‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 78 sur 222 · POS · texte numérisé non relu

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distillateur rentre et éclaircit le prodige: ayant été forcé de quitter pour quelques instants le malade, après lui avoir rempli la bouche de son élixir, il n’avait pu expliquer que le hoquet, en repoussant au dehors la liqueur spiritueuse , avait naturellement produit la flamme dont l’assemblée avait été si vivement électrisée.

Voici une petite farce qui peut trouver place ici : elle est empruntée aux aventures de Tiel Ulenspiegel.

En la ville de Hanovre, où Tiel Ulenspiegel fit plusieurs choses merveilleuses, il y eut grand bruit du fait que nous allons conter.

Un jour, sortant à cheval de la ville pour se divertir, il rencontra par son chemin douze aveugles, auxquels il demanda où ils allaient. Les aveugles s'arrêtèrent tous devant Ulenspiegel , pensant que c’était un gentilhomme , à cause qu’ils entendaient qu’il était à cheval; ils lui firent la révérence en disant : — Monseigneur, nous allons à la ville, car il y a un riche mort pour lequel on distribue quelque aumône. — Il fait grand froid, répliqua Ulenspiegel ; tenez, voila vingt florins (ce disant, il ne leur donnait rien); allez à mon auberge (il la leur indiqua), et faites bonne chèrejusqu’à ce que le temps soit moins rude. Les douze aveugles, croyant tous que l’un d’eux avait reçu les vingt florins, comblèrent Ulenspiegel de remerciements, et retournèrent joyeusement à la ville. Ils s’adressèrent à l’hôtellerie qui leur était recommandée et dirent à l’hôte :

— Nous avons rencontré un gentilhomme, qui nous a donné vingt florins à dépenser, en attendant que le froid se soit adouci. L’hôte, qui était avare, reçut ces pauvres gens sans leur en demander davantage, et leur dit : — Je vous ferai au moins faire bonne chère tant que l'argent durera. Deux jours après, il leur enjoignit de lui compter les vingt florins, qui se trouvaient dépensés. Ils se dirent alors tristement l’un à l’autre :

— Que celui qui a les vingt florins les donne et paye. Mais tous successivement déclarèrent qu’ils n’avaient rien; ils reconnurent bientôt qu’ils avaient été trompés. Quoique certaines traditions rapportent qu’ils soupçonnèrent parmi eux un voleur, et qu’ils se gourmèrent durement à grands coups de poings, nos meilleures autorités n’admettant pas cette allégation, nous la devons repousser. L’hôte, voyant que ces pauvres gens se grattaient l’oreille tout penauds, se dit à part lui : Que ferai-je? si je les mets dehors, je n’aurai rien de ce qu’ils me doivent; si je les retiens, il faudra les nourrir; et ils me dépenseront encore plus. Dans un tel embarras, il les enferma en son grenier pour se donner le temps de la réflexion et se mit en devoir de sortir pour aller consulter un de ses amis. En ce moment Ulenspiegel revint, et voyant les aveugles au grenier : — Quels gens avez-vous enfermés ici, dit-il? — Ce sont de pauvres aveugles. Et quand l’hôie eut exposé son cas, le plaisant ajouta : — N’avez-vous pas compassion

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