‹ Dictionnaire des sciences occultesChapitre 80 sur 222 · FRE · texte numérisé non relu

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litr e:« La Poule Noire, on la poule aux œufs d’or, avec la science des talismans et des anneaux magiques, l’art de La nécromancie et de la cabale, pour conjurer les esprits infernaux, les sylphes, les ondins , les gnomes, acquérir la connaissance des sciences secrètes, découvrir les trésors et obtenir le pouvoir de commander à tous les êtres et déjouer tous les maléfices et sortilèges, etc. » En Egypte, 740, 1 vol. in-18. — Ce n’est qu’un fatras niais et incompréhensible.

POULETS. Yoy. Augures.

POUPART. Yoy. Apparitions.

POURANG, nom du premier homme, selon les Japonais , lequel sortit d’une citrouille échauffée par l’haleine d’un bœuf, après qu’il eut cassé l’œuf d’ou le monde était issu.

POU-SHA, dieu de la porcelaine chez les Chinois. Des ouvriers , dit-on , ne pouvant exécuter un dessin donné par un empereur, l’un d’eux, nommé Pou-sha, dans un moment de désespoir, s’élança dans le fourneau tout ardent. H fut à l’instant consumé, et la porcelaine prit la forme que souhaitait le prince. Ce malheureux acquit à ce prix l’honneur de présider, en qualité de dieu , aux ouvrages de porcelaine.

PRA-ARIASERIA, personnage fameux qui vivait dans le royaume deSiam, du temps de Sommona-Codom. Les Siamois en font un colosse de quarante brasses et demie de circonférence, et de trois brasses et demie de diamètre, ce qui paraît peu compréhensible. Il est vrai que nous ne savons pas quelle était sa forme.

PRÉADAMITES. En 1655, Isaac de la Perreyre fit imprimer, en Hollande , un livre dans lequel il voulait établir qu’il y a eu des hommes avant Adam. Quoiqu’il n’eût pour appui que les fables des Egyptiens et des Chaldéens, ce paradoxe eut un moment des sectateurs, comme en ont toutes les absurdités. Desmarais , qui professait à Groningue, le combattit, et plus lard l’auteur même se rétracta.

PREÇY. Voy. Rambouillet.

PRÉDICTIONS. Pompée, César et Crassus avaient été assurés par d’habiles astrologues qu’ils mourraient chez eux comblés de gloire, de biens et d’années, et tous trois périrent misérablement. Charles-Quint, François 1er et Henri VIII, tous trois contemporains, furent menacés de mort violente, et leur mort ne fut que naturelle. Le Grand Seigneur Osman voulant déclarer la guerre à la Pologué en 1621, malgré les remontrances de ses ministres, un santon aborda le sultan et lui dit : — Dieu m’a révélé la nuit dernière , dans une vision, que si Ta Hautesse va plus loin , elle est en danger de perdre son empire ; ton épée ne peut cette année faire de mal à qui que ce soit. — Voyons, dit Osman, si la prédiction est certaine. Et donnant son cimeterre à un janissaire, il lui commanda de couper la tête à ce prétendu prophète, ce qui fut exécuté sur-le-champ. Cependant Osman réussit mal dans son entreprise contre la Pologne, et perdit, peu de temps après,

la vie avec l’empire. On cite encore le fait suivant , comme exemple de prédiction accomplie : Un ancien coureur, nommé Languille , s’était retiré sur ses vieux jours à Aubagne , près de Marseille. Il se prit de querelle avec le bedeau de la paroisse , qui était en même temps fossoyeur; cette dispute avait produit une haine si vive, que Languille avait signifié au bedeau qu’il ne mourrait jamais que par lui ; de sorte que le pauvre bedeau effrayé l’évitait comme un ennemi formidable. Peu de temps après , Languille mourut, âgé de soixante-quinze ans. Il logeait dans une espèce de chambre haute, où l’on montait par un escalier étroit et très-roide. Quand il fut question de l’enterrer, le bedeau bien joyeux alla le chercher, et chargea sur ses épaules la bière dans laquelle était le corps de Languille, qui était devenu assez gros. Mais en le descendant d’un air triomphal, il fit un faux pas , glissa en avant; la bière tombant sur lui l’écrasa. Ainsi s’accomplit la menace de Languille, autrement sans doute qu’il ne Ta vait entendu.

Alvaro de Luna, favori de Jean II, roi de Castille, fut mis à mort pour avoir gouverné l’Etat en despote. Après avoir consulté un astrologue sur sa destinée, il lui avait été répondu qu’il eût à se garder de Cadahalso. 11 crut que c’était d’un village près de Tolède, qui portait ce nom ; il s’abstint d’y aller. Mais ayant été condamné à perdre la tête sur un échafaud , que les Espagnols appellent aussi cadahalso, on dit qu’il s’était trompé sur le sens du mot.

En 1382 , un astrologue anglais fit crier par la ville de Londres, que la veille de l’Ascension personne ne sortît de sa maison sans avoir dit cinq fois le Pater noster, et sans avoir déjeuné, à cause du brouillard pestilentiel qui arriverait ce jour-là ; parce que ceux qui ne le feraient pas mourraient infailliblement. Plusieurs, se fiant à cette prédiction , firent ce que l’astrologue avait prescrit ; mais comme on reconnut après qu’il avait trompé le peuple , on le mit sur un cheval à reculons , tenant la queue en place de bride, avec deux marmites au cou, et on le promena ainsi par toute la ville.

La presse périodique a publié, avec la signature J. A. D. Thistorielte d’une prédiction accomplie, qui nous semble un peu roman. Nous en donnons le résumé.

1. Trouville, à chaqueépoque,a eu sa sorcière ou son sorcier; mais parmi les familiers du diable aucun ne parvint jamais à une aussi redoutable renommée que la vieille Marguerite. Les cartes, le marc de café, les lignes de la main, tout lui était miroir pour expliquer l’avenir. Nul ne pouvaitse vanter de l’avoir vu baptiser; personne ne pouvait dire au justesonâge. Les plus anciens racontaient qu’ils l’avaient toujours connue aussi vieille etaussi caduque ; beaucoup assuraient l’avoir vue maintes fois au clair de la lune, dansant sur un manche à balai; d’autres attestaient qu’elle changeait de figure et de forme à vu-

lonté, et prétendaient l’avoir rencontrée, certain soir de novembre, avec les traits d’une vieille depuis longtemps décédée 1 ... Enfin, il n’était sorte d’histoires qui n’eût cours sur le compte de Marguerite , si bien qu’elie était la terreur de la contrée. Pourtant, ce qu’aucun n’avait osé jusque-là, Paul Grey, jeune garçon de dix-huit ans, marin de la tête aux pieds, l’osa un jour. C’était un esprit fort que Paul Grey! à seize ans, il avait fait la course contre les Anglais; et, depuis six mois qu’il était à terre, grand nombre d’actions extraordinaires lui avaient acquis une réputation * on racontait même qu’il avait été vu traversant le cimetière à minuit I Un soir, comme il se rendait chez Rose Lucas, sa fiancée, sa mauvaise étoile voulut qu’il rencontrât sur son chemin la vieille Marguerite. (lé ! hél sorcière du diable, lui dit-il, iras-tu bientôt te chauffer en enfer ? A celte insulte inattendue, une étincelle électrique sembla faire frissonner tout le corps de la sorcière; elle se dressa comme un spectre devant l’étourdi, et répondit avec un son de voix étrange : — Ah ! beau gars 1 beau fiancé de l’eau salée I tu ne vivras pas assez pour me voir m’en aller chez le diable, et ta maîtresse épousera Pierre Burdel, le jour même où tu reviendras d’un certain voyage, lavé comme un poisson. Paul Grey ne se sentit pas la force de répondre, il poursuivit donc sa route à pas lents, et, la tête baissée, entra chez le père Lucas. Mais à peine avait-il pris sa place accoutumée, qu’une voix du dehors se fit entendre; c’était quelqu’un qui demandaitsi l’on pouvait entrer. La porte s’ouvrit, et un gendarme de la marine pénétra dans la chaumière. — Paul Grey? demanda-t-il. Paul se leva. — C’est moi, monsieur. — Eh bien I mon brave, voilà ce qui vous regarde. En même temps il lui remit un papier décoré des armes de l’empire français. Paul regarda ce papier, fit une grimace et pria le gendarme de lui en lire le contenu. C’était un ordre de se rendre à Cherbourg dans un délai de huit jours, pour prendre du service à bord du vaisseau de l’empereur le Victorieux. L’ordre était bien et dûment adressé à Paul Grey, classé marin, âgé de dix-huit ans, domicilié à Trouville-sur-Mer. Dans ce temps-là, il n’y avait pas à badiner avec les ordres de service, et Paul ne se dissimula pas qu’il faudrait partir le lendemain pour arriver au temps fixé.

Quand le gendarme fut sorti, ce ne fut plus que larmes et désolation dans la chaumière. Au milieu d’une telle douleur, Rose laissa échapper ces mots : — Ah ! maudite sorcière, tu m’avais annoncé ce matin même ce qui nous arrive aujourd’hui ! Ces paroles tirèrent Paul de sa torpeur. — Tu as été chez la sorcière ce matin? s’écria-t-il. — Hélas 1 oui, reprit Rose.

— Et elle t’a annoncé que je recevrais un ordre de service ce soir? — Oui. — Et après?

— Après... elle m’a dit qu’elle voyait bien quelque chose, mais qu’elle ne voulait pas me 1’apprendre ! ... C’était sans doute quelque chose d’heureux, ton retour et notre mariage ; car si c’eût été quelque chose de triste,

le vieil oiseau de malheur aurait chanté.

— Peut-être ajouta Paul tristement

Le lendemain, avant le lever du soleil, Paul, le sac sur le dos, suivait la roule de sable qui conduit de Trouville à Caen, praticable seulement pendant la basse marée. Huit jours après il était embarqué.

II. Trois ans s’étaient écoulés depuis^ et Rose était assise auprès du feu entre son père et un jeune homme lourd et gauche, Pierre Burdel ! C’était au commencement de ce terrible hiver de 1812, qui vit brûler Moscou et périr la grande armée. Pourquoi Rose Lucas était-elle assise auprès de Pierre Burdel? Rose était donc une jeune fille légère et oublieuse de ses serments ! Non; mais Paul Grey, depuis trois ans qu’il était parti, n’avait jamais donné de ses nouvelles; personne ne pouvait dire ce qu’il était devenu; Rose avait déjà vingt ans, toutes ses camarades étaient déjà mariées. Or, comme Pierre Burdel l’aimait, qu’elle l’avait rebuté seulement parce qu’elle lui préférait Paul Grey, ce dernier n’étant . plus là et ne donnant d’ailleurs aucun signe de vie, elle revenait à Pierre Burdel, comme un pis-aller ; et Pierre Burdel, qui n’était pas fier, revenait aussi à elle. Le mariage de Rose avec le gros Pierre, comme on l’appelait dans le pays, fut fixé à la veille de Noël. Ce jour arriva, il marquait la troisième année depuis le départ de Paul ; les noces eurent lieu le matin de ce jour-là même, et le soir Pierre Lucas réunit dans sa chaumière la famille de son gendre et la sienne, pour fêter les nouveaux époux. Le vent soufflait dans la cheminée, la mer mugissait au bord de la falaise et roulait d’énormes vagues sur les longues grèves qui s’étendent de Trouville à Di ves. Il était déjà tard, et les convives étaient encore à table, lorsqu’au milieu des éclats d’une gaieté bruyante un coup de canon venant de la mer fit tressaillir la chaumière. Tout le monde est debout en même temps; on sort, on gravit la falaise pour s’assurer si c’est un navire en détresse qui demande du secours, ou un signal ami qui avertit la côte de quelque tentative des Anglais. Le coup de canon avait fait son effet, et le plateau de la falaise était couvert de toute la population du village. Le temps était affreux, le ciel sombre, la mer grise; il était impossible à l’œil de rien distinguer au large; mais un second coup a bientôt suivi le premier, et, à la lumière de l’amorce, les vieux loups de mer ont vu qu’il y avait là un navire de guerre, manœuvrant sous ses basses voiles, pour éviter la côte où le vent le poussait avec violence. Au second coup succèdent plusieurs autres, de deux minutes en deux minutes.

La tempête allait en augmentant, et la détresse toujours croissante du navire était à son comble. Enfin les coups de canon cessèrent; une grande clarté perça les ténèbres; c’était le dernier signal de détresse ; le capitaine avait ordonné qu’on réunît sur le pont toute la paille qui pouvait se trouver à bord, et qu’on y mît le feu. Aux reflets de cette lumière, le corps enlier du navire se

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dessina aux yeux de la foule réunie sur le plateau ; c’était une corvette française, ainsi que l’indiquait son glorieux pavillon flottant comme un pâle météore au-dessus des flammes. Le pauvre trois-mâts courut encore quelques instants avec une effroyable rapidité; enfin un grand bruit fut entendu , c’était la corvette qui touchait contre des rochers à pic, et le dernier effort des hommes qui la montaient, pour demander du secours. En moins d’une heure, la carcasse du vaisseau avait été dispersée, et une fort petite partie de l’équipage s’était sauvée. Parmi ceux qu’on eut le regret de ne retirer des eaux qu’après leur dernier souffle, il y avait le corps d’un jeune homme de vingt-un ans. ^n le voyant, Rose Lucas, qui était restée sur le bord de la mer avec son époux, poussa un cri et s’évanouit; elle avait reconnu Paul Grey. Ainsi la prédiction de la vieille Marguerite était accomplie, et la vieille Marguerite ne brûlait pas encore en enfer. Il était minuit. Pierre Burdel emmena Rose Lucas, et bientôt on n’eût plus entendu chez les jeunes époux que le vent qui sifflait dans la cheminée, que la mer qui mugissait au bord de la falaise, et roulait d’énormes vagues sur les longues grèves qui s’étendent de Trouville à Dives.

Manière de prédire l'avenir.

Qu’on brûle de la graine de lin, des racines de persil et de violette; qu’on se mette dans cette fumée, on prédira les choses futures (1)... Voy. Astrologie, Prophéties, Bohémiens, etc.

PRELATI, charlatan de magie. Voyez

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