‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 150 sur 222 · TOU · texte numérisé non relu

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tomber en laissant un creux en forme de cône. Ce pauvre diable fut longtemps encore avant de recouvrer ses forces, et sept mois après il n’élait pas encore en état de lancer tin javelot de la main qui avait été blessée (1).

TORQUEMADA (AntoiIvede), auteur espagnol de l' H exameroû ou six journées, contenant plusieurs doctes discours, e!c ; avec maintes histoires notables et non encore ouïes, mises- en français par Gabriel Chappuys, Tourangeau. Lyon, 1582, in-8°; ouvrage plein de choses prodigieuses et d’aventures de spectres et de fantômes.

TORREBLANCA (François), jurisconsulte de Cordoue, auteur d’un livre curieux sur les crimes des sorciers (2).

TORTURE. Quand on employait la torture contre les sorciers, et que les tourments ne les faisaient pas avouer, on disait que le diable les rendait insensibles à la douleur.

TOT AM, esprit qui garde chaque sauvage de l’Amérique septentrionale. Ils se le représentent sous la forme de quelque bête.; et, en conséquence, jamais ils ne tuent, ni ne chassent, ni ne mangent l’animal dont ils pensent que leur tolam a pris la figure.

TOUFAN, esprit malin qui préside au tonnerre chez les naturels brésiliens.

TOUR DE FORCE. Delrio rapporte cette histoire plaisante : Deux troupes demagiciens s’étaient réunies en Allemagne pour célébrer le mariage d’un grand prince. Les chefs de ces troupes étai eut rivaux et voulaient chacun jouir sans partage de l’honneur d’amuser la cour. C’était le cas de combattre avec toutes les ressources de la sorcellerie. Que fit l’un des deux magiciens? Il avala son confrère, le garda quelque temps dans son estomac, et le rendit ensuite par où vous savez. Cette espièglerie lui assura la victoire. Son rival, honteux et confus, décampa avec sa troupe et alla plus loin prendre un bain et se parfumer.

TOUR ENCHANTÉE. Voy. Roderik.

TOUR DE MONTPELLIER. 11 y a sans doute encore à Montpellier une vieille tour que le peuple de celle ville croit aussi encienne que le monde ; sa chute doit précéder de quelques minutes la déconfiture de l’univers.

TOUR DE WÎGLA, tour maudite de la Norwége,où le roi païen Vermund fit brûler les ma.melles de sainte Etbelrède avec du bois de la vraie croix, apporté à Copenhague par Ola iis 111. On dit que depuis on a essayé inutilementde faire une chapelle de celte tour maudite ; toutes les croix qu’on y a placées successivement onl été consumées par le leu du ciel (3j.

TOURTERELLE. Si on porte le cœur de cet oiseau dans une peau de loup, il éteindra tous les sentiments; Si on pend ses pieds à un arbre, l’arbre ne portera jamais de fruit. Si on frotte de son sang, mêlé avec de l’eau dans laquelle on aura fait cuire une taupe ,

(1) Revue Britannique.

(2) lîpitome delictorum, sive de Magia, in qua aperta Veltcculta invocatio dæiuonis intervenu, etc., ediiiono-

TRA 6d!î

un endroit couvert de poils, tous les poils noirs tomberont (4) 1...

TRADITIONS POPULAIRES. «C’est sur la fatalité et l’antagonisme du bien et du mal, dit un habile écrivain, dans h' Q '.uvlerl y Magazine, (\ùc se fonde la philosophie des traditions du peuple. Cette base se retrouve dans le conte le plus trivial, où l’on introduit un pouvoir surnaturel; et la nourrice, qui fait son récit aü coin de la cheminée rustique, a la môme science que les hiérophantes de la Grèce et les mages de ta Perse. Le principe destructeur étant le plus actif dans ce bas monde, il reparaît dans toutes les croyances superstitieuses, sous une variété infinie de formes, les unes sombres, les autres brillantes ; on retrouve partout les mêmes personnifications d’Oromase et d’Arimane , et l’hérésie des manichéens. La vague crédulité du villageois ignorant s’accorde avec la science mythologique des anciens sages. Des peuples que, l’Océan ,‘épare sont rapprochés par leurs fables; les hamadryades de la Grèce et les lutins de la Scandinavie dansent une ronde fraternelle avec les fantômes évoqués par le sorcier moderne; celui-ci compose ses philtres, comme Canidie,avec la mandragore, la ciguë, les langues de vipère et les autres ingrédients décrits par Virgile et Horace. A la voix des sorciers modernes, comme à celle des magiciens de Thessalie, on entend encore le hibou crier, le corbeau croasser, le serpent sifiîer, et les ailes noires des scarabées s’agiter. Toutefois, le Satan des légendes n’est jamais revêtu de la sombre dignité de l’ange déchu ; c’est le diable , V ennemi , méchant par essence, de temps immémorial. Sa rage est souvent impuissante, à moins qu’il n’ait recours à la ruse : il inspire la peur encore plus que la crainte. De là vient celte continuelle succession de caprices bizarres et de malices grotesques qui le caractérise; de là cette familiarité qui diminue la terreur causée par sou nom. Les mêmes éléments entrent dans la composition de toutes les combinaisons variées du mauvais principe qui engendra la race nombreuse des lutins sortis de l’enfer. Si le rire n’est pas toujours méchant et perfide, il exprime assez bien du moins la malice et la perfidie. C’est de l’alliance du rire et de la malice que sont nés tous ces moqueurs placés par les mythologues au rang des divinités; Tel est le Momus des Grecs et le Loki des Scandinaves, l’un bouffon de l’Olympe, l’autre bouffon des banquets du Valhallà. » Les traditions populaires se conservent sous mille formes. Nous en donnerons sans ordre quelques-unes.

LA BALLADE D’AONÈTÉ.

Traduits du danois d'OEhlenschlœger par M. X. Marmicr.

Cette ballade est le récit d’une tradition répandue dans tout le Nord. On la raconte encore à la veillée, on la chante dans les fa-

vissima, Lugduni, 1G79, in-i'\

(3) Victor Hugo, Hart d’Islande, ehap. 12.

(4j Les admirables secrets d'Albert le Grand, p. tlJ5.

milles. Je l’ai entendu chanter un soir sur une mélodie ancienne. C’était tout à la fois tendre comme un soupir d’amour, et triste comme un accent de deuil.

« Agnète est assise toute seule sur le bord de la mer, et les vagues tombent mollement sur le rivage. Tout à coup l’onde écume, se soulève, et le Irulle de mer apparaît. Il porte une cuirasse d’écaiile qui reluit au soleil comme de l’argent. 11 a pour lance une rame, et son bouclier est fait avec une écaille de tortue. Une coquille d’escargot lui sert de casque. Ses cheveux sont verts comme les roseaux, et sa voix ressemble au chant de la moue te.

« — Oh ! dis-moi, s’écrie la jeune fille, dismoi, homme de mer, quand viendra le beau jeune homme qui doit me prendre pour fiancée.

« — Ecoute, Agnète, répond le trolle de mer, c’est moi qu il faut prendre pour ton fiancé. J’ai dans la mer un grand palais dont les murailles sont de cristal. A mon service j’ai sept cents jeunes filles- moitié femme, moitié poisson. Je te donnerai un traîneau en nacre de perles, et le phoque t’emportera avec la rapidité du renne sur l’espace des eaux. Dans ma retraite tapissée de verdure, de grandes Heurs s’élèvent au milieu de l’onde, comme celles de la terre sous le ciel b’eu...

« — Si ceque tu dis estvrai, répond Agnète, si ce que tu dis est vrai, je le prends pour mon fiancé.

«Agnète s’élance dans les vagues, l’homme de mer lui attache un lien de roseau au pied et l’emmène avec lui. Elle vécut avec lui huit années et enfanta sept fils.

« Un jour elle était assise sous sa tente de verdure, elle entend la vibration des cloches qui sonnent sur la terre. Elle s’approche de son mari et lui dit : Permets-moi d’aller à l’église et de communier.

« — Oui, lui dit-il , Agnète, j’y consens. Dans vingt-quatre heures lu peux partir.

« Agnète embrasse cordialement ses fils, et leur souhaite mille fois bonne nuit. Mais les aînés pleurent en la voyant partir, et les petits pleurent dans leur berceau. Agnète monte à la surface de l’onde. Depuis huit ans, elle n’avait pas vu le soleil. Elle s’en va auprès de scs amies, mais ses amies lui disent : Vilain trotte, nous ne te reconnaissons plus. Elle entre dans l’église au moment où lés cloches sonnent, mais toutes les images des saints se tournent contre la muraille. Le soir, quand l’obscurité enveloppe la terre, elle retourne sur le rivage. Elle joint les mains, la malheureuse 1 et s’écrie : « Que Dieu ait pitié de moi et me rappelle bientô à luil » Elle tombe sur le gazon au milieu des tiges de violettes. Le pinson chante sur les rameaux verts, et dit : « Tu vas mourir, Agnète, je le sais. »

« A l’heure où le soleil abandonne l’horizon, elle sent son cœur frémir, elle ferme sa paupière. Les vagues s'approchent en gémissant et emportent son corps au fond de l’abîme.

« Elle resta trois jours au sein de la mer, puis elle reparut à la surface de l’eau. Un enfant qui gardait les chèvres trouva un matin le corps d’Agnète au bord de la grève. Elle fut enterrée dans le sable, derrière un roc couvert de mousse qui la protège. Chaque matin et chaque soir ce roc est humide. Les enfants du pays disent que le trolle de mer y vient pleurer. »

La presse périodique a publié, il y a dix aus, le conte populaire que voici :

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