HART
sont des modificatifs du premier ordre, il est un second ordre d'attributifs, qui modifient les attributs eux-mêmes : ce sont les adverbes ou attributs d'attributs.
Les mots accessoires (qui forment l'objet du second livre) sont, a-t-on dit plus haut, définitifs ou connect fs. Les définitifs sont l'article, soit défini, soit indéfini, qui naît à la fois de l'impossibilité où est l'homme de donner un nom à chaque substance, et de la nécessité où il se trouve d'individualiser les termes généraux que sa faiblesse lui a fait créer. A l'article il faut joindre les mots qu'on appelle improprement pronoms démonstratifs, possessifs, indéfinis.
La classe des connectifs comprend la conjonction et la préposition. La préposition, dans certaines langues, peut être remplacée par les cas : ce qui donne lieu à l'auteur d'exposer la théorie des cas, à parler de leur usage, de leur nombre.
Dans un troisième livre, Harris traite de quelques questions générales qui ne font plus aussi essentiellement partie de la grammaire : de la matière du langage (de la voix, de l'articulation, etc.), de la forme du langage, ou du sens des mots : envisagés sous ce second aspect, les mots sont des symboles, et non, comme on l'a dit, des imitations des choses ou onomatopées ; ils ont pour mission de représenter des idées générales bien plutôt que des idées particulières. L'auteur se trouve par là entraîné à une digression sur les universaux et sur l'origine des idées. Il reconnaît que, si l'on considère le point de départ de nos connaissances, on devra dire : Nihil est in intellectu quin prius fuerit in sensu; mais il ajoute que si l'on envisage l'ordre des choses prises en elles-mêmes, et que l'on réfléchisse que tout ce qui existe, œuvre de la nature ou de l'art, n'a pu être produit que par une cause intelligente et d'après des types préexistants, idées intérieures ou innées, on devra alors retourner l'axiome scolastique, et dire : Nihil est in sensu quin prius fuerit in intellectu.
Si l'on en croit le docteur Lowth, YHermès de Harris est le plus beau modèle d'analyse philosophique qui ait été offert depuis Aristote. En réduisant l'exagération de cet éloge, on peut dire que cet ouvrage renferme beaucoup d'idées justes, sur lesquelles l'auteur se trouve d'accord avec les maîtres de la science, non-seulement chez les anciens dont il exhume et confronte les témoignages, mais chez les modernes, tels que Port-Royal, Dumarsais, Beauzée, dont il paraît cependant avoir ignoré les écrits ; qu'on y trouve, en outre, des idées entièrement neuves, dont plusieurs, adoptées ou reproduites par Domergue, de Tracy, de Sacy, sont depuis entrées dans la science.
Les Arrangements philosophiques, quoique moins connus, sont cependant aussi dignes d'attention. L'auteur y annonce le modeste dessein d'exposer les idées des anciens sur la science des principes en commençant par les idées élémentaires; et, en effet, il suit fidèlement le cadre tracé par Ari-tote dans son traité des Catégories; mais il relève ces matières arides par d'intéressants rapprochements ou par des recherches philosophiques qui ne font pas moins briller son érudition que la profondeur et la subtilité de son analyse. De ces définitions si stériles en apparence, il tire des conclusions irréfutables contre les doctrines dangereuses qui, au dernier siècle, avaient faveur en Angleterre comme en France, le matérialisme, le fatalisme, l'athéisme. On le Yùit, Harris, qu'on ne connaît guère que comme grammairien, doit être compté aussi
parmi les métaphysiciens, et il occupe un rang distingué entre ces philosophes anglais trop rares au dernier siècle qui ont professé des doctrines spiritualistes.
Les Œuvres de Harris ont été réunies en 4 vol. in-8, Londres, 1780, et en 2 vol. in-4, 1801, par les soins de son fils, John Harris, comte de Malmesbury, diplomate distingué. L'Hermès a été traduit en français par Thurot, sur l'invitation de Garât, alors préposé à l'instruction publique, et a été imprimé aux frais de l'État, in-8, Paris, an IV (1797). M. Thurot y a joint un discours préliminaire, et de savantes notes qui complètent ou rectifient les idées de l'auteur.
HARTLEY (David) naquit à Illingworth en 1704. Il étudia à l'université de Cambridge la philosophie et la médecine, et s'élant fait recevoir docteur en médecine, il exerça successivement cette profession à Saint-Edmund's-Bury, à Londres, et à Bath, où il mourut le 28 août 1757. On a de lui plusieurs ouvrages de médecine; mais ce qui a fait sa réputation et lui a valu une place dans l'histoire de la philosophie, c'est son livre intitulé Observations sur l'homme, son organisation, ses devoirs et ses espérances {Observations on man, lus frame,his dutg and his expeclalions, in two parts), 2 vol. in-8, Londres, 1729, réimprimé, en 1791, par les soins de son fils, avec des notes et des additions traduites de l'allemand de Pistorius, et une esquisse de la vie de l'auteur.
Par sa doctrine philosophique et même par son caractère personnel Hartley a beaucoup d'analogie avec Charles Bonnet. Ainsi que l'auteur de l'Essai analytique sur les facultés de l'âme, il a essayé de concilier une psychologie moitié sensualiste, moitié matérialiste, avec des convictions morales et des croyances religieuses très-arrêtées. Tous les phénomènes que nous appelons intérieurs, toutes les modifications de notre âme peuvent se réduire, selon lui, à deux classes : les sensations et les idées. Celles-là sont la source, et la source unique de celles-ci. La réflexion, que Locke nous représente comme une faculté distincte d'où dérivent exclusivement quelques-unes de nos connaissances, n'est rien qu'un produit de nos sens, et rentre dans les deux ordres de faits que nous venons de distinguer. Cependant, malgré l'identité de leur origine, toutes nos idées ne présentent pas les mêmes caractères. Les unes se rapportent directement à des objets sensibles, les autres n'en présentent que des rapports abstraits et généraux. De là la distinction des idées de sensation et des idées intellectuelles. Mais il ne faut pas oublier « que les idées de sensation, pour nous servir des expressions mêmes de Hartley, sont les éléments dont se composent toutes les autres». [Observ. on man, Introd.,p. 2.) Par conséquent, toute idée générale, tout ce que nous regardons comme des principes universels et nécessaires, directement émanés d'une faculté supérieure, n'est que le résultat d'une association entre plusieurs notions sensibles. Sur ce point, Hartley se montre aussi résolu, quoique moins profond, que Hume, et il est permis de supposer que sa doctrine n'a pas été sans influence sur son illustre compatriote. 11 exprime l'espérance [ubi supra, p. 75 et 76) « qu'en développant et en perfectionnant la doctrine de l'association, on pourra parvenir un jour, lui ou quelque autre, à décomposer cette variété infinie d'idées complexes que nous appelons idées de réflexion ou intellectuelles, c'est-à-dire à les ramener aux idées de sensation dont elles sont formées ».
Après avoir établi que toutes nos idées, ou