‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 215 sur 439 · MACK · texte numérisé non relu

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après la bataille du Mont-Saint-Jean, Paris, 1816, 2 vol. in 12, n'est que la reproduction de V Anti- Machiavel de Frédéric II.

On peut encore consulter sur Machiavel les ouvrages suivants : Machiavel, son génie et ses erreurs, par Artaud de Montor, Paris, 1833,2vol. in-8; — Commoitaircs politiques et historiques sur le traité du Prince et V Anti-Machiavel, par M. de Bouille, Paris, 1827, in-8 ; — de Machiavel et de l'influence de sa doctrine sur les opinions, les mœurs et la politique de la France pendant la révolution, par de Mazères, Paris, 1816, in-8; — Réformateurs et publicistes, par Ad. Franck, Paris, 1864, in-8; — Machiavel, par M. Nourrisson, in-18, Paris, 1874. C. Bs.

MACKINTOSH (sir James), un des derniers membres de l'école écossaise, esprit distingué par l'universalité de ses connaissances, par l'heureuse clarté d'un langage à la fois rapide et élégant, publiciste, jurisconsulte, orientaliste^ historien, moraliste, philosophe enfin, est ne vers 1766, dans le comté d'Inverness, et mort à Londres en 1832.

Il venait d'entrer dans le barreau lorsque la révolution française éclata; il embrassa sa cause avec Fox contre Burk, dans un livre éloquent, Vindiciœ gallicce. Cette Défense du peuple français lui valut, de la part de l'Assemblée législative, le titre de citoxjen français, et dans le parti whig un succès extraordinaire et un brillant accueil. La Terreur changea ses opinions, lui dicta des jugements très-sévères sur cette même révolution et le rapprocha des torys. Pitt lui offrit une chaire de droit à Lincoln's-Inn. Plus tard, il fut nommé juge au tribunal (recorder) de Bombay. Pendant les dix années passées dans cette colonie, Mackintosh y fonda une société savante, acquit une érudition asiatique trèsremarquable et concourut à faire mieux connaître la philosophie indienne. De retour de l'Inde, en 1811, il entra au Parlement comme député du comté de Nairn, et devint un des membres les plus considérés de cette opposition énergique qui combattit lord Castlereagh, pour opérer une réforme parlementaire, et l'émancipation religieuse.

En histoire, il est le disciple de Robertson et de Hume, c'est-à-dire historien philosophe et libéral. Deux ouvrages curieux attestent cette excellente tendance : le premier est une courte Histoire d'Angleterre, le dernier une consciencieuse Histoire de la révolution de 1688, puisée aux archives d'Angleterre et de France, mais publiée seulement après la mort de l'auteur, en

Mackintosh a laissé quelques traces honorahles dans l'histoire de la philosophie, particulièrement comme collaborateur de la Revue d'Edimbourg et de YEncyclopédie britannique. Il a fourni au célèbre recueil d'Ecosse un grand nombre de morceaux fort recherchés, parmi lesquels deux essais intitulés Considérations sur l'histoire de la philosojihie depuis la renaissance des lettres et un Examen critique de l'ouvrage de Mme de Staël, de V Allemagne. Ces articles ont été recueillis et traduits en français, par M. L. Simon, sous le titre de Mélanges philosophiques, ParU. 1829, in-8.

Dans la septième édition de YEncyclopédie britannique a paru une Histoire de la philosophie morale, destinée à continuer, dans cette même collection, la précieuse Histoire des sciences métaphysiques de Dugald Stewart. Le travail deMackintosh lut traduit en français par M. Poret, Paris. 1836, in-8.

Cette histoire à laquelle le nom de Mackintosh demeure attaché offre plus d'une lacune, à la

vérité, et plus d'une conclusion trop systématique. Elle n'est ni complète, ni impartiale. La morale de l'antiquité et celle du moyen âge y sont traitées avec une fâcheuse précipitation. L'Allemagne, quoique parfaitement connue de l'auteur, est tout à l'ait laissée de côté. Toutes les écoles morales sont réduites à deux, l'école intellectuelle et l'école sentimentale. Les partisans de la première sont négligés et même sacrifiés aux partisans de la seconde, c'est-à-dire aux amis de Mackintosh. Ainsi, Ferguson, Price, Reid, Butler, Dugald Stewart, sont presque passés sous silence; tandis que Shaftesbury, Hutcheson, Hume, Adam .Smith, Hartley sont traités avec complaisance. En dépit de ces préjugés et de ces omissions, cette histoire est d'une incontestable utilité, non-seulement parce qu'elle achève le mouvement de la philosophie écossaise, mais parce qu'elle initie le lecteur du continent aux détails tout indigènes de la philosophie morale dans la Grande-Bretagne. On y trouve le tableau le plus exact des plus récentes tentatives de cette philosophie. Au surplus, si l'auteur laisse en dehors de son plan beaucoup d'hommes qui ont servi la morale moderne, il fait aussi revivre bien des noms tombés dans l'oubli. A la sagacité qui choisit dans chaque système le trajt le plus caractéristique, il unit des principes généreux opposés aux doctrines de l'intérêt et de l'égoïsme, aux égarements d'un Hobbes ou d'un Bentham.

Voici ces principes, tels que Mackintosh luimême les expose en passant en revue les systèmes du xvne et du xvme siècle. L'approbation morale n'est pas une opération de l'intelligence, c'est une émotion, un sentiment (a feeling). L'utilité, en général, est le critérium de la moralité de nos actions. Cependant la conscience est un sentiment indépendant de l'utilité; elle résulte de la combinaison simple et indissoluble de différents éléments, des sentiments personnels et des sentiments sociaux ; elle est douée de la faculté de prononcer que certaines actions sont des devoirs, certaines dispositions des vertus, et nous oblige moralement de cultiver les unes et d'accomplir les autres. Notre bonheur dépend de l'obéissance prêtée à la conscience par la volonté. Cette obéissance, cette approbation morale, tour à tour volontaire et involontaire, n'est pas l'effet du raisonnement ou de la réflexion. Elle a pour origine et pour appui le plaisir que toute affection bienveillante produit en nous; et elle devient la source de toutes ces émotions, de tous ces désirs qui déterminent notre volonté, parce qu'ils sont relatifs au besoin d'être heureux. La sympathie, telle est la véritable cause de notre bonheur ; et de même que le vœu de notre bonheur est inséparable de notre existence, la disposition à céder constamment à la sympathie s'associe à tous nos actes, à toutes nos volontés. La loi de la conscience se confond ainsi avec celle de la sympathie ; l'une et l'autre dominent notre nature active et morale, nos affections personnelles et nos affections sociales, nos plaisirs et nos peines. La conscience refuse son approbation à tout ce qui est contraire à la sympathie, et intervient par conséquent entre toute passion égoïste et ce qui est véritablement utile. L'utilité générale n'est donc le signe de la moralité des actions que parce qu'elle s'accorde avec les prescriptions de la conscience et les inspirations de la sympathie, c'est-à-dire avec la véritable constitution de l'homme.

Il est inutile de montrer combien cette théorie est vague. L'approbation morale, supposant un jugement, est un fait intellectuel autant qu'un sentiment; la raison y a sa part, aussi

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bien que la sensibilité. Celle-ci ne saurait donner un caractère d'obligation à tout devoir désagréable et difficile; elle ne peut conduire à l'idée de la loi souveraine, du droit absolu. Le devoir perdant sa nature impérative, la liberté et le mérite sont profondément ébranlés. L'utilité ne peut pas davantage être admise comme caractère distinctif des bonnes actions, parce qu'elle ne peut point prendre la place de la justice, seule règle des intentions vertueuses. Ainsi quelque généreux que soit ce dernier essai de l'école sentimentale, il n'en est pas moins trèsinsuffisant. C. Bs.

MACROBE (Ambrosius Aurelius Thcodosius Macrobius), personnage consulaire et philologue célèbre du temps de l'empereur Théodose le Jeune, n'appartient à l'histoire de la philosophie que par quelques pages de ses Saturnales, grande compilation littéraire sous forme de dialogue, et par son Commentaire sur le Songe de Scipion. Le septième livre des Sa turnalia, imité ou traduit en partie des Questions symposiaques de Plutarque, traite de la question de savoir quand et comment il est permis de philosopher dans un repas. Ce n'est qu'une discussion élégante et agréable. Le Commentaire sur le Songe de Scipion a une tout autre importance. La belle fiction qui terminait les dialogues de Cicéron sur la République est justement admirée, et ; comme imitation du célèbre récit de Her l'Arménien dans la République de Platon, et comme résumé éloquent des croyances de l'antiquité païenne relativement à une autre vie et au sort i que les hommes y doivent attendre, selon le I mérite de leurs actions ici-bas. Macrobe, qui i l'interprète en philosophe et non en grammai- j rien, montre d'abord, avec beaucoup de finesse, j la différence' qu'il y a entre les deux ouvrages de Platon et de Cicéron sur la République. Puis il défend le droit qu'ont les philosophes de j présenter quelquefois sous forme fabuleuse les j plus sublimes théories; puis, comme la fable de ■ Cicéron est un songe, il cherche à quelle espèce j de songes il la faut rapporter ; enfin il entre | dans l'examen même de l'ouvrage, où, rencontrant tour à tour des questions de mathématiques, d'astronomie, de morale, etc., il suit l'auteur dans ces discussions si diverses, avec une grande abondance de savoir, et quelquefois une remarquable subtilité de raisonnement. Il y a donc peu de sciences dont l'histoire n'ait à tirer quelque profit d'un tel commentaire. Mais l'historien de la philosophie n'est pas celui qui y trouvera le plus grand nombre de documents à recueillir; il y remarquera cependant (liv. II, ch. xin et suiv.) l'analyse assez claire des opinions de Platon et d'Aristote sur la nature de l'âme, et (liv. I, ch. xm) un beau développement de cette idée qu'il y a deux morts : l'une résultant de la séparation du corps et de l'âme, séparation que Dieu seul a le droit d'ordonner ; l'autre, l'entier triomphe de la raison sur les sens, qui est le but où peuvent tendre ici-Las tous les efforts du sage. Au chapitre suivant, se lit un résumé instructif des opinions de l'ancienne philosophie sur la nature de l'âme, où l'on voit que l'opinion la plus répandue, même chez les païens, était en faveur de sa spiritualité et de son immortalité [obtinuit tamen non minus de incorporalilale ejus, quam de immorialitale senlentia). Au douzième chapitre du livre II le commentateur va plus loin encore, sur les traces de Cicéron : il soutient que l'essence de L'humanité est dans l'âme, véritable émanation de la substance de son créateur. Les lignes suiteSj qui terminent et résument tout ce commentaire, en donnent une idée assez fidèle : « La

philosophie comprend trois parties, la physique, la morale, la rationnelle (ou science de ce qui est incorporel), Cicéron, dans ce Songe, n'< omis aucune. En effet, ces exhortations à la vertu, à l'amour de la patrie, au mépris de la vaine gloire, sont-elles autre chose qu'un système de morale? Lorsqu'il parle de la disposition des sphères, de la grandeur des astres, de la puissance dominante du soleil, des cercles célestes, des zones terrestres, des espaces occupés par l'Océan, et des secrètes harmonies du monde, il nous déroule les mystères de la physique. Enfin, lorsqu'il dispute sur le mouvement et l'immortalité de l'âme, dans laquelle il n'y a rien de corporel, rien de sensible, et dont l'essence ne peut être perçue que par la seule raison, alors il l'élève aux plus grandes hauteurs de la philosophie rationnelle. On peut donc déclarer qu'il n'y a rien de plus parfait que cet ouvrage, qui embrasse la philosophie to'ut entière. » C'est attribuer à l'œuvre surtout poétique de Cicéron une sorte d'unité dogmatique que l'auteur n'a sans doute pas voulu y mettre; on ne peut nier pourtant que cette beauté même et l'élévation des doctrines du philosophe romain n'aient quelquefois heureusement inspiré son commentateur, de manière à faire oublier qu'il écrivait à une époque de décadence déjà avancée. Une remarque qu'il n'est peut-être pas inutile de faire en terminant, c'est que tout ce spiritualisme des écoles païennes que Macrobe commente d'après Cicéron, parai l être resté étranger à toute influence de l'enseignement chrétien, et non moins étranger à tout esprit de polémique et de rivalité envers la nouvelle religion, alors triomphante. — La première édition savante des œuvres de Macrobe est celle de Gronovius (in-8, Leyde, 1670), plusieurs fois réimprimée, avec ou sans commentaires, notamment dans la collection Bipontine (2 vol. in-8, 1788); Lud. Jan en a publié en 1848 à Quedlimburg une édition toute nouvelle accompagnée d'amples commentaires; c'est un travail supérieur par la critique à celui de Gronovius. Macrobe a été traduit en français par M. de Rosoy (2 vol. in-8, Paris, 1826-1827). Une traduction grecque du Commentaire sur le Songe de Scipion, par le célèbre moine byzantin Maxime Planude, est encore inédite. On peut consulter, en outre, sur Macrobe, une dissertation de Mahul, insérée dans les Annales encyclopédiques de Millin, 1817, t. V, p. 21-76. et la thèse de L. Petit, de Macrobio Ciceronis interprète philosopho, in-8, Paris, 1866.

MACROCOSME, MICROCOSME (de fwxxpoc, grand ; uaupé:, petit; y.6<7u.oç, monde), deux termes corrélatifs particulièrement en usage chez les philosophes mystiques ou plutôt hermétiques, et qui ne signifient autre chose que grand monde, petit monde. Plusieurs philosophes de l'antiquité, entreautres Platon, Pythagore et l'école stoïcienne tout entière, considéraient le monde comme un être animé, assez semblable à l'homme, et composé, ainsi que lui. d'un corps et d'une âme. Celte opinion, développée cl exagérée parle mysticisme, est devenue la théorie du macrocosme et du microcosme, d'après laquelle l'homme est le miroir fidèle et le résumé de la création, c'est-à-dire un univers en petit, et l'univers un homme en grand. Les mêmes principes et les mômes facultés qu'on aperçoit dans l'une, on les attribua à l'autre, et, cette assimilation une fois admise, on ne s'arrêta plus, on se laissa entraîner en même temps à deux excès opposés : on attribua à l'homme un pouvoir imaginaire et surnaturel sur les lois les plus fondamentales de l'univers, et on lit dépendre

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