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0T1S ou BOTIS, grand président des enfors. Il apparaît sous la forme d!une vipère; <iuand il prend la figure humaine, il a de grandes dents, deux cornes sur la télé et un glaive à la main; il répond effrontément sur le présent, le passé et l’avenir. 11 a autant d’amis que d’ennemis. 11 commande soixante légions (1).
OUAHiCHE, génie ou démon, dont les jongleurs iroquois se prétendent inspirés. C’est lui qui leur révèle les choses futures.
OUIK.KA, mauvais génie qui, chez les Esquimaux, fait naître les tempêtes et renverse les barques.
OULON-TOYON, chef des vingt-sept tribus d’esprits malfaisants, que les Yakouts supposent répandus dans l’air et acharnés à leur nuire. Il a une femme et beaucoup d’enfants.
OUPIRES, Voy. Vampires.
OURAN et OÜRAN-SOAWGUE (Homme endiablé}, sorte de magiciens de l’île Gromhoccanore, dans les Indes orientales. Ils ont la réputation de se rendre invisibles quand il leur plaît, et de se transporter où ils veulent. Le peuple les craint et les hait mortellement; quand on peut en attraper quelqu’un , on le tue sans miséricorde.
OURS. Quand les Ostiacks ont tué un ours, ils l’ecorchent et mettent sa peau sur un arbre auprès d une de leurs idoles ; après quoi ils lui rendent leurs hommages, lui font de très-humbles excuses de lui avoir donné la mort, et lui représentent que dans le fond ce n’est pas à eux qu’il doit s’en prendre, puisqu’ils n’ont pas forgé le fer qui l’a percé, et que la plume qui a hâté le vol «le la flèche appartient à un oiseau étranger.
Au Canada, lorsque des chasseurs tuent un ours, un d’eux s’en approche, lui met entre Ie< dents le tuyau de sa pipe, souffle dans le fourneau, et, lui remplissant ainsi de fumée la gueule et le gosier, il conjure l'esprit de cet animal de ne pas s’offenser de sa mort. Mais comme l’esprit ne fait aucune réponse, le chasseur, p-our savoir si sa
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prière est exaucée, coupe le filet qui est sous la langue de l’ours et le garde jusqu’à la fin de la chasse. Alors on fait un grand feu dans toute la bourgade, et toute la troupe y jette ces filets avec cérémonie: s’ils y pétillent et se retirent, comme il doit naturellement arriver, c’est une marque certaine que les esprits des ours sont apaisés; autrement on se persuade qu’ils sont irrités et que la chasse ne sera point heureuse l'année d’après, à moins qu’on ne prenne soin de se les réconcilier par des présents et des invocations (2).
Le diable prend quelquefois la forme de cet animal. Un choriste de Cîteaux, s’étant légèrement endormi aux matines, s’éveilla en sursaut et aperçut un ours qui sortait du chœur. Cette vision commença à l’effrayer, quand il vit l’ours reparaître et considérer attentivement tous les novices, comme un
officier de police qui fait sa ronde Enfin
le monstre sortit de nouveau en disant : « Ils sont bien éveillés ; je reviendrai tout à l’heure voir s’ils dorment...» Le naïf légendaire ajoute que c’était le diable, qu’on avait envoyé pour contenir les frères dans leur devoir (3). v
On croyait autrefois que ceux qui avaient mangé la cervelle d’un ours étaient frappés de vertiges, durant lesquels ils se croyaient transformés en ours et en prenaient les manières.
OVIDE. On lui attribue un ouvrage de magie intitulé 1 e Livre delà Vieille, que nous ne connaissons pas.
OXYONES, peuples imaginaires de Germanie, qui avaient, dit-on, la tête d’un homme et le reste du corps d’une bêle.
OZE, grand président des enfers. Il se présente sous la forme d’un léopard ou sous celle d’un homme. U rend ses adeptes habiles dans les arts libéraux. Il répond sur les choses divines et abstraites, métamorphose l’homme, le rend insensé au point de lui faire croire qu’il est roi ou empereur. Oze porte une couronne ; mais son règne ne dure qu’une heure par jour (4).
PA (Olaus). Voy. Harppe.
PACTE. 11 y a plusieurs manières de faire pacte avec le diable. Les gens qui donnent dans les croyances superstitieuses pensent le faire venir en lisant le Grimoire à l’endroit des évocations, en récitant les formules de conjuration rapportées dans ce Dictionnaire, ou bien en saignant une poule noire dans un grand chemin croisé, et l’enterrant avec des paroles magiques. Quand le diable veut bien se montrer, on fait alors le marché, que l’on signe de son sang. Au reste, on dit l’ange des ténèbres accommodant, sauf la condition accoutumée de se donner à lui.
Le comte de Gabalis, qui ôte aux diables
(t) Wierus, in Pseudom. dæm.
(2j La Harpe, liisl. des Voyages, t XY1II, p. 596.
leur antique pouvoir, prétend que ces pactes se font avec les gnomes, qui achètent l’âme des hommes pour les trésors qu’ils donnent largement; en cela, cependant, conseillés par les hôtes du sombre empire.
Un pacte, dit Bergier, est une convention, expresse ou tacite, faite avec le démon, dans l’espérance d’obtenir, par son entremise, des choses qui passent les forces de la nature. Un pacte peut donc être exprès et formel, oti tacite et équivalent. 11 est censé exprès et formel, 1° lorsque par soi-même on invoque expressément le démon et que l’on demande son secours, soit que l’on voie réellement cet esprit de ténèbres, soit que l’on croie le voir ; 2° quand on l’invoque par le ministère.
(3) Cæsarii Heist.erb. Miracul. illustrium lib. v, cap. 49,
(4) Wierus, iu Pseudomon. dæuioa.
rie ceux que l’on croit être en relation et en commerce avec lui ; 3° quand on fait quelque chose dont on attend l’effet de lui. Le pacte est seulement tacite ou équivalent, lorsque l’on se borne à faire une chose de laquelle on espère un effet qu’elle ne peut produire naturellement, ni surnalurellemcnt et par l’opération de Dieu, parce qu’alors on ne peut espérer cet effet que par l’intervention du démon. Ceux, par exemple, qui prétendent guérir les maladies par des paroles, doivent comprendre que les paroles n’ont pas naturellement celle vertu. Dieu n’y a pas attaché non plus cette efficacité. Si donc elles produisaient cet effet , ce ne pourrait é re que par l’opération de l’esprit infernal. De là, les théologiens concluent que nonseulement toute espèce de magie, mais encore toute espèce de superstition, renferme un pacte au moins tacite ou équivalent avec le démon, puisque aucune pratique superstitieuse ne peut rien produire, à moins qu’il ne s’en mêle. C’est le sentiment de saint Augustin, de saint Thomas et de tous ceux qui ont traité cette matière (i).
Voici l’histoire d'un pacte formel. Plusieurs autres se trouvent dans ce Dictionnaire.
Un gentilhomme allemand, Michel-Louis de Boubenhoren, envoyé assez jeune à la cour du duc de Lorraine, perdit au jeu tout son argent. Dans son désespoir, ii résolut de se vendre au diable, s’il voulait l’acheter un peu cher. Comme il se livrait à cette pensée, tout d’un coup il vit paraître devant lui un jeune homme de son âge, élégamment vêtu, qui lui donna une bourse pleine d’or et lui promit de revenir le lendemain. Louis courut retrouver ses amis, regagna ce qu’il avait perdu, et emporta même l’argent des autres. Le jeune homme mystérieux parut de nouveau, lui demanda, pour récompense du service qu’il lui avait rendu, trois gouttes de son sang, qu’il reçut dans une coquille de gland ; puis, offrant une plume au jeune seigneur, il lui dicta quelques mots barbares que Louis écrivit sur deux billets différents. L’un demeura au pouvoir de l’inconnu, l’autre fut enfoncé, par un pouvoir magique, dans le bras de Louis, à l’endroit où il s’était piqué pour tirer les trois gouttes de sang. La plaie se referma sans laisser de cicatrice.
— Je m’engage, dit alors l’étranger, à vous servir sept ans, au bout desquels vous m’appartiendrez.
Le jeune homme y consentit, quoique avec une certaine horreur ; depuis ce jour, le démon ne manqua pas de lui apparaître sous diverses formes, et de l’aider en toute occasion. 11 s’empara peu à peu de son esprit; il luiinspiraitdes idées neuves et curieuses, qui le séduisaient ; le plus souvent il le poussait à de mauvaises actions. Le terme des sept années vint vite. Le jeune homme, qui avait alors vingt-cinq ans, rentra à la maison paternelle. Le démon auquel il s’était donné lui conseilla et parvint à lui persuader d’ern-
poisonner son père et sa mère, de mettre le feu à leur château et de se tuer lui-même après. 11 essaya de commettre tous ces crimes: Dieu, qui sans doute avait encore pitié de lui, ne permit pas qu’il réussît ; le poison n’opéra point sur ses parents. Inquiet et troublé, Louis eut des remords ; il découvrit à quelques domestiques fidèles l’état où il se trouvait, les priant de lui porter secours. Aussitôt qu’il eut fait celte démarche, le démon le saisit, quoique la dernière heure ne fût pas venue, lui tourna le corps en arrière, et tenta de lui rompre les os. Sa mère, qui était hérétique aussi bien que lui, fut contrainte, malgré son manque de foi, de recourir aux exorcismes. Le diable parut, dit-on, avec les traits d’un sauvage hideux et velu, et jeta à terre un pacte différent de celui qu’il avait extorqué du jeune homme, pour donner à croire qu’il abandonnait sa proie. Mais on ne tomba point dans Je panneau; et enfin, le 20 octobre 1603, on força le démon à rapporter la véritable cédu e, contenant le pacte fait entre lui et Louis de Boubenhoren. Le jeune homme renonça alors au démon, abjura l’hérésie, Gt sa confession générale; et on vil sortir aussitôt de son bras gauche, presque sans douleur et sans laisser de cicatrice, le pacte secret, qui roula aux pieds de l’exorciste.
On voyait, dans une chapelle de Molsheim, une inscription célèbre qui contenait toute l’aventure de ce gentilhomme. Voy. Fauste.
M. Jules du Vernay a donné, sous ce titre: Comment l'abbé Duncanius perdit son âme, le récit piquant que voici d’un pacte tacite:
Vers la fin du xme siècle on voyait encore à Liebenthal, en Silésie, les ruines d’une église abandonnée : le voyageur et le pâtre n’approchaient jamais la nuit de ces décombres qu’avec une espèce de terreur. Los pierres qui se détachaient une à une de ces murs délabrés paraissaient être maudites, et le signe delà rédemption des hommes, qui avait été dès l’origine placé sur le sommet de l’édifice, avait disparu. Un chroniqueur a laissé le dessin de ces ruines, dessin recueilli par Caylus dans un voyage en Allemagne; ce dernier désigne ces restes de l’église sous le nom de Moustier du palefroi blanc ( albi equi ecclesia).
En 1136, vivait à Liebenthal un certain abbé, du nom de Duncanius. Il dirigeait avec mie sagesse qui lui valait dans le pays un grand renom de sainteté les moines confiés à son autorité. C’était à lui que l’on avait recours dans les positions difficiles de la vie, et l’on venait à son église, presque autant pour bénir l’abbé Duncanius que pour implorer les reliques de saint Florent que l’on gardait précieusement dans une châsse d’argent massif. En peu de temps l’affluence des pèlerins devint même si considérable, qu’il fallut élever des lentes et bâtir des bultc9
(1) Bergier, Didioan. Uiéologi'iue.
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dans le voisinage de l’abbaye, afin d’abriter tant de fidèles.
Un soir de décembre, après les derniers offices, comme l’abbé se disposait à rentrer dans sa cellule et à y prendre un repos que lui rendaient nécessaire les rudes travaux apostoliques auxquels il s’était livré durant le jour, il aperçut dans la nef solitaire un pèlerin vêtu de noir, qui, malgré les efforts des frères convers, s’obstinait à rester dans l’église,sous le prétexlequ’il avait d’importants secrets dont l’abbé seul devait être dépositaire.
Voyant cette persistanceau moins étrange, l’abbé Duncanius dit aux frères de lui amener l’inconnu. Une fois l’homme noir conduit devant lui, l’abbé prit la parole.
— Vous avez demandé à me parler, mon frère, lui dit-il. Que voulez-vous de moi, et pourquoi, de même que les autres pèlerins, n’avez-vous point tantôt employé la voie de la concession pour venir jusqu’à moi ?
— Je ii' suis point ton frère, Duncanius, répondit l’homme noir. Je ne me confesse point. Je ne me montre que le soir.
S’il en est ainsi, je vous plains sans vous maudire, repartit le pieux abbé. Ut pourtant quoi de plus condamnable devant Dieu qu’un pécheur qui per iste dans le péché?
Je me llatte de ne savoir point ce que veulent dire ces mots extravagants : bénir et maudire, ajouta le pèlerin. J’en sais un plus grand ; c’est pouvoir ( potere ). Duncanius, je te l’apprendrai, si lu veux.
— Que voulez-vous dire?
— Ecoute, abbé. Faut-il, pour que lu me comprennes, que je quille cette apparence ridicule et cette forme humaine ? faut-il me montrer à toi tel que je suis dans mon empire, la couronne en tête, les ailes aux épaules, la fourche au poing?
— Que signifient ces paroles?
— Regarde donc.
Et en même temps, au lieu d’un mendiant, d’un pèlerin humble et suppliant, Duncanius, atterré, vit debout devant lui un esprit infernal. Son premier mouvement fut d’éloigner, par un signe de croix, l’ennemi du genre humain. Mais l’ange maudit lui arrêta le bras.
— Fou que tu es 1 s’écria Satan. Ne brise pas le bonheur qui se présente à toi. Qu’astu recueilli jusqu’à présent de tes sévères complaisances pour un Dieu ingrat? Tes nuits passées à genoux sur les dalles glacées de ta cellule, les privations du jeûne, les tortures de la macération; dis-moi qu’est-ce que cela l’a valu ? Pas même le pouvoir de faire le plus petit miracle! pas même mon éloignement 1 Non, pas même l’éloignement de l’ennemi de ton culte, car depuis un an je n’ai pas quitté ta cellule ; je suis demeuré là, troublant ta prière, te fustigeai t de tentations sans cesse renaissantes, te privant de repos la nuit, de repos le jour. Voilà, Duiicanius, ce que t’a valu l’amour de ton Dieu. Eh bien, sans que tu aies jamais rien tait pour moi, je t’offre la puissance de changer l'ordre de la nature. A ta voix, si tu veux