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cavité ou de la convexité d’une surfaco d’après son apparence visible, dépend principalement de la direction opposée de la lumière qui tombe sur elle et qui arrive jusqu’à nos yeux. Si nous nous trompons sous ce dernier rapport, nous nous trompons sur tout le reste. Un. cachet gravé en creux, et aperçu à une certaine distance à travers une lentille convexe, paraît sculpté en bosse. La disposition de l’ombre et de la lumière peut faire prendre une surface convexe pour une concave, et vice versa. Causes extérieures, causes intérieures, raisonnements faux, impressions mensongères, tout nous environne de fantômes. Que serait-ce donc si nous parlions des univers inconnus qui nous échappent, et des profondeurs dans lesquelles l’imperfection de nos organes nous empêche de descendre 1 L’œil d’un seul poisson, ou plutôt le cristallin de cet œil, petit corps sphérique de la grosseur d'un pois, est composé de 5 millions de fibres qui se rattachent l’une à l’autre par plus de 62,500 millions de dents. Le professeur Ehrenberg a prouvé qu’il existe des monades égales à la vingtquatre millième fraction d’un pouce , et qu’elles se pressent dans le fluide de manière à ne pas laisser entre elles un espace plus grand que leur propre dimension. Chaque ligne cubique ou une seule goutte du fluidecontient 500 millionsde monades, nombre presque égal à celai des habitants de notre globe. Le même observateur a distingué des traces d’un système nerveux musculaire et même vasculaire dans les infusoires de grande espèce, li a découvert que la leucophra patala possédait deux cents estomacs, et que dans les vorticeUœ les intestins forment une spirale complète, finissant où elle a commencé. Pour découvrir l’appareil digestif de ces animaux invisibles, dont le microscope solaire peut seul apprécier les formes, on emploie une solution d’indigo pur, qui, en parcourant les cavités des organes digestifs, en a prouvé l’existence pendant l’observation. Les lépidoptères diurnes ont des yeux composés de 17,325 lentilles ou facettes, dont chacune possède toutes les qualités d’un œil complet. Ainsi, chacun de ces insectes qui voltigent sur nos têtes porte avec soi 3à,650 yeux.
« Nous sommes entourés de miracles, et la science elle-même ne peut que les observer, suppléer à l'imperfection des sens et attester, soit leur mensonge, soit leur impuissance. Le développement du tissu cellulaire des végétaux a souvent quelque chose d’extraordinaire dans sa rapidité. On a vu le lupinus poli/phyllus grandir d’un pouce et demi par jour; la feuille de Vurania speciosat de quatre à cinq pouces par jour; développement qui équivaut à quatre ou cinq mille cellules par heure. Le champignon nommé bovista giganteiun, n’a besoin que d’une nuit pour percer la terre et devenir gros comme une gourde. Supposez cette gourde composée de 17 milliards de cellules, chacune d’ua 200° de pouce de diamètre, ce qui est lo moins que l’on puisse supposer, vous trois»
yerez que dans l’espace d’une nuit ce champgnon aura développé 4 milliards de cellules par heure, ou C6 millions par minute.
« Chacune des feu;lles du coryfolia data, ou palmier de l’Inde, a 30 pieds de circonférence et une tige de 12 pieds, ce qui donne à celte feuille une élévation quatre fois plus considérable que celle de l’homme le plus grand. Il faut étudier l’anatomie végétale dans celte immense machine, dont les myriades de ramifications, de veines et de fibres, rejettent dans l’ombre la métropole de l’Angleterre, avec ses allées, ses rues, ses places publiques, ses fontaines et ses réservoirs. L’araignée fileuse a cinq ou six mille petits trous par où s’échappe la liqueur dont elle fait son tissu. Cette poussière brillante qui vous semble répandue sur les ailes du papillon, compose une immense mosaïque naturelle formée d’une multitude d’ccaillcs superposées et fixées dans l’aile par un pédicule étroit, à peu près comme des tuiles sur une mai on. Enlevez- les, vous ne trouverez plus qu’une membrane élastique, fine « t transparente, avec de peütes lignes de dents ou de trous destinés à recevoir les pédicules. Leuwenboeck en a compté plus de 400.000 sur les ailes du petit papillon du ver à soie. Une mosaïque moderne peut contenir 800 lesseru'œ ou fragments colorés dans une surface d’un pouce carré; la mosaïque des ailes d’un papillon peut en contenir 100,730 dans le même espace.
« Nos sens, nous le répétons et nous l’avons prouvé, sont des guides incompétents et inadmissibles; les apparences les plus fausses nous pressent de tous côtés, et, sans l’examen le plus attentif, nous courons risque de passer notre vie sous le nuage d’une mystification éternelle. »
MIROIR. Lorsque François l*r faisait la guerre à Charles-Quint, on conte qu’un magicien apprenait aux Parisiens ce qui se passait à Milan, en écrivant sur un miroir les nouvelles de cette ville et l’exposant à la lune, de sorte que les Parisiens lisaient dans cet astre ce que portail le miroir. Ce secret est perdu comme tant d’autres, Voy. Pythagore. Pour la divination par le miroir, voy , Crîstallomancie.
MISRA1M, fils de Cham. Voy. Magie.
MOENSKLINT. Les riverains de la mer Baltique vous montrent avec orgueil une grande masse de roc, toute blanche, taillée à pic, surmontée de quelques flèches aiguës et couronnée d’arbustes. Mais voyez, ce que le géologue appelle de la pierre calcaire, ce n'est pas la pierre calcaire, et ce qui s’élève au haut de cette montagne sous la lorme d'un massif d’arbres, ce n’est pas' un massif d’arbres. Il y a là une jeune fée Irès-beile qui règne sur les eaux et sur File. Ce roc nu, c’est sa robe blanche qui tombe à grands replis dans les vagues et se diapré aux rayons du soleil; celte pyramide aiguë qui le surmonte, c’est son sceptre; et ces rameaux de cliêRe, c’est sa couronne. Elle est assise au
haut du pic qu’on appelle le Dronnings Stol (Le Siège de la Reine). De là elle veille sur son empire, elle protège la barque du pêcheur et le navire du marchand. Souvent la nuit on a entendu sur cette côte des voix harmonieuses, des voix étranges qui ne ressemblent pas à celles qu’on entend dans le monde. Ce sont les jeunes fées qui chantent et dansent auiour de leur reine, et la reine est là qui les regarde et leur sourit. Oh! le peuple est le plus grand de tou3 les poëtes. Là où la science analyse et discute, il invente, il donne la vie à la nature animée, il divinise les êtres que le physicien regarde comme une matière brûle. Il passe le long d’un lac, et il y voit des esprits; il passe au pied d’un roc de craie, et il y voit une reine, et il l'appelle le Mœnsklint (le rocher de la Jeune Fille) (1).
MOG. De ce nom peut-être est venu le mot inagus, magicien. On retrouve encore dans l’Arménie l’ancienne région des Mogs. « Le nom de Mog, dit M. Eugène Boré (2), est ua mot zend et pehlvi qui a passé dans la langue chaldéenne à l’époque où le symbole religieux de la Perse lut adopté par le peuple de Babyione. Il repré entait la classe pontificale, initiée sans doute à des doctrines secrètes dont l’abus et l’imposture firent tomber ensuite ce litre en discrédit. Les prêtres a nsi désignés étaient ces anciens desservants du temple de Bélus, qu’avait visités et entretenus Hérodote, et qu’il nomme Chaldéens aussi bieil que le prophète Daniel. Ils avaient encore le nom de sages oq philosophes , de voyants et d’astronomes. Lorsqu’ils mêlèrent aux principes élevés do la science et de la sagesse les superstitions de l’idolâtrie et toutes les erreurs de l aslrologie et de la divination, ils furent appelés enchanteurs, interprètes de songes, sorciers, en un mot magiciens. » Mais au xe siècle, Thomas Ardzérouni, cité par M. Boré, appelle encore la contrée qu’ils habitaient lo pays des Mogs. Les Mogols viendraient-ils des Mogs ?
MOGOL. Delancre dit qu’un empereur mogol guérissait certaines maladies avec l’eau dans laquelle il lavait ses pieds.
MOINE BOURRU. Voy. Bourru.
MOINES. On lit partout ce petit conte. Un moine, qu’une irop longue abstinence faisait souffrir, s’avisa un jour dans sa cellule de faire cuire un œuf à la lumière de sa lampe. L’abbé qui faisait sa ronde, ayant vu le moine occupé à sa petite cuisine, l’en reprit; do quoi le bon religieux s’excusant, dit que c’élait le diable qui l’avait tenté et lui avait inspiré cette ruse. Tout aussitôt parut le diable lui-même, lequel était caché sous la table, et s’écria en s’adressant au moine : « Tu en as menti par ta barbe; ce tour n’est pas de mon invention, et c’est toi qui viens de me l’apprendre. » Césaire d’Heisterbach donne cet autre petit fait. « Le moine Hermann, comparant la rigoureuse abstinence de son ordre aux bons ragoûts que
(t) larmier. Traditions de la mer Baltique.
(2) De la Guidée et des Chaldéens.,
iS3 MOI
l’on mange dans le monde, vit entrer dans sa cellule un inconnu de bonne mine qui lui offrit un plat de poisson. 11 reçut ce présent, et lorsqu’il voulut accommoder son poisson, il ne trouva plus sous sa main qu’un plat de fiente de cheval. Il comprit qu’il venait de recevoir une leçon, et fut plus sobre (i). »