‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 6 sur 222 · J! AC. Ô · texte numérisé non relu

J! AC. Ô

arbres, qui sont le plus susceptibles du magnétisme animal. De tous les moyens auxiliaires qu’un magnétiseur puisse employer, le traitement par les arbres est celui qui présente le plus d’avantages. Il s’est opéré des cures merveilleuses à l’aide di s arbres magnétisés. C’est sous des arbres, à Buzancy, à Beaubourg, à Bayonne, qu’on a vu les effets magnétiques les plus étonnants. «J’opère des effets bien salutaires sur les malades des environs, disait M. de Puységur; ils affluent autour de mon arbre ; il y eu avait ce malin plus de cent trente. » Des arbres déjà pleins de force et de vie , auxquels on communique son propre fluide , deviennent de grands réservoirs où plusieurs malades peuvent venir se remplir d’un fluide bienfaisant que le magnétiseur a su mettre en mouvement,et dont ils se trouvent imprégnés en se rendant sous leur ombre. «Mon arbre est le meilleur baquet possible, disait encore M. de Puységur , il n’y a pas une feuille qui ne communique de la santé. » L’action des arbres magnétisés est presque toujours trèsdouce ; elle donne du calme et procure souvent un sommeil salutaire ; elle augmente les forces et régularise quelquefois la circulation du sang, aussi bien que les passes du magnétiseur. Les arbres magnétisés préparent, entretiennent et soutiennent les effets de la magnétisation directe ; ils sont préférables aux réservoirs matériels. D’abord la force vitale est bien plus en harmonie avec le corps humain ; puis ensuite un concours de malades, au grand air, établit une circulation telle, que le réservoir devient immense et ses effets surprenants. L’arbrë jouit alurs, dit Mesmer, de toutes les vertus du magnétisme. Les personnes saines , en restant quelque temps auprès, ou en le louchant, pourront en ressentir l’effet, et les malades, surtout ceux déjà magnétisés, les ressentiront violemment et éprouveront des crises comme au baquet , même bien plus douces. Le traitement par les arbres magnétisés n’a point d’inconvénients; mais il exige des précautions, et l’on ne peut en faire usage en tous temps, ni avec toute espèce d’arbres.

«En hiver, quand la \égélaiion est arrêtée dans son cours, et à l'automne quand sa force expire, il y aurait peu de secours vital à puiser dans les arbres, il est donc évident que ee genre de traitement magnétique ne peutavoirlieuquedu printemps à l’automne.

En tous cas , les effets seraient beaucoup moins curatifs. L’expérience a prouvé que le choix des arbres n’était pas indiffèrent : ainsi, il faut rejeter tous ceux dont le suc i st caustique et vénéneux , tels sont : le figuier, le laurier rose, le laurier cerise , le sumac ; leur action serait nuisible. L’orme, le chêne, le tilleul, le frêne , l’oranger , sont ceux dont jusqu’à présent on a fait le plus d’usage et dont on a éprouvé les meilleurs effets. Suivant les expériences du docteur Bouillier , le noyer, malgré un préjugé vulgaire, n’a point été nuisible dans ses traitements.

« Pour magnétiser un arbre, on commence parle tenir embrassé pendant quelques minutes. On s’éloigne ensuite, et l’on dirige le fluide vers le sommet et du sommet vers le tronc en suivant la direction des grosses branches. Quand on est arrivé à la réunion des branches, on descend jusqu’à la base du tronc , et l’on termine en magnétisant l’espace de terre qu’occupe l’arbre extérieurement et intérieurement ; ce qui suppose que les racines s’étendent de trois à six pieds de distance enviroq. On fait donc le tour de l’arbre en magnétisant, de manière à répandre le fluide sur les racines et en le ramenant ensuite de l’extrémité des racines au pied de l’arbre. Quand on a fini d'un côté, on fait la même chose en se plaçant du côté opposé. On attache ensuite aux branches les plus commodes et les mieux situées, surtout à celles qui partent du tronc , des cordes ou cordons de chanvre ou de laine, qui descendent jusqu’à la terre sans la toucher, afin de ne point les exposer à salir et tacher les vêlements. Ces cordes ou cordons servent de conducteurs fluidiqucs ; les malades les prennent dans leurs mains ou s’en entourent le corps. Lorsque les choses sont ainsi disposées , on peut faire venir les malades ; mais il faut continuer la magnétisation de l’arbre pendant quatre ou cinq jours. Ensuite , si le traitement se trouvait peu suivi, on magnétiserait tous les mois. S’il y a constamment des malades , leur présence et celle du magnétisme rendent leur magnétisation presque inutile. « L’effet curatif des arbres magnétisés, dit Mesmer, est bien plus prompt et plus actif, en proportion du nombre des malades , qui en augmente l’énergie en multipliant les courants, les forces et les contacts.» — «La réunion des malades autour de l’arbre, ajoute M.Deleuze, entretient la circulation du fluide. Cependant il est à propos que le magnétiseur vienne de temps en temps renouveler et régulariser l’action; il lui suffit pour cela de toucher l’arbre pendant quelques moments.»

MA GO A , l’un des plus puissants démons , roi de l’Orient; on l’évoque par l’oraison suivante prononcée au milieu d’un cercle. Elle peut servir tous les jours et à toute heure , dit un grimoire : « Je te conjure et invoque, ô puissant Magoa, roi de l’Orient , je te lais commandement d’obéir à ce que tu aies à venir ou m’envoyer sans retardement Massayel, Asiel, Satiel, Arduel, Acorib, et sans aucun délai , pour répondre à tout ce que je veux savoir et faire, etc. »

MAGOG. Schraderus, dans son lexique Scandinave, fait le géant Magog chef nés anciens Scythes, inventeur des runes, espèces d’hiéroglyphes ou caractères dont se sont servis les peuples septentrionaux, et dont l’usage a précédé en Europe celui des lettres grecques. Voy. Og.

MAILLAT (Louise) , petite démoniaque , qui vivait en 1598 : elle perdit l’usage de ses

(1) M. Carinet, Hist. de la magie en Fra nce, p. 162-

(•2j Delaucre, Tableau de l'inconstance des déni., etc., li

Sf.lENCES OCCULTES. M

membres; on la trouva possédée de cinq démons qui s’appelaient loup, chai , chien , j°ly, gri/J'on. Deux de ces démons sortirent d’abord par sa bouche en forme de pelotes de la grosseur du poing; la première rouge comme du feu, la seconde, qui était le chat, sortit toute noire; les autres partirent avec moins de violence. Tous ces démons étant hors du corps de la jeune personne firent plusieurs tours devant le foyer et dis parurent. Un a su que c’était Françoise Secrélain qui’ avait fait avaler ces diables à celte petite fille dans une croûte de pain de couleur de fumier (1).

MAIMON , chef de la neuvième hiérarchie des démons, capitaine de ceux qui sont tentateurs , insidiateurs , dresseurs de pièges , lesquels se tortillent autour de chaque personne pour contrecarrer le bon ange (2).

MAIN. On s’est moqué avec raison des borborites, secte hérétique des premiers siècles de l’Eglise, qui avaient des idées absurdes en théologie, et qui disaient que la main est toute la civilisation de l’homme; que, sa is la main , l’homme ne serait qu’un cheval ou un bœuf; que l’esprit ne serait bon à rien avec des pieds fourchus , ou des mains de corne ou des pattes à longues griffes. Ils faisaient un système d’origines ; ils contaient que l’homme , dans le commencement , n’avait que des pattes comme les chiens; que tant qu’ils n’eurent que des pattes, les hommes , comme des brutes , vécurent dans la paix, l’heureuse ignorance et la concorde; mais , ajoutaient-ils , un génie prit les hommes en affection et leur donna des mains. Dès lors nos-pères se trouvèrent adroits; ils se firent des armes ; ils subjuguèrent les autres animaux ; ils imaginèrent, ils produisirent avec leurs mains des choses surprenantes, bâtirent des maisons, taillèrent des habits et firent des peintures. Otez à l’homme ses mains , disaient-ils , et avec tout son esprit, vous verrez ce qu’il deviendra.

Mais nous avons les mains , et c’est Dieu qui nous les a données ; quoique nous n’en possédions que deux , la loi de l’égalité si Yantée, cette loi impossible, a échoué aussi dans nos mains. Il y a de l’aristocratie jusque-là. La main droite se croit bien au-dessus de la main gauche ; c’est un vieux pi éjugé qu’elle a de temps immémorial. Aristote cite l’écrevisse comme un être privilégié , parce qu’il a la patte droite beaucoup plus grosse que la gauche. Dans les temps anciens , les Perses et les Mèdes faisaient comme nous leurs serments de la main droite. Les nègres regardent la main gauche comme la servante de l’autre ; elle est, disent-ils, faite pour le travail ; et la droite seule a le droit de porter les morceaux à la bouche et de loucher le visage. Un habitant du Malabar ne mangerait pas d’aliments que quelqu’un aurait touchés de la maai gauche. Les Romains donnaient une si haute préférence à la droite,

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que lorsqu’ils se mettaient ci table, iis secourraient toujours sur le côté gauche pour avoir l’autre entièrement libre. Ils se défiaient tellement de la main gauche, qu’ils ne représentaient jamais l’amitié qu’en la figurant par deux mains droites réunies.

Chez nous, toutes ces opinions ont survécu. Les gens superstitieux prétendent même qu’un signe de croix fait de la main gauche n’a aucune valeur. Aussi on habitue les enfants à tout faire de la main droite cl à regarder la gauche comme nulle, tandis que peut-être il y aurait avantage à se servir également des deux mains.

Puisqu’on attache à la main une si juste importance , on doit voir sans surprise que des savants y aient cherché tout le sort îles hommes.ün a écrit d’énormes volumes sous le titre de Chiromancie ou divination par la main. Cette science bizarre présente mie foule d’indices qui sont au moins cuiieux ; c’est toute la science des bohémiennes, que nos pères regardaient ordinairement comme des prophétesses et que l’on écoute encore dans les campagnes.

De tout temps, dit-on, l’homme fut de glace pour les vérités et de feu pour les mensonges ; il est surtout ami du merveilleux; si Peau d'Ane m’était conté, a dit Lafontaine , j’y prendrais un plaisir extrême. Voilà la cause de la crédulité que nos bons aïeux accordaient aux bohémiennes; et voici les principes de l'art de dire la bonne aventure dans la main , science célèbre parmi les sciences mystérieuses, appelée par les adeptes chiromancie, xeiromancie et chiroscopie.

J! y a dans la main plusieurs parties qu’il est important de distinguer : la paume ou dedans de la main; le poing ou dehors de la main lorsqu’elle est fermée ; les doigts, les ongles, les jointures, les lignes et les montagnes. — 11 y a cinq doigts : le pouce , l’index , le do gt du milieu , l’annulaire, l’auriculaire ou petit doigt. 11 y a quinze jointures : trois au petit doigt, trois à l’annulaire, trois au doigt du milieu , trois à l’index , deux au pouce, et une entre la main et le bras. Il y a quatre lignes principales. La ligne de la vie , qui est la plus importante , commence au haut de la main, entre le pouce et l’index, et se prolonge au bas de la racine du pouce, jusqu’au milieu de la jointure qui sépare la main du bras ; la ligne de la santé et de l’esprit , qui a la même origine que la ligne de vie, entre le pouce et l’index, coupe la main en deux et finit au milieu de la base de la main , entre la jointure du poignet et l’origine du petit doigt; la ligne de la fortune ou du bonheur, qui commence à l'origine de l’index , Cnit sous la base de la main, en deçà de la racine du petit doigt; enfin la ligne de la jointure , qui est la moins importante , se trouve sous le bras, dans le passage du bras à la main; c est plutôt un pli qu’une ligne. On remarque une cinquième ligne qui ne se trouve pas dans toutes les mains ; elle sé nomme ligne du triangle, parce que, commençant au milieu de la jointure, sous la racine du pouce,

DiCTiONN. "IES SCIENC ES OCCDLTE^. 11.

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elle finit sous la racine du petit doigt. I! y a aussi sept tubérosilés ou montagnes , qui portent le nom des sept planètes. Nous les désignerons tout à l’heure. Pour la chiromancie, on se sert toujours de la main gauche, parce que la droite étant plus fatiguée , quoique plus noble , présente quelquefois dans les lignes des irrégularités qui ne sont point naturelles. On prend donc la main gauche lorsqu’elle est reposée, un peu fraîche et sans aucune agitation, pour voir au juste la couleur des lignes et la forme des traits qui s’y trouvent. La figure de la main peut déjà donner une idée, sinon du sort lulur des personnes , au moins de leur naturel et de leur esprit. En général, une grosse main annonceun esprit bouché, à moins quclesdiugts ne soient longs et un peu déliés. Une main potelée, avec des doigts qui se terminent en fuseaux, comme on se plaît à en souhaiter aux femmes , n’annonce pas un esprit trèsétendu. Des doigts qui rentrent dans la main sont le signe non équivoque d’un esprit lent, quelquefois d’un naturel enclin à la fourberie. Des doigts qui se relèvent au-dessus de la main annoncent des qualités contraires. Des doigts aussi gros à l’extrémité qu’à la racine n’annoncent rien de mauvais. Des doigts plus gros à la jointure du milieu qu’à la racine n’annoncent rien que de bon.

Nous donnons sérieusement ces détails, ne pensant pas qu’il soit nécessaire de les réfuter.

Une main large vaut mieux qu’une main trop étroite. Pour qu’une ma n soit belle, il faut qu’elle porte en largeur la longueur du doigt du milieu. Si la ligne de la jointure, qui est quelquefois double, est vive et colorée, elleannonee un heureux tempérament.

Si elle est droite , également marquée dans toute sa longueur, elle promet des richesses et du bonheur. Si la jointure présentait quatre lignes visibles, égales et droites, on peut s'attendre à des honneurs, à des dignités, à de riches successions. Si elle est traversée de (rois petites lignes perpendiculaires, ou marquée de quelques points bien visibles, c’est le signe certain qu’on sera trahi. Des lignes qui partent de la jointure et se perdent le long du bras annoncent qu’on sera exilé. Si ces lignes se perdent dans la paume de la main, elles présagent de longs voyages sur terre et sur mer. Une femme qui porte la figure d’une croix sur la ligne de la jointure est chaste, douce, remplie d’honneur et de sagesse, elle fera le bonheur de son époux. Si la ligne de vie, qui se nomme aussi ligne du cœur , est longue , marquée , égale , vivement colorée , elle présage une vie exempte de maux et une belle vieillesse. Si cette ligne est sans couleur, tortueuse, courte, peu apparente, séparée par de peliles lignes transversales elle annonce une vie courte, une mauvaise santé. Si celte ligne est étroite, mais longue et bien colorée, elle désigne la sagesse , l’esprit ingénieux. Si ol e est large et pâle, c’est le signe quelqu > fois de la sottise. Si elle est profonde cl d’une couleur inégale, elle dénote la malice, le ba-

ÎMCTIONN.ViR'o DLS SCIENCES OCCULTES.

hil, la jalousie, la présomption. Lorsqu’à son origine , entre le pouce et l’index , la ligne de vie se sépare en deux, de manière à former la fourche, c’est le signe de l’inconstance- Si cette ligne est coupée vers le milieu par deux petites lignes transversales bien apparentes, c’est le signe d’une mort prochaine. Si la ligne de vie est entourée de petites rides qui lui donnent la forme d’une branche chargée de rameaux , pourvu que ces rides s’élèvent vers le haut de la main , c’est le présage des richesses. Si ces rides sont tournées vers le bas de la main , elles annoncent la pauvreté. Toutes les fois que la ligne de vie est interrompue, brisée, c’est autant de maladies. La ligne de la santé et de l'esprit est aussi appelée ligne du milieu. Lorsqu’elle est droite, bien marquée , d’une couleur naturelle, elle donne la santé et l’esprit, le jugement sain , une heureuse mémoire et une conception vive. Si elle est longue , on jouira d’une santé parfaite. Si elle est tellement courte qu’elle n’occupe que la moitié de la main , elle dénote la timidité , la faiblesse , l’avarice. Si la ligne de santé est tortueuse, elle donne le goût du vol; droite, au contraire , c’est la marque d’une conscience pure et d’un cœur juste. Si celte ligne s’interrompt vers le milieu pour former une espèce de demi-cercle , c’est le présage qu’on sera exposé à de grands périls avec les bêles féroces. La ligne de la fortune ou du bonheur commence, comme nous l’avons dit, sous la racine de l’index , et se termine à la base de la main, en deçà de a racine du petit doigt : elle est presque parallèle à la ligne de santé. Si la ligne de la fortune est égale,, droite , assez longue et bien marquée, elle annonce un excellent naturel, Sa force, la modestie et la constance dans le tâen. Si, au lieu de commencer sous la racine de l’index , entre l’index et le doigt du milieu, elle commence presque au haut de la main , c’est le signe de l’orgueil. Si elle est très-rouge dans sa partie supérieure, elle déno.e S’envie. Si la ligne de la fortune est chargée de petites lignes formant des rameaux qui s’élèvent vers le haut de la main, elle présage les dignités, le b-.-nheur, la puissance et les richesses ; mais si cet e ligne est absolument nue , unie , sans rameaux , elle prépare la misère et l’infortune. S’il se trouve une petite crois sur la ligne de la fortune, c’est la marque d'un cœur libéral, ami de la véracité, bon, affable, orné de toutes les vertus. Si la ligne du bonheur ou de la fortune , au lieu de naître où nous l’avons dit, prend racine entre le pouce et l’index , au même lieu que la ligne de santé, de façon que les deux lignes forment ensemble un angle aigu, on doit s’attendre à de grands périls, à des chagrins. Si la ligne de santé ne se trouvait pas au milieu de la main, et qu’il n’y eût que la ligne de vie et la ligne de la lortune ou du bonheur , réunies à leur origine, de manière à former un angle, c’est le présage qu’on perdra la télé à la bataille, ou qu’on sera blessé mortellement dans quelque affaire. Si la ligne de la fortune est droite et

déliée dans sa partie supérieure , elle donne le talent de gouverner sa maison et de fair.e une face honnête à ses affaires. Si celle ligne est interrompue vers le milieu par de petites lignes transversales, elle indique la duplicité. Si la ligne de la fortune est pâle dans toute sa longueur, elle promet la pudeur et la chasteté. La ligne du triangle manque dans beaucoup de mains, sans qu’on en soit plus malheureux. Si la ligne du li iangle est droite, apparente ( car ordinairement elle paraît peu), et qu’elle s’avance jusqu’à la ligne de la santé, elle promet de grandes richesses. Si elle se prolonge jusque vers la racine du doigt du milieu, elle donne les plus heureux succès. Mais si elle se perd au-dessous de la racine du petit doigt, vers le bas de la main, elle amène des rivalités. Si elle est toi tueuse, inégale , de quelque côté qu’elle sj dirige , elle annonce que l’on ne sortira pas de la pauvreté. L’éminence ou gonflement charnu qui se trouve à la racine du pouce et s’étend jusqu’à la ligne de. la vie se nomme la montagne de Vénus. Quand cette tubérosité est douce , unie , sans rides , c’est l’indice d’un heureux tempérament. Si cette montagne est ornée d’une petite ligne parallèle à la ligne de vie, et voisine de cette ligne , c’est le présage des richesses. Si le pouce est traversé dans sa longueur de petites lignes qui se rendent de l’ongle à la jointure, ces lignes promettent un grand héritage. Mais si ie pouce est coupé de lignes transversales, comme le pli des jointures, c’est le signe qu’on fera des voyages longs et périlleux. Si le pouce ou la racine du pouce présententdes points ou des étoiles, c’est la gaieté. L’éminence qui se tiouve à la racine de l’index se nomme la montagne de Jupiter. Quand cette tubérosité est unie et agréablement colorée, c’est le signe d’un heureux naturel et d’un cœur porté à la vertu. Si eile est chargée de petites lignes doucement marquées , on recevra des honneurs et des dignités importantes. La tubérosité qui s'élève dans la paume de la mai» , à la racine du doigt du milieu, se nomme la montagne de Saturne. Si eetie éminence est unie et naturellement colorée, elle marque la simplicité et l’amour du travail; mais si elle est chargée de petites rides, c’est le signe de l’inquiétude, c’est l'indice d’un esprit prompt à se chagriner. Si la jointure qui sépare la main du doigt du milieu présente des plis tortueux, elfedésigne un jugement lent, un esprit paresseux, une conception dure. Une femme qui aurait sous le doigt du milieu, entre la seconde jointure et la jointure voisine de l’ongle, la figure d’une pelile croix, porterait là un signe heureux pour l’avenir. La tubérosité qui se trouve à la racine du doigt annulaire se nomme la montagne du Soleil. Si cette montagne est chargée de petites lignes naturellement marquées, elle annonce un esprit vif et heaieux; de l’éloquence, des talents pour les emplois, un peu d’orgueil. Si ces lignes ne sont qu’au nombre de deux, elles donnent moins d’éloquence, mais aussi plus de modestie. Si la racine du doigt annulaire est chargée de li-

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rnes croisées les unes sur les autres, celui qui porte ce signe sera victorieux sur ses ennemis et l’emportera sur ses rivaux. L’éminence qui s’élève dans la main à la racine du petit doigt se nomme la montagne de Mercure. Si cette éminence est unie, sans rides, on aura un heureux tempérament , de la constance dans l’esprit et dans le cœur ; pour les hommes , de la modestie; pour les femmes, de la pudeur. Si cette éminence est traversée par deux lignes légères qui se dirigent vers le petit doigt , c’est la marque de la libéralité. L’espace qui se trouve sur le bord inferieur de la main au-dessous de la montagne de Mercure, depuis la ligne du bonheur jusqu’à l’extrémité de la. ligne de l’esprit, se nomme la montagne de la Lune. — Quand cet espace est uni, doux, net, il indique la paix de Pâme et un esprit naturellement tranquille. Lorsqu’il est fort coloré, c’est le signe de la tristesse, d’un esprit chagrin et morose, et d'un tempérament mélancolique. Si cet espace est chargé de rides, il annonce des voyages et des dangers sur mer. L’espace qui se trouve sur le bord inférieur de la main, en deçà de la montagne de la Lune, depuis l’extrémité de la ligne de l’esprit, jusqu’à l’extrémité inferieure de la ligne de la jointure, se nomme la mont gne de Mars. Quand cet espace est uni, doux et net, il est le caractère du vrai courage et de cette bravoure que la prudence accompagne toujours. S’il est fortement coloré, il désigne l’audace , la témérité. Lorsque la montagne de Mars est chargée de grosses rides, ces rides sont autant de dangers plus ou moins grands, suivant leur prolondeur et leur longueur; c’est aussi le présage d’une mort possible entre les mains des brigands , si les lignes sont livides; elles sont l’indice d'un trépas funeste sieiies sont fort rouges; d’une mort glorieuse au champ de bataille si elles sont droiles. Des croix sur la montagne de Mars promettent des dignités et des commandements. N’oublions pas les signes des ongles. De petits signes blanchâtres sur les ongles présagent des craintes; s’ils sont noirs, ils annoncent des frayeurs et des dangers ; s’ils sont rouges, ce qui est plus rare, des malheurs et des injustices; s’ils sont d’uu blanc pur, des espérances et du bonheur. Quand ces signes se trouvent à la racinede l’ongle, l’accomplissement de ce qu’ils présagent est éloigné, ils se rapprochent avec le temps , et se trouvent à la sommité de l’ongle quand les craintes et les espérances se justifient par l’événement. Pour qu’une main soit parfaitement heureuse , il taut qu’elle ne soit pas trop potelée, qu’elle soit un peu longue, que les doigts ne soient pas trop arrondis, que l’on distingue les nœuds des jointures. La couleur en seca fraîche et douce, les ongles plus longs que larges ; la ligue de la vie, bien marquée, égale, fraîche, ne sera point interrompue et s’éteindra dans la ligne de la jointure. La ligne de la santé occupera les trois quarts de l’étendue de la main. La ligne de la fortune sera chargée de rameaux et vivement colorée.

(!) llexamerou Je Torquemada, 4* journée.

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On voit, dans tous les livres qui traitent de la chiromancie , que les doctes en celte matière reconnaissaient deux sortes de divinations par le moyen de la main : la chiromancie physique, qui, par la simple inspection de la main, devine le caractère elles destinées des personnes; et la chiromancie astrologique , qui examine les influences des planètes sur les lignes de la main, et croit pouvoir déterminer le caractère et prédire ce qui doit arriver en calculant ces influences. Nous nous sommes plus appesantis sur les principes de la chiromancie physique, parce que c’est la seule qui soit encore en usage. C’est aussi la plus claire et la plus ancienne.

Aristote regarde la chiromancie comme une science certaine; Auguste disait luimême la bonne aventure dans la main. Mais les démonomanes pensent qu’on ne peut pas être chiromancien sans avoir aussi un peu de nécromancie, et que ceux qui devinent juste, en vertu de cette science, sont inspirés souvent par quelque mauvais esprit (1).

« Gardez-vous, en chiromancie, d.t M. Saîgues (2), des lignes circulaires qui embrasseraient la totalité du pouce; les cahalistes les nomment l’anneau de Gygès, et Adrien Sicler nous prévient que ceux qui les portent courent risque qu’un jour un lacet fatal ne leur serre la jugulaire. Pour le prouver, il cite Jacquin Cauinont, enseigne de vaisseau, qui fut pendu, ne s’étant pas assez méfié de cette funeste figure. Ce serait bien pis si ce cercle était double en dehors et simple en dedans : alors nul doute que voire triste carrière ne se terminât sur une roue. Le même Adrien Sicler a connu à Nîmes un fameux impie qui fut roué en 1559, et qui portait ce signe mortel à la première phalange.

« 11 n’est pas possible de vous tracer toutes les lignes décrites et indiquées p ir les plus illustres chiromanciens pour découvrir la destinée et fixer l’horoscope de chaque individu; mais il est bon que vous sachiez qu lsaac Kim-Ker a donné soixante-dix figures de mains au public; le docte Mélampus , douze; le profond Compotus, huit.; Jean de lîagen , trente-sept; le subtil Romphilius , six; l’érudit Oorvæus, cent. cinquante ; Jean Cirus , vingt; Patrice Tricassus , quatrevingts ; Jean Belot, quatre ; Traisnerus, quarante , ei Perrucho , six; ce qui fait de bon compte quatre cent vingt-tr ois mains sur lesquelles votre sagacité peut s’exercer. Mais, dites-vous, l’expérience et les faits parlent en faveur de la chiromancie. Un Grec prédit à A exandre de Médicis, duc de Toscane, sur l’inspection de sa main, qu’il mourrait d’une mort violente ; et il fut en effet assassiné par Laurent de Médicis, son cousin. De tels faits ne prouvent rien ; car, si un chiromancien rencontra juste une fois ou deux, il se trompa mille fois. A quel homme raisonnable persuadera-l- on en effet que le soleil se mêle de régler le mouvement de son index (comme le disent les maîtres en chiromancie astrologique)? que Vénus a soin de son pouce, et Mercure de son petit doigt?Quoi 1 Jupiter est

(2} Des erreurs et des préjugés, etc., i. Il, p. 4'J el suiv

éloigné de vous immensément; il est quatorze cents lois plus gros que le petit globe que vous habitez, et décrit dans son orbile des années de douze ans, et vous voulez qu’il s’occupe de votre doigt médius 1...

« Le docteur Bruliier, dans son ouvrage des Caprices de l’imagination, rapporte qu’un homme de quarante ans, d’une humeur vive et enjouée, rencontra en société une femme qu’on avait fait venir pour tirer des horoscopes. Il présente sa main; la vieille le regarde en soupirant :

« — Quel dommage qu’un homme si aimable n’ait p us qu’un mois à vivre 1

« Quelque temps après, il s’échauffe à la chasse, la fièvre le saisit, son imagination s’allume , et la prédiction de la bohémienne s’accomplit à la lettre. » Voy. aussi Dmscops, Doigts; aux Légendes, Marthe, etc.

MAIN DE GLOIRE. Ce que les sorciers appellent main d gloire est la main d’un pendu , qu’on prépare de la sorte : on l’enveloppe dans un morceau de drap mortuaire, en la pressant bien, pour lui faire rendre le peu de sang qui pourrait y être resté; puis on la met dans un vase de terre, avec du sel, du salpêtre, du zimat et du poivre long, le tout bien pulvérisé. On la laisse dans ce pot l’espace de quinze jours ; après quoi on l’expose au grand soleil de la canicule , jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement desséchée; si le. soleil ne suffit pas, on la met dans un four chauffé de fougère et de verveine. On compose ensuite une espèce de chandelle avec de la graisse de pendu, de la cire vierge et du sésame de Laponie; et on se sert de la main de gloire, comme d’un chandelier, pour tenir cette merveilleuse chandelle allumée. Dans tous les lieux où l’on va avec ce funeste instrument, ceux qui y sont demeurent immobiles, et ne peuvent non plus remuer que s’ils étaient morts. 11 y a diverses manières de se servir de la main de gloire ; les scélérats les connaissent bien; mais, depuis qu’on ne pend plus chez nous, ce doit être chose rare.

Deux magiciens, étant venus loger dans un cabaret pour y voler, demandèrent à passer la nuit auprès du feu, ce qu’ils obtinrent. Lorsque tout le monde fut couché , la servante,qui se défiait de la mine des deux voyageurs, alla regarder par un trou de la porte pour voir ce qu’ils faisaient. Elle vit qu’ils liraient d’un sac la main d’un corps mort, qu’ils en oignaient les doigts de je ne sais quel onguent, et les allumaient, à l’txceplion d’un seul qu’fis ne purent allumer, quelques efforts qu’ils fissent, et cela parce que.commo elle le comprit, il n’y avait qu’elle des gens de la maison qui ne dormît point ; car les auires doigts étaient allumés pour plonger dans le plus profond sommeil ceux qui étaient déjà endormis. Elle alla aussitôt à son maître pour l’éveiller, mais elle ne put en venir à bout, non plus que des autres personnes du log s,qu’après avoir éteint les doigts allumés, pendant que les deux voleurs commençaient

< t > Delrio, Disquisilions magiques,

(i) Le Solide trésor du Petit-Albert.

à faire leur coup dans une chambre voisine. Les deux magiciens , se voyant découverts , s’enfuirent au plus vite, et on ne les trouva plus (1).

Les voleurs ne peuvent se servir de la main de gloire, quand on a eu la précaution de frotter le seuil de la porte avec un onguent composé de fiel d a chat noir, de graisse de poule blanche et de sang de clioue le, lequel onguent doit être fait dans la canicule (2).

MAIN INVISIBLE. Gaspard Schotter, dans sa Magie universelle, livre iv, page 407, rapporte le fait suivant, dont il a été témoin dans son enfance, et qu’il a entendu raconter à des témoins plus âgés que lui. Deux compagnons sortaient d’une ville armés et portant leur bagage, pour allertravailler dans une autre contrée. L’un d’eux ayant trop bu attaque l’autre, qui refuse de se battre avec un homme ivre; mais il reçoit un coup à la tête. Voyant couler son sang, il riposle et perce de part en part le malheureux ivrogne. On accourt aussitôt ds la vilie, et parmi les assistants se trouve la femme même du mort. Dans le moment qu’elle donnait des soins à son époux, le meurtrier, qui s’enfuyait, se sentit saisi par une main invisible et fut entraîné auprès du magistrat, lequei le fit metlre en prison. Qu’étail-ce que celte main invisible? Celle du mort qui revenait dégrisé.

MAINFROI ou MANFRED, roi de Naples, qui régna dans les Deux-Siciles de 1254 à 1266, fils naturel de l’empereur Frédéric SL Lorsqu’il fut excommunié pour ses crimes, il s’occupa, dit-on, de magie. Pic de La Mirandole conte que Mainfroi, étant en guerre contre Charles d’Anjou , voulut savoir du diable l’événement de la bataille qu’il allait lui livrer, et que le démon, pour le tromper, ne lui répondit qu’en paroles ambiguës, quoique cependant il lui prédît sa mort; et en effet, malgré les secours qu’il reçut des Sarrasins, ses alliés, il fut tué dans le combat par un soldat. On remarque que Charles d'Anjou écrivit à Mainfroi, avant la, bataille, ces singulières paroles : « Aujourd’hui je t’enverrai en enfer si tu ne m’envoies pas en paradis. »

On a attribué à Manfred un livre latin intitulé: la Pomme philosophique , où il traite de la science de l’alchimie, qu’il dit être la sœur germaine de la magie (3).

MAISON ENSORCELÉE. A la fin de nivôse an xm (1805), il s’est passéà Paris, rue Notre- Dame de Nazareth, dans une ancienne maison dont on avait dépouillé des religieuses cordelières , une scène qui fit quelque bruit. On vit tout à coup voler en l’air des bouteilles depuis la cave jusqu’aû grenier; plusieurs personnes furent blessées; les débris de bouteilles restèrent entassés dans le jardin, sans que la foule des curieux pût découvrir d’où provenait ce phénomène. On consulta des physiciens et des chimistes, ils ne purent pas même dire de quelle manufacture venaient les bouteilles qu’on leur montra. Les gens du

(5) Leloyer, Hist. des spectres et apparitions des esprits, liv. iv, p. 503.

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peuple se persuadèrent qu’elles venaient de la manufacture du diable, et que cette aventure ne pouvait être que l’ouvrage des sorciers ou des revenants; les personnes plus instruites, tout aussi crédules, ne surent que penser. La police découvrit enfin que ces revenants n’étaient que des habitants de la maison voisine, aidés d’un physicien de leurs amis, qui, au moyen de l’électricité et d’un trou imperceptible pratiqué dans le mur, parvenaient à faire mouvoir à leur gré les meubles de la maison prétendue ensorcelée. Ils avaient pourobjet d’empêcher le nouveau propriétaire de la vendre; ils se vengeaient en même temps d’une personne dont ils croyaient avoir à se plaindre fl). Voy. Alessandro, Athénodore, Ayola, Bolacré, Chambres infestées, Revenants, etc.

MALADE. « Divers sont les jugements qui se font d’aucuns , si un ma ade doit vivre ou mourir; mais je publierai cê présent signe infaillible, duquel se pourra servir un chacun, et en faire un ferme jugement : Prenez une ortie et la mettez dans l’urine du malade incontinent après que le malade l’aura faite, et avant qu’elle soit corrompue; laissez l’ortie dans ladite urine l’espace de vingtquatre heures; et après, si l’ortie se trouve verte, c’est un signe de vie (2). »

Delancre (3) nous conseille de ne pas admettre l’opinion des gnostiques , qui disent que chaque maladie a son démon, et d’éviter l’erreur populaire qui prétend que tous ceux qui tombent du haut mal sont possédés. Les maladies ont souvent causé de grands désordres. Le P. Lebrun rapporte l’exemple d'une femme attaquée d’une maladie de l’œil qui lui faisait voir une foule d’images bizarres et effrayantes; elle se crut ensorcelée : un habile oculiste l’opéra, et guérit en même temps son œil et son imagination. Plusieurs des sorciers , loups-garous et possédés n’étaient que des malades. Voy. Hallucination.

MALAFAR. Voy. Yalafau.

MALA1NGHA, nom général des anges du premier ordre chez les habitants de Madagascar. Ces anges font mouvoir les cieux, les étoiles, les planètes, et sont chargés du gouvernement des saisons : les hommes sont confiés à leur garde, ils veillent sur leurs jours, détournent les dangers qui les menacent et écartent les démons.

MAL CADUC. Pour guérir ce mal on se sert d’un anneau dont voici la recette : « Vous ferez un anneau de pur argent, dans le chaton duquel vous enchâsserez un morceau de corne de pied d’élan; puis vous choisirez un lundi du printemps auquel la lune sera en aspect bénin ou en conjonction avec Jupiter ou Vénus, et à l’heure favorable de la constellation vous graverez en dedans de l’anneau ce qui suit : *•& Dabi , Habi ,

Habe.r , i£< IfabJ. Soyez assuré qu’en portant habituellement cet anneau au doigt du

(I ) M. Salgues, Des erreurs et des préjugés.

(2) Le Petit-Albert, p. 172.

(3; Tableau de l'inconstance des déna., sorc. et magic ,

milieu de la main, il vous garantira du rmal caduc (k).n Si vous n’y croyez pas, moi non plus.

MALDONAT, célébré jésuite, né en 1534, à Casas de la Reina dans l'Eslramadure. 11 étudia à Salamanque et entra chez les jésuites de Rome en 1562. Deux ans après, il ouvrit, au collège de Clermont, à Paris, un cours de philosophie, dans lequel il obtint les plus brillants succès, quoiqu’il n’eût encore que trente ans. Ayant formé le dessein de travailler à un commentaire sur les quatre évangélistes, il crut voir, pendant quelques nuits, un homme qui l’exhortait à finir promptement cet ouvrage, et qui l’assurait qu’il l’achèverait, mais qu’il survivrait peu de jours à sa conclusion ; cet homme lui marquait en même temps un certain endroit du ventre, qui fut le môme où Maldonat sentit les vives douleurs dont il mourut en 1583, peu de temps après avoir achevé son ou- rage.

MALE-BÊTE , monstre qui passait autrefois, dans l’opinion du peuple de Toulouse, pour courir les rues la nuit. La superstition avaii fait croire que tous ceux qui rencontraient ou envisageaient la m ale-bête, mouraient le lendemain.

MALEBRANCHE (Nicolas), savant prêlre de l’Oratoire, né à Paris en 1638, mort en 1715. On trouve dans sa Recherche de la Vérité d’assez bonnes choses sur la sorcellerie, qu’il regarde comme une maladie, d’imagination : ce qui est vrai le plus souvent. On dit qu’il n’osait pas se moucher, parce qu’il était persuadé qu’il lui pendait un gigot de mouton au bout du nez. On ne le guérit de cette hallucination qu’eu faisant semblant de couper le gigot avec un rasoir : c’est du moins ce qui a été raconté. Voy.

Ma LLEBR ANCHE.

MALÉFICES. On appelle maléfices toutes pratiques superstitieuses employées dans le dessein de nuire aux hommes, aux animaux ou aux fruits de la terre. On appelle encore maléfices les maladies et autres accidents malheureux causés par un art infernal, et qui ne peuvent s’enlever que par un pouvoir surnaturel.

11 y a sept principales sortes de maléfices employés par les sorciers : 1° ils mettent dans le cœur une passion criminelle; 2° ils inspirent des sentiments de haine ou d’envie à une personne contre une autre ; 3° ils jettent des ligatures ; ils donnent des maladies ; 5° iis font mourir les gens; 6° iis ôtent l’usage de la raison ; 7Ü ils nuisent dans les biens et appauvrissent leurs ennemis. Les anciens se préservaient des maléfices à venir en crachant dans leur sein.

En Allemagne, quand une sorcière avait rendu un homme ou un cheval impotent et maléticié, on prenait les boyaux d’un autre homme ou d’un cheval mort, on les traînait jusqu’à quelque logis, sans entrer par la

liv. iv, p. 284.

(4) Le Pelil-Albert, page 156.

por'e commiine, mais par le soupirail de la cave, ou par-dessous lerre, et on y brûlait ces intestins. Alors la sorcière qui avait jeté le maléfice sentait dans les entrailles une violente douleur, et s’en allait droit à la maison ou l’on brûlait les intestins pour y prendre un charbon ardent, ce qui faisait cesser le mal. Si on ne lui ouvrait promptement la porte, la maison se remplissait de ténèbres avec un tonnerre effroyable, et reux qui étaient dedans étaient contraints d’ouvrir pour conserver- ‘eur vie (1). Les sorciers, en ôtant un sort ou maléfice, sont obligés de le donner à quelque chose de plus considérable que l'être ou l’objet à qui ils l’ôtent : sinon, le maléfice retombe sur eux. Mais un sorcier ne peut ôter un maléfice s’il est entre les mains de la justice : il faut pour cela qu’il soit pleinement libre. Voy. Hocque.

On a regardé souvent les épidémies comme des maléfices. Les sorciers , disait - on , mettent quelquefois, sous le seuil de la bergerie ou de l'étable qu’ils veulent ruiner, une touffe de cheveux, ou un crapaud, avec trois maudissons, pour faire mourir étiques les montons et les bestiaux qui passent dessus : on n’arrête le mal qu’en ôtant le maléfice. Dclancre dit qu’un boulanger de Limoges, voulant faire du pain blanc suivant sa coutume, sa pâte fut tellement charmée et maiéfieiée par une sorcière, qu’il fit du pain noir, insipide et infect.

Une magicienne ou sorcière, pour gagner le cœur d’un jeune homme marié, mil sons son lit, dans un pot bien bouché, un crapaud qui avait les yeux fermés ; le jeune homme quitta sa femme et ses enfants pour s’attacher à la sorcière; mais la femme trouva le maléfice, le fit brûler, et son mari revint à elle (2).

Un pauvre jeune homme ayant quitté ses sabots pour monter à une échelle, une sorcière y mit quelque poison sans qu’il s’en «aperçût, et le jeune homme, en descendant, s’étant donné une entorse, fut boiteux toute sa vie (3).

Une femme ensorcelée devint si grasse, dit Delrio, que c’était une boule dont on ne voyait plus le visage, ce qui ne laissait pas d’être considérable. De plus, on entendait dans ses entrailles le même bruit que font les poules, les coqs, les canards, les moutons, les bœufs, les chiens, les cochons et les chevaux, de façon qu’on aurait pu la prendre pour u te basse-cour ambulanle.

Une sorc ère avait rendu un maçon impotent et tellement courbé, qu’il avait presque 1 s tête entre les jambes, il accusa la sorcière du maléfice qu’il éprouvait; on l’arrêta, et le juge lui dit qu’elle ne se sauverait qu’en guérissant le maçon. Elle se fit apporter par sa fille un petit paquet de sa maison, et, après avoir adoré le diable, la face en lerre, en marmottant quelques charmes, elle donna

(t) Bodin, Démonomaire, liv. iv.

(2) Delrio, Disquisilions mag ques.

(ôj Delaucre, De f in distance, etc.

le paquet au maçon, lui commanda de se baigner et de le mettre dans son bain, en disant : V a de par le diable ! Le maçon le fit, et guérit. Avant de mettre le paquet dans le bain, on voulut savoir ce qu’il contenait; on y trouva trois petits lézards vifs ; et quand le maçon fui dans le bain, il senlit sous lui comme trois grosses carpes, qu’on chercha un moment après sans rien trouver (4).

Les sorciers mettent parfois le diable dans des noix, el les donnent aux petits enfants, qui deviennent maléficiés. Un de nos démonographes (c’esl, je pense, Boguet) rapporté que, dans je ne sais quelle ville, un sorcier avait mis sur le parapet d’un pont une pomme maiéfieiée, pour un de ses ennemis, qui était gourmand de tout ce qu’il pouvait trouver sans desserrer la bourse. Heureusement le sorcier fut aperçu par des gens expérimentés, qui défendirent prudemment à qui'que ce fût d’oser porter la main à la pomme, sous peine d’avaler le diable. U fallait pourtant i’ôler, à moins qu’on ne \oulût lui donner des gardes. On fut longtemps à délibérer, sans trouver aucun moyen de s’eu défaire; enfin il se présenta un champion qui, muni d’une perche, s’avança à une distance de la pomme et la poussa d.ins la rivière, où étant tombée, on gn vit sortir plusieurs petits diables en forme de poissons. Les spectateurs prirent des pierres et les jetèrent à la tête de ces petits démons, qui ne se montrèrent plus...

Boguet conte encore qu'une jeune fille ensorcelée rendit de petits lézards, lesquels s’envolèrent par un trou qui se fit au plancher. Voy. Charmes, Enchantements, Magiciens, Sorciers, etc.

MALICES DU DEMON. On trouve sur ce chapitre des légendes bien naïves. Il y a' ait à Bonn, dit Césaire d’Heislerbach, un prêtre remarquable par sa pureté, sa bonté et sa dévotion. Le diable se plaisait à lui jouer de petits (ours de laquais; lorsqu’il lisait son bréviaire, l’esprit malin s’approchait sans se laisser voir, me! tait sa griffe sur la leçon du bon curé et l’empêchait de finir; une autre fois il fermait le livre, ou tournait le feuillet à contre-temps. Si c’é ail la nuit, il souillait la chandelle. Le diable espérait se do lier la joie de mettre sa victime en colère; mais le bon prêtre recevait tout cela si bien el résistait si constamment à 1 impatience, que l’importun esprit fut obligé de chercher une autre dupe (5).

Cassien parle de plusieurs esprits ou démons de la même trempe qui se plaisaient à tromper les passants, à les détourner de leur chemin et à teur indiquer de fausses roules, le tout par malicieux divertissement (6).

Un b ïladin avait un démon familier, qui jouait avec lui el se plaisait à lui faire des espiègleries. Le malin il le réveillait en tirant les couvertures, quelque froid qu’il fit; et quand le baladin dormait trop profondé-*

(4) Bodin, Déni nomanie.

(H) Cæsarii lteisterb. Miracul. 1 b. v, cap aû«

(6) Cassiani collai. 7, cap. 32.

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ment, son démon l’emportait hors du lit et le déposait au milieu de la chambre (1). Pline parle de quelques jeunes gens qui furent tondus par le diable. Pendant que ces jeunes gens dormaient, des esprits familiers, vêtus de blanc, entraient dans leurs chambres, se posaient sur leur lit, leur coupaient les cheveux proprement, et s’en allaient après les avoir répandus sur le plancher (‘2).

MALIN. C’est une des épithètes qu’on donne volontiers au démon, appelé souvent l'esprit malin : elle est prise dans son plus mauvais sens.

MALLF.BRANCHE, marqueur de jeu de paume, demeurant en la rue Sainte-Geneviève, à Paris, lequel fut, le 11 décembre S SIS, visité par un revenant. C’était sa femme, morte depuis cinq ans. Elle lui donna de bons conseils qui redressèrent sa mauvaise vie, mais parla sans se mon rer. On a fait là-dessus une brochure in-12, que voici :

Histoire nouvelle et remarquable de l'esprit d'une femme qui s’est apparue au faubourg Saint-Marcel après qu elle a demeuré cinq ans entiers ensevelie : elle a parlé à son mari, lui a commandé de faire prier pour elle , ayant commencé de parler le mardi 11 décembre 1618. Paris, in-12, 1018.

Le mardi 11 décembre 1618, en la rue Sainte-Geneviève de Paris, hors delà porte Saint-Marceau, un nommé Mallcbranche , marqueur de jeu de paume , ayant le matin, environ vers les quatre ou cinq heures, entendu quelque bruit, et ne sachant qui heurtait à sa porte, demanda qui c’était. Une voix faible et débile lui répondit que c’était sa femme, décédée depuis cinq ans, qui désirait parler à lui, et lui dire chose qui Se touchait, tant pour le salut de son âme, que pour le bien de son ménage ; dont cet homme, tout étonné, et ne sachant que répondre, demeura sans répartie. La voix reprit et lui dit :

— Eh quoi ! ne connais-tu pas que je suis ta femme, qui parle à toi, et qui t’avertis que tu aies à faire pénitence; autrement tu périras?

Comme ces choses sont extraordinaires et ne peuvent guère arriver sans que l’esprit se trouble, aussi celui-ci ne sut ce qu’il devint pour l’heure, et demeura fort étonné. Néanmoins, après quelque intervalle, il entendit une voix qui lui parlait en cette sorte :

— Il ne faut point t’étonner pour cela; c’est ta femme qui te parle, qui est décédée depuis cinq ans, trois mois et six jours, qui t’avertit qu’elle est en quelque peine, dont tu as moyen de la tirer, si tu Pas jamais aimée; car'elle est en grande peine. Mais si tu vas à Saint-Cloud, et là, fais prière pour elle et offre cinq chandelles pour le salut de son âme, tu l’allégeras de beaucoup.

L’étonnement fut si grand à cet homme, qu’il ne faut pas le demander ; néanmoins, après quelquescontrastes qu’il en cul en son âme, comme un homme qui est bien

(ü Guillelmi Parisiiiisis, partis 2 princip., cap. 3.

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né et qui ne tâche en toutes choses qu’à procurer le repos de l’âme de sa femme, il se porta à Saint-Cloud, où il fit les offrandes que sadéfunie femme lui avait recommandées. Etant de retour le soir, et pensant être en repos pour avoir satisfait à ce qui lui avait été ordonné pour la satisfaction de celle âme, il entendit frapper à sa porte; et au même instant, ayant dem andé qui c’était, il entendit la même voix qui lui dit qu’à la vérité elle avait reconnu qu’il l’aimait et faisait état d’elle, puisqu’il avait été à Saint Cloud à son in ention, mais que ce n’était pas assez, et qu'il y fallait retourner encore une autre fois, et puis qu’elle serait en repos.

Le bruit de cette affaire s’écoula par la ville, et de telle façon, que le vendredi on y fit venir deux bons capucins. Eux voient, considèrent, regardent de près ce qui pouvait en être; mais n’ayant autre certitude pour ce fait, ils conseillèrent à cel homme de ne plus retourner à Saint-Cloud , s’il n’avait d’autres avertissements plus grands, et que lésâmes faibles pouvaient être trompées là-dessus.

Cela ne laissa pas de continuer pourtant, et tous les matins cet homme ne manquait point d'entendre frapper à sa porte, jusqu’à ce qu’enfin, le dimanche suivant, faisant le sourd, il ouit une voix qui appelait et qui demandait qui était au logis. Lui ne veut I oint répondre ; mais le bruit ne cessant pas d’importuner à la porte, la femme de ce marqueur (qui était marié en secondes noces) demanda : — Qui est là?

La voix répondit : — C’est moi qui veux parler à mon mari; je sais bien que vous êtes sa femme de présent, mais je l’ai été avant vous, et ne suis pas marrie qu’après ma mort il vous ait prise ; mais, au reste, je veux lui dire qu’il ait à se châtier et à se reconnaître, et surtout à corriger ses mauvaises habitudes , s’empêcher de jurer le nom saint et sacré de Dieu, comme il a coutume de le faire ; qu’il vive en bon mén.ige avec toute sa famille et tous ses bons voisins, mais surtout qu’il ne tourmente point scs enfants, et ne balte point sa femme, puisque Dieu a permis qu’il en ait une autre après moi; et outre ce, je lui recommande une chose, c’est qu’avant le jour des Rois, qui sera bientôt, il fasse faire un gâteau, et qu’il assemble tous les voisins pour en venir avoir leur part, et qu’on me laisse la mienne, parce que j’avais promis à mes voisins et voisines, avant ma mort, de faire les Rois avec eux, mais je ne pus, étant morte. Je désire qu’il le fasse maintenant, et après tout cela, je serai en repos. Enfin, que mon mari prie pour moi, et je prierai pour lui, car je suis en grande peine.

Le dimanche suivant, le soir, un de MM. les aumôniersdu cardinal-évêque de Paris y voulut aller pour considérer l’affaire et prendre garde qu’il n’y eût point d’imposture. Mais quoi ! comme la curiosité porte coutumièrement les hommes et surtout es Français.

(2) Pline, lib. xvi, epist. 27.

à vouloir voir toutes choses nouvelles, la maison se trouva toute pleine de gens qui abordèrent alors, et néanmoins n'entendirent rien, pane que la voix se tut cette nuit-là, ou à cause de l'abondance du monde qui y était, ou autrement; sinon que le malin on ouit battre le tambour à la biscayenne, sans savoir d’où en venait le bruit; et depuis , on n’a rien ouï.

MALPHAS, grand président des enfers, qui apparaît sous la forme d’un corbeau. Quand il se montre avec la figure humaine, le son de sa voix est rauque : il bâtit des citadelles et des tours inexpugnables, renverse les remparis ennemis, fait trouver de bons ouvriers, donne des esprits familiers, reçoit des sacrifices, et trompe les sacrificateurs : quarante légions obéissent à ses commandements (1).

MAMBRÉ, célèbre enchanteur de l’Egypte, un de ceux que Moïse confondit par ses miracles (2).

MAMMON, démon de l’avarice : c’est lui, dit Milton, qui, le premier, apprit aux hommes à déchirer le sein de la terre pour en arracher les trésors.

MAMMOÛTH , animal dont la race est perdue; il est un sujet de vénération parmi les peuples de la Sibérie, qui lui donnent quatre ou cinq mètres de lougueur; sa couleur est grisâtre, sa tête fort longue et son front large; il lui sort des deux côtés, audessus des yeux, des cornes qu’il remue et croise à son gré, disent les Sibériens ; ils ajoutent qu’il a la faculté de s’étendre considérablement en marchant, et de se rétrécir en plus petit volume. Ses pattes ressemblent à des pattes d’ours.

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