REPONSE A L’HISTOIRE DES OR
co n’était pas Dieu ni aucun bon esprit, mais les démons qui les rendaient.
Ch ap. xiii. — Troisième raison supposée oux anciens chrétien < ; la convenance de leur opinion avec la philosophie de Platon. L’historien avance que presque tous les anciens chrétiens savants ont é lé platoniciens. Réfutation des idées étranges qu’il débite sur ce sujet. Les anciens chrétiens et les Pères de l Eglise ont réfuté fortement les erreurs de Platon , bvn loin d'embrasser sa secte.
Je viens à présent à la troisième raison, pour laquelle vous prétendez que les anciens chréiiens ont cru les oracles rendus par les démons. C’est , dites-vous , à cause de la convenance cle leur opinion avec la philosophie de Platon. Sur cela vous débitez bien des choses qui ne me paraissent pas moins extraordinaires que celles que vous avez avancées jusqu’ici. Jamais, dites-vous, philosophie n’a été plus à la mode que fut celle de Platon chez les chrétiens pendant les premiers siècles de l'Eglise. Les païens se partageaient encore entre les différentes sectes de philosophes ; mais la conformité que l’on trouva qu'avait le platonisme avec la religion, mit dans cette seule secte presque tous les chrétiens savants. Voilà qui est assurément nouveau. Ce ne sont plus les Juslin. les Pantène, les Aristide, les Athénagore et un grand nombre d’autres philosophes, qui quiltentleurs sectes pour embrasser le christianisme, comme on l’a cru jusqu'à présent; mais ce sont eux et presque tous les autres chrétiens savants des premiers siècles, qui abandonnent le christianisme pour suivre la secte de Platon , ou qui font un affreux mélange d< s dogmes et de la doctrine de l’Evangile avec les égarements de ce philosophe païen. Ainsi ils enseignent avec lui la pluralité des dieux , la métempsycose, la communauté des femmes, l'homicide et un grand nombre d’autres erreurs détestables. 11 ne reste plus qu’à ajouter que c’est pour soutenir la philosoi hie de Platon qu’ils ont écrit tant de livres et d'apologies, essuyé tant de persécutions, souffert lant de tourments , et donné enfin leur vie au milieu des plus cruels supplices.
De là vint, continuez-vous, l’estime prodigieuse dont on s’entêta pour Platon. On le regarda comme une espèce de prophète... aussi ne manqua-t-on pas de prendre ses ouvrages pour des commentaires de l’Ecriture, et de concevoir la nature du Verbe comme il l’avait conçue. Quoi! Monsieur, les anciens eh rétiens ont clé entêtés de Platon jusqu’à ce point, que de le regarder comme une espèce de prophète, et de prendre ses ouvrages pour des commentaires de l’Ecriture? Nous sommes donc bien malheureux d’avoir reçu la foi de ces anciens chrétiens! Quel danger qu’au lieu de nous avoir transmis la doctrine de Jésus-Christ et des apôtres , ils ne nous aient débité que les idées et les égarements
(1) August., Retracl. lib. î, cap. 1 : t Laos quoque Ipsa qua Plalonem vel platonicos sive acadernicos philosoplios tantum extuli , quantum impies liomines