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maxime si unanimement professée par [es sages du Portique, que notre vie doit être conforme à la nature: Honcsle vivere fruentem rébus hii quas primas komini natv/ra conciliai (Cicéron, i/c Finibus, lib. IV, c. vi). Il regardait aussi le bonheur comme une conséquence nécessaire de la vertu (Clément d'Alexandrie, Slromatcs, Iiv. II).
POLIGNAC (le cardinal de), célèbre par son habileté en diplomatie et par son poëme de V Anti-Lucrèce, était un cartésien. Né en 1 661, il avait fait sa philosophie au collège d'Harcourt. Ce sont les objections mêmes de son professeur péripatéticien qui lui firent connaître et goûter Descaries. Quand le temps fut venu de choisir et <ie soutenir des thèses, il y eut un débat entre le professeur qui voulait qu'elles fussent en l'honneur de son enseignement, et le jeune Polignac, qui les voulait en l'honneur de Descartes, s'offrait à défendre publiquement les principes de la philosophie nouvelle, même sans le secours d'un président. Depuis longtemps, une aussi vive querelle n'avait agité l'Université et le pays latin. Par un assez singulier accommodement, l'abbé de Polignac s'engagea à soutenir deux thèses différentes deux jours de suite : la première, en l'honneur de Descartes; la seconde, en l'honneur d'Aristote. Il arrangea lui-même en thèse les principes de Descartes, car c'était la première thèse cartésienne dans l'Université de Paris. En soutenant la cause de Descartes, il enchanta tout le monde le premier jour ; et le lendemain il défendit Aristote aux applaudissements des péripatéticiens. A son retour de Pologne, en 1698, le cardinal de Polignac avait passé par la Hollande, et il avait eu plusieurs conférences avec Bayle ; c'est en réponse à ses objections et à quelques citations de Lucrèce, qu'il conçut la première pensée de son poëme philosophique. Depuis lors, il y travailla à différentes reprises, et quelques fragments même furent publiés pendant sa vie ; mais il mourut en 1741, avant d'avoir pu l'achever. V Anti-Lucrèce fut revu et publié par son ami l'abbé de Rothelin et par le professeur Le Beau. Ce poëme, écrit en vers latins, est divisé en neuf livres intitulés de Voluptate, de Inani, de Atomis, de Motu, de Mente, de Belluis, de Seminibus, de Mundo, de Terra et Mari. Le cartésianisme le plus rigide et le mieux conçu brille dans le développement des questions, dit Mairan dans son éloge. Le cardinal de Polignac n'a pas moins d'enthousiasme pour Descartes que Lucrèce pour Épicure.
Quo nomine dicain
Naturse genium, patrise decus, ac decus aevi Cartesium nostri, quo se jactabit alumno Gallia fœta viris ac duplicis arte Mincrvœ ; Ante suos tacitura duces ac fulmina belli Quamveriauctoremeximiummentisqueregendœ.
(Lib. VIII, v. 55.)
Comme Fontenelle, il soutint le plein de Descartes contre le vide de Newton, et l'idée claire de l'impulsion contre l'attraction, qu'il accuse d'être une qualité occulte :
Haud ego Neutonus clamât, systemata fingo. 111e quidem haud fingit, sed dûdum ficta maptat. Virtutem occultam et cœcos in corpore sensus Débet Anstoteli ; vacuum tulit ex Lpicuro, Cartesio bellum indicens qui cuncta vol ébat Mechanice fieri, pulsuque a mente profecto. (Lib. IV, v. 106.-).)
Pour ta métaphysique, il développe tous les grands principes cartésiens, et souvent il ne lait
presque que traduire les' Méditations envers latins, surtout dans le cinquième livre, qui
traite de l'esprit et de la distinction de l'âme et du corps. Le sixième livre tout entier est i uâ au développement et à la défense de l'automatisme des bêtes. On reconnut aussi l'influence de Malebranche, qu'il avait consulté sur le plan de son poëme, dans la manière dont il explique l'union de l'âme et du corps; et la nature de la raison. En effet, c'est à l'action directe de Dieu qu'il attribue tous les mouvements du corps. C'est Dieu, seule cause efficiente, qui meut notre corps à l'occasion des désirs de notre âme, et toute la doctrine de Malebranche est parfaitement résumée en un seul vers :
Illius (Dei) efficore est, nostra est optare facultas. (Lib. V, v. 1364.)
Comme Malebranche, il identifie la raison avec Dieu même :
Lex igitur primœva Dei mens atque voluntas Et legem hanc sentire Deum est audire loquentem. (Lib. IX, v. 422.)
11 ne réfute pas seulement Epicure et Lucrèce, mais aussi Hobbes, Spinoza et Locke. A Hobbes, il oppose l'existence d'une loi universelle de justice; à Spinoza, il reproche d'avoir confondu Dieu avec l'univers, l'architecte avec la maison .
Vesana Stratonis
Restituit commenta suisque erroribus auxit Omnigeni Spinoza Dei fabricator, et orbem Appellare Deum, ne quis Deus imperet orbi, Tanquam esset domus ipsa domum qui condidit,
[ausus.
(Lib. III, v. 805.)
A Locke, qui doute si Dieu n'aurait pas pu conférer à la matière la faculté de penser, il répond que l'étendue est l'essence même, et non pas un mode de la matière; que tout dérive, en elle, de cette propriété essentielle d'être étendue, ce qui exclut la possibilité même de la faculté de penser, puisqu'il n'y a aucun rapport entre la pensée et l'étendue.
Sans aller jusqu'à dire avec Bougainville, auteur d'une traduction française de V Anti-Lucrèce, que ce poëme ne serait désavoué ni par Descartes ni par Virgile, indépendamment des difficultés vaincues, nous devons y reconnaître une certaine force dans la pensée et dans les arguments, comme dans l'expression. VAnli- Lucrèce l'emporte sur tous les poëmes latins consacrés à la philosophie de Descartes, qui avaient paru en Hollande, en France et en Italie. En France, Habert de Montmort, maître des requêtes, avait composé, sous le titre de (/'; Natura rerum, un poëme cartésien en vers latins, dont Sorbière, qui l'avait lu. lait le plus grand éloge; mais ce poëme n'a pas été publié. En Hollande, Schotanus avait mis les Méditations en vers latins. En Italie. Benoît Stay, qui a été secrétaire de plusieurs papes pour les lettres latines, a aussi publié, en 1744, un poëme en vers latins sur la philosophie de Descartes.
On peut consulter sur le cardinal de Polignac, le Discours préliminaire de la traduction de Bougainville, les éloges de De Boze et de Mairan. F. B.
POLITIEN (Ange), ou plus exatement, Ange Ci no, naquit en 1454, à Monte-Pulciano, petite ville île Toscane, d'où il a tiré le nom de Poheiano. Après avoir étudié à Floience les lettres grecques sous Jean Argyropyle. el les lettres latines sous Landin, il enseigna lui-même les unes et les autres avec de grands api laudissements, parti ulièrement à Florence. Ce Fut un des plus célèbres promoteurs de la renaissance