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de l'esprit pour être conçues Tune et l'autre. Mais aussitôt que le mouvement s'introduit les deux idées se rattachent l'une à l'autre par une chaîne indestructible : car elles lui sont aussi indispensables l'une que l'autre; il est donc leur point de rencontre, la limite indivisible où elles se touchent sans se confondre, l'intermédiaire qui leur sert de mesure commune et leur permet de se servir l'une à l'autre de mutuelle mesure; enfin, pour employer le langage de Kant, le schème commun où elles se réunissent dans notre esprit.
Quant à la réalité du mouvement, ce n'est pas une question pour les écoles qui considèrent l'expérience comme un moyen légitime de connaître. Les objections contre la possibilité du mouvement ont un intérêt piquant pour les métaphysiciens; elles n'ont pas de valeur aux yeux dû psychologue. L'axiome scolastique est ici de toute vérité : Ab actu ad posse valet consequentia : « De l'acte au pouvoir la conclusion est légitime. » Diogène le Cynique mit cet argument en action, quand il marcha devant Zenon pour répondre à ses sophismes contre la réalité et la possibilité du mouvement. Les raisonnements qui se tirent de considérations abstraites et portent sur l'essence des êtres ne doivent pas prévaloir, d'après la méthode scientifique moderne, contre l'autorité d'un fait. Les objections de Zenon contre le mouvement se fondent toutes sur la divisibilité à l'infini de la matière, c'està-dire qu'elles supposent résolue la question de l'essence des corps, question des plus difficiles et des plus obscures, sinon tout à fait insoluble pour l'esprit humain. Quelle peut être la valeur d'une dilficulté toute métaphysique contre une expérience positive? et si nous devons nier cette expérience, sur quoi nous fonderons-nous pour reconnaître l'autorité de la raison, à laquelle nous aurons sacrifié l'expérience? D'ailleurs il a été répondu et philosophiquement et mathématiquement aux sophismes de Zenon, reproduits plus tard par Bayle avec complaisance. Le vice général de ces sophismes consiste à argumenter rlc l'étendue géométrique et abstraite contre l'étendue réelle; il consiste aussi dans l'ignorance des lois et des conditions de l'infini mathématique. Mais nous ne devons pas même effleurer ces problèmes, qui touchent aux points les plus délicats et les plus profonds de la métaphysique. Consultez : la Physique, la Métaphysique, les J'arva naluralia, d'Aristote; — la Philosophie spiritualiste de la nature, de M. H. Martin, Paris, 1849, 2 vol. in-8. Voy. en outre les articles de ce Dictionnaire consacrés à Heraclite et aux principaux philosophes des écoles d'Élée et de Mégare. P. J.