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MAG

m\, Delancrë, Loyer, SaiSt-Andké, Wikrus, etc.

MAGIE ISLANDAISE. La première magie de ces peuples, devenus aujourd’hui plus sensés, consistait autrefois à évoquer des esprits aériens, et à les faire descendre sur la terre pour s’en servir. Elle était regarder comme la magie des grands. Cependant ces derniers en avaient une seconde, qui consistait à interpréter le ch ant des oiseaux, surtout des corneilles, les oiseaux les plus instruits dans la connaissance des affaires d’Etat et les plus capables de prédire l’avenir; mais comme il n’en existe point en Islande, les corbeaux remplissaient cet office: les rois ne faisaient pas même scrupule de se servir de cette magie.

MAGNETISME. Voici ce qu’écrivait à Bruxelles, en 1839, dans un recueil périodique intitulé Le Magnélophile, un écrivain qui pouvait être M. Jobard ou M. Victor ldgiez :

« Le nom de magnétisme ne désignait autrefois que quelques mesmeriens ou illuminés et quelques songe-creux. Aujourd’hui le magnétisme a fraternisé avec les sciences physiques, qui seules pouvaient éclairer ses données; il forme la souche principale dont les autres sciences ne sont que les rameaux... Ses progrès sont liés plus immédiatement au profit de la société, qu’elle ne semble le penser, dans la préoccupation de ses mesquines passions, de sa vie tumultueuse et agitée. Sous quelque point de vue qu’on le considère, son importance éclate et grandit chaque jour; mais son immensité nuit encore à ses progrès, parce que personne, isolément, n’a encore le pouvoir d’embrasser son étendue. Le magnétisme est un problème qui se débat depuis près d’un siècle en Europe, dont l’académie de médecine, en France, a ranimé l’énergie sans en donner la solution, et qui se complique, au contraire, chaque jour davantage par des conversions nouvelles ou des phénomènes plus merveilleux. On l’a vu concentré d’abord entre les mains de quelques adeptes ignorants ou fanatiques; de grandes expériences ont été faites ensuite, appuyées sur des noms qui ont porté la conviction dans quelques esprits. Aujourd’hui des savants le rejettent encore, il est vrai; mais un savant se décide si difficilement à désapprendre! Une innovation l’épouvante, car elle l’humilie et le détrône. Les doctrines cartésiennes ont lutté longtemps en France contre les vieilles universités avant d’obtenir leur droit de cité; plus tard elles repoussèrent elles-mêmes les principes de la philosophie newtonienne; celleci rejetait les découvertes d’Huygens; Beaumé et Lesage niaient les belles théories de la chimie moderne; Romé-Delisle persifflait l’interprète des phénomènes électro-magnétiques. D’ailleurs, le tabac, le café, l’émétique, la vaccine et jusqu’aux pommes de terre, n’ont— ils pas éprouvé leur temps de persé-

(!) AVierus De præst., lib. a, cap. 7.

cution? L'académie de médecine ne se constilua-t-elle pas formellement opposée à ce que la chimie, celte corne d’abondance des sociétés modernes, fût enseignée dans Paris, comme, étant, pour bonnes causes et considérations, défendue et censurée par arrêt du parlement? L’établissement des banques, des écoles, des voitures publiques, ne rencontra-t-il pas également une opposition formidable dans ce même parlement? Jacquart ne vit-il pas brûler en place publique, par ordre des prud’hommes de Lyon, ses métiers qui devaient faire cependant la prospérité et la fortune de cette seconde capitale de la France? Franklin ne fut-il pas tourné en ridicule quand il apprit aux campagnards l’art de fertiliser les champs stériles avec du plâtre? Christophe Colomb ne fut-il pas chassé de toutes les cours quand son génie lui fit apparaître un monde dont il voulait doter sa patrie (1)... Pilheas, Wedel,Cook, Billinghausen, Biscoé et autres voyageurs célèbres, ne furent-ils pas taxés d’imposture? Averroès, Voila, Fullon, Sal'>mon-de-Caus, Davy, Arkwrighl. Grill, Lavater et tous ceux qui se sont présentés, une découverte à la main, h la porte de ce vaste Charcnlon, qu’on appelle le monde, n’onl-ils pas été reçus à coups de sifflets?...

« Cependant le magnétisme voit aussi son triomphe. Déjà il a détruit les doctrines impies de l’école médicale physiologique de Broussais, qui prétendait ramener aux seuls organes matériels du corps les nobles facultés de l’intelligence; mission d’autant plus grande, que là sont les bases de toute société, la clef de voûte et le ciment de tout édifice social. Le premier et le plus bel apanage du magnétisme est donc de devenir une arme toute-puissante contre les partisans de la matière, une preuve irrésistible, irréfragable, évidente, palpable, de l’existence de l’âme indépendante du secours des sens...»

Sans oser juger ici le magnétisme, et sans pouvoir nier ses effets qui sont évidents, bornons-nous à dire que le magnétisme existe; que c’est une nouvelle branche de merveilles plus incompréhensible encore que le galvanisme; qu’on n’en pourra jamais sans doute établir les éléments; mais qu’on en doit tirer un immense parti en médecine. L’Académie des sciences, qui s’obstinait à le nier lorsqu’elle n’était composée en majorité que de maiérialistes , le reconnaît aujourd’hui. Les juges religieux n'ont condamné que ses abus. Voy. Somnambulisme. Voy. aussi Mesmer.

Les plus sûrs ouvrages à consulter pour connaître impartialement le magnétisme sont les livres spéciaux de M. Aubin Gauthier, surtout son Traité pratique du magnétisme, in-8°, Paris 18à5. Ou peut voir aussi le livre de M. l’abbé Loubers. Nous citerons quelques fragments de M. Aubin Gauthier, ne pouvant ici analyser son vaste travail :

« Le magnétisme est un agent répandu dans la nature, et dont tous les corps sont

imprégnés. 11 échappe à nos sens, on ne le voit pas. Les anciens lui avaient donné le nom d’esprit caché ; les modernes l’ont appelé esprit vital , fluide nerveux ; on le nomme aujourd’hui fluide magnétique. Si on ne le voit pas, on ressent et on peut observer ses effets ; ce qui déjà suffirait pour établir son existence. Mais l’homme, en état de somnambulisme, voit le fluide sous la forme d’un feu brillant, qui sort particulièrement des mains du magnétiseur ; ce qui explique pourquoi l’antiquité représentait les dieux avec des flammes au bout des doigts, et comment Mesmer a pu dire : « Le magnétisme «animal, considéré comme agent, est un feu «invisible. » L’homme étant une intelligence liéeà des organes, mais servie par eux, il fait principalement usage de ses mains pour magnétiser; ce qui explique encore pourquoi les statues des dieux païens avaient plusieurs bras, et comment on disait de la main qu’elle était médicale. Pour agir magnétiquement, l’homme n’a besoin que de vouloir. Du moment où il veut, sa volonté se réduit en acte visible ou sensible.

« Le corps humain est comme une éponge, toujours prêt à recevoir et à rendre. Le magnétisme est la communication des forces vitales d’un homme à un autre homme.

Toute action magnétique comporte deux êtres, l’un aelif, l’autre passif; le premier plus fort que le second ; celui-ci reçoit , celui-là donne. Il s’opère alors chez le magnétisé un changement sensible ; son mouvement ne lui appartient plus; de simple, il est devenu composé; peu à peu il se rapproche de celui du magnétiseur, il prend son ton. Avec le temps, il y a uniformité de mouvement ; les deux corps sont aussi forts l’un que l’autre ; l’action cesse.

« Lorsque le docteur Mesmer appliqua le magnétisme à la guérison des maladies, il imagina une théorie et indiqua les procédés ; plus tard, M. de Puységur s’occupant uniquement de somnambulisme , apprit de ses malades l’étendue du pouvoir de la volonté ; enfin M. Deleuze, quarante ans après Mesmer, mettant à profit les leçons de ce grand génie, les observations de MM. de Puységur, de Bruno, de Lutzelbourg, Roullier, Fournel , Tardy de Montravel, et de beaucoup d’autres savants magnétiseurs, ainsi que les résultats de sa propre expérience, publia une instruction pratique à l’usage des personnes qui voudraient magnétiser. Dans cet ouvrage, il posa des principes invariables, indiqua des procédés impératifs et facultatifs, et, à partir de ce moment, la science magnétique a pu se réduire en art.

« Le magnétisme est un moyen de régulariser et de diriger les forces vitales ; mais plus la marche de la nature est dérangée , plus il est difficile au magnétiseur de rétablir l’équilibre. Le magnétisme est par luimême un agent très-actif, dont la principale propriété est d’entraîner hors du corps, et particulièrement par les extrémités, tout ce

(1 ) Cet écrivain cite ici les persécutions subie» par Galilée. Il se trompe. Voy I art c!e Gaulée.

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qui dérange l'harmonie naturelle. Presque toujours, lorsque le magnétisme agit, le pouls devient régulier, la transpiration reprend son cours. 11 est calmant, en ce qu’il rétablit l’équilibre, tonique, en ce qu'il facilite la circulation et qu’il augmente les forces vitales. Il hâte la marche des maladies, réveille les douleurs anciennes, accélère les crises qui doivent amener la guérison, et prouve sa puissance curative en cessant de produire des effets sur un corps rendu à la santé.

« Il y a trois manières de magnétiser :

directement, indirectement ou par des corps intermédiaires. La magnétisation directe est celle qui s’exerce individuellement par le magnétiseur lui-même.

« La magnétisation indirecte est celle que le magnétiseur emploie en transmettant son action à une autre personne qui le supplée auprès du malade. La magnétisation intermédiaire est celle par laquelle le magnétiseur imprègne de son fluide des animaux, des végétaux, certains corps matériels, tels que l’eau, les aliments, les remèdes, des tissus, des métaux. Ain^i magnétisés, ces corps deviennent les dépositaires de la force vitale et la communiquent au malade, lorsqu’il se met en contact avec eux. il y a des I recédés pour magnétiser directement, comme pour transmettre son action à des corps intermédiaires, animés ou inanimés.

« La magnétisation directe a lieu selon les cas: 1° par le contact; 2° par l’attouchement; 3° par le regard; 4° par le souffle; 5° par la voix. L’existence d’un fluide magnétique n’étant plus aujourd’hui contestée, on reconnaît l’exactitude de celte proposition de Mesmer: «On ohsene, à l’expérience, l’écoulement d’une matière dont la subi li lé pénètre tous les corps, sans perdre notablement de son activité. » Les corps matériels étant sensitdes ou invisibles, Mesmer admet deux manières de toucher, immédiatement, ou à distance, par un corps intermédiaire. « La nature du fluide magnétique est inconnue, disait en 1823 M. Deleuze ; son existence n’est pas même démontrée, mais tout se passe comme s’il existait. » C’est en effet dans le contact et l’attouchement que consiste principalement le magnétisme ; ils produisent chacun des effets particuliers que j’indiquerai plus loin; je vais d’abord rappeler quelle différence il faut faire entre eux.

«A la renaissance des arts, on parlait beaucoup de la médecine d’attouchement ; en 1600 , van Helmont et Maxwell changèrent son nom en celui de magnétisme; Mesmer vint dire ensuite : « Le loucher à distance est plus tort , parce qu’il existe un courant entre la main ou le conducteur et le malade ; le magnétisme à distance produit plus d’effet que lorsqu’il est appliqué immédiatement. » 11 en résulte les différences suivantes entre le contact et l’attouchement magnétiques. Il y a contact quand on prend les pouces du malade, son bras ou toute autre partie de son corps. Il y a aussi contact quand on pose la main sur une par-

tic du corps ; il y a encore contact quand on touche du doigt ou du bout du doigt lo corps du magnétisé. Mais il n’y a plus qu’ai touchement lotsque l’on touche à distante à l’aide d’un corps invisible et interméd aire. En d’autres termes, on magnétiseen touchant ou sans toucher. Quand un touche, il y a union visible de deux corps ; quand on ne touche pas, ces corps ne s’en unissent pas moins par leurs effluves ou fluides. On verra plus loin la différence qui existe entre les effets de l’imposition et de l’application, et ceux des frictions et des passes.

« J’ai reconnu, dit Mesmer, que, bien qu’il existât une influence générale entre les corps, il est néanmoins des modes, des Ions particuliers et divers, des mouvements par lesquels cette influence peut s’effectuer. » De là des procédés variés et toujours rationnels. La magnétisation par le contact et celle par l'attouchement sont corporelles ou manuelles; ainsi on magnétise avec le corps entier ou une partie du corps, avec une main ou deux mains, un, deux ou plusieurs doigts. Il y a des différences notables dans le résultat des actions magnétiques ainsi exercées ; il y en a sur out une trèsgrande entre ceux produits par le contact considéré comme union d’on corps à un autre, et ceux dus à l’attouchement. Le contact est utile pour concentrer l'action sur une partie quelconque du corps ; il est quelquefois indispensable entre personne-, qui ne se connaissent pas , et entre lesquelles il n y a point de rapports habituels : il faut , pour magnétiser , que les deux fluides s’unissent par le contact. L’un reçoit le mouvement de l’autre. Au premier moment, on peut croire qu’il doit être beaucoup plus facile d’agir sur le malade en le touchant qu’en ne le touchant pas ; cela est vrai, généralement par'ant , et surtout au commencement d’une action; c’est pourquoi presque toutes les séances magnétiques commencent par l’établissement du rapport. Cependant il est évident que si le magnétiseur ne touche pas immédiatement le malade , son action lui est transmise par un corps intermédiaire, li n’y a donc ici qu’une question de temps, sous un rapport, et d’intensité sous un autre : on voit des magnétiseurs agir très- promptement à distance, et aussi vite que par le contact. La pratique est là pour beaucoup. Il y a des hommes qui font du bien par le seul contact , il y en a d’autres qui ne font pas moins de bien, et qui n’ont pas besoin de toucher. Cela tient à leur nature qui se trouve supérieure à celle des autres, ou en harmonie parfaite avec le malade. Dans ces cas divers, les procédés se modifient selon le tempérament et l’organisation des magnétiseurs et des malades.

« J’ai dit, dans l’introduction au Magnétisme, que la main du magnétiseur répandait le fluide sur le corps, comme la pomme d’un arrosoir distribue l’eau sur les platesbandes d’un parterre. Cette image s’applique particulièrement aux frictions

aux passes, mais surtout aux passes faites à distance, et qu’on appelle grands courants ; j’en parlerai tout à l’heure. L'expérience démontre encore que les extrémités ont plus d’action que le corps entier, et que la puissance d’un corps est particulièrement sensible aux extrémités, surtout aux extrémités terminées en pointe. Lorsqu’un tuyau amène l’eau au centre d’un bassin, si l’on veut plusieurs jets, la force d’ascension se divise entre tous; elle est au contraire bien plus grande quand il n’y a qu’un seul jet. De même, lorsque les cinq doigts de la main sont dirigés sur un corps, le fluide sort par tous les doigts, et la paume de la main leur cède son action; puis, lorsque quatre doigts sont repliés, toute la force magnétique réside dans le cinquième. Il résulte de cet examen qu’il faut mettre à proût chaque genre de magnétisation et les employer selon leur vertu.

« On appelle passes l’action de passer la main au devant du corps ou de la partie malade, sans loucher. Les passes sont longitudinales, transversales ou perpendiculaires.

« Les passes longitudinales se font en avançant les deux mains ou une main, et en les. étendant ensuite, à partir de la tête du magnétisé jusqu’au bout de ses pieds, ou seulement jusqu’au bout des doigts des mains, ou encore de la tête au bas du tronc. Pour faire des passes, il ne faut employer aucune force musculaire; il faut, en quelque sorte, présenter plutôt que tendre la main. Elle doit être à plat, la paume en dessous, et comme soutenue en l’air; puis on la laisse descendre, absolument comme si, avec des crayons blancs, on voulait tracer très-légèrement sur une étoffe cinq lignes perpendiculaires. Les doigts doivent être écartés les uns des autres, mais naturellement et sans aucune espèce de tension. Une passe faite depuis la tète jusqu’aux pieds emploie environ trente secondes. On y met ensuite plus ou moins de temps, selon ses propres sensations ou celles du malade. Lorsqu’on est arrivé jusqu’aux pieds ou aux genoux, ou seulement au bout des doigts, selon l'effet que l’on veut produire, lorsque entîn la passe est finie et que l’on veut en faire une autre, il ne faut pas relever les mains de la même manière qu elles ont été descendues; on les écarte, en les éloignant un peu du corps, et les tournant de manière que la surface intérieure soit en dehors.

« Les passes transversales sont presque toujours l’opposé des passes longitudinales ; elles ne s’emploient qu’à la fin des séances et pour les terminer. La passe longitudinale se fait, comme on vient de le voir, avec les mainsouvertes, les doigts présentés aucorps, la paume en dessous et à plat; mais la passe transversale se fait avec les mains ouvertes, présentant respectivement leurs paumes ou leurs dos, les cinq doigts se trouvant ainsi au-dessus les uns des autres. Dans cette position, chaque main fait l’office d’un éventail, et chaque mouvement, fait à droite et à gauche, constitue la passe trans-

versale, dont les effets sont autres que ceux de la passe longitudinale, ainsi qu’on le verra.

« La passe perpendiculaire ne s’emploie qu’à la fin des séances et après les passes transversales. On prie le malade de se tenir debout, on se met à son côté, et, plaçant les mains au-dessus de sa tête, l’une devant, l’autre derrière, on descend tout le long du corps jusqu’au plancher ; on fait ainsi six à huit passes, en prenant la précaution d’écarter les mains en remontant, pour ne point ramener sur soi-même le fluide et les humeurs entraînées.

« La passe ou friction à distance a un effet plus doux, plus calmant que la passe en louchant, ou friction. Dans un grand nombre de cas, le malade ne supporte pas l’attouchement immédiat. (Juand on s’en aperçoit, on cesse aussitôt; on magnétise d’abord à une distance de dix à vingt-cinq centimètres; si l’agitation du malade continue, on s’éloigne à cinquante centimètres, à un mètre, et même beaucoup plus loin : peu à peu l'action devient moins vive et l’on se replace à la première distance. La passe, comme la friction, a la vertu d’entraîner les humeurs, de rétablir la circulation; elle produit en outre chez le malade un sentiment indéfinissable de bien-être, du calme et de la fraîcheur. Lorsque l’on a magnétisé par imposition, c’est-à-dire en posant la paume et les doigts de la main sur une partie souffrante, si l’on fait une passe, le fluide que l’on accumule en tenant les mains immobiles descend aussitôt et entraîne avec lui tout ou partie de la cause morbifique. D’où il résulte que la magnétisation par frictions a plus d’intensité que celle par les passes, et que si l’imposition des mains a la vertu de concentration, les passes ont particulièrement celle de l’entraînement.

« Les frictions, comme les passes longitudinales, établissent une circulation nouvelle , en d’autres termes, constituent l’action intérieure; mais une portion du fluide du magnétiseur se répand toujours à la sortie du corps de ce dernier, et forme autour du malade une atmosphère particulière à laquelle se joignent les émanations et les humeurs qui abandonnent le magnétisé à la fin de la passe ou de la friction ; cette atmosphère pourrait lui être nuisible, et il faut l’en délivrer. Pour y parvenir on fait, à la fin de chaque séance, sept ou huit passes transversales, avec uneet plulôtdeux mains, en commençant au-dessus de la tête, et finissant au plancher. Ce procédé dégage la tête, rétablit l’équilibre, et ajoute de nouvelles forces. II y a des cas où la passe transversale prend le caractère de la passe longitudinale et eu produit les effets : ainsi, dans les maladies des yeux, indépendamment des passes ordinaires, on entraîne encore le mal en faisant des passes transversales depuis le nez jusqu’à l’oreille. Si enfin on croit que l’on a émis trop de fluide, et que le magnétisé s’en trouve incommodé, on l’en délivre par des passes transversales, et l’effet ne larde pas à

être manifeste; car le malade compare le t>i(> n qu’on lui fait à celui qui résulte de l’ouverture d’une fenêtre pour quiconque est enfermé dans une pièce trop chauffée et remplie de différents fluides .

« La passe perpendiculaire , comme la passe transversale, dégage la tête, rétablit l’équilibre et donne des forces ; de plus il arrive très-souvent qu’à la fin d’une séance les jambes du malade sont lourdes; il a des mouvements difficiles et peut à peine marcher; quelques passes perpendiculaires, depuisles reins jusqu’aux pieds, suffisent pour faire cesser ce malaise...

« Les yeux ont une puissance magnétique. La magnétisation oculaire s’emploie pour guérir et pour déterminer ou accélérer une crise. A^sis en face du malade, le magnétiseur le fixe et tient les yeux immobiles.

« Les yeux sont considérés comme des extrémités du corps, et ils lancent abondamment le lluide ; mais ces organes sont si faibles, que leur action n’estqu’accessoire et de peu de durée. On s’en sert dans la pratique pour déterminer le somnambulisme, lorsqu'il est utile de le provoquer. En fixant fortement le malade, on lui envoie un courant fluidique qui agit sur son cerveau et ensuite sur le reste du corps.

« En fixant doucement, tranquillement et longtemps des yeux affaiblis ou affectés, on leur communique la force et la santé dont ils sont privés...

«Tousles corps animés ou inanimés: hommes, animaux , végétaux ou minéraux, qui approchent ou peuvent, pur circonstance, approcher un malade , doivent être magnétisés pour être en harmonie avec lui. Parmi les animaux domestiques , le chat est un de ceux qui paraît le plus contraire à l’action magnétique. Le> somnambules n’en souffrent pas l’approche ; ils sont assurés de sa présence , quand il pénètre dans un appartement ou qu’il passe à côté d’eux. On a vu la présence ou la rencontre d’un chat produire de très-mauvais effets sur les somnambules; il faut avoir soin de les éloigner. Les chiens lont éprouver une sensation moins fâcheuse; mais les somnambules ne les supportent pas; surtout les chiens à long poil. Les serins , suivant M. Bruno, portent une action désagréable, mais faible. Parmi les métaux , le 1er aimanté, le zinc causent aux somnambules des sensations très-vives et qu’ils ont beaucoup de peine à vaincre ; d’aulres peuvent être dangereux : le cuivre, par exemple , surtout lorsqu’il est poi lé par le somnambule , par le magnétiseur ou les assistants, en boulons , boucles et faux bijoux. La soie paraît être un obstacle au passage du fluide. Les couleurs ne conviennent pas toutes , comme , par exemple : le noir , le rouge, le violet. La plume , le poil de certains animaux , réduits en fourrure , occasionnent des crises. Parmi les végétaux , le figuier, l’if, le laurier rose, le laurier cerise, le sumac sont nuisibles...

« Après l'homme et les animaux , a dit Mesmer, ce sont les végétaux, et surtout les

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