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temps, etc., avant que de passer en revue les éléments mêmes de l'univers, les parties simples, puis les parties composées et mixtes, enfin les êtres sensibles et raisonnables. Le second volume et tout l'ouvrage (p. 450), se termine par la déclaration suivante : « J'ai marché sur les traces de la nature; mais, comme la nature dépend d'un maître souverain, de même je sais que la vérité complète doit être révélée, non par les philosophes naturels, mais par les saints théologiens, auxquels je me soumets de tout mon cœur. » Néanmoins Piccolomini ne cesse pas, dans le corps même de l'ouvrage, de distinguer la philosophie d'avec la théologie, aussi bien que la physique d'avec les mathématiques.
La Philosophie morale ou active (in-4, 1560) se compose de douze livres, dont voici le sommaire. Liv.I. De la noblesse naturelle de l'homme, et comment il est capable d'arriver au bonheur. Il est naturellement un animal civil et sympathique. A quelle lin et de quelle façon les cités sont nées et se sont gouvernées. — Liv. IL Quelle est la fin dernière de l'homme, et sa félicité. De quels biens son bonheur peut se former. Des puissances de notre âme, sources de félicité. Deux sortes de bonheur: l'un contemplatif, l'autre pratique ou civil. — Liv. III. Comment peuton conduire l'homme à ce double bonheur. Ici tout un traité d'instruction et d'éducation. — Liv. IV. De la philosophie et des sciences : toute une encyclopédie méthodique. — Liv. V. Des appétits et coneupiscibles et irascibles. De la raison qui les doit gouverner. Des vertus morales, de la volonté et de nos actions. — Liv. VI. Force, tempérance, continence, libéralité, magnanimité, etc. — Liv. VIL Confiance, reconnaissance, compassion, etc. — Liv. VIII. Justice, et ses différentes espèces : particulière, distributive, civile. Vertus intellectuelles : sagesse, prudence, culte des arts, etc. Vertus héroïques. — Liv. IX. Bienfaisance et amitié. — Liv. X. Amour. — Liv. XL Mariage et famille; gouvernement domestique; devoirs des époux, des parents, des enfants. — Liv. XII. Relations des maîtres et des serviteurs. — Administration de la fortune et de la propriété, organisation de l'industrie, etc.
On le voit, dans sa philosophie morale comme dans sa philosophie naturelle, Piccolomini est sectateur d'Aristote : il l'avoue avec reconnaissance, en appelant maintes fois ce philosophe son chef et son guide, mio principe c guida, et en le déclarant le philosophe le plus ordonné, le plus sensé, le plus d'accord avec la nature et la raison. Il ajoute même que c'est encore suivre Aristote que de l'abandonner alors qu'il^ se trompe, que de se ranger, contre lui, du côté de l'observation et d'une expérience plus complète. Le Stagirite lui semble un homme presque surhumain, più che huomo; mais tout homme est sujet à errer, et le progrès des siècles doit modifier sans cesse les découvertes des génies les plus beaux. Aussi Piccolomini s'est-il encore attaché, avec un soin particulier, à traduire, à paraphraser, à commenter la Rhétorique d'Aristote, en trois ouvrages distincts (in-4, 1557- 1575), et à écrire sur la sphère et sur le mouvement dans le sens du péripatélisine pur et original (in-8, 1540 et 15G5).
Si, pour ses divers travaux sur Aristote, il était loué et honoré en Italie et en Europe, il '.'t. lit vivement attaqué, parfois injurié et menacé, à cause de sa persévérance à philosopher en langage vulgaire cl maternel, en discours toscan, et il ne perdit pas une occasion de s'en excuser, autant que de s'en glorifier. Cette nouveauté avait contre elle, non-seulement le
clergé, mais les lettrés laïques. On lui reprochait de dégrader, de souiller la science, de la dépouiller de son idiome sacré. Il citait l'exemple des classiques italiens, et on lui répondait que ceux-ci avaient écrit pour les dames et les soldats, peur la scène comique, pour les marchés et les boutiques. Ouelques-uns n'hésitèrent pas à déclarer Picolomini un dangereux hérétique, d'autant plus condamnable qu'il osait sp vanter de ses innovations, et s'autoriser du suffrage d'un Arétin.
Voy. sur ce dernier artic'o. la dédicace de la traduction française de Vluslilulion morale, par le Champenois Pierre de Larivey, in-8, Paris, 1585. C. Bs.
PICCOLOMINI (François), parent et contemporain d'Alexandre Piccolomini, était né à Sienne en 1520. Il professa avec succès la philosophie à Sienne, à Perouse; puis, entre 1560 et 1601, à Padoue. En 1601 il se retira dans sa ville natale, où il mourut en 1604.
François était, comme Alexandre, sectateur d'Aristote; mais il l'était avec moins de liberté et moins d'originalité. C'était un commentateur plutôt qu'un penseur ou qu'un observateur. Il traduisit et annota différents ouvrages d'Aristote, le de Ortu et interilu et le de Anima, en 1602, le de Cœlo en 1607. Il écrivait d'ailleurs, non pas en italien, mais en latin.
Il eut une longue querelle de logique et de droit naturel avec un autre professeur de Padoue, Zabarella. Cette discussion donna lieu à son Cornes politicus pro recta ordinis rationepropugnator (in-8, 1596). La question de la méthode sur laquelle il combattait Zabarella était agitée dans son Universa philosopliiox de moribus (in-f°, 1583).
C'est là son principal ouvrage, et celui qui mérite d'être analysé. Il est divisé en dix sections, lesquelles sont rangées sous deux chefs principaux, savoir, la. morale générale et commune, de Moribus; puis la morale sociale et politique, de Republica. Voici les dix sections : 1° de la nature intime des vertus morales, et des passions de l'âme; 2° des principes de ces vertus; 3° de la demi-vertu, c'est-à-dire de la continence, de l'obéissance, de la tolérance, etc.; 4° de la vertu morale; 5" de la vertu, de l'esprit et de la raison; 6° de la vertu héroïque: 7° du principal usage de la vertu, c'est-à-dire de l'amitié ou de la bienveillance; 8° des instruments des vertus, des dons de la nature et de la fortune; 9" de la fin des vertus, ou du souverain bien; 10° de la vertu, considérée comme un devoir à remplir par les magistrats chargés de la répandre dans les villes et les Etats, ou de la propagation du souverain bien. — Dans le développement de ces différents chapitres, François Piccolomini cherche souvent à concilier Aristote avec Platon, et croit avoir débuté par une conciliation semblable, en définissant la morale universelle, ou la philoso- }>hie civile, « la science de la vie privée et pu- , blique, domestique et politique, de la vie universelle des hommes entre eux.» C. Bs.
PIERRE d'Auvergne, élevé dans le couvent des dominicains, de Clermont, vint achever ses ' éludes à Paris et demeura clerc séculier. En l'année 1275, un légat, grand admirateur de son mérite, le nomma, contre les statuts et .'usage, recteur de l'Université ds Faris. On ne sait pas exactement l'année de sa mort. Il vivait encore en 1301. Pierre d'Auvergne défendit ' avec beaucoup de succès la doctrine de ses premiers maîtres et particulièrement celle de saint Thomas. Ses ouvrages, presque tous inédits, sont des mélanges ou des commentaires sur Mis traités d'Aristote. N us nous efforcerons