, puisque les astres sont immobiles.

Nous oublions de dire que, selon lui, la terre respire à la manière des éléphants : les volcans sont ses narines. Par le temps de professions de foi qui court, disait l’Union catholique (1) , il ne serait peut-être pas déplacé que l’illustre auteur de cette belie découverte formulât son système de la terre-éponge.

TERRESTRES ou SOUTERRAINS, espèce de démons que les Chaldéens regardaient comme menteurs, parce qu’ils étaient les plus éloignés de la connaissance des choses divines.

TERREURS PANIQUES. Un cavalier pariait qu’il irait, la nuit , donner la main à un pendu. Son camarade y court avant lui, pour s’en assurer. Le cavalier arrive bientôt, tremble, hési'e; puis, s’encourageant, prend la main du pendu et le salue. L’autre, désespéré de perdre la gageure , lui donne un grand soufilet, tellement que celui-ci, se croyant frappé du pendu, tombe à la renverse et meurt sur la place. Voy. Retz, Frayeur, Revenants, etc.

TERRIER , démon invoqué dans les litanies du sabbat.

TERVAGANT, démon fameux au moyen âge, comme protecteur des Sarrasins.

TERV1LLES, démons qui habitent la Norwége avec les drolles. Ils sont méchants , fourbes , indiscrets , et font les prophétiseurs (2).

TESPESION, enchanteur qui, pour montrer qu’il pouvait enchanter les arbres, commanda à un orme de saluer Apollonius de Tyane; ce que l’orme fit d’une voix grêle (3j.

TÈTE. M. Salgues cite Phlégon, qui rapporte qu’un poète nommé Ptibhus ayant élé dévoré par un h<up qui ne lui laissa que la tête, cette tête, saisie d’un noble enthousiasme, articula vingt vers qui prédisaient la ruine de l’empire romain. 11 cite encore Aristote, qui atteste qu’un prêtre de Jupiter ayant été tué, sa tête, séparée de son corps, nomma son meurtrier, lequel fut Arrêté, jugé et condamné sur ce témoignage. Voy. POLYCRITE.

TÊTE DE BOPHOMET. M. de Hammer a publié, en 1818, une decouverte intéressante pour l’histoire des sociétés secrètes. 11 a trouvé , dans le cabinet des antiquités du muséum impérial de Vienne, quelques-unes de ces idoles , nommées têtes de Bophomel , que les templiers adoraient. Ces têtes représentent la divinité des gnostiques, nommée Mêté ou la Sagesse. On y retrouve la croix tronquée , ou la clef égyptienne de la vie et de la mort, le serpent, le soleil, la lune, l’étoile du sceau, le tablier, le flambeau à sept branches, et d’autres hiéroglyphes de la franc-maçonnerie. M. de Hammer prouve que les templiers, dans les hauts grades de leur ordre, abjuraient le christianisme et se livraient à des superstitions abominables.

Les templiers et les francs-maçons remontent, selon lui, jusqu’au gnosticisme, ou du moins certains usages ont été transmis par les gnostiques aux templiers, et par ceux-ci aux francs-maçons.

On garda longtemps à Marseille une de ces têtes dorées , saisie dans un retrait de templiers , lorsqu’on fit leur procès.

TÊTE DE MORT. Un roi chrétien, voulant connaître le moment et le genre de sa mort, fit venir un nécromancien qui , après avoir dit la messe du diable, fit couper la iête d’un jeune enfant de dix ans , préparé pour cet effet. Ensuite il mit cette tête sur l’hostie noire, et, après certaines conjuraiions , ü lui commanda de répondre à la demande du prince : mais la tête ne prononça que ces mots : Le ciel ms vengera (4)... El aussitôt le roi entra en furie, criant sans cesse : Otez moi cette tête ! Peu après il mourut enragé (5).

TÈTE DE SAINT JEAN. Un devin s’était rendu fameux dans le dix-septième siècle , par la manière dont il rendait ses oracles. On entrait dans une chambre éclairée par quelques flambeaux. On voyait sur une table une représentation qui figurait la tète de saint Jean-Baptiste dans un plat. Le devin affectait quelques cérémonies magiques ; il conjurait ensuite cette tête de répondre sur ce qu’on voulait savoir, et la tête répondait d’une voix intelligible, quelquefois avec une certaine exaciitude. Or, voici la clef de ce mystère : la table, qui se trouvait au milieu de la chambre, était soutenue de cinq colonnes, une à chaque coin et une dans le milieu. Cel'e du milieu était un tuyau de bois; la prétendue tête de saint Jean était de carton peint au naturel, avec la bouche ouverte, et correspondait, par un trou pratiqué dans le plat et dans la table, à la cavité de la colonne creuse. Dans la chambre qui se trouvait au-dessous , une personne, parlant par un porte-voix dans cette cavité, se faisait entendre très-distinctement : la bouche de la lêie avait l’air de rendre ces réponses.

TÊTES DE SERPENT. Passant par Hambourg, Linné, encore fort jeune, donna une preuve de sa sagacité, en découvrant qu’un fameux serpent à sept têtes , qui appartenait au bourgmestre Spukelsen , et qu’on regardait comme un prodige, n’était qu’une pure supposition. A la première inspection , le docte naturaliste s’aperçut que six de ces têtes, malgré l’art avec lequel on les avait réunies, étaient des museaux de belettes , couverts d’une peau de serpent.

TETRAGRAMMATON , mot mystérieux employé dans la plupart des conjurations qui évoquent le diable.

TEUSARPOUL1ER , génie redouté des Bretons des environs de Morlaix. 11 se présente sous la forme d’un chien, d’une vache ou d'un autre animal domestique.

TEUSS, génie bienfaisant, révéré dans le

<t) 16 juillet 1842. (3) Jacques d’Autun, l’Incrédulité savante.

(2) Leloyer, Hisl. des spectres ou appar., etc., liv. vi, (4) L’original porte . Vim pâti r.

1’. 329. " (5) Bodin, Démonomauie des sorciers.

Finistère ; il est vêtu de blanc et d’une taille gigantesque , qui croît quand on l’approche.

On ne le voit que dans les carrefours, de minuit à deux heures. Quand vous avez besoin ^ de son secours contre les esprits malfaisants, i vous sauve sous son manteau. Souvent, quand il vous tient enveloppé, vous entendez passer avec un bruit affreux le chariot du diable , qui fuit à sa vue , qui s’éloigne en poussant des hurlements épouvantables, en sillonnant d’un long trail de lumière l’air, la surface de la mer, en s’abîmant dans le sein de la lerre ou dans les ondes (1).

TEUTATÈS, le Pluton des Gaulois. On l’adorait dans les forêts. Le peuple n’entrait dans ces forêts mystérieuses qu’avec un sentiment de terreur, fermement persuadé que les habitants de l’enfer s’y montraient , et que la seu’e présence d’un druide pouvait les empêcher de punir la profanation de leur demeure. Lorsqu'un Gaulois tombait à terre, dans une enceinte consacrée au culte , il devait se hâter d’en sortir, mais sans se relever et en se traînant à genoux , pour apaiser les êtres surnaturels qu’il croyait avoir irrités (2).

THALIE. Voici , à propos de ce nom, un des contes populaires de la vieille mythologie.

La nymphe Thalie, se voyant grosse de Jupiter, craignit la colère de Junon , et pria la Terre de l’engloutir. Sa prière fut exaucée et elle y accoucha de deux garçons jumeaux, qui furent appelés Paliers, parce qu’ils naquirent deux fois : la première fois deThalie, et la seconde, de la Terre, qui les rendit au jour, lise forma deux lacs, formidables aux parjures et aux criminels, dans l'endroit où Us naquirent.

THALMUD, livre qui contient la doctrine, les contes merveilleux, la morale et les traditions des juifs modernes. Environ cent vingt ans après la destruction du temple, le rabbin Juda-Haccadosch, que les juifs appelaient notre saint maître, homme fort riche et fort estimé de l’empereur Antonin le Pieux, voyant avec douleur que les Juifs dispersés commençaient à perdre la mémoire de la loi qu’on nomme orale, ou de tradition, pour la distinguer de la loi écrite, composa un livre où il renferma les sentiments, les constitutions, les traditions de tous les rabbins qui avaient (leuri jusqu’à son temps. Ce recueil forme un volume in-folio ; on l’appelle spécialement la Mischna ou seconde loi. Cent rabbins y ont joint des commentaires dont la collection se nomme Gémare. Le tout embrasse douze volumes in-folio.

Les Juifs mettent tellement le Thalmud audessus de la Bible, qu’ils disent que Dieu étudié trois heures par jour dans la Bible, mais qu’il en étudie neuf dans le Thalmud.

I HÀMUZ, démon du second ordre, inventeur de l’artillerie. Ses domaines sont les flammes, les grils, les bûchers. Quelques démonomanes lui attribuent l’invention des bracelets que les dames portent.

THEAGÈNES. Voy. Obaci.es.

TUE ANTIS , femme mystérieuse. Voy.

Obékeit.

THÈME CELESTE. Ce teïme d’astrologie se dit de la figure que dressent les astrologues lorsqu’ils tirent l’horoscope. Il représente l’état du ciel à un point fixe, c’est-àdire le lieu où sont en ce moment les étoiles et les planètes. Il est composé dedouze triangles enfermés entre deux carrés ; on les appelle les douze maisons du soleil. Voy. Astrologie.

THEMURA, l’une des trois divisions de la cabale rabbinique. Elle consiste : 1° dans la transposition et le changement des lettres ; 2° dans un changement de lettres que l’on fait en certaines combinaisons équivalentes.

THEOCLIMÈNE , devin qui descendait en ligne directe de Mélampus de Pylos, et qui devinait à Ithaque dans l’absence d’Ulysse

THEODAT. Voy. Onomancie.

THEODQRIC, roi des Goths. Sons son règne, les deux plus illustres sénateurs , Symmaque et Boëce, son gendre, furent accusés de crimes d’Etat, et mis en prison ; Boëee était chrétien. 11 fut mis à mort l’an 524-, et son beau-père eut le même sort l’année suivante. Un jour, les officiers de Théodoric ayant servi sur sa table un gros poisson, il crut voir dans le plat la tête de Symmaque, fraîchement coupée, qui le regardait d’un air furieux ; il en fut si épouvanté, qu’il en prit un frisson : il se mit au lit et mourut au désespoir.

THEOMANCIE , partie de la cabale des Juifs qui étudie les mystères de la divine majesté et recherche les noms sacrés. Celui qui possède cette science sait l’avenir, commande à la nature, a plein pouvoir sur les anges et les diables, et peut faire des prodiges. Des rabbins ont prétendu que c’est par ce moyen que Moïse a tant opéré de merveilles ; que Josué a pu arrêler ie soleil ; qu’Eiie a fait tomber le feu du ciel et ressuscité un mort ; que Daniel a fermé la gueule des lions ; quo les trois enfants n’ont pas été consumés dans la fournaise, etc. Cependant, quoique trèsexperts aussi dans les noms divins, les rabbins juifs ne font plus rien des choses opérées chez leurs pères.

THERAPHIM. Selon rabbi Aben-Esra, les idoles, que les Hébreux appelaient téraphim, étaient des talismans d’airain , en forme de cadrans solaires, qui faisaient connaître les heures propres à la divination. Pour les faire on tuait le premier-né de la maison, on lui arrachait la tête, qu’on salait de sel mêlé d’huile : puis on écrivait sur une laine d’or le nom de quelques mauvais esprits ; on mettait cette lame sous la langue de l’enfant-; on attachait la tête coupée à la muraille, et, après avoir allumé des flambeaux devantelle, on lui rendait à genoux de grands respects. Celle figure répondait aux questions qu’on avait à lui faire ; on suivait ses avis , et ou traçait sur scs indications les figures du thé-

(lj Carnbry, Voyage dans Le Finistère.

(2) M. Carinet, Ilist. de la magie en France, p. 5.

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