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l’élévation l’hostie noire (2). 11 ne paraît pas que Marie de la Raide ait été brûlée, mais on ignore ce que les tribunaux en firent.
RALEIGH (Walter), courtisan célèbre do la reine Elisabeth. Il se vante d’avoir vu, dans l’Amérique du Sud, des sauvages trois fois aussi grands que les hommes ordinaires, des cyclopes qui avaient les yeux aux épaules, la bouche sur la poitrine et la chevelure au milieu du dos.
RAMBOUILLET. Le marquis deRamboui'let et le marquis de Précy, jeunes soigneurs de la cour de Louis XIV, tous deux âgés de vingt-cinq à trente ans, étaient intimes amis. Un jour qu’ils s’entretenaient des affaires de l’autre monde, après plusieurs discours qui témoignaient assez qu’ils n’étaient pas trop persuadés de tout ce qui s’en dit, ils se promirent l’un àl’autre que le premier qui mourrait en viendrait apporter des nouvelles à son compagnon. Au bout de trois mois, le marquis de Rambouillet partit pour la Flandre, où Louis XIV faisait alors la guerre. Le marquis de Précy, arrêté par une grosso fièvre, demeura à Paris. Six semaines après, Précy entendit, sur les six heures du matin, tirer les rideaux de son lit; et, se tournant pour voir qui c’était, il aperçut le marquis de Rambouill t, en buffle et en bottes. II sortit de son lit, voulant sauter à son cou et lui témoigner la joie qu’il avait de son retour; mais Rambouillet, reculant de quelques pas, lui dit que ses caresses n’étaient plus de saison ; qu'il ne venait que pour s’acquitter de la parole qu’il lui aval donnée; qu’il avait été tué la veille ; que tout ce que l’on disait de l’autre monde était très-certain ; qu’il devait songer à vivre d’une autre manière ; et qu’il n’avait pas de temps à perdre, parce qu’il serait tué lui-même dans la première affaire où il se trouverait. On ne saurait exprimer la surprise où fut |e marquis de Précy à ce discours. Ne pouvant croire ce qu’il entendait, il fit de nouveaux efforts pour embrasser son ami, qu’il croyait le vouloir abuser. Mais il n’embrassa que du vent; et Rambouillet, voyant qu’il était incrédule, lui montra l’endroit où il avait reçu le coup de la mort; il était dans les reins, et le sang paraissait encore couler. Après cela, le fantôme disparut, laissant Précy dans une frayeur plus aisée à comprendre qu’à décrire. Il appela son valet de chambre, et réveilla toute la maison par ses cris. Plusieurs personnes accoururent; il conta à tous ce qu’il venait de voir :lout le monde attribua cette vision à l’ardeur de la fièvre qui pouvait altérer son imagination; on le pria de se recoucher, Lui remontrant qu’il fallait qu’il eût rêvé ce qu’il disait. Au désespoir de voir qu’on le prît pour un visionnaire, le marquis répéta toutes les circonstances qu’on vient de lire; mais il eut beau protester qu’il avait vu et entendu son ami, on demeura toujours dans la même pensée, jusqu’à ce que la poste de Flandre, par laquelle on apprit la mort du marquis de
(1) M. Garinet, Ilist. de la magie en France, p. 103.
(2) Delaucre, Tableau de l’inconstance des déni., etc., liv. h, p. 127.
Rambouillet, fût arrivée. Cette première circonstance s’étant trouvée véritable, et de la manière que l’avait dil Précy, ceux à qui i! avait conté l’aventure commencèrent à s’étonner ; Kambouillet ayant été tué précisément la veille du jour qu’ii avait dit, il était impossible qu’i! l’eût appris naturellement. Dans la suite, Précy voulut aller, pendant les guerres civiles, au combat de Saint-Antoine ; il y fut tué
RAOLLET ( Jacques ), loup-garou de la paroisse de Maumusson, près de Nantes, qui fut arrêté et condamné à mort par le parlement d’Angers. Durant son interrogatoire, il demanda à un gentilhomme qui était présent s’il ne se souvenait pas d’avoir tiré de son arquebuse sur trois loups ; celui-ci ayant répondu affirmativement, il avoua qu'il était l’un des trois loups, et que, sans l’obstacle qu’il avait eu en cette occasion, il aurait dévoré une femme qui était près du lieu. Rickius dil que, lorsque Raoliet fut pris, il avait les cheveux flottants sur les épaules, les yeux enfoncés dans la tête , les sourcils refrognés, les ongles extrêmement longs ; qu’il puait tellement qu’on ne pouvait s’en approcher. Quand il se vit condamné par la cour d’Angers, il ajouta à ses aveux qu’il avait mangé des charrettes ferrées , des moulins à vent, des avocats, procureurs et sergents, disant que cette dernière viande était tellement dure et si mal assaisonnée, qu'il n’avait pu la digérer (1)
RAT. Pline dit que, de son temps, la rencontre d’un rat blanc était de bon augure. Les boucliers de Laviniutn , rongés par les rats, présagèrent un événement funeste, et ia guerre des Marses, qui survint bientôt après, donna un nouveau crédit à celte superstition. Le voile de Proserpine était parsemé de rats brodés. Les peuples de Bassora et de Cambaie se feraient un cas de conscience de nuire à ce*s animaux, qu’ils révèrent. .Les matelots donnent aux rats une prescience remarquable : — Nous sommes condamnés, disent-ils par un calme plat ou par quelque autre accident; il n’y a pas un seul rat à bord 1... ils croient que les rats abandonnent uiî batiment qui est destiné à périr, i oy. Hatton et Poppiel,
RAUM, grand comte du sombre empire; il se présente sous la forme d’un corbeau lorsqu’il est conjuré. 11 détruit des villes , donne des dignités. 11 est de l’ordre des trônes et commande trente légions (2j.
RED CAP, lutin écossais. T oy. Diaule. Y oy. aussi R E in,
REGARD. Voy. Yeux.
REGEWSDERG. Voy. Démons fam.lieiîs.
REGIOMQNTANUS. Voy. Muu.tR.
RE1D (Thomas). Le 8 novembre Î57G, Elisabeth ou Bessie Dunlop, épouse d’André Jack, demeurant à Lyne, au comté d’Ayr, fut accusée de magie, de sorcellerie et de déceplion pratiquées sur les gens du peuple. Ses réponses aux interrogatoires des juges furent curieuses. Comme on lui demandait par quel
[[) Rickius, Discours de la LycanUiropie, p. 18.
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art elle pouvait dire où se trouvaient certains objets perdus, et prophétiser l’issue d’urte maladie, (die répliqua que, par ellemême, elle n’avait ni connaissance ni science aucune sur de telles matières ; mais qu’elte avait l’habitude de s’adresser à un certain Thome Reid, mort à la bataille de Pinkie (le 10 septembre 154-7), qui loi résolvait toutes les questions qu’elle lui faisait. Elle décrivait ce personnage comme un homme respectable, à barbe grise, portant un justaucorps gris, avec d’amples manches, suivant la vieille mode. Une culotte grise, des bas blancs attachés au-dessus des genoux, un bonnet noir, fermé par derrière et ouvert par devant, un bâton blanc à la main, complétaient sa mise. Interrogée sur sa première entrevue avec ce mystérieux Thome Reid, elle fit un exposé des malheurs qui l’avaient portée à se servir de lui. Elle conduisait ses vaches au pâturage, gémissant sur son mari et son (ils malades, tandis qu’elle-même nY~ tait pas bien portante, attendu qu elle relevait de couches. Eile rencontra alors Thome Reid pour la première fois : il la salua. — Bessie, lui dit-il, comment pouvez-vous tant vous désoler pour les choses de ce monde ? — N’ai-je pas raison de m’aflli.ger, réponditelle, puisque nos biens dépérissent, que mon mari est sur le point de mourir, que mon nouveau-né ne vivra point, et que je suis moi-même encore si faible ? — Bessie, répliqua le revenant, le fantôme ou l’esprit, vous avez déplu à Dieu, en lui demandant une chose que vous n’auriez pas dû lui demander ; et je vous conseille de réparer votre faute. Je vous le dis, votre enfant mourra avant que vous ne soyez rentrée à la maison ; vos deux brebis mourront aussi, mais votre mari recouvrera la santé et sera aussi robuste que jamais. La pauvre femme, dans sa désolation, se soutint un peu en apprenant qu’au moins son mari serait épargné ; mais elle fut très-aîarmée de voir l’homme surnaturel qui l’avait accostée passer devant elle et disparaître par un petit trou dans le mur de l’enclos. Une autre fois, elle le rencontra à l’Epine de Dawmstarnik , et il lui offrit l’abondance de tous les biens , si elle abjurait le christianisme et la foi de son bapiéme. Elle répondit qu’elle aimerait mieux être traînée à quatre chevaux que d’en rien faire, mais qu’elle se conformerait à ses avis sur des points moins importants, il la quitta avec déplaisir. Bientôt après il apparut vers l’heure de midi dans sa maison, ou se trouvaient alors son mari et treis matelots. Ni André Jack, ni les trois matelots, ne remarquèrent la présence du fantôme tué à Pinkie ; de sorte que, sans être aperçu d’eux, il emmena Bessie près du four. La il lui montra une réunion de huit femmes et de quatre hommes. Les femmes, enveloppées dans leurs manteaux, avaient bonne mine. Ces étrangers la saluèrent en disant : Bonjour, Bessie, veux-tu venir avec nous ? Elle garda le silence, comme Thome Reid le lui avait re-
(2) Wierus, in Pseudom, dæm.
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commandé. Elle vit leurs lèvres remuer ; mais elle ne comprit pas ce qu'ils disaient, et peu après ils s’éloignèrent avec le bruit ti une tempête. Thome lui expliqua que c’étaient les fées de la cour d’Ëlfland qui venaient l’inviter à aller avec elles. Bessie répliqua qu’avant de prendre ce parti elle avait besoin de réfléchir. — Ne vois-tu pas, repartit Thome. que je suis bien nourri, bien vêtu, et que j’ai bonne tournure? Puis il l’assura qu’elle jouirait d’une aisance plus grande que jamais. Mais elle déclara qu’elle était à son mari et à sa religion, et qu’elle ne voulait pas les quitter. Quoiqu’ils fassent ainsi en dé-accord, le fantôme continua cependant à la voir fréquemment et à l'aider de ses conseils : lorsqu’on la consultait sur les maladies des hommes ou des animaux, sur la manière de recouvrer des objets perdus ou volés, elle était, en prenant l’avis de Thome Iteid, toujours capable de répondre aux questions. Elle disait que Thome lui avait, de sa propre main, remis les herbes dont elle s’était servie pour guérir les enfants de John Jack et de Wilson de Townhead. Elle avait aussi secouru efficacement une femme de chambre de la jeune lady Slanlie, dont la maladie était « un sang chaud qui se portail sur le cœur, » et qui lui causait des évanouissements fréquents. En cette circonstance, Thome composa un remède uissant: c’était de l’ale qu’il avait fait ouillir avec des épices et un peu de sucre blanc, le tout devant être bu chaque matin à jeun. Pour celle ordonnance, les honoraires de Bessie Dunlop furent une mesure de farine et un morceau de fromage. La jeune femme se rétablit. Mais la pauvre vieille lady lvilbowie ne put guérir sa jambe qui était torse depuis longues années, car Thome Beid dit que la moelle de l'os avait péri et que le sang s’était glacé. Ces opinions indiquent du moins de la prudence el du bon sens, que nous les attribuions à Thome Reid ou à l’accusée dont il était le patron. Les réponses faites en cas d’objefs volés étaient pleines d’adresse, et quoiqu’elles servissent rarement à faire rentrer les gens dans leurs biens, elles donnaient généralement de bonnes raisons. Ainsi le manteau de Hugues Scott ne put ê:re rattrapé, parce que les voleurs avaient eu le temps d’eu faire un justaucorps. James Jamieson et James Baird eussent retrouvé leurs charrues de fer qu’on leur avait volées, sans la volonté du destin qui décida que William Dougal, officier du shériff, un de ceux qui faisaient des perquisitions, recevrait un présent de trois livres pour ne pas les retrouver. Bref, quoiqu’elle eût perdu un cordon que Thome Reid lui avait donné, et qui, attaché autour du cou des femmes en mal d’enfant, avait le pouvoir de mener leur délivrance à bien, la profession de sage-femme qu’elle exerçait semble avoir prospéré jusqu’à l’heure où elle attira sur elle le mauvais œil de la loi. Interrogée plus minutieusement au sujet de son familier , elle déclara ne l’avoir jamais connu pendant qu’il était en ce monde ;