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paraison; mais ce ne son* point des jugements primitifs, ce sont ceux qui consistent à appliquer à un cas déterminé une loi ou un principe déjà connus, c'est-à-dire un jugement antérieur. Laquestion de la formation des principes généraux est une des plus graves que puisse se poser la logique ; c'est sur ce problème qu'ont porté presque tous les efforts de la philosophie moderne. Aussi, sur le sujet de cet article, on devrait presque se contenter de renvoyer à tous les ouvrages publiés dans le xvnr siècle et dans le nôtre. Cependant on pourra consulter plus spécialement : sur la distinction des deux modes de généralisation et des deux ordres de principes : Cousin, Programme des leçons données à l'École normale en 1818, dans les Fragments de yliilosophie, 2e édit., p. 284; Laplace, Exposition du système du monde, p. 376 et suiv., 5e édit. — Sur les principes absolus, leurs caractères et leur formation : Bulfier, Traités des vérités premières; Royer-Collard. Œuvres de Reid, t. VI, p. 274, 300, 388; Cousin, Cours de 1829, 17e leçon. — Sur la formation des principes inductifs : Aristote, Derniers Analytiques, dernier chapitre ; Bacon, Novum Organum, liv. II. — Sur la théorie de Platon : le Phédon, et l'argument de M. Cousin en tête de la traduction de ce dialogue. — Sur les idées innées de Descartes : Descartes, Méditation 3e, et Réponses aux objections. — Enfin, sur la théorie du jugement comparatif de Locke : Locke, Essai sur l'entendement humain, liv. VI; Hume, Essays and treatises. essay VII ; Reid, Essai VI, c. m ; Jouffroy, Préface aux Œuvres de Reid, p. 130 et suiv. : et Duval-Jouve, Traité de logique, in-8, Paris^ 1844, p. 21 à47. J. D. J.
GENNADE ou GENNADIUS avait pour véritable nom George Scholari, dont on a l'ait en latin Scholarius. 11 naquit à Constantinople, et assista en 1438 au concile de Florence, dont le but, comme on sait, était d'amener la réunion de l'Église latine et de l'Église grecque. Gennadius l'ut du nombre de ceux qui repoussèrent cette réunion. Après la prise de Constantinople, en 1453, il gagna tles bonnes grâces de Mahomet II, et fut nommé patriarche. Mais abandonné par les siens, il se démit de cette [dignité d'abord si vivement recherchée par lui, et se retira dans un couvent où il mourut vers 1464. Comme philosophe, il soutenait la prééminence d'Aristote sur Platon, mais avec beaucoup plus de modération que son compatriote et son contemporain Georges de Trébizonde (voy. ce nom). Ce furent plutôt encore les platoniciens enthousiastes de cette époque que Platon lui-même qui furent l'objet de son antipathie. Il s'attaqua particulièrement à Gémiste Pléthon (voy. ce nom), qu'il accusa, non sans motif, de prendre contre le christianisme ta défense di s idées païennes. Le livre de Legibus, que Géuiiste Pléthon avait composé à l'imitation des lois de Platon, lui parut le résultat le plus évident de cet esprit antichrétien, et il le lit brûler à Constantinople, pendant qu'il y occupait la dignité de patriarche. 11 a écrit aussi un commentaire sur ['Introduction de Porphyre et sur Yllermeneia d'Aristote, et traduit en grec les ouvrages de quelques sco-
■ titre autres les Sixprinctpes de Gilbert genovesi (Antoine), né à Castiglioi il' Saler ne, en 1712. où il phy-
.,' j» i. m dgré Lui, par son nu i ouvenl en 1721 el se lii p
:!us tard professeur d'éloquence dans un séminaire. C'est la qu'il étudia la philosophie. i ■ "pinions qu'il Be forma lui attirèrent des l ] art de ses supérieurs Bi
siastiques. Mais l'archevêque de Tarente, Galiani, se déclara son protecteur, et le mit à l'abri du mauvais parti qu'on voulait lui faire. Il mourut en 1769.
Nous n'avons pas à parler ici de Genovesi comme économiste, quoiqu'il soit peut-être plus célèbre en cette qualité que parsesécrits philosophiques.Gioja, en parlant de ses Leçons d'économie civile (2 vol. in-8, Naples, 1757),' les appelle un ouvrage classique et original, le premier où l'économie politique soit présentée sous la forme scientifique et dans toute son étendue. Elles ont eu sept ou huit éditions, et se trouvent entre les mains de tout le monde en Italie. Son recueil des Économistes italiens paraît être un trésor du plus grand prix pour l'histoire de cette branche des connaissances humaines.
Si Genovesi est l'un des plus remarquables économistes de l'Europe, c'est en partie parce qu'il était très-versé dans les sciences morales et philosophiques : nul peut-être n'a mieux apprécié que lui l'influence des habitudes intellectuelles et morales sur l'économie politique; et si les Italiens croient apercevoir dans Smith et dans Say des idées fausses dont Genovesi est exempt, ils expliquent cette différence par l'instruction supérieure que possédait leur compatriote. On peut voir sur ce sujet les articles remarquables de Gioja, publiés dans la Bibliothèque italienne, et recueillis plus tard en un petit volume sous le titre d'Ecrits divers (ital.), Milan, 1833.
Romagnosi n'estime pas moins Genovesi comme philosophe, que Gioja ne l'estime comme économiste. Dans sa Collection des écrits sur la doctrine de la raison (t. I, p. 261 et 262, in-8, Prato, 1841), il l'appelle, ainsi que Stellini, contemporain de Genovesi, le restaurateur de la philosophie en Italie. Il leur fait un grand mérite, non-seulement de la sagesse et de la modération de leur doctrine, mais surtout d'avoir su tenir un juste milieu entre le sensualisme et l'idéalisme, deux sentiments extrêmes suivant lesquels toutes les idées viendraient des sens, ou prendraient leur source dans la raison. Suivant Romagnosi, Genovesi aurait rendu à la science, soixante-dix ans avant les Écossais, le service dont on fait exclusivement honneur en France à ces derniers. Mais de tous les écrits philosophiques de Genovesi, le plus important est sa logique, dont nous allons essayer de donner une idée.
Genovesi, comme la plupart des logiciens avant et après lui, n'a vu dans la logique que la méthode. C'est méconnaître l'étendue et l'importance de cette science, qui a sa place bien marquée dans le cadre général des sciences philosophiques. Quoi qu'il en soit, la logique de Genovesi a un caractère éminemment pratique : ne fût-elle qu'une méthode, elle n'en est pas moins un travail très-estimable, et qui mériterait d'être plus connu en France. Elle se divise en cinq parties, car elle doit nous enseigner à purger notre esprit de l'erreur, à découvrir la vérité, h juger, à raisonner et à ordonner nos pensées.
Dans la première partie, il est question de la nature de l'àme humaine, de ses facultés et de ses opérations; l'homme y est défini : « Un composé d'un corps organique et d'une àme raisonnable et libre. « Ensuite on passe en revue maladies intellectuelles de l'àme, l'ignoiaii c et l'erreur; on en recherche les causes premières, et l'on distingue les erreurs suivant qu'elles proviennent ou du corps, ou des ch extérieures, ou de la pai
l> ii- l,< seconde partie, Genovesi traite successivement de la nature des niées et de-leurs