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SIXIÈME LETTRE

Sommaire. — Si tous les peuples ont cru des démons , quelque fabuleuses que soient leurs opinions, l’on en conclut leurs opérations. Réflexions sur la manière dont M. Bekker explique ce que les voyageurs nous rapportent des opérations des démons sur les peuples barbares qui ont été inconnus à notre hémisphère. On examine le chapitre 2k de son premier livre. Il tâche d'y changer l'état de la question. L'on rétorque contre M. Bekker ce qu'il dit des Pères de l'Eglise.

Monsieur,

Après avoir levé les principales difficultés que vous avez opposées à la preuve que j’ai employée, savoir, que si l’Ancien Testament enseigne l’existence des anges en général , il établit aussi leurs opérations, je me servirai d’un principe semblable par rapport à tous ce* peuples barbares qui, n’ayant eu aucune connaissance des livres saints, ont cependant cru à l’existence et aux opérations des démons.

C’est, dit-on, ce qu’ils ont cru sans raison. Les erreurs se suivent de près. Ils se sont forge des caeodémons , des goquis, des ralsasias, des mapoïas, etc., et ils leur ont attribué des opérations aussi bizarres que les noms qu’ils leur ont donnés.

Que ces opérations soient autant de chimères, nous les abandonnons pour un moment au jugement de M. Bekker. Mais, au moins, il faudra qu’il avoue d’abord que tous les païens anciens et modernes, européens, asiatiques, américains, septentrionaux et méridionaux, conviennent en ces trois points principaux , qui sont d'une vérité incontestable : 1° Qu'il y a seulement un premier Etre, ou une Divinité suprême ; 2° qu'il y a des esprits qui ont eu un commencement, et qui sont distingués des âmes humaines; 3° que ces esprits sont ou bons ou mauvais : que les

TRAITE HISTORIQUE DES DIEUX ET DES DEMONS DU PAGANISME. 1002

uns sont amis des hommes, et que les autres sont leurs ennemis ( Liv . i, pag. 133, 134).

Voici donc tous les peuples du monde imbus de l’opinion des démons. L’on infère de cet aveu que ce qu’ils en savent, quelque erroné qu’il soit, doit leur être connu par la voie d’opération. Et pour mettre cette vérité dans un nlein jour, faites, s’il vous plaît, cette remarque : c’est qu’il est impossible qu’une seule et même créance, universellement répandue et constamment reçue, puisse être entièrement fausse dans le fond. Je dis universellement ; car je prends ce terme d’universel dans sa signification naturelle, pour signifier ce consentement unanime de toutes les nations, aussi bien de celles qui ont été inconnues à notre continent, que des autres avec qui l’on a pu avoir quelques liaisons, j’ajoute constamment, pour mettre de la différence entre la créance solide des démons et les opinions qui, n’ayant rien de fixe, ne durent que quelque temps. Je me sers aussi de cette restriction, dans le fond, pour ne pas confondre avec la substance de cette doctrine les idées erronées sous lesquelles on l'a conçue, et qui ont été diverses, selon la diversité des illusions produites par l’imagination. En ce sens, c’est une absurdité de soutenir que les démons étant de pures chimères selon l’opinion des peuples, ils les aient universellement et constamment admis.

L’imagination peut bien se forger des Pégases et des montagnes d’or. Mais , d’abord, quoique ces fictions n’existent pas formellement telles, la matière dont elles sont composées existe hors de l’entendement, et par conséquent il faudrait qu’il y eût certaines idées qu8 l’imagination aurait rassemblées pour en composer les démons. Outre cela, cesproductions chimériques, n’ayant rien de fixe, ne pourront avoir été universelles et constantes.

Les vérités naturelles peuvent être universellement reçues, 1° parce que Dieu les a gravées dans l’entendement de tous les hommes : ils n’ont qu’à consulter ces notions générales pour en apercevoir l’évidence; 2° parce que le propre d’une vérité est d’être simple et droite : comme un corps se détermine naturellement à décrire une ligne droite, et qu’il y persévérerait éternellement s’il ne rencontrait d’autres corps qui rendent son mouvement oblique, ainsi les vérités déterminent l’homme à suivre toujours la rectitude de leurs impressions, et il y persévérerait s’il n’en était détourné par la corruption de sa nature; 3° les vérités sont plus universelles, parce qu’elles sont plus anciennes que les erreurs. Ce qui est le premier est toujours vrai, et ce qui est venu après est faux. C’est pourquoi les vérités étant autant de principes, il est naturel d’y tendre.

Examinez, Monsieur, si les chimères que l’imagination produit ont ces conditions. Dieu les a-t-il empreintes dans l’esprit? Nullement; il conduirait l’homme dans l’erreur. Sont-elles sirnples'el droites? Point du tout; au contraire ce sont des inventions et des fictions de l’imagination , laquelle, Digtionn. des sciences occulteSi IL

n’ayant rien d’arrêté à cause de la multiplicité et de la diversité de ses opérations, s [égare et s’évapore en une infinité de rêveries. Enfin, ont-elles le caractère do priorité que toutes les vérités portent? Ce serait avancer une contradiction; car une chose imaginée n’est tel lo que parce qu’elle est postérieure aux idées que l’imagination rassemble.

Si donc les démons ont été, par rapport, aux païens, de pures chimères, ces chimères auront été constamment reçues de tous les peuples, comme si Dieu- lès avait gravées dans leurs esprits. Elles auront été admises comme des vérités de simple démonstration, quoiqu’elles empruntent ieur nature et leur existence de la diversité des conceptions, qui ne sauraient être uniformes chez tous les peuples. Elles auront eu leur origine dès la fondation du monde, et se seront conservées jusqu’à nous , et cependant ce seront des fictions qui dépendent du caprice de l’homme, La seule proposition de ces absurdités sulfit pour les réfuter.

Depuis la dispersion des peuples, il est assez probable que les Américains n’ont eu aucune communication avec le reste du monde. L’histoire ne nous en donne aucune certitude : et néanmoins ces fictions sur les démons se seront conservées parmi eux pendant un grand nombre de siècles, nonobstant leur ignorance, leur brutalité, leurs extravagances 1 Non, Monsieur, afin qu’une créance se perpétue, elle doit avoir quelque chose de solide; autrement il est évident que l’esprit s’abandonnera à la vanité de ses conceptions, que d’une erreur il se précipitera dans une autre, s’il n’y a rien qui l’arrête et qui le détermine.

Mais direz-vous, vous ne pouvez pas soutenir que la connaissance des démons porte ces caractères propres aux vérités naturelles : Dieu ne les a point gravées dans l’entendement , et la raison quelque éclairée qu’elle soit ne saurait s’élever jusque-là sans le secours de la révélation? Ne voyezvous pas, Monsieur, que vous me conduisez naturellement à tirer une conséquence à laquelle je ne prévois pas que l'on puisse rien objecter de raisonnable : c’est que si les démons ont été universellement et constamment admis de tous les peuples du monde, il faut que cette connaissance découle de quelque cause solide. Elle ne vient ni de l’Ecriture, ni de la raison, ni de l’imagination; elle dérive donc uniquement des opérations mêmes des démons.

Sur ce principe, il n'y a rien de plus facile que de rétorquer les’objections de M. Bekker contre lui-même. Car ces préjugés et celle corruption générale du paganisme sur la doctrine des démons, bien loin d’en détruire la vérité, la supposent au contraire. On ne saurait former de préjugés sur un pur néant; or, si les démons n’ont point été connus des païens par la voie d’opération, ils ont dû être chez eux de purs néants, et par conséquent ils n’ont pu en former aucuns préjugés. Ma majeure est sans contestations. Lo

néant ne fournit aucunes idées : Nihili nullœ surit affecliones. On a beau méditer sur le rien, on n’y trouvera que le néant. Et c’est, pour le dire en passant, l’abus de ce principe qui a porté les philosophes modernes à soutenir l’infinité de l’étendue , parce qu’il est impossible, selon eux, d’y poser de certaines limites, que l’on ne conçoive toujours au delà quelque étendue que l’esprit même ne saurait définir. Mais on se trompe : si l’on ne peut pas s’imaginer une certaine étendue renfermée dans de certaines bornes, on doit seulement en conclure que, le rien ne pouvant être l’objet de notre perception, ce serait une absurdité de prétendre y trouver quelques affections. Ainsi, je puis donner à l’étendue des limites, sans que je sois obligé d’établir ancun vide dans la nature, ou que l’évidence de mon idée soit obscurcie, parce que je puis aussi bien dire qu’il n’y a rien après cette vaste étendue , que je dis qu’il n’y avait rien avant la création. Ces deux choses, si on les examine sans passion, ont les mêmes notions. Et pour ce qui est de l’objection ordinaire, que l’esprit ne saurait concevoir une étendue bornée d’un rien, c’est parce que le néant ne fournit de luimême aucunes idées, mais seulement par opposition à l’être.

Si donc les démons sont de purs néants, à les considérer tels que les peuples les ont conçus, il est impossible qu’ils en aient eu le moindre préjugé , parce qu’un préjugé renferme dans sa signification un sujet qui fournit à l’entendement quelques idées, qui, n’étant pas assez bien développées, ne permettent point à la volonté d’en porter un jugement vrai ; si elle en décide, elle tombera dans ce que l’on appelle un préjugé.

Ma mineure est évidente. Si les démons n’ont point été connus par la voie d’opération , ils ont été chez les païens de purs néants. Ni la révélation, ni la raison ne leur ont point donné celte connaissance, et par conséquent ma conclusion est nécessairement vraie : ces peuples n’en ont pu former aucuns préjugés. Car il en est de l’entendement à peu près comme d’un miroir. Il doit y avoir quelque chose qui lui imprime sa ressemblance. Autrement il ne concevrait jamais les moindres idées. Et s’il ne les représente pas aussi pures et aussi naturelles qu’elles lui ont été proposées, c’est que ce miroir étant infidèle et défectueux, il n’en reçoit et n’en réfléchit les traits que d’une manière difforme.

Je ne ferai que ces deux réflexions sur les difficultés que M. Bekker propose pour éluder tout le merveilleux que les voyageurs racontent sur la magie des peuples et les opérations des diables, dont ils les disent les aveugles victimes.

La première, c’est qu’il oppose à ces faits d’autres expériences particulières qu'il est facile d’expliquer naturellement. Voici comment il procède. S’il s’agit de quelque fait accompagné d’une dizaine de circonstances extraordinaires , il en fait une espèce de squelette; il rapporte une autre dizaine de

faits particuliers , cl compare, non un fai, avec un autre fait de même nature, ce qu’il devrait faire pour établir un juste parallèle, mais chaque circonstance d’un seul et même fait avec un autre fait. Et comme, en suivant celle méthode, il est impossible qu’il n’y trouve quelque conformité, il se moque partout de la crédulité du genre humain.

Dans la seconde remarque, je vous ferai observer combien est faible la solution que M. Bekker donne des opérations merveilleu ses des démons sur les idolâtres, qu’il allègue dans son premier livre, et qu’il prétend naturellement expliquer dans son second.

Ceux, dit-il, qui ne connaissent point chrétiennement Dieu, ne connaissent point aussi le diable ( Liv . i, pag. 60).

Si je voulais nier les opérations du corps, j’aurais bonne grâce d’établir ce principe, que ceux qui ne connaissent pas l’âme, no connaissent point aussi le corps. Car la question n’est pas de savoir si la nature de l’âme consiste dans la pensée , et celle du corps dans l'extension , pour connaître qu’il agit. Un paysan en saura là-dessus autant qu’un philosophe. Il se moquerait avec raison de M. Bekker, s’il voulait lui persuader que, parce qu’il ignorerait la nature de l’âme et du corps et les lois du mouvement, il aurait tort de sentir un soufflet qui lui aurait été chaudement appliqué. De même, Monsieur, c’est vouloir plaisanter que de nier les opérations des démons sur les sauvages du Brésil, par exemple, parce qu’ils ne sont pas assez bons théologiens pour s’élever à la connaissance de Dieu et des mystères que sa parole nous a révélés , ou parce qu’ils ignorent la vraie doctrine des démons.

Il est vrai , ces peuples ne connaissent point le diable chrétiennement. Ils n’ont jamais entendu parler de la création des anges, de leur spiritualité, de leur chute; ils en auraient peut-être conclu avec nous leurs opérations sur la terre. Quelques passages mal entendus, quelques termes mal traduits, les auraient fait donner dans notre sentiment ; car il y a dans l'Ecriture sainte des expressions qui semblent favoriser la commune créance que presque tous les hommes en général ont déjà touchant le diable (Liv. î, pag. 363). Us auraient cru de bonne foi que Dieu, qui ne peut tromper l’homme, au lieu d’aider leur penchant naturel à la superstition, les en aurait plutôt détournés.

Je crois avoir suffisamment répondu aux principales objections de M. Bekker; c’est pourquoi il serait inutile d’examiner le chapitre 24 de son premier livre, où l’on peut dire qu’il travestit des riens en de grandes choses. Elles se réduisent toutes à l’examen des préjugés dont il veut que tous les peuples , et particulièrement les chrétiens , soient imbus dès leur naissance sur les opérations des démons ; préjugés qui se grossissent avec l’âge par la mauvaise éducation, par des études mal dirigées, etc.

Ce sont autant de faux brillants qui no servent qu’à égarer l’état de la question, eu

éblouissant lo lecteur. Car c’est ainsi que j’appelle ce grand amas de raisonnements, qui prouvent tout au plus que les peuples grossièrement prévenus et séduits ont étrangement corrompu la vraie doctrine des démons. Non philosophorum judicia , sed delir intium somnia. Mais cela ne prouve nullement que le fond de cette doctrine soit fabuleux, et que les opérations des démons soient de pures chimères. L’abus que l’on fait d’une vérité ne la détruit pas.

Ensuite, M. Bekker dresse un tribunal d’inexorable inquisition, où il cite et condamne le sacré et le profane, comme étant également animés d'un zèle aveugle et brutal pour la religion , ou plutôt pour ce que l'on appelle religion ( Liv . i, pag. 361).

Sæpe Jovem vidi, cum sua mittere velfct Fulmina, thure dato, suslinuisse manum.

Nous n’examinerons que ces deux chefs d’accusation que M. Bekker intente aux premiers Pères de l’Eglise. Par l’examen que nous en allons faire, vous pourrez juger du reste. Les premiers Pères de l'Eglise , dit notre auteur, ayant d'abord été imbus de cette philosophie corrompue, n’ont pas seulement eu la pensée de se défaire de leurs préjugés , en s’appliquant à l'exposition ou à la traduction de l'Ecriture ; au contraire ils en ont répandu le caractère dans tout ce qu’ils ont fait, etc. Et c’est par ce moyen que leurs doctrines touchant les malins esprits nous ont été insensiblement transmises comme en héritage (Liv. i, pag. 371, 872). On ne peut rien lire de plus absurde, et vous en conviendrez si vous voulez bien examiner une remarque que je vais faire : c’est que si l’Eglise naissante n’a point cru, du temps de Jésus-Christ et de ses apôtres, les opérations des diables sur la terre , celle du ue siècle n’a pu avoir ce sentiment. Permettcz-moi, pour éclaircir ma pensée , d’aliéguer ici ce qu’Eusèbe rapporte de Polycarpe, évêque de Smyrnc. Il nous apprend que saint lrénée dit avoir vu Polycarpe. Voici les paroles de cet historien , telles qu’il les a tirées du îir livre d’irénée sur les Hérésies. Polycarpe , dit-il, ( Euseb.y lib. ni, cap. 14), n’a pas seule-

(1) Nous faisons grâce à nos lecteurs du morceau qui termine ce petit ouvrage, où Fauteur justifie sa secte d’avoir conservé, avec l’Eglise Romaine, la doctrine des opérations et de l’influence des démons. Un a vu au Dictionnaire que Bekker, en niant celte doctrine, perdit sa place de ministre. Binet, en prenant ici la défense de Luther et de Calvin, que son adversaire accuse de n'avoir pas pensé à repurger l'Eglise d'un dogme si damnable, lui demande à son tour pourquoi il ne s’élève pas contre lanl d’autres erreurs capitales conservées dans l’Eglise Romaine. Il conclut cette sixième lettre parla plaisanterie que voici : « Pourquoi, demande M. Bekker, avoir fait du pape et du diable deux frères? Pourquoi n’en pas faire une même personne ? M. Bekker me

ment été établi par les apôtres: il n'a pas seulement conversé avec plusieurs qui ont vu le Christ ; mais il a aussi été constitué par les apôtres évêque de Smyrne en Asie, et nous l’avons vu dans notre jeunesse.

Remarquez bien ce passage, Monsieur :

vous y voyez une tradition vivante, un Polycarpe qui a vécu vers le commencement du ne siècle; car il souffrit le martyre l’an 170, après avoir été établi parles apôlres évéque de Smyrne, après avoir conversé avec plusieurs qui ont vu le Christ, et particulièrement avec l’apôtre saint Jean ; vous y voyez, dis-je, un Polycarpe qui a été contemporain de Justin Martyr, de Clément d’Alexandrie, qu’Irénée dit avoir vu dans sa jeunesse, qui avait en horreur les superstitions, qui aime mieux mourir que de jurer par la fortune de l’empereur, et qui cependant aura été imbu d’une erreur aussi abominable qu’est celle des opérations des démons.

Justin Martyr, par exemple, aura enseigné et de vive voix et par écrit ces fictions, sans que l’Eglise, qui avait encore la mémoire toute fraîche des instructions des apôtres, où il se trouvait des vieillards qui avaient vu saint Jean, se soit soulevée contre cette innovation. Tous ces Pères si rigides, presque contemporains de Jésus-Christ, auront oublié la vraie signification de ces termes de Satan, de Diable, de Démons, et auront donné aveu-» glément dans les superstitions païennes 1

Pourquoi non? me dira-t-on. Justin Martyr n’a-t-il pas donné dans l’erreur la plus grossière, en croyant que quelques-uns des anges déchurent , à cause de leur passion pour les femmes , et que de leur commerce avec elles naquirent les démons ( Justin . Mart. , Apol. i) ? Je changerai l’objection en preuve : Par conséquent, dirai-je, les opérations des démons étaient alors incontestables. C’est une vérité que l’erreur même de ce Père suppose. Lisez là-dessus la suite de ce passage

Je finirai nos entretiens en vous faisant observer avec combien peude raison M. Bekker tâche de noircir la mémoire de nos premiers réformateurs (1).

Adieu, Monsieur, je suis, etc.

suggère cette pensée, en disant que celui qui se vante d’être le successeur de saint Pierre ne doit pas se formaliser si on lui donne le même nom que Notre -Seigneur donna à cetapôtre.(Div. n, pag. 301). Quel terrible préjugé c’eût été d’attribuer personnellement au pape tous ces noms, ces passages, ces descriptions, ces idées affreuses sous lesquelles on a jusqu’ici conçu le diable ! La chose était des plus faciles : expliquez ces termes de Satan, de Diable, de Démons, par ceux d’adversaire, de calomniateur, de pensées mauvaises, et vous aurez le portrait fidèle de l’Aiilechrist. Après cela, le pape n’eût osé paraître : trop heureux s’il lui eût été permis de se confiner dans quelque monastère ! » (Edit.)

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