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pareilles coques (1). Albert le Grand nous apprend , dans ses secrets , que la coque d’œuf, broyée avecdu vin blancet bue, rompt les pierres tant des reins que de la vessie.

Pour la divinaiion par les blancs d’œufs , voy. Oomancie, Garuda, etc.

OG, roi de Basan. Og, selon les rabbins , était un de ces géants qui ont vécu avant le déluge. Il s’en sauva, en montant sur le toit de l’arche où étaient Noé et ses fils. Il était si pesant, qu’on fut obligé de mettre dehors le rhinocéros , qui suivit l’arche à la nage. Noé cependant fournit à Og de quoi se nourrir, non par compassion , mais pour faire voir aux hommes qui viendraient après le déluge quelle avait été la puissance du Dieu qui avait exterminé de pareils monstres. Les géants vivaient longtemps. Og était encore du monde, quand les Israélites, sous la conduite de Moïse, campèrent dans le désert. Le roi de Basan leur fit la guerre. Voulant d’un seul coup détruire le camp d’Israël, il enleva une montagne large de six mille pas, dont il se proposait d’écraser l’armée de Moïse. Mais Dieu permit que des fourmis creusassent la montagne, à l’endroit où elle posait sur la tête du géant, de sorte qu’elle tomba sur son cou en manière de collier. Ensuite ses dents s'étant accrues extraordinairement, s’enfoncèrent dans le roc et l’empêchèrent de s’en débarrasser. Moïse alors le tua , mais non sans peine ; car le roi Og était d’une si énorme stature, que Moïse, qui était haut de six aunes, prit une hache de la même hauteur ; et encore fallut-il qu’il fît un saut de six aunes, pour parvenir à frapper la cheville du pied d’Og.

OG1ER LE DANOIS. Voy. Frédéric-Barberousse.

OGRES. Sauf le nom, ces mons res étaient connus des anciens. Polyphème, dans FOdyssée , n’est autre chose qu’un ogre; on trouve des ogres dans les Voyages de Sindbad le marin; et un autre passage des Mille et une nuits prouve que les ogres ne sont pas étrangers aux Orientaux. Dans le conte du Visir puni , un jeune prince égaré rencontre une dame qui le conduit à sa masure : elle dit en entrant : — Réjouissez-vous, mes fils, je vous amène un garçon bien fait et fort gras.

— Maman, répondent les enfants, où est-il, que nous le mangions ? car nous avons bon appétit.

Le prince reconnaît alors que la femme, qui se disait fille du roi des Indes, est une ogresse, femme de ces démons sauvages qui se retirent dans les lieux abandonnés et se servent de mille ruses pour surprendre et dévorer les passants , comme les sirènes , qui , selon quelques mythologues, étaient certainement des ogresses. C’est à peu près l’idée que nous nous faisons de ces êtres effroyables; les ogres, dans nos opinions , tenaient des trois natures : humaine, animale et infernale. Ils n’aiment rien tant que la

(i) Thiers, Traité dps superst., etc.

12) Apnl. pour les grands personnages accusés de noagie.

chair fraicne;et les petits enfants étaient leur plus délicieuse pâture. Le Drac, si redouté dans le Midi , était un ogre qui avait son repaire aux bords du Rhône , où il se nourrissait de chair humaine. Il paraît que cette anthropophagie est ancienne dans nos contrées, car le chapitre 67 de la loi salique prononce une amende de deux cents écus contre tout sorcier ou stryge qui aura mangé un homme.

Quelques-uns font remonter l’existence des ogres jusqu’à Lycaon, ou du moins à la croyance où l’on était que certains sorciers se changeaient en loups dans leurs orgies nocturnes , et mangeaient , au sabbat , la chair des petits enfants qu’ils pouvaient y conduire. On ajoutait que , quand ils en avaient mangé une fois, ils en devenaient extrêmement friands et saisissaient ardemment toutes les occasions de s’en repaître : ce qui est bien le naturel qu’on donne à l’ogre. On voit une multitude d’horreurs de ce genre dans les procès des sorciers; on appelait ces ogres des loups-garous ; et le loup du petit Chaperon-Rouge n’est pas autre chose. Quant à l’origine du nom des ogres, Fauteur des Lettres sur les contes des fées de Ch. Perrault Fa trouvée sans doute. Ce sont les féroces Huns ou Hongrois du moyen âge, qu’on appelait Hunnigours , Oïgours , et ensuite par corruption Ogres. Voy. Fées, Loups-Garous, Omestès.

OIAROU, objet du culte des Iroquois. C’est la première bagatelle qu’ils auront vue en songe, un calumet, une peau d’ours, un couteau, une plante, un animal, etc. Ils croient pouvoir, par la vertu de cet objet, opérer ce qui leur plaît, même se transporter et se métamorphoser.

OIGOURS. Voy. Ogres.

OILETTE, démon sans renommée , invoqué dans les litanies du sabbat.

OISEAUX. Naudé conte que l’archevêque Laurent expliquait ie chant des oiseaux , comme il en fit un jour l’expérience à Rome devant quelques prélats; car il entendit un petit moineau qui avertissait les autres par son chant qu’un chariot de blé venait de verser à la porte Majeure, et qu’ils trouveraient là de quoi faire leur profit (2).

A la côte du Croizic, en Bretagne, sur un rocher au fond de la mer, les femmes du pays vont, parées avec recherche, les cheveux épars, ornées d’un beau bouquet de fleurs nouvelles ; elles se placent sur le rocher, les 1 yeux élevés vers le ciel, et demandent avec un chant sentimental aux oiseaux , de leur ramener leurs époux et leurs amants (3). Voy. Corneille, Hibou, Augures, etc.

OKK1S1K, nom sous lequel les Hurons désignent des génies ou esprits, bienfaisants ou malfaisants, attachés à chaque homme.

OLDENBOURG. « Je ne puis m’empêcher, dit Balthasar Bekker, dans le tome IV, chapitre 17, du Monde enchanté, de rapporter une fable dont j’ai cherché aussi exactement

t3i Cambry, Voyage dans le Finistère.

les détails qu’il m’a été possible ; c’est celle , du fameux cornet d’Oldenbourg.

« On dit que le comte Olton d’Oldenbourg étant allé un jour à la chasse sur la montagne d’Ossemberg, fut atteint d’une soif qu’il ne pouvait étancher; il se mit à jurer d’une manière indigne, en disant qu’il ne se souciait pas de ce qui pourrait lui arriver, pourvu que quelqu’un lui donnât à boire. Le diable lui apparut aussitôt sous la forme d’une femme; elle semblait sortir de terre ; elle lui présenta à boire dans un cornet fort riche, d’une matière inconnue, et qui ressemblait au vermeil. Le comte, se doutant de quelque chose, ne voulut pas boire , et renversa ce qui était dans le cornet sur la croupe de son cheval. La force de ce breuvage emporta tout le poil aux endroits qu’il avait touchés. Le comte frémit ; mais il garda le cornet qui subsiste encore, dit-on , et que plusieurs se sont vantés d’avoir vu. On le trouve représenté dans plusieurs hôtelleries : c’est un grand cornet recourbé, comme un cornet à bouquin, et chargé d’ornements bizarres. »

OLD GENTLEMAN. Le peuple en Angleterre appelle le diable le vieux gentleman.

OLIVE (Robert), sorcier qui fut brûlé à Falaise en 1556. On établit à son procès que le diable le transportait d’un lieu à un autre ; que ce diable s’appelait Chrysopole, et que c’était à l’instigation dudit Chrysopole que Robert Olive tuait les petits enfants et les jetait au feu (1).

OLIVIER, démon invoqué comme prince des archanges dans les litanies du sabbat.

OLOLYGMANC1E, divination tirée du hurlement des chiens. Dans la guerre de Messénie, le roi Arislodème apprit que les chiens hurlaient comme des loups, et que du chiendent avait poussé autour d’un autel. Désespérant du succès, d’après cet indice et d’autres encore ( Voyez Ophioneus ), quoiqu’il eût déjà immolé sa fille pour apaiser les dieux, il se tua sur la foi des devins qui virent dans ces signes de sinistres présages.

OLYS, talisman que les prêtres de Madagascar donnent aux peuples pour les préserver de plusieurs malheurs, et notamment pour enchaîner la puissance du diable.

OMBRE. Dans le système de la mythologie païenne, ce qu’on nommait ombre n’appartenait ni au corps ni à l’âme, mais à un état mitoyen. C’était cette ombre qui descendait aux enfers. On croyait qne les animaux voyaient les ombres des morts. Aujourd’hui même, dans les montagnes d’Ecosse , lorsqu'un animal tressaille subitement, sans aucune cause apparente, le peuple attribue ce mouvement à l’apparition d’un fantôme.

En Bretagne, les portes des maisons ne se ferment qu aux approches de la tempête. Des feux follets, des sifllemenls l’annoncent. Quand on entendait ce murmure éloigné qui précède l’orage, les anciens s’écriaient: — Fermons les portes, écoulez les criériens; le

('!) llodin, Démonotnanie, p. 103.

{2) Laruury, Voyage dans le Finistère, t. Il,

tourbillon les suit. Ces criériens sont les ombres, les ossements des naufragés qui demandent la sépulture, désespérés d’être depuis leur mort ballottés par les éléments (2). On dit encore que celui qui vend son âme au diable n’a plus d’ombre au soleil ; cette tradition, très-répandue en Allemagne, est le fondement de plusieurs légendes.

OMBRIEL, génie vieux et rechigné, à l’aile pesante, à l’air refrogné. Il joue un rôle dans la Boucle de cheveux enlevée de Pope.

OMESTES, surnom deBaccbus, considéré comme chef des ogres ou loups-garous qui mangent la chair fraîche.

OMOMANCIE, divination par les épaules chez les rabbins. Les Arabes devinent par les épaules du mouton, lesquelles, au moyen do certains points dont elles sont marquées , représentent diverses figures de géomancie,

OMPHALOMANCIE, divination par le nombril. Les sages -femmes, par fi s nœuds inhérents au nombril de l’enfant premier-né, devinaient combien la mère en aurait encore après celui-là.

OMPHALOPHYSIQUES, fanatiques de Bulgarie que l’on trouve du xie au xive siècle, et qui, par une singulière illusion, croyaient voir la lumière du Thabor à leur nombril.

ON , mot magique , comme tétragrammaton, dont on se sert dans les formules de conjurations.

ONDINS ou NYMPHES, esprits élémentaires,composés des plus subtiles parties de l’eau qu’ils habitent. Les mers et les lleuves sont peuplés, disent les cabalistes, de même que le feu, l’air et la terre. Les anciens sages ont nommé Ondins ou Nymphes cette espèce de peuple. Il y a peu de mâles, mais les femmes y sont en grand nombre ; leur beauié est extrême, et les filles des hommes n’ont rien de comparable (3). Voy. Cabale.

En Allemagne, le peuple croit encore aux Ondines, cspiits des eaux, qui ont une assez mauvaise réputation. Du fond de leurs humides demeures, elles épient le pêcheur qui rêve au bord des ondes, et l’attirent dans un gouffre où il disparaît pour toujours. Voy . Nymphes, Nfctau, etc.

Voici, sur les hommes marins, une histoire assez curieuse :

« En 1674, au mois de juin, quelques jeunes gens de Bilbao étant à se promener au bord de la mer, un d’entre eux, nommé François de la Véga, âgé alors d’environ quinze ans, s’enfonça volontairement dans les flots, et ne reparut plus; ses camarades, après l’avoir attendu fort longtemps, se persuadèrent qu’il était noyé, ils rendirent cet accident public, et on le fit savoir à la mère de François de la Véga, qui demeurait à Lierganès, dans l’archevéchc de Burgos. Elle n’eut pas lieu d’en douter, puisque son fils ne reparut plus, ni chez elle, ni dans la ville qu’il habitait avant son malheur. Cinq ans après, quelques pêcheurs des environs de Cadix aperçurent en plein jourune figure d’homoie,

(5) L’abbé de Villars, dans le Comté de Gabalis

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