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paravant, sur le compte de Louise de Rudes, seconde femme de Henri I" , connétable de Montmorency , laquelle mourut soupçonnée * de poison en 1599. Celle dame avait été extrêmement belle; elle devint, un moment avant sa mort, si noire et si hideuse, qu’on ne la pouvait regarder qu'avec horreur ; ce qui donna lieu à divers jugements sur la cause de sa fin, et fit conclure que le diable , avec qui l’on suppose qu’elle avait fait un pacte dans sa jeunesse, était entré dans sa chambre sous la figure d’un petit vieillard habillé de noir, et l’avait étranglée dans son lit.

NIRÜDY, roi des démons malfaisants chez les Indiens. On le représente porté sur les épaules d’un géant et tenant un sabre à la main.

NISSE et N1SSEGODRENG , lutin. Voy.

Diable.

N1TOÈS, démoos ou génies que les habitants des îles Moluques consultent dans les affaires importantes. On se rassemble ; on appelle les dénions au son d’un petit tambour, on allume des flambeaux , et l’esprit paraît, ou plutôt un de ses ministres; on l’invite à boire et à manger; et, sa réponse faite, l’assemblée dévore les restes du festin.

N1XES. Voy. Nickar.

NOALS (Jeanne), sorcière qui fut brûlée par arrêt du parlement de Bordeaux, le 20 mars 1G19, pour avoir chevillé le moulin de Las-Coudourleiras , de la paroisse de Végenne. Ayant porté un jour du blé à moudre à ce moulin avec deux autres femmes, le meunier, Jean Destrade , les pria d’attendre que le blé qu’il avait déjà eepuis plusieurs jours fût moulu ; mais elles s’en allèrent mécontentes, et aussitôt le moulin se trouva chevillé, de façon que le meunier ni sa femme n’en surent trouver le défaut. Le maître du moulin ayant été appelé, il s’avisa d’y amener ladite sorcière , qui , s’étant mise à genoux sur l’engin avec lequel le meunier avait coutume d’arrêter l’eau, fit en sorte qu’un quart-d’heure après le moulin se remit à moudre avec plus de vitesse qu’il n’avait jamais fait (1).

NOCTAMBULE. Voy. Ninon.

NODIER (Charles), spirituel auteur de Trilby ou le lutin d’Argail (Argyle) , et de beaucoup d’écrits charmants où les fées et les follets tiennent poétiquement leur personnage.

NOËL (Jacques), prétendu possédé et peut-être obsédé, qui fit quelque bruit en 1G67. Il était neveu d’un professeur de philosophie au collège d’Harcourt à Paris, il s’imaginait sans cesse voir des spectres. Il était sujet au convulsions épileptiques, faisait des grimaces, des contorsions, des cris et des mouvements extraordinaires. On le crut démoniaque, on l’examina ; il .prétendit qu’on l’avait maléficié, parce qu’il n’avait pas voulu aller au sabbat. 11 assura avoir vu le diable plusieurs fois en différentes

(!) Dplancre. Incrédulité ei mécréance de la divination, «L sortilège, oie., tr. 0, p. 3IH.

formes (2). On finit par découvrir qu’il était fou.

NOH, nom du premier homme selon les Hottentots, lis prétendent que leurs premiers parents entrèrent dans le pays par une porte ou par une fenêtre; qu’ils furent envoyés de Dieu même, et qu’ils communiquèrent à leurs enfants l’art de nourrir les bestiaux avec quantité d’autres connaissances.

NOIX. « Un grand secret est renfermé dans les noix ; car si on les fait brûler, qu’on les pile et qu’on les mêle avec du v:n et de l’huile, elles entretiennent les cheveux et les empêchent de tomber (3), »

NOMBRE DEUX. Depuis Pythagore, qui avait regardé le nombre deux comme représentant le mauvais principe, ce nombre était aux yeux de l’Italie le plus malheureux de tous ; Platon, imbu de cetie doctrine, comparait le nombre deux à Diane, toujours stérile, èt partant peu honorée. C’est d’après le même principe que les Romains avaient dédié à Pluton le deuxième mois de l’année et le deuxième jour du mois; parce que tout ce qui était de mauvais augure lui était spécialement consacré.

Diverses croyances s’attachaient à quelques autres nombres. Voy. Neuf, etc.

NONO, génies malfaisants que les Indiens des îles Philippines placent dans des sites extraordinaires entourés d’eau; iis ne passent jamais dans ces lieux, qui remplissent leur imagination d’effroi, sans leur en demander permission. Quand ils sont attaqués de quelque infirmité ou maladie, ils portent à ces génies, en forme d’offrande, da riz, du vin, du coco, et le cochon qu’on donne ensuite à manger aux malades.

NORNES, fées ou parques chez les Celles. Elles dispensaient les âges des hommes , et se nommaient Urda (le passé), Verandi (le présent), et Skalda (l’avenir).

NQSTRADAMUS (Michel), médecin et astrologue, né en 1503 à Saint-Remi en Provence , mort à Salon eri 1566. Les talents qu’il déploya pour la guérison de plusieurs maladies qui affligeaient la Provence lui attirèrent la jalousie de ses collègues ; il se retira de la société. Vivant seul avec ses livres, son esprit s’exalta au point qu’il crut avoir le don de connaître l’avenir. Il écrivit ses prédictions dans un style énigmatique ; et pour leur donner plus de poids, il les mit en vers. lien composa autant de quatrains, dont ii publia sept centuries à Lyon en 1555. Ce recueil eut une vogue inconcevable; on prit parti pour le nouveau devin ; les plus raisonnables le regardèrent comme un visionnaire, les autres imaginèrent qu’il avait commerce avec le diable, d’autres qu’il était véritablement prophète. Le plus grand nombre des gens sensés ne virent en lui qu’un charlatan qui, n’ayant pas fait fortune à son métier de médecin, cherchait à mettre à profit la crédulité du peuple. La meilleure de ses visions

(2) Lettres de Saint-André sur la magie, ele,

(3) Albert le Grand, p. 11)9.

est celle qui lui annonça qu’il s’enrichirait à ce métier. Il fut comblé de biens et d’honneurs par Catherine de Médicis, par Charles IX et par le peuple des petits esprits. Le poêle Jodelle fît ce jeu de mots sur son nom :

Nonra damus cura falsa damus, nam fallere nostrum est ;

Et cum falsa damus, nil nisi noslra damus.

Ce n’est point merveille, dit Naudé, si, parmi le nombre de mille quatrains, dont chacun parle toujours de cinq ou six choses différentes, et surtout de celles qui arrivent ordinairement, on rencontre quelquefois un hémistiche qui fera mention d’une ville prise en France, de la mort d’un grand en Italie, d’une peste en Espagne, d’un monstre, d’un embrasement, d’une victoire ou de quelque chose semblable. Ces prophéties ne ressemblent à rien mieux qu’à ce soulier de Théramène, qui se chaussait indifféremment par toutes sortes de personnes. Et quoique Chavigny, qui a lani rêvé là-dessus, ait prouvé, dans son Janus français, que la plupart des prédictions de Nostradamus étaient accomplies au commencement du xvne siècle, on ne laisse pas néanmoins de les remettre encore sur le tapis. 11 en est des prophéties comme des almanachs ; les idiots croient à tout ce qu’ils y lisent , parce que sur mille mensonges ils ont rencontré une fois la vérité. Nostradamus est enterré à Salon; il avait prédit de son vivant que son tombeau changerait de place après sa mort. On l’enterra dans l’église des Cordeliers, qui fut détruite. Alors le tombeau se trouva dans un champ, et le peuple est persuadé plus que jamais qu’un homme qui prédit si juste mérite au moins qu’on le croie (lj.

« Un livre publié en 1688, à Lille, par un nommé Lefèvre, prévôt et théologal de l’église d’Arras, prouve qu’il y a eu des prophètes aujourd’hui oubliés, et qui ont rencontré assez juste. Ce livre rare est intitulé : Lu destin, et traite de toutes les prédictions qui se sont réalisées. L’auteur place en première ligne la prédiction des guerres malheureuses de François Ier, et la prophétie de la réforme protestante, contenue, dit-il, dans le Mirabilis liber, souvent réimprimé au commencement du xvie siècle. Il prétend que le Mirabilis liber annonce la naissance de Luther elles malheurs de l’Eglise catholique. Au surplus , l’ouvrage en question , quoiqu’il n’ait rien de miraculeux , a été remis en lumière au commencement de la révolution française, et l’on a tenté d’en faire l’application prophétique aux événements de 1789.

j « La puissance ottomane, si longtemps redoutable, aujourd’hui abattue et presque dé-

I truite, a commencé à faiblir sous Louis XIY, à la même époque où les Pyrénées s’effacaient et où la maison de Bourbon réunissait sous sa loi l’Espagne et la France. L’auteur du livre du Destin vous apporte la pro-

(1.) De Thou rapporte que le fils de Nostradamus se disait héritier du don de son père, et se mêlait de prédire comme lui. Lorsqu’on assiégeait le Pousin, en Dauphiné, interrogé par Saint-Luc sur le sort qui attendait le Pousin, il lui répondit : — « U périra parle feu. » — Pendant que

phétie suivante, extraite du Chant du co,cq français, où sont rapportées les prophéties d’un ermite, Allemand de nation, lequel vivait il y a six vingts ans : «Quand l’Espagne, dit ce Cocq gaulois, sera réunie à la France, alors sera détruite la puissance ottomane. » Du moins, ces paroles sont claires : or, celles de Nostredame ne l’étaient pas. Maisvoici une pronostication plus bizarre encore dans sa justesse. Le théologal Lefèvre ne pouvait pas en deviner l’application. C’est M. Charles Nodier qui l’a déterrée, lui, dont l’érudition ingénieuse a recueilli dans ses Mélanges tant de curiosités antiques : artiste habile qui enchâsse dans la nacre et dans l’or de vieux débris qu’il fait valoir. Cette prophétie est extraite de la Pronostication de Lichtemberg, livre rare, imprimé à Cologne en 1528, aux frais de Pierre Quentel. Nous traduisons littéralement, sur la foi des paroles latines rapportés par M. Nodier.

« Une aigle ( Napoléon ) viendra de l’Orient,

étendant ses ailes et cachera le soleil La

terreur sera grande dans le monde Le

lis (la famille des Bourbons) perdra la couronne, et l 'aigle la recevra »

« Telles sont les paroles expresses de Lichtemberg. Dans un autre ouvrage, non moins rare que le précédent, qui a pour titre : Présage de la décadence des empires (Meckelbourg, 1687), et que M. Nodier ne cite pas, se trouve une autre prophétie plus philosophique. L’auteur affirme que « d’après toutes les suppositions, les plus grands empires ne peuveut durer plus de quatorze siècles; et que par conséquent le terme total et le dernier âge de la monarchie française est marqué de 1700 à 1800. » A ces faits et à ces dates remarquables par leur précision, ajoutons un oracle plus précis encore. « Il court de notre temps, dit le sieur Covillard du Pavillon , dans ses contredits dirigés contre Nostradamus (Paris, Abel Langelier, 1560), une prophétie, d’après laquelle le monde planétaire , emblème du monde politique et social, est menacé d’une immense révolution qui doit commencer en 1789 et cesser vingl-cinq ans après. » Remarquons bien que le sieur du Pavillon se moque de cette prophétie. Celle-là s’est accomplie avec une exactitude assez singulière.

« Qu’on ne regarde pas la réputation de Nostredame comme la faute du xvr siècle, où le chancelier Bacon écrivait sur les sympathies, et où tout le monde raffolait d’astrologie judiciaire 1 Erreur; c’est que l’espèce humaine est faite ainsi, c’est qu’elle ne va jamais sans cet alliage. La puissance des Turcs n’est pas abolie; j’ai vu toute la haute société de Londres en mouvement à propos d’un second Nostredame qui demeurait dans Pall-Mall, et tous les salons de France s’entretenaient en 1815 de mademoiselle Le-

les soldats pillaient la place, continue l’historien, le fils du prophète y mit lui-même le l'eu en plusieurs endroits, afin que sa prédiction fût accomplie. Mais Saint-Luc, irrité de cette action, poussa son cheval contre le jeune astrologue qui en fut foulé aux pieds.

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