‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 272 sur 439 · PALE · texte numérisé non relu

PALE

il suffit d'interroger la conscience. Ce sont là îles faits, disons mieux, des dogmes au-dessus île tout raisonnement, et qu'on doit accepter avec une respectueuse humilité, comme les fondements impérissables de notre bonheur en ce monde et dans l'autre.

Tel est, en résumé, l'ouvrage d'Oswald. Il est écrit d'un style emphatique et déclamatoire, et ne fait qu'exagérer la donnée première de la philosophie de Reid. Osvald ne se contente pas d'en appeler au sens commun pour corriger et redresser la science ; il s'en prend à la science elle-même, qu'il proscrit comme inutile et dangsreuse. C'est, sous une autre forme, la thèse de Huet et de tous les adversaires de la philosophie et de la raison. Jos. Priestley a fait un examen de l'ouvrage d'Oswald. Voy. plus loin l'article consacré à ce philosophe. A. B.

PACHYMÈRE (Georges), né à Nicée vers l'an 1242, mort à Constantinople vers l'an 1310, après avoir été comblé d'honneurs à la cour de Michel Paléologue, est principalement connu comme un des historiens les plus distingués de Byzance. Il a écrit, en treize livres, l'histoire du règne de Michel Paléologue, et des vingt-six premières années de celui d'Andronic (2 vol. in-f°, Rome, 1666-1669); mais il a aussi laissé une Paraphrase des œuvres de saint Denys VAréopagite (in-8, Paris, 1561, et dans l'édition des œuvres de saint Denys, publiée par Balthasar Corder, 2 vol. in-f°, Paris, 1644), et une autre des Œuvres d'Aristote. dont quelques extraits seulement ont été publies (in-8, Oxford, 1666, texte grec avec une traduction latine ; la traduction latine a été publiée séparément, in-f°, Bâle, 1560). La paraphrase tout entière a été conservée manuscrite à la Bibliothèque impériale de Vienne. X.

PACIUS (Julius), de Beriga, né à Vicence en 1550, se signala dès sa première jeunesse par une merveilleuse aptitude pour les sciences : à l'âge de treize ans il composait un traité d'arithmétique; aussi Jean Klefeker ne l'a-t-il pas oublié dans sa Bibliotheca eruditorum precocium. Ayant ensuite laissé les mathématiques pour l'étude des langues, il devint un des plus habiles hellénistes de son temps. C'est alors qu'il se fit une fâcheuse affaire avec les tuteurs officiels de l'orthodoxie. Dénoncé comme ayant lu divers ouvrages prohibés, il redouta les suites de cette dénonciation, et prit la fuite, allant chercher un asile dans la ville de Genève. 11 y professa la philosophie qu'il avait apprise de J. Zabarella. Quelque temps après, il commentait Aristote dans une des chaires d'Heidelberg. Jamais homme ne fut plus incapable de s'arrêter à quelque chose et en quelque lieu. Nous le voyons bientôt abandonner Heidelberg et la philosophie, pour enseigner le droit en France, à Sedan, à NîmeSj à Montpellier^ où il fait la connaissance de Peiresc; ensuite a Aix, àValence; quitter la France pour aller à Padoue, et revenir enfin mourir à Valence, en 1625, âgé de quatre-vingtcinq ans. Julius Pacius est connu surtout comme jurisconsulte ; mais nous n'avons pas à parler ici des nombreux ouvrages qu'il publia sur le droit public et le droit civil : qu'il nous suffise de 1er ses titres à l'estime clés philosophes. En 1584, il publia : Aristotelis Stagintœ, peripaleticorumprincipis, Organwn (gre latin), Morgiis, aarius, in-4. C'était une édition nouvelle de i'Organon, collationnée sur les manuscrits de La bibliothèque Palatine, avec une traduction, des divisions, des notes marginales et des tables nouvelles. Elle eut un grand sui i l atte >tent les réimpi i qui en

furent faites dans lespao Francfort, in-8,cbez les héritiers d'And. Wechelj

1598; Aurillac. Vignon, 1605; in-4, Lyon. Porta, 1606. En publiant cette édition de VOrganon, Pacius annonçait qu'il devait plus tard corriger, traduire, annoter de la même manière le texte des autres ouvrages d'Aristote. Il remplit une partie de cet engagement. Ainsi on lui doit une traduction de la Physique, qui fut publiée en 1596, in-8, à Francfort; une traduction du Traité de l'âme, éditée la même année, dans la même ville et dans le même format; enfin une traduction des petits traités d'Aristote, sous ce titre : Arislotelis de Cœlo, de Or tu et Interitu, Meteorologicorum , de Mundo , Parva naluralia, in-8, Francfort, 1601. Au jugement de Huet, Pacius mérite « le premier rang parmi les meilleurs traducteurs ». Guillaume Duval a reproduit toutes les versions que nous venons de mentionner dans son édition des Œuvres d'Aristote, et M. Barthélémy Saint-Hilaire déclare qu'il ne les a pas consultées sans profit. Un élève de Zabarella devait être du parti d'Aristote; Pacius fut un péripatéticien encore plus zélé que son maître. Après avoir parlé de ses traductions, nous devons dire quelques mots de trois traités scolastiques dans lesquels il fit preuve du même respect pour la mémoire d'Aristote. Le premier de ces traités a pour titre : Institutiones logicœ, in-8, Sedan, 1595 : c'est un manuel de quelques pages ; le second, qui est plus considérable et plus important, fut publié plus tard sous le titre de J. Pacii a Beriga doclrince peripateticœ tomi tres} in-4. Aurillac, la Rovière, 1606. Le P. Niceron se trompe lorsqu'il dit que cet ouvrage est d'un certain Daniel Venturinus, parent et disciple de Pacius. Nous avons sous les yeux l'avertissement auquel le P. Niceron nous renvoie, et nous y lisons qu'une seule des trois parties dont se compose l'ouvrage, la première, a été composée par Venturinus, suivant la méthode de son maître. A la suite, dans le même volume, vient un autre opuscule de Pacius, qui a pour titre : Logicœ disputationes octo. Il ne faut chercher dans ces divers traités que des définitions ; on n'y trouvera rien de plus, malgré les promesses des titres. Bien qu'il y eût encore, de son temps, plus d'une controverse engagée sur les problèmes scolastiques, Pacius n'y prend aucune part dans ses livres; c'est un professeur plutôt qu'un philosophe. On ne s'explique pas comment Pacius put concilier avec sa ferveur péripatéticienne un goût non moins vif pour Y Art de Raymond Lulle. Il en fit un abrégé latin, qui fut traduit en français par un sieur Hobier, conseiller d'État, trésorier général de la marine du Levant : VArt de Raymond Lullius esclaircy par Julius Pacius, in-12, Paris, Julliot, 1619. L'édition latine, qui fut publiée plus tard, a pour titre : Julii Pacii Artis Lulliauœ emertdalœ libri IV, in-4, Naples,

On peut consulter sur la vie et les ouvrages de Julius Pacius : Jacobi Philippi TomasiniElogia, t .II, p. 169 ; — Freùer, Theatrum, t. II, p. 1070; — et le P. Niceron, Hommes illustres, t. XXXIX, p. 270. B. H.

PALEY (William), théologien et moraliste is, né en 17i:i,'à Peterborough, mort en 1805. 11 était (ils d'un maître d'école du Yorkshire, et devint professeur de théologie à l'université de Cambridge.

Parmi les ouvrages qu'il a laissés, la plupart exclusivement théologiques, il faut distinguer ses Éléments de philosophie morale et politique [Eléments of mural and political philosophy, London, 17S5), et sa Théologie naturelle, ou lence ri des attributs de Û le tir In nature [Natwal theology, or évidences of the existence and atlri*

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