‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 45 sur 222 · PAC · texte numérisé non relu

PAC

décrit ci-après, louchant la manière de faire des pactes avec quelque esprit que ce pmsse être, soit pour avoir des trésors, soit pour découvrir les secrets les plus cachés, soit pour faire travailler un esprit pendant la nuit à son ouvrage, ou pour faire tomber une gr'de ou la tempête partout où l’on souhaite ; soit pour se rendre invisible, pour se faire transporter partout où l’on veut, pour ouvrir toutes les serrures, voir tout ce qui se passe dans les maisons, et apprendre tous les tours et finesses des bergers; soit pour acquérir la main de gloire et pour connaître les qualités et les vertus des métaux et des minéraux, des végétaux et de tous les animaux purs et impurs; pour faire, en un mot, des choses si merveilleuses, qu’il n’y a aucun homme qui n’en soit dans la dernière surprise. C’est par la grande clavicule de Salomon que l’on a découvert la véritable manière de faire les pactes; il s’en est servi lui-même pour acquérir de grandes richesses, et pour connaître les plus impénétrables secrets de la nature.

Nous commencerons par décrire les noms des principaux esprits avec leur puissance et pouvoir, et ensuite nous expliquerons le pacta dæmoniorum, ou la véritable manière de faire les pactes avec quelque esprit que ce soit. Voici les noms des principaux :

Lucifer, empereur. — Belzébut, prince. — Astarot, grand-duc.

Ensuite viennent les esprits supérieurs qui sont subordonnés aux trois nommés cidevant :

Lucifuge, premier ministre. — Satanachia, grand général. — Fleurety, lieutenant général. — Nebiros, maréchal de camp. — Agaliarept, grand sénéchal. — Sargatanas, brigadier chef.

Les six grands esprits que je viens de nommer ci-devant dirigent, par leur pouvoir, toute la puissance infernale qui est donnée aux autres esprits. Ils ont à leur service dixhuit autres esprits qui leur sont subordonnés , savoir :

Baël, Agarès, Marbas, Pruslas, Aamon , Barbatos, Buer, Gusovn, Botis, Bathym, Pursan, Abigar, Loray, Valefar, Furau, Aype- Fos. Naberus, Glasyalabolas.

Ap i ès vous avoir indiqué les noms des d>xhuit esprits ci-devant , qui sont inférieurs aux six premiers, il est bon de vous prévenir de ce qui suit , savoir :

Que Li cifuge commande sur les trois premiers qui senomment Baël, Agarès etMarbas; Satanachia sur Pruslas, Aamon et Barbatos; Agaliarept sur Buer, Gusoyn et Botis ; Fleurety sur Bathym, Pursan et Abigar; Sargatanas sur Loray, Valefar et Forau ; Nebîros sur Ayperos , Nal?erus et G'asyalabolas.

Et, quoiqu’il y ait encore des millions d’esprits qui sont tous subordonnés à ceux-là , il est lrès-inu!ile de les nomme/*, à cause que l’on ne s’en sert que quand il plaît aux esprits supérieurs de les faire travailler à leur place, parce qu’ils se servent de tous ces esprits inférieurs comme s’ils cta l< nt leurs esclaves. Ainsi, en faisant le pacte avec un

des six principaux dont vous avez besoin, il n’importe quel esprit vous serve ; néanmoins demandez toujours, à l’esprit avec lequel vous faites votre pacte, que ce soit un des trois principaux- qui lui sont subordonnés.

Voici précisément les puissances, sciences, arts et talents des esprits susnommés, afin que celui qui veut faire un pacte puisse trouver dans chacun des talents des six esprits supérieurs ce dont il aura besoin.

Le premier est le grand Lucifuge Roeoc ale, premier ministre infernal; il a la puissance que Lucifer lui a donnée sur toutes les richesses et sur tous les trésors du monde.

Le second est Satanachia, grand général; il a la puissance de soumettre toutes les femmes et commande la grande légion des esprits.

Agaliarept, aussi général, a la puissance de découvrir les secrets Les plus cachés dans toutes les cours et dans tous les cabinets du monde; il dévoile les plus grands mystères ; il commande la seconde légion des esprits.

Flerety, lieutenant général, a la puissance de faire tel ouvrage que l’on souhaite pendant la nuit; il fait aussi tomber la grêle partout où i*l veut, il commande un corps très-considérable d’esprils.

Sargatanas, brigadier, a la puissance de vous rendre invisible, de vous transporter partout, d’ouvrir toutes les serrures, de vous faire voir tout ‘ce qui se passe dans les maisons, de vous apprendre tous les tours et finesses des bergers; il commande plusieurs brigades d’esprits.

Nebiros, maréchal de camp et inspecteur général , a la puissance de donner du mal à qui il veut; il fait trouver la main de gloire, il enseigne toutes les qualités des métaux , des minéraux, des végétaux et de tous les animaux purs et impurs ; c’est lui qui a aussi l’art de prédire l’avenir, étant un des plus grands nécromanciens de tous les esprits infernaux ; il va partout; il a inspection sur toutes les malices infernales.

Quand vous voudrez faire votre pacte avec un des principaux esprits que je viens de nommer, l’avant-veillc du pacte vous irez couper, avec un couteau neuf qui n’ait jamais servi, une baguette de noisetier sauvage qui n’ait jamais porté et qui soit semblable à la verge foudroyante; vous la couperez positivement au momentoù le soleil paraît sur l’horizon. Cela fait, vous vous munirez d’une pierre érnatille et de deux cierges bénits, et vous choisirez ensuite pour l’exécution un endroit où personne ne vous incommode. Vous pouvez même faire le pacte dans une chambre écartée ou dans quelque masure de vieux château ruiné, parce que l’esprit a le pouvoir d’y transporter tel trésor qui lui plaît. Vous tracerez un triangle avec votre pierre érnatille, et cela seulement la première fois que vous faites le pacte; ensuite vous placerez les deux cierges bénits à côté; vous écr.rez autour le saint nom de Jésus, afin que les esprits ne vous puissent faire aucun mal. Ensuite vous vous poserez au milieu du triangle, ayant en main la ba-

guette mystérieuse, avec la grande appellation à l’esprit, la demande que vous voulez lui faire, le pacte et le renvoi de l’esprit.

Vous commencerez à réciter l’appellation suivante avec fermeté.

Grande appellation des esprits avec lesquels l’on veut faire pacte , tirée de la grande clavicule.

« Empereur LUCIFER, maître de tous les esprits rebelles , je te prie de m’être favorable dans l’appellation que je fais à ton grand ministre LUCIFUGE ROFOCALE, ayant envie de faire pacte avec lui. Je te prie aussi, prince Relzébut, de me protéger dans mon entreprise. Comte Astarot 1 sois-moi propice, et fais que dans cette nuit le grand LUCIFUGE m’apparaisse sous une forme humaine, sans aucune mauvaise odeur, et qu’il m’accorde, par le moyen du pacte que je vais lui présenter, toutes les richesses dont j’ai besoin. O graud Lucifugel je te prie de quitter ta demeure , dans quelque partie du monde qu’elle soit, pour venir me parler; sinon je t’y contraindrai par la force du grand Dieu vivant, de son cher Fils et du Saint-Esprit ; obéis promptement, ou lu vas êlre éternellement tourmenté par la force des puissantes paroles de la grande clavicule de Salomon, paroles dont il se servait pour obliger les esprits rebelles à recevoir son pacte. Ainsi parais au plus tôt, ou je te vais continuellement tourmenter par la force de ces puissantes paroles de la clavicule : Agion , Tetagram , vayeheon slimulamatony ezpares retragrammaton oryoram irion esytion existion eryona onera brasim moym messias soler Emanuel Sabaot Adonay, te adoro et invoco. »

Vous êtes sûr que, d’abord que vous aurez lu ces puissantes paroles, l’esprit paraîtra et vous dira ce qui suit :

« Me voici : que me demandes-tu? Pourquoi troubles-tu mon repos? Réponds-moi. » Demande à l’esprit.

« Je te demande pour faire pacte avec toi , et enfin que tu m’enrichisses au plus tôt; sinon je te tourmenterai par les puissantes paroles de la clavicule. »

Réponse de l’esprit.

« Je ne puis t’accorder ta demande qu’à condition que tu le donnes à moi dans vingt ans, pour faire de ton corps et de ton âme ce qu’il me plaira. »

Alors vous lui jetterez votre pacte, qui doit être écrit de votre propre main sur un petit morceau de parchemin vierge; il consiste en ce peu de mots auxquels vous mettrez votre signature avec votre véritable sang.

Pacte.

« Je promets au grand Lucifuge de le recompenser dans vingt ans de tous les trésors qu’il me donnera. En foi de quoi je me suis signé. »

L’esprit vous répondra :

« Je ne puis accorder la demande. »

Alors , pour le forcer à vous obéir, vous

(1) Rergier, Dictionn. théologique.

relirez la grande interpellation avec les terribles paroles de la clavicule, jusqu’à ce que l’esprit reparaisse et vous dise ce qui suit :

« Pourquoi me tourmentes-tu davantage?

Si tu me laisses en repos , je te donnerai le plus prochain trésor, à condition que lu me consacreras une pièce tous les premiers lundis de chaque mois, et que lu ne m’appelleras qu’un jour de chaque semaine, de dix heures du soir à deux heures après minuit. Ramasse ton pacte, je l’ai signé; et, si tu ne tiens pas la parole, lu seras à moi dans vingt ans. » Réponse.

« J’acquiesce à ta demande , à condition que tu me feras paraître le plus prochain trésor que jepourrai emporter tout de suite. »

L’esprit dira :

« Suis-moi et prends le trésor que je vais le montrer. »

Vous le suivrez sans vous épouvanter; vous jetterez votre pacte tout signé sur le trésor, en le touchant avec votre baguette ; vous en prendrez tant que vous pourrez, et vous vous en retournerez dans le triangle en marchant à reculons; vous y poserez votre trésor devant vous, et vous commencerez tout de suite à lire le renvoi de l’esprit.

Conjuration et renvoi de l’esprit avec lequel on a fait pacte.

« O grand Lucifuge! je suis content de toi pour le présent; je le laisse en repos et te permets de te retirer où bon te semblera , sans faire aucun bruit ni laisser aucune mauvaise odeur. Pense aussi à ton engagement de mon pacte, car, si tu y manques d’un instant, tu poux être sûr que je te tourmenterai éternellement avec les grandes et puissantes paroles de la clavicule de Salomon , par lequel on force tous les esprits rebelles à obéir. »

PAIN (Epreuve du). C’était un pain fait de farine d’orge, bénit ou plutôt maudit par les imprécations d’un prêtre. Les Anglo-Saxons le faisaient manger à un accusé non convaincu, persuadés que, s’il était innocent, ce pain ne lui ferait point de mal; que s’il était coupable, il ne pourrait l’avaler, ou que s’il l’avalait, il étoufferait. Le prêtre qui faisait cette cérémonie demandait, par une prière composée exprès, que les mâchoires du criminel restassent roides, que son gosier se rétrécit, qu’il ne pût avaler, qu’il rejetât le pain de sa bouche. C’était une profanation des prières de l’Eglise (1). La seule chose qui fût réelle dans cette épreuve, qu’on appelait souvent l 'épreuve du pain conjuré, c’est que, de toutes les espèces de pain, le pain d’orge moulue un peu gros est le plus difficile à avaler. Voy. Corsned, Alphitomancie, etc.

PAIN BENIT. Du côté de Guingamp en Bretagne , et dans beaucoup d’autres lieux , quand on ne peut découvrir le corps d’un noyé, on met un petit cierge allumé sur un pain que l’on a fait bénir et qu’on abandonne au cours de l’eau; on trouve le cadavre dans l’endroit où le pain s’arrête (2),

(2) Cambry, Voyage dans le Finistère, t. III, l>. 139.

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