PRIX
mi'8, civile, politique et religieuse. Toute sa vie fut d'accord avec ses doctrines. Il n'eut jamais qu'une passion, celle du bien, de la vérité; noble cause à laquelle il eut la force de sacrifier ce qui tient le plus au cœur de l'homme, ses préjugés nationaux et religieux.
Les principaux ouvrages philosophiques de Priestley sont : An examina lion of Dr Reid's Inouiry into Ihe human mind, Dr Beattie'sessay on lltc nature and immulabilily of Irulh, and Dr OswalcTs appeal to the common sensé, Lond., 1774; in-8; — Lettcrs la a philosopkical unbelievei containing an examination of Ihe principal objections to Ihe doctrins of natural religion and especially those contained in the wrilings of M. If unie. Balh, 1780, in-8; — Disguîsilions relating to matler and spirit, Lond., 1777 i:i-8 ; — Three dissertations on the doctrine of matérialisai and philosophical necessihj, Lond., 1778, in-8; — The doctrine of philosujjhical necessily, Lond., 1777, in-8 ; — Letters on materialism and Hartley's theory of the human mind, Lond., 1776, in-8.
On peut consulter aussi : The life of J. Priestley with crilical observations on his worhs and extracts from his iuriti?igs illuslralive of the caracler, principles, etc., by J. Carry,Lond.; 1804, in-8; et un autre extrait publié en allemand Sur les vibrations des nerfs frontaux considérés comme causes matérielles de la sensibilité et de la pensée, avec un parallèle de cette doctrine et de la phrénologie, Altona, 1806, in-8. Son Histoire de l'électricité a été traduite en français par Brisson, 1771, 3 vol. in-12, et ses Expériences sur les diverses espèces d'air, par Gibelin, 9 vol. in-12. Enfin, Priestley a laissé des Mémoires sur sa vie publiés en 1806 et continués par son fils. Voy. le second volume du Cours de droit naturel de M. JoufTroy. A. B.
PRINCIPES (de principium, àpy/1, commencement). Nos jugements et les objets auxquels ils se rapportent peuvent se diviser en deux grandes classes : les uns possèdent par eux-mêmes la certitude et l'existence que nous leur attribuons; les autres ne sont qu'une dérivation, une extension d'un jugement ou d'un objet antérieur. C'est aux premiers que nous donnons le nom de principes, parce qu'ils occupent le premier rang dans l'univers et dans notre pensée ; parce que les idées et les choses nous représentent comme une chaîne dont ils forment le commencement. En effet, le mot principe a ce double sens : il s'applique à la fois à ce que nous pensons et à ce qui est d'une manière évidente, d'une manière nécessaire ; il exprime toute existence et toute connaissance que nous sommes forcés d'admettre sans la supposition d'une existence ou d'une connaissance antérieure. Ainsi, nous disons également que Dieu est le principe de l'univers, lame le principe de la pensée, et que les mathématiques ont pour principes les axiomes et les définitions.
De là vient qu'on a distingué tout d'abord deux espèces de principes : les principes de la connaissance (principia cognoscendi) et lesprincipes de l'existence [principia essendi) , ou, comme les appelle la scolastique allemande, les principes formels et les principes réels. A moins d'être abandonné à un scepticisme irrémédi ible, il n'est pas difficile de voir que ces deux sortes de principes sont inséparables de leur nature : car comment atteindre au fond des choses, sinon par les idées et les jugements les plus nécessaires de notre intelligence"? Comment, par exemple, rechercher la substance et la c l'univers, si l*on ne sait pas ce que c'est qu'une substance et une cause? D'un autre côté, lors-
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qu'on a reconnu l'universalité et la nécessité de ces idées, comment ne pas les appliquer à l'existence et a la nature des êtres? Cependant la séparation a eu heu : tant l'analyse est nécessaire à l'esprit humain pour se comprendre! On peut dire que les anciens, en général, se sont occupés presque exclusivement des principes de l'existence, et les modernes des principes de la connaissance. Les premiers cherchaient à savoir d'où vient l'univers et de quoi il se compose ; les autres se demandent quels sont les éléments et les lois de la pensée, et quelle valeur nous pouvons y attacher par rapport aux objets qu'ils représentent.
Dans chacune de ces deux espèces de principes, il faut examiner si les idées et les choses, si les jugements et les objets qui se présentent sous ce nom, en sont véritablement dignes, ou s'ils ne l'ont reçu que par comparaison; s'il est impossible de concevoir quelque chose qui leur soit antérieur dans l'existence ou dans la pensée, c'est-à-dire qui offre un plus haut degré de certitude, de nécessité, de généralité; ou s'ils n'ont obtenu la priorité que par rapport à d'autres jugements, à d'autres objets, moins certains, moins généraux, moins nécessaires ; en d'autres termes, il faut distinguer entre les premiers principes et les principes secondaires, les principes absolus et les principes relatifs, les principes des vérités nécessaires et ceux des vérités contingentes. Par exemple, les prémisses d'un syllogisme, une fois accordées, sont des principes par rapport à la conclusion qu'elles renferment; mais elles perdent ce titre devant des propositions plus générales, et surtout devant celle sur laquelle repose la certitude du raisonnement lui-même. On dira de même que l'attraction est le principe qui fait mouvoir les astres, que l'oxygène et l'hydrogène sont les principes de l'eau, quoique ces prétendus principes n'aient rien de nécessaire ni d'absolu. La science les a longtemps ignorés, et l'on conçoit facilement qu'en faisant un nouveau pas elle puisse les résoudre dans un principe supérieur.
Les principes apparaissent à notre esprit de diverses manières : ou ils ne sont connus qu'après les faits et les conséquences qui en découlent; ou nous en avons une connaissance antérieure ; ou ils se montrent dans les faits mêmes, tout en les dominant et en gardant leurs caractères distincts. De là trois sortes de sciences, puisqu'il n'y a pas de sciences sans principes, c'est-à-dire sans certitude et sans unité : 1° les sciences naturelles ou physiques ; 2° les sciences mathématiques; 3° les sciences philosophiques. En effet, les principes que recherchent les sciences naturelles, c'est-à-dire les lois, les éléments et les forces dont l'ensemble constitue l'univers, ces principes ne peuvent être découverts que par une observation laborieuse de tous les faits, directement ou indirectement appréciables à ncs sens. Par exemple, c'est par les phénomènes de l'électricité, du magnétisme, de la chute des corps, que nous nous faisons une idée du fluide électrique, magnétique, et de la force appelée pesanteur.' Les mathématiques, au contraire. débutent par leurs principes : car il est i que les définitions et les axiomes n'ont rien de commun avec l'expérience. On chercherait en vain dans la nature quelque chose qui ressemble à un point, à une ligne droite, à un ti parfait, à un carré parfait; ce n'est pas. n n plus, par elle que nous savons que la ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre, et que deux quantité égales à une même troisième sont égales entre elles : car l'égalité parfaite, la ligne droite n'existent pas ailleurs que