‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 51 sur 222 · PEU · texte numérisé non relu

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celte tombe, les revenants qu’on disait avoir vus dans les alentours, les sorcières qui y déposaient leurs graisses et leurs onguents, le sabbat qui s’y tenait. On avait aperçu là en effet des feux allumés pendant la nuit, et des groupes de visages sinistres ou grotesques. C’étaient sans doute des Bohémiens, dont le Luxembourg et le Limbourg étaient encore infestés à cette époque. Mais on y voyait des êtres plus surnaturels, et on en racontait mille choses prodigieuses. Depuis un an pourtant, rien ne s’y était montré, Quoique Gilles fût passablement peureux, comme il était encore plus épris, il accepta la condition et promit de s’y soumettre, sans en parler à qui que ce fût.

Un quart d’heure après, Wenceslas Stroobant vint à son tour. Gertrude lui fit pareillement un accueil très-gracieux. Il était beau, il était riche, et vain de ces deux avantages, il ne manquait pas de suffisance.

— Ce n’est pas votre fortune qui me tente, lui dit-elle.

Wenceslas salua, tout gonflé, en homme qui se dit : Je comprends ; nous avons encore d’autres attraits.

— J’ai l’âme peu intéressée , poursuivit Gertrude ; et je vous donnerai ma main volontiers, si vous vous prêtez à me rendre un service, qui me prouvera ce que vous valez.

— Parlez, dit le beau jeune homme, en toutes choses je suis à vos ordres.

— En ce cas vous saurez qu’un de nos parents vient d’être tué en duel. 11 est dans le bois. On fait d'actives démarches pour lui obtenir une sépulture honorable. Mais en attendant on le déposera ce soir, à neuf heures, dans la tombe romaine. Comme cette tombe est une espèce d’auge qui n’est ni couverte, ni fermée, et que nous craignons mille choses, je vous prie de vous y rendre à neuf heures et demie...

— Au trou du sabbat? queHe fantaisiel

— Avez-vous déjà peur? Mon Dieu! que ces jeunes gens sont faibles.

— Je n'ai pas peur. Mais c’est une drôle de commission que vous me donnez-là.

— Une fantaisie peut-être, comme vous dites. Cependant je ne puis me confier qu’à quelqu’un de très-dévoué. Personne absolument ne doit savoir ce mystère. Vous irez donc là, à neuf lœures et demie, exactement ; vous serez vêtu en manière d’ange de lumière, avec une torche à la main. Les contes dont la tombe est l’objet vous serviront. En vous voyant assis au pied du tombeau et tenant un flambeau allumé, ceux qui projetteraient d’enlever ou de dépouiller le mort seront effrayés, et personne n’approchera. A minuit, vous pourrez rentrer en ville... Acceptez-vous 1

— J’accepte, répondit Wenceslas, terrassé par la peur de déplaire.

— Je saurai m’assurer de ce que vous ferez. Mais pas un mot. A ce prix ma main est à vous.

Wenceslas se remit de son mieux, étouffant tant qu’il pouvait ces terreurs nocturnes qui affligent les plus forts esprits. Il jura qu’il

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