‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 35 sur 222 · NOS · texte numérisé non relu

NOS

tête. Elle n’était ni de France, ni d’Espagne, ni d’Angleterre, ni impériale. M. le duc d’Orléans, qui la considéra de tous ses yeux, ne put jamais la deviner ; il n’en avait jamais vu de semblable. Elle n’avait que quatre cercles, et rien au sommet. Cette couronne lui couvrait la tête. 11 était assurément alors bien éloigné d’être régent du royaume et de l’imaginer. C’était peut-être ce que celte couronne singulière lui annonçait. Tout cela s’était passé à Paris en présence de leur plus étroit intrinsèque, la veille du jour qu’il me le raconta , et je l'ai trouvé si extraordinaire, que je lui ai donné place ici.»

«Dupe, comme le régent, de quelque fantasmagorie, et ne sachant comment l’expliquer au moyen de sa philosophie et de son jansénisme, Saint-Simon attribue celle illusion aux ruses du diable, chef général et grand maître universel de tous les escamoteurs, sorciers et prophètes.

« Ce que j’admire en Nostredame, c’est qu’il sait toujours esquiver les écueils et se mettre parfaitement en règle. Il ne prétend pas que le démon l’inspire; il ne veut pas être brûlé ou pendu. « Moi (dit-il dans son incroyable dédicace à Henri II), je ne prétends pas à tel litre; je ne m’attribue rien de tel, jà, à Dieu ne plaise! Je confesse bien que le tout vient de Dieu simplement, et lui en rends grâce, honneur et louange immortelle. Je n’y mêle rien de la divination qui provient a fato. Cela vient a Deo , a natura, et la plupart du temps accompagné du mouvement du cours céleste ; tellement que voyant comme dans un miroir ardent , comme par vision obnubilée, les graves événements tristes, prodigieux et les principales adventures qui s’approchent...»

« Entourez Nostradamus d’un cadre romanesque , de personnages mystérieux et passionnés, de ces paysages âpres et ardents de la Provence; donnez-lui une jeunesse malheureuse et une richesse prophétique (à lui, qui a si tranquillement vécu de son métier de charlatan); adoptez la tradition populaire selon laquelle il s’est enfermé avec une lampe dans son propre tombeau; profilez de cette fiction pour créer dans ce sanctuaire lugubre une scène de fureur et de mort, de terreur et de rage dans le genre des scènes que l’Irlandais Mathurin a prodiguées ; répandez sur le tout un coloris assez vigoureux et assez éclatant, et vous parviendrez à vous représenter le vrai Nostredame au xvia siècle, que je vois d’ici , dans son grand fauteuil à bras , buvant à longs traits dans son hanap historié que lui a donné Catherine, jetant un coup d’œil de sarcasme et de ruse sur les momies, les cornues et les sphères de son laboratoire, et recevant à bras ouverts le niais Chavigny, qui, le feutre à la main, marchant d’un pied léger, entr’ouvrant la porte, craint de troubler la noble rêverie et la féconde méditation du prophète (1). »

NOTARIQUIï, une des trois divisions do

(1) Cs. Nous ne connaissons ce morceau que signé de ces deux lettres.

la cabale chez les Juifs. Elle consiste à prendre, ou chaque lettre d’un mot pour en faire une phrase entière, ou les premières lettres d’une sentence pour en former un seul mot.

NOYÉS. Les marins anglais et américains croient que retirer un noyé et l’amener sur le pont d’un navire qui va appareiller, c’est, si le noyé y meurt, un mauvais présage, qui annonce des malheurs et le danger de périr. Superstition inhumaine. Aussi laissent-ils les noyés à l’eau.

Voici une légende qui a été racontée par le poète QEhlenschlœger. Ce n’est point une légende, c’est un drame de la vie réelle. Un pauvre matelot a perdu un fils dans un naufrage, et la douleur l’a rendu fou. Chaque jour il monte sur sa barque et s’en va en pleine mer; là, il frappe à grands coups sur un tambour, et il appelle son fils à haute voix : — Viens, lui dit-il, viens ! sors de ta retraite 1 nage jusqu’ici ! je te placerai à côté de moi dans mon bateau ; et si tu es mort, je te donnerai une tombe dans le cimetière, une tombe entre des fleurs et des arbustes ; tu dormiras mieux là que dans les vagues. Mais le malheureux appelle en vain et regarde en vain. Quand la nuit descend, il s’en retourne en disant : — J’irai demain plus loin, mon pauvre fils ne m’a pas entendu (1).

NUIT DES TRÉPASSÉS. De tous les jours de l’année, il n’en est point que l’imagination superstitieuse des Flamands ait entouré de plus grandes terreurs que le 1er novembre. Les morts sortent à minuit de leurs tombes, pour venir, en longs suaires, rappeler les prières dont ils ont besoin, aux vivants qui les oublient. La sorcière et le vieux berger choisissent cette soirée pour exercer leurs redoutables maléfices. L’ange Gabriel soulève alors pour douze heures le pied sous lequel il retient le démon captif, et rend à cet infernal ennemi des hommes le pouvoir momentané de les faire souffrir... D’ordinaire la désolation de l'a nature vient encore ajouter aux terreurs de ces croyances; la tempête mugit, la neige tombe avec abondance, les torrents se gonflent et débordent; enfin la souffrance et la mort menacent de toutes parts le voyageur (2).

NUMA-PO.YIPIL1US, second roi de Rome.

Il donna à son peuple des lois assez sages, qu’il disait tenir de la nymphe Egérie. Il marqua les jours heureux et les jours malheureux, etc. (3).

Les démonomanes font de Numa un insigne enchanteur et un profond magicien.

Cette nymphe, qui se nommait Egérie, n’était autre chose qu’un démon qu’il s’était rendu familier, comme étant un des plus versés et mieux entendus qui aient jamais existé en l’évocation des diables. Aussi tient-

(1) Marmier, Traditions des bords de la Baltique.

(2) H. Berthoud, La Nuit de la Toussaint.

(3) Entre aut'reschoses il présenta aux Romains, un jour, un certain bouclier (qu’ou nomma ancile ou ancilie) et qu’il dit être tombé du ciel durant une peste qui ravageait l’Italie ; il prétendit qu’à la conservation de ce bouclier étaient attachées les destinées de l’empire romain, important secret qui lui avait été révélé par Egérie et les Muses. De peur qu’on n’enlevât ce bouclier sacré, il en fit

on pour certain, ditLeloyer, que ce fui par l’assistance et l’industrie de ce démon qu’il fit beaucoup de choses curieuses, pour se mettre en crédit parmi le peuple de Rome, qu’il voulait gouverner à sa fantaisie. A ce propos, Denys d’Halicarnasse raconte qu’un jour, ayant invité à souper bon nombre de citoyens, il leur fit servir des viandes simples et communes en vaisselle peu somptueuse; mais dès qu’il eut dit un mot, sa diablesse le vint trouver, et tout incontinent la salle devint pleine de meubles précieux, et les tables furent couvertes de toutes sortes de viandes exquises et délicieuses. Il était si habile dans ses conjurations, qu’il forçait Jupiter à quitter son séjour et à venir causer avec lui. Numa Pompilius fut le plus grand sorcier et le plus fort magicien de tous ceux qui ont porté couronne, dit Delancre; il avait encore plus de pouvoir sur les diables que sur les hommes. Il composa des livres de magie qu’on brûla quatre cetils ans après sa mort... Voy. Egérie.

NYBBAS , démon d’un ordre inférieur, grand paradiste de la cour infernale. II a aussi l’intendance des visions et des songes. On le traite avec assez peu d’égards, le regardant comme bateleur et charlatan.

NYMPHES, démons femelles. Leur nom vient de la beauté des formes sous lesquelles ils se montrent. Chez les Grecs, les nymphes, très-honorées , étaient partagées en plusieurs classes : les méfies suivaient les personnes qu’elles voulaient favoriser ou tromper; elles couraient avec une vitesse inconcevable. Les nymphes genetyllides présidaient à la naissance, assistaient les enfants au berceau , faisaient les fonctions de sages-femmes, et leur donnaient même la nourriture. Ainsi Jupiter fut nourri par la nymphe Mélisse, etc. Ce qui prouve que ce sont bien des démons, c’est que les Grecs disaient qu’une personne était remplie de nymphes pour dire qu’elle était possédée des démons. Du reste, les cabalisies pensent que ces démons habitent les eaux, ainsi que les salamandres habitent le feu ; les sylphes Pair, et les gnômes ou pygmées la terre. Voy. Ondins. — Pour la nymphe de Magdebourg et la nymphe de l’Ëlbe, voy. Nickar.

NŸNAULD (J. de) , auteur d’un traité De la Lycanthropie, publié en 1615.

NYOL, vicomtedeBrosse, poursuivi comme sorcier à la fin du xvr siècle. Il confessa qu’ayant entendu dire qu’on brûlait les sorciers, il avait quitté sa maison et en était demeuré longtemps absent. Ses voisins l’ayant suivi l’avaient trouvé dans une étable de pourceaux; ils l’interrogèrent sur différents maléfices dont il était accusé; il reconnut qu’il était allé une fois au sabbat, à la croix

faire onze autres, si parfaitement semblables, qu’il était impossible de les distinguer du vérilable, et que Nama lui-même fut dans l'impossibilité de le reconnaître. Les douze boucliers étaient échancrés des deux côtés, Numa en confia la garde à douze prêtres qu’il institua pour cet effet, et qu’il nomma Saliens ou Agonaux. Mamurius, qui avait fait les onze copies si habilement, ne voulut d’autre récompense de son travail que ia gloire de l’avoir convenablement exécuté.

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or-î

de la Motte, où il avait vu le diable en forme de chèvre noire; qu’il s’élait donné audit diable, sous promesse qu’il aurait des richesses et serait bien heureux au monde, « et lui bailla pour gage sa ceinture, partie de ses cheveux, et après sa mort un de ses pouces. Ensuite le diable le marqua sur l’épaule; il lui commanda de donner des maladies , de faire mourir les hommes et les bestiaux, de faire périr les fruits par des poudres qu’il jetterait au nom de Satan. 11 avoua encore que le diable l’avait fait danser au sabbat avec les autres sorciers, ayant chacun une chandelle; et que quand le.dia-

OaNNÊS ou DÈS, monstre moitié homme et moitié poisson, dans les vieilles mythologies de l’Orient; venu de la mer égyptienne, il sortait de l’œuf primitif, d’où tous les autres êtres avaient été tirés. 11 parut, dit Bérose, près d’un lieu voisin de Babylone. Il avait une tête d’homme sous une tête de poisson. A sa queue étaient joints des pieds d’homme, et il en avait la voix et la parole. Ce monstre demeurait parmi les hommes sans manger, leur donnait la connaissance des lettres et des sciences, ieur enseignait les arts, l’arithmétique, l’agriculture; en un mot, tout ce qui pouvait contribuer à adoucir les mœurs. Au soleil couchant , il se retirait dans la mer et passait la nuit sous les eaux. C’était un poisson comme on n’en voit guère.

OB, démon des Syriens, qui était, à ce qu’il paraît, ventriloque. Il donnait ses oracles par le derrière, organe qui n’est pas ordinairement destiné à la parole, et toujours d’une voix basse et sépulcrale, en sorie que celui qui le consultait ne l’entendait souvent pas du tout, ou plutôt entendait tout ce qu’il voulait.

OBEREIT (Jacques Hermann), alchimiste et mystique, né en 1725, à Arbon en Suisse, et mort en 1798. Son père avait eu le même goût pour l’alchimie, qu’il appelait l’art de perfectionner les métaux par la grâce de Dieu. Le fils voulut profiler des leçons que lui avait laissées le vieillard; comme sa fa-, mille était réduite à l’indigence, il travailla sans relâche dans son laboratoire; mais l’autorité vint le fermer, comme dangereux pour la sûreté publique. Cependant il réussit à prouver que ses opérations ne pouvaient nuire, et il s’établit chez un frère de Lavater. Depuis dix-huit ans, Jacques ( qui était fou) connaissait, disait-il, une personne qu’il nomme Théantis , bergère séraphique ; il l’épousa dans un château, sur une montagne entourée de nuages. « Notre mariage, dit-i|, n’était ni platonique ni épicurieu, c’était un état dont le monde n’a aucune idée. )i Elle mourut au bout de trentesix jours , et le veuf se souvenant que

(l) Rikius, Disc, sommaire des sortilèges, vénéüces, iiiuiàlries, etc.

ble se retirait enfin, eux tous se trouvaient transportés dans leurs maisons. » Vingt-huit témoins confrontés soutinrent que le vicomte de Brosse avait la réputation de sorcier, et qu’il avait fait mourir quatre hommes et beaucoup de bestiaux (1); il fut condamné.

NYPHO (Augustin), sorcier italien, qui avait un démon familier et barbu, dit Delancre (2), lequel démon lui apprenait toutes choses.

NYSROCK, démon du second ordre, chef de cuisine de Belzébuth, seigneur de la délicate tentation et des plaisirs de la table.

Marsay, grand mystique de ce temps , avait entonné un cantique de reconnaissance à la mort de sa femme, il chanta à gorge déployée durant toute ta nuit du décès de la sienne. 11 a publié , en 1776, à Augsbourg, un traité de la Connexion originaire des esprits et des corps , d'aprcs les principes de Newton. On lui doit aussi les Promenades de Gamaliet, juif philosophe, 1789.

OBÉRON, roi des fées et des fantômes aériens. 11 joue un grand rôle dans la poésie anglaise; c’est l’époux de Titania. Ils habitent l'Inde; la nuit, ils franchissent les mers et viennent dans nos climats danser au clair de la lune ; ils redoutent le grand jour et fuient au premier rayon du soleil, on se cachent dans les bourgeons des arbres jusqu’au retour de l’obscurité. Obéron est le sujet d’un poème célèbre de Wiéland.

OBOLE, pièce de monnaie que les Romains et les Grecs mettaient dans la bouche des morts, pour payer leur passage dans la barque à Caron.

OBSÉDÉS. Dom Calmet fait cette distinction entre les possédés et les obsédés. Dans les possessions, dit-il, le diable parle, pense, agit pour le possédé. Dans les obsessions, il se tient au dehors, il assiège, il tourmente, il harcelle. Saiil était possédé, le diable le rendit sombre; Sara, qui épousa le jeune Tobie, n’était qu 'obsédée, le diable n’agissait qu’autour d’elle. Voy. Possédés.

OCCULTES. On appelle sciences occultes la magie, la nécromancie, la cabale, l’alchimie et toutes les sciences secrètes.

OCHOSIAS, roi d’Israël , mort 896 ans avant Jésus-Christ. Il s’occupait de magie et consultait Belzébuth, honoré à Accaron. Il eut une fin misérable.

OCULOMANCIE, divination dont le but était de découvrir un larron , en examinant ta manière dont il tournait l’œil, après certaines cérémonies superstitieuses.

ODDON, pirate flamand des temps anciens, qui voguait en haute mer par magie, sans esquif ni navire.

ODIN, dieu des Scandinaves. Deux corbeaux sont toujours placés sur ses épaules

(2) Tableau de l’inconstuBcq des mauvais anges, eLc. îiv. v, p. 4L»,

et lui disent à l’oreille tout ce qu’ils ont vu ou entendu de nouveau. Odin les lâche tous les jours; et, après qu’ils ont parcouru le monde, ils reviennent le soir à l'heure du repas. C’est pour cela que ce dieu sait tant de choses, et qu’on l’appelle le dieu des corbeaux. A la fin des siècles, il sera mangé par un loup. II on a toujours deux à ses pieds; beau cortège 1 Les savants vous diront que l’un des corbeaux est l’emblème de la pensée; quelle pensée I et l’autre le symbole de la mémoire. Les deux loups figuraient la puissance. Il y a des gens qui ont admiré ce mythe.

Odin, à la fois pontife , conquérant, monarque, orateur et poëte, parut dans le Nord, environ soixante-dix ans avant Notre-Seigneur. Le théâtre de ses exploits fut principalement le Danemark. Il avait la réputation de prédire l’avenir et de ressusciter les morts. Quand il eut fini ses expéditions glorieuses, il retourna en Suède, et, se sentant près du tombeau, il ne voulut pas que la maladie tranchât le fil de ses jours, après avoir si souvent bravé la mort dans les combats. Il convoqua tous ses amis, les compagnons de ses exploits; il se fit, sous leurs yeux, avec la pointe d’une lance, neuf blessures en forme de cercle ; et au moment d’expirer, il déclara qu’il allait dans la ScytStie prendre place parmi les dieux, promettant d’accueillir un jour avec honneur dans son paradis tous ceux qui s’exposeraient courageusement dans les batailles ou qui mourraient les armes à la main. Toute la mythologie des Islandais a Odin pour principe, comme le prouve l’Edda , traduit par Mallet, à la tête de son Histoire de Danemark (1).

ODONTOTYRANNUS. Voy. Serpent.

ODORAT. Cardan dit, au livre xm de la Subtilité , qu’un odorat excellent est une marque d’esprit, parce que la qualité chaude et sèche du cerveau est propre à rendre l’odorat plus subtil, et que ces mêmes qualités rendent l’imagination plus vive et plus féconde. Rien n’est moins sûr que cette assertion; il n'y a point de peuple qui ait si bon nez que les habitants de Nicaragua, les Abaquis, les Iroquois ; et on sait qu’ils n’en sont pas plus spirituels. Mamurra, selon Martial, ne consultait que son nez pour savoir si le cuivre qu’on lui présentait était de Corinthe.

OEIL. Les Gorgones avaient un seul œil , dont elles se servaient tour à tour pour changer en pierres tous ceux qui les regardaient.

Les anciens font mention des Arimaspes , comme de peuples qui n’avaient qu’un œil , et qui étaient souvent aux prises avec les griffons, pour ravir l’or confié à la garde de ces monstres. Voy. Yeux.

(1) Le Livre unique, numéro neuf.

t'2) M. Salgues, Des Erreurs el des préjugés, etc.,l. I«r, p. 416.

(3) Des Erreurs et des préjugés, 1. 1", p. 392.

(4) Cicéron rapporte qu’un homme ayant rêvé qu’il mangeait un œuf frais, alla consulter l’interprète des souges qui lui dit que le blanc d’œuf signiliait qu’il aurait

OENOMANCIE, divination par le vin, dont on considère la couleur en le buvaut, et dont on remarque les moindres circonstances pour en tirer des présages. Les Perses étaient fort attachés à cette divination.

OENOTHÈRE, géant de l’armée de Charlemagne, qui d’un revers de son épée fauchait des bataillons ennemis comme on fauche l’herbe d’un pré (2).

OEONISTICE, divination par le vol des oiseaux. Voy. Augures.

OÈS. Voy. Oann&s.

OEUFS. On doit briser la coque des œufs frais, quand on les a mangés, par pure civilité ; aussi cet usage est-il pratiqué par les gens bien élevés, dit M. Salgues (3) ; cependant il y a des personnes qui n’ont pas coutume d’en agir ainsi. Quoi qu’il en soit, celle loi remonte à une Irès-haute antiquité. On voit, par un passage de Pline, que les Romains y attachaient une grande importance. L’œuf était regardé comme l’emblème de la nature, comme une substance mystérieuse et sacrée. On était persuadé que les magiciens s’en servaient dans leurs conjurations, qu’ils le vidaient et traçaient dans l’intérieur des caractères magiques dont la puissance pouvait opérer beaucoup de mal. Ou en brisait les coques pour détruire les charmes. Les anciens se contentaient quelquefois de le percer avec un couteau, et dans d’autres moments de frapper trois coups dessus. Les œufs leur servaient aussi d’augure. Julie, fille d’Auguste, étant grosse de Tibère , désirait ardemment un fils. Pour savoir si ses vœux seraient accomplis, elle prit un œuf, le mit dans son sein , l’échauffa ; quand elle était obligée de le quitter, elle le donnait à une nourrice pour lui conserver sa chaleur. L’augure fut heureux, dit Pline : elle eut un coq de son œuf et mit au monde un garçon (4).

Les druides pratiquaient, dit-on, cette superstition étrange ; ils vantaient fort une espèce d’œuf inconnu à tout le monde , formé en été par une quantité prodigieuse de serpents entortillés ensemble, qui y contribuaient tous de leur bave et de l’écume qui sortait de leur corps. Aux sifflements des serpents, l’œuf s’élevait en air; il fallait s’en emparer alors , avant qu’il ne louchât la terre : celui qui l’avait reçu devait fuir ; les serpents couraient tous après lui jusqu’à ce qu’ils fussent arrêtés par une rivière qui coupât leur chemin (5). Ils faisaient ensuite des prodiges avec cet œuf. Aujourd’hui on n’est pas exempt de bien des superstitions sur l’œuf. Celui qui en mange tous les matins sans boire meurt, dit-on , au bout de l'an. 11 ne faut pas brûler les coques des œufs, suivant une croyance populaire superstitieuse, de peur de brûler une seconde fois saint Laurent, qui a été brûlé avec de

bientôt de l’argent, et le jaune, de l’or. 11 eut effectivement peu après une succession où il y avait de l’un el de l’autre. Il alla remercier l’interprète, et lui donna une pièce d’argent. L'interprète, en le reconduisant, lui dit : — Et pour le jaune n’y a-t-il rien ? Nihilne de vilello ?

(3) Pline, liv. xxix, ch. 3

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