il n'y avait pas de doute: les anci
étaient unanimes pour reconnaître qu'ils s'étaient
perdus; mais on ne sait à quelle époque. Ce
n'est qu'au temps où Pisistratc faisait ra
bler I auments de la littérature
nique, que l'on commence a parler des ou
Orphée. Car ISumélus de Corinthe (que
i hrétienne)
ne le citait . [bycus, qui le premier en
fait mention, n'est pas lui-même notoirement antérieur à Pisistratc. Onomacrite, un des savants chargés par le tyran d'Athènes du grand travail de. rédaction des poèmes homériques, était généralement regarde corn brica-
teur des poésies qu'il s'était plu à mettre sous le nom d'Orphée : sans doute pour doter son pays de poésies qui parussent antérieures à celles d'Homère. A la même époque, les pythagoriciens refaisaient, à leur usage, les œuvres orphiques. Le nom d'Orphée était donc alors bien puissant et bien magique, pour que l'on crût augmenter l'autorité d'une doctrine en la mettant sous son nom. Nous avons de nombreux témoignages sur les falsifications pythagoricien nés. Hérodote (liv. II, ch. lxxxi) signale une analogie entre les usages des initiés aux mystères d'Orphée et de Bacchus et ceux que Pythagore avait empruntés aux rites de la religion égyptienne. Ion le Tragique , dans Diogène Laërce (liv. VIII, ch. vin), attribue la composition de quelques poésies d'Orphée à Pythagore ; si le maître avait donné l'exemple de telles . falsifications, ses disciples pouvaient l'imiter sans scrupule, et ils l'imitèrent. Aristote, dont Cicéron nous a conservé l'opinion (de ISalura Deorum, liv. I, ch. xxxvm), regardait le pythagoricien Cercorps comme l'auteur de poésies orphiques. Brontinus, un autre pythagoricien, est accusé de contrefaçons analogues. Les autres écoles philosophiques ne voulurent pas laisser les pythagoriciens exploiter seuls, en quelque sorte, Je nom d'Orphée; et, chose singulière! ce furent les stoïciens, dont le rigorisme en morale était souvent si outré, qui entreprirent d'enlever aux pythagoriciens le monopole de ces fabrications. Chrysippe (Cicéron, de Natura Deorum, liv. I, ch. xv), voulant donner à ses opinions l'autorité d'un nom vénéré, composa tout exprès des poèmes qu'il publia pour des poèmes orphiques. Nous n?avons rien conservé de ces singulières compositions.
L'antiquité ne paraît pas s'être jamais laissé tromper par toutes ces fraudes. Nous avons vu l'opinion d'Aristote ; quant à Platon, il cite volontiers Orphée, il dit même dans le Protagoras, en parlant de l'ancienneté du métier de sophiste, qu'Orphée cachait ce métier sous le nom d'initiateur et de devin ; mais il ne faut pas attacher à ces témoignages, quelquefois ironiques, plus de valeur qu'ils n'eu ont, et en déduire que Platon croyait à l'authenticité des œuvres orphiques qui de son temps avaient cours par le monde. Nous pensons sur ce point, comme Lobeck, que Platon cite Orphée, non ad fulem diclorum, sed orationis illustrandœ causa.
Des nombreux ouvrages orphiques fabriqués avant le christianisme, il ne nous reste que les titres et quelques fragments. Mais ces titres mêmes offrent une variété intéressante : Anémoscopic ou Traité sur les vents; — Argotiques; — Argonautiques ; — Astronomiques ; — Bachiques; — Traite sur les plantes ; — G giques; — sur Jupiter et Junon; — les Période douze années (AwÔ£-/.a£-r,pîd£c) ; — des épigrammes ou poésies légères; — une Théogonie; — un poème sur Cybèle et sur Bacchus j — un autre sur les sacrifices; — Discours sa - un traité sur l'habillement des dieux ; ■ — la Descente aux enfers; — les Changements du monde; — les Corubantes; — un poème intitulé Kparrip; — les Lithiqucs .' — Mythologie; — un poème sur les mots ('Ovou-aaTixâ) : — les nts d'Orphée; — le Voile et le Filet (Ué- -ir,-. xat Aùtvov) ; — Tremblements de terre ; —
la Sphère; — un poème en action de gi '