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les, le pédantisme de ce groupe de riirchéologues. Pibrac jeta des vues philosophiques dans tous ses vers, dans ses sonnets, dans son poème inachevé Sur les plaisirs de la tique, mais en particulier dans ses Quatrains.
On se fait difficilement aujourd'hui une juste idée de la réputation dont jouirent, pendant plus d'un siècle, les Quatrains contenant préceptes et enseignements utiles pour la vie de l'homme, compotes à l'imitation de Phocilides, Epicharmes, et autres poètes grecs (in-4, Paris, 1574). D'abord au nombre de cinquante, puis portés jusqu'à cent vingt-six, ces gnomes ou distiques, dont Thcognis et le vieux Caton avaient donné l'excin: !e chez les anciens, furent le livre le plus populaire du xvic et du xvne siècle, plus populaire que les Essais de ce Montaigne qui contribua tant à les accréditer, se plaisant à les citer, et à présenter ce bon Pibrac comme un esprit si gentil, d'opinions si saines et de mœurs si douces {Essais, liv. VIII, ch. ix). Il n'est point d'ouvrage français qui ait été traduit et commenté en plus de langues européennes et orientales. En France même, au xvne siècle, on réimprimait ce recueil, on l'admirait, on le savait par cœur dans toutes les familles, comme le vrai et simple bréviaire des honnêtes gens. Enfin, au milieu du xviii" siècle, V Encyclopédie le vante encore à cause de sa rare solidité, et fait remarquer que son style seul, qui est suranné, l'a fait abandonner.
La doctrine qu'exposent ou respirent les Quatrains est en effet excellente, puisée dans l'expérience et le bon sens, tour à tour empreinte de l'esprit de Platon ou de celui d'Aristote, toujours conforme au génie de la religion, toujours dégagée de l'alliage des sectes et des partis. Si elle manque souvent d'une expression élégante et harmonieuse, elle se distingue par une certaine grâce originale et piquante; elle a du trait et un tour animé. Dans sa partie politique, elle est libérale : elle hait (lciii)
Ces mots de puissance absolue,
De plein pouvoir, de propre mouvement.
Elle veut que tous, citoyens ou princes, particuliers et corporations, s'inclinent respectueusement devant les lois divines et humaines (par ex. lcii) :
Changer à coup de loy et d'ordonnance, En fait d'Estat, est un point dangereux ; Et si Lycurgue en ce point fut heureux, Il ne faut pas en faire conséquence.
C'est à cause de ces sages maximes, alors l'apanage de la magistrature française, que Pibrac est comparé, par Du Bartas, à Nestor et à Scévola tour à tour; et cette comparaison est plus exacte que celle qui vient ensuite, avec le grave-doux Virgile. — Voy. les Mémoires sur lu vie de Pibrac, par Lépine de Grainville, in-12, Paris, 1758. C. Bs.
PICCART (Michel), né à Altdorf. en 1574, mort le 3 juillet 1620,' a beaucoup écrit et sur divers sujets. De ses nombreux ouvrages, nous n'avons à mentionner ici que: Isagoge in le nem Aristolelis, hoc est hypotyposis tolius philosophiez Aristotelis, in-8, Nuremberg, 1605; — In politicos Aristolelis libros commentarii, in-8, Leipzig, 1615; — Disputationes pht phicœ ei Orationes, in-8, Nurei 1644; —
Observât ion um historico^polili pûsthumœ, in-8, ib., 1621 et 1624. Dans la préface de sa traduction de la Politique à M. Bartl ire place les
(aires de Michel Piccart au-dessus de ceux de
Mélanchthon, de Lefèvre d'Étaples et de Camerarius. Quant au traité qui a pour second titre Hypotyposis totius philosophiœ Aristotelis, ce n'est pas, comme on pourrait le supposer, une exposition sommaire des dive?s ouvrages qui portent le nom d'Aristote, c'est une dissertation assez étendue sur l'ordre dans lequel ces ouvra ges doivent être classés et sur la matière qu'ils ont pour objet. Michel Piccart avait l'intelligence ouverte aux questions philosophiques, et il s'est principalement occupé de philosophie morale. B. H.
PICCOLOMINI (Alexandre), un des plus éloquents professeurs à l'université de Padoue au xvie siècle, s'est particulièrement distingué en traitant le premier les matièies philosophiqueet scientifiques en langue commune. Il appartenait à l'illustre famille qui a fourni au saintsiége Pie II et Pie III, et était né à Sienne en 1508. C'était non-seulement un savant universel, un érudit éminent, un habile mathématicien, mais un poëte agréable, imitateur de Virgile et d'Ovide, et auteur comique fort goûté de son temps. Il professa successivement la philosophie morale à Padoue et à Rome. Dans son âg avancé, il se retira dans une villa proche aV Sienne, où les plus célèbres étrangers venaient lui rendre visite. Sa réputation égalait son savoir, sa politesse et sa modestie. Il mourut en
Dans sa première jeunesse il publia un écrit. licencieux intitulé Rafaella, qui lui inspira depuis les regrets les plus vifs. Quelque temps après, il fit paraître une sorte d'ouvrage d'éducation en six livres : Institution de la vie entière d'un homme noble et ne dans une ville libre. in-4, 1542. Dans cet ouvrage il fit de nombreux emprunts à un moraliste contemporain, Sperone Speroni, et cela sans le citer.
Son Cours de philosophie se compose de trois parties publiées séparément : la première, consacrée » la logique, est intitulée l'Instrument de la philosophie; la seconde a pour titre Philosophie naturelle; la troisième, c'est i'Institution morale.
L'Instrument de la philosophie (in-8, Rome, 1551) se divise en quatre livres, précédés d'une introduction où Piccolomini expose ses vues générales sur la philosophie, sur l'univers, sur l'homme, sur la fin de toutes choses, qui est le bien suprême, ou Dieu; puis sur l'origine et les progrès de la science philosophique, sur le besoin de créer une logique, et de distinguer la logique artificielle d'avec la logique naturelle. Le premier livre s'occupe du principal dessein de la logique, c'est-à-dire de la vérité et de la fausseté des propositions. Le deuxième livre demande comment les conceptions peuvent s'accommoder à signifier le vrai et le faux. Le troisième livre traite de la démonstration et du complet syllogisme. Le quatrième livre du syllogisme dialectique ou disputatif, et en général de la faculté de disputer, de sa matière et de son sujet.
La Philosophie naturelle de Piccolomini^ a paru en deux parties distinctes, l'une en 1551, l'autre en 1504: mais ces deux
insemble. Cb i :une e l divisée en quatre livres, et dans chaque livre l' entend par philosophie naturelle, et la métaphysique à la fois, c'est-à dire I
rvation et de la spéculatii n appliqui la nature,
ditions religieuses et en dehors de la révélation.
mine 1rs c'est-à-dire substance e1 :. forme et matière, lieu et
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