‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 273 sur 439 · PALM · texte numérisé non relu

PALM

bulcs of the Deity, collecled from the. appearances of nature, London, 1802).

Dans le premier de ces deux ouvra ges, Paley donne pour fondement à la morale la volonté de Dieu manifestée par l'intérêt général. C'est, au fond, la doctrine de l'unité qu'avait déjà professée Hume, et que Bentham a développée depuis en l'appliquant à la législation. Seulement, Paley s'efforce de l'interpréter et de la justifier en la faisant dépendre d'un principe supérieur qui doit en corriger l'insuffisance ou l'abus. Mais l'équation qu'il établit entre le bien et l'intérêt général d'une part, et les décrets de la Providence de l'autre, est loin d'être rigoureuse. Que Dieu veuille le plus grand bonheur de ses créatures, et qu'il leur ait imposé l'obligation de travailler en commun à leur perfectionnement mutuel ; que la pratique individuelle du bien concoure à l'intérêt et en soit la plus ferme garantie • qu'il y ait enfin accord entre l'heureux accomplissement de la destinée de chacun et celui de la destinée du plus grand nombre, il n'est pas permis d'en conclure que le bien ait sa raison d'être dans l'intérêt général (lequel n'est, en définitive, que la somme des intérêts particuliers), ni que celui-ci soit, à son tour, l'expression des décrets divins. C'est confondre le signe avec la chose signifiée, la conséquence avec le principe. L'étroite relation de ces différents termes entre eux, et le plus souvent leur concordance harmonique, expliquent l'erreur de Paley; mais, en les substituant l'un à l'autre, il en a méconnu la vraie nature, et n'a fait que tourner la difficulté sans la résoudre.

Il a été plus heureux dans sa théologie. Elle se rattache aux traditions de cette philosophie sensible et populaire dont Fénelon avait donné l'exemple, et qui s'appuie sur le principe des causes finales pour établir l'existence et les attributs de Dieu. On sait d'ailleurs combien le progrès des sciences physiques et naturelles favorisa, à la fin du dernier siècle et au commencement du nôtre, le développement de ce genre de preuves, qui, sous le nom de théologie, a produit en Angleterre tant de remarquables traités.

Paley a composé d'autres ouvrages devenus classiques dans les écoles. La plupart se rapportent aux preuvesde la vérité du christianisme. En voici la désignation : Horce Paulinœ, or the Iruth of the scripture history of S. Paul, evinced by a comparison of the epistles which béas his name vrith the acts of the Aposlles, and with one another, London, 1787 (trad. en français par Levade, Nîmes, 1800) ; — A view of the évidences of chrislianity, London, 1794 (trad. en français par Levade, 1808) ; — The young Christian instruclcd in reading, and the principles of religion (livre de lecture à l'usage des enfants) ; — Reasonsfor contentment, addressed to labouring classes, 1792 (petite brochure dirigée contre a Révolution française) ; — et un recueil de sermons.

Les Éléments de philosophie morale et politique ont été traduits en français par Vincent, Paris, 1817, 2 vol. in-8. La Théologie naturelle a été traduite en français par Pictet, de Genève, Paris, 1815. A. B.

PALMER (Jean), philosophe et publiciste andu dernier siècle, qui, après avoir défendu la liberté dans l'ordre politique par plusieurs écrits de circonstance, voulut aussi la soutenir dans l'ordre moral contre le fatalisme de Priestley (voy. ce nom). Son principal ouvrage a pour titre : Observations en faveur de la liberté de l'homme, considéré comme un a al, en

ise aux Éclaircissements du docteur Priest-

ley sur la nécessité philosophique (Observations on defence of the liber ly of man, as a moral agent, in answer to Dr. Pricstlcijs Illustrations of plulosoplucal necessity, in-8, Londres, 1779). Priestley ayant publié une lettre en réponse à cette critique (A leller to John Palmer in defence of the Illustrations of philosophical necessity, in-8, ib., 1779), Palmer mit au jour un Appendice à ses Observations {Appendix to the Observations, etc., in-8, ib., 1780,., qui provoqua une seconde lettre de Priestley. De part et d'autre on dépensa plus de subtilités que de raisons. Cependant Palmer mit la vérité et le sens commun de son côté, en soutenant contre son adversaire qu'avec la liberté l'homme perd son caractère moral. x.

PAN-iETIUS, un des philosophes les plus célèbres de l'école stoïcienne, naquit à Rhodes, d'une famille illustre dans les armes, au commencement du iie siècle avant l'ère chrétienne. Après avoir passé sa première jeunesse dans sa ville natale, il fut envoyé à Pergame, auprès du grammairien Cratès de Mallus, le contemporain et le rival d'Aristarque. C'est là sans doute qu'il puisa ce goût des lettres et du beau langage au- , quel il dut, dans la suite, une bonne partie de ses succès. De Pergame il se rendit à Athènes, où il étudia la philosophie sous Diogène de Babylone et Antipater de Tarse, appelés successivement, après la mort de Chrysippe, à la tête de l'école stoïcienne. Panaetius leur succéda à son tour; mais, avant d'arriver à ce degré d'autorité, il fit un voyage à Rome, où sa réputation l'avait déjà précédé : car Diogène de Babylone, pendant son ambassade avec Carnéade et Critolaûs, le fit connaître à Laelius, qui l'introduisit près de . Scipion. Admis, ainsi que Polybe, dans l'intimité de ce grand homme, il l'accompagna dans son, expédition de Cartilage et dans plusieurs missions qu'il eut à remplir en Egypte et en Asie. Dès lors Panœtius vit accourir à ses leçons ce qu'il y avait de plus illustre parmi les Romains, l'augure Mucius Scaevola, le jurisconsulte Rutilius Rufus, Sextus Pompée, les deux Balbus, et celui qui devait continuer son œuvre, Posido- > nius. Antipater de Tarse étant venu à mourir sur ces entrefaites, Panaetius retourna à Athènes pour le remplacer à la tête de l'école stoïcienne, et c'est dans ce poste honorable qu'il passa le reste de ses jours, entouré de la considération générale et écouté avec respect par de nombreux disciples qu'attirait de toutes parts sa réputation de sagesse et d'éloquence. Les Athéniens, honorés de sa présence au milieu d'eux, lui ayant offert le droit de cité, il refusa en disant qu'un homme modeste devait se contenter d'une seule patrie. Il mourut à l'âge de soixante-treize ans, laissant après lui un grand nombre de partisans et d'admirateurs qui célébraient sa mémoire par des banquets annuels.

La doctrine de Panaetius était le stoïcisme réformé, mis en rapport avec les lois de l'humanité et de la nature, et élargi par quelques idées empruntées des écoles rivales, particulièrement de Platon et d'Aristotc. D'abord il regardait comme une introduction nécessaire à la philosophie l'étude des arts libéraux, des lettres et de l'histoire ; et en cela déjà il se rapprochait beaucoup plus de Platon et de Socrate que des maîtres du Portique. « Il évitait, dit Cicéron (de Finibus. lib. IV, c. xxvm), la sombre gravité et la sécheresse des stoïciens; il ne goûtait ni l'austérité excessive de leurs principes. ni la subtilité de leurs discussions. » Il appelait l'auteur du Phédon l'Homère de la philosophie, et le citait à chaque instant, ainsi qu'Aristote. Xénocrate, Théophraste, Dicéarquc, dans

Page 1