PAL
et ce qui peut surprendre les curieux, c’est que ce miracle s’est fait très-souvent. Comment l’expliquer ? On ale même usage en Champagne et ailleurs.
PAJOT (Marguerite), sorcière qui fut exécutée à Tonnerre en 1576, pour avoir été aux assemblées nocturues des démons et des sorciers. Elle composait des maléGces et faisait mourir les hommes et les animaux. Elle avait de plus tué un sorcier qui n’avait pas voulu lui prêter un lopin de bois avec lequel il faisait des sortilèges. Une remarque singulière qu’on avait notée, c’est qu’elle revenait du sabbat toujours toute froide (1).
PAL1NGENESIE. Ce mot veut dire renaissance. Duchêne dit avoir vu à Cracovie un médecin polonais qui conservait dans des fioles la cendre de plusieurs plantes; lorsqu’on voulait voir une rose dans ces fioles, il prenait celle où se trouvait la cendre du rosier, et la mettait sur une chandelle allumée : après qu’elle avait un peu senti la chaleur, on commençait à voir remuer la cendre ; puis on remarquait comme une petite nue obscure qui, se divisanten plusieurs parties, venait enfin à représenter une rose si belle, si fraîche et si parfaite, qu’on l’eût jugée palpable et odorante, comme cellequi vient du rosier. Cette nouveauté fut poussée plus loin. On assura que les morts pouvaient revivre naturellement, et qu’on avait des moyens de les ressusciter en quelque façon. Vau der Beck, surtout, a donné ces opinions pour des vérités incontestables ; et dans le système qu’il a composé pour expliquer de si étranges merveilles, il prétend qu’il y a dans le sang des idées séminales, c’est-à-dire des corpuscules qui contiennent en petit tout l’animal. Quelques personnes, dit-il, ont distillé du sang humain nouvellement tiré, et elles y ont vu , au grand étonnement des assistants saisis de frayeur, un spectre humain qui poussait des gémissements. C’est pour ces causes , ajoute-t-il, que Dieu a défendu aux Juifs de manger le sang des animaux, de peur que les esprits ou idées de leurs espèces qui y sont contenues ne produisissent de funestes effets. Ainsi, en conservant les cendres de nos ancêtres, nous pourrons en tirer des fantômes qui nous en représenteront la figure. Quelle consolation, dit le P. Lebrun, que de passer en revue son père et ses aïeux, sans le secours du démon, et par une nécromancie très-permise 1 Quelle satisfaction pour les savants que de ressusciter en quelque manière les Romains, les Grecs, les Hébreux et toute l’antiquité 1 Rien d’impossible à cela, il suffit d’avoir les cendres de ceux qu’on veut faire paraître. Ce système eut, comme toutes les rêveries , beaucoup de partisans. On prétendait qu’après avoir mis un moineau en cendres, et en avoir extrait le sel, on avait obtenu, par une chaleur modérée, le résultat désiré. L’académie royale d’Angleterre essaya, dit-on, cette expérience sur un homme. Je ne sache pas qu’elle ait réussi. Mais cette découverte,
(1) Bodin, Démonomanie.