S7 TRAITE HISTORIQUE DES DIEUX
(lui conserve la vie à ceux qui doivent la perdre quelques jours après, ne confessent par la bouche de ces imposteurs dont les faux enthousiasmes trompent le monde, qu’ils ne sont que des démons ; si la présence d’un chrétien ne leur été la hardiesse de mentir, nous voulons bien qu’au même lieu vous répandiez le sang de ce chrétien, et que vous le punissiez comme un méchant ( Tert ., Aj.ol. cap , 23).» Il aurait fait beau voirTerliillien reprocher aux païens que leurs mystères n’étaient que des impostures des démons pour les désabuser 1 Eh l ien! auraientils dit, ces démons dont vous avouez les opérations et les influences dans nos mystères ne sont-ils pas dieux? Et ne faut-il pas que notre religion soit divine, puisqu’elle en reçoit les inspirations et les vertus surnaturelles?
Origène n'aurait pas été moins absurde que Tertullien; car après avoir avancé que pour rendre la Pythie suspecte et décréditer les oracles, il n’aurait qu’à se servir de l’autorité d’Epicure et des Grecs, il ajoute : « Mais je veux bien que ce ne fussent point des fictions ni des impostures; voyons si en ce cas il serait nécessaire que quelque dieu s’en fût mêlé, et s’il ne serait pas plus raisonnable d’y faire présider de mauvais démons et des génies ennemis du genre humain ( Orig.f vont. Cels. lib. vu).
L’argument que Laclance emploie contre tes païens pour leur prouver que leurs dieux, quelque puissants qu’ils les conçussent, ne pouvaient se faire obéir par les démons, aurait été fondé sur un faux- principe. «Ou, dit-il, il y a quelque alliance entre les dieux et les démons, ou ils sont ennemis ; s’il y a de l’alliance, comment la discerneronsnous, 6u comment mêlerons-nous l'honneur et le culte des ups et des autres? S’ils sont ennemis, pourquoi les démons ne craignentils pas les dieux, ou pourquoi les dieux ne peuvent-ils pas faire fuir les démons? Voyez un possédé; il extravague, il s’emporte, il est furieux. Menons-le au temple deJupi er; mais, parce que Jupiter ne saurait guérir les hommes, conduisons-le dans celui d’Esculape ou d’Apollon; que les prêtres l’exorcisentchacun au nom de son dieu,aGn quece mauvais esprit l’abandonne : cela ne se pourra jamais faire. Quelle est donc la force de vos dieux, si les démons ne leur sont pas assujettis?» Et un peu après : «Or ce sont cependant ces mêmes démons qui leur sont exécrables ( Lact ., lib. iv, c. 27).» En vérité y aurait-il le moindre sens dans tous ces passages? Les païens ne les auraient-ils pas vigoureusement rétorqués pour soutenir la divinité de leurs mystères, si les démons leur avaient été pour lors des êtres si sacrés et tout-puissants?
Je n’en dirai pas davantage. Il reste à vous entretenir des mystères des païens. Mais auparavant vous voudrez bien, Monsieur, que j’observe que, quoique les Grecs et les Romains en rapportassent l'institution, les uns aux démons, et les autres aux dieux , ils