PRIN
PROB
dans notre espr.it. Enfin, les principes sur lesquels reposent les sciences philosophiques, par exemple ceux-ci : tout ce qui commence d'exister a une cause; tout phénomène se rapporte à un être ou à une substance, nous sont donnés immédiatement avec leurs caractères distinctifs, c'est-à-dire la nécessité et l'universalité, dans les faits de conscience. Ce n'est que par moi que je sais ce qui se passe hors de moi et au-dessus de moi. Or, je ne puis m'apercevoir moi-même que par la- conscience ou la pensée. Je ne puis m'apercevoir que je pense, sans savoir que je suis; et le rapport que je découvre entre ma pensée et mon être, se justifie à l'instant même par le principe universel qui lie le phénomène à la substance. Mais je ne pense pas sans agir, l'intelligence est inséparable de te. volonté; en même temps donc que je m'aperçois comme une substance, je m'aperçois comme une cause ; et dans le lien qui unit mes actes à ma propre puissance, je découvre tout aussitôt le rapport universel de la cause et de l'effet.
De ces trois sortes de principes, il est facile de voir que les derniers seuls méritent ce nom dans un sens rigoureux et absolu, c'est-à-dire que seuls ils ne supposent rien au-dessus d'eux ; tandis que les autres sont soumis à des conditions. Ils seront vrais si notre raison, si nos sens, si nos facultés en général ne nous trompent pas; ils seront vrais si la vérité, en général, est accessible à l'esprit humain; ils seront certains s'il y a une certitude pour nous ; il y aura dans la nature des éléments et des forces, c'est-à-dire des substances et des causes ; il y aura des rapports de vitesse et d'étendue, si les notions mêmes de substance, de cause, d'espace, de temps ne sont pas de pures illusions. La science qui a pour objet de résoudre ces questions et de remonter, dans l'ordre de la connaissance comme dans celui de l'existence, au vrai commencement des choses, à l'absolument premier, la philosophie, en un mot, est donc justement appelée la science des principes (voy. Philosophie). Mais si cette proposition est vraie, il ne l'est pas moins qu'il n'y a pas de place pour une théorie particulière des principes^ qu'une semblable théorie; si elle repondait a son but, ne serait pas moins qu'un système complet de philosophie : par conséquent il faut se borner, sur ce point, à des considérations de définition et de division.
En effet, envisagez-vous les principes par rapport à l'intelligence, comme source et comme condition de la certitude ? Vous avez à la fois une question de logique et de psychologie. Vous êtes obligé de vous éclairer sur le nombre et la nature de vos facultés, de rechercher si elles sont distinctes ou si elles peuvent se ramener à une seule ; et dans l'un et l'autre cas d'apprécier leur valeur, leur autorité, leur étendue. L'existence des principes une fois admise, voulez-vous savoir quelles formes ou quelles sortes d'idées les représentent à notre intelligence? Vous avez la question des catégories ; question épineuse que ni Aristote ni Kant n'ont complètement résolue. La tâche est encore plus vaste et plus difficile^ si vous cherchez les principes, non de l'intelligence, mais de l'existence. Y al-il un seul principe ou faut-il en admettre plusieurs? Est-ce la matière qui a produit l'esprit, ou l'esprit qui a produit la matière? Ou sont-ils t"iis deux éternels, ou dérivent-ils tous deux «l'une essence supérieure? Il faut donc faire un choix entre le panthéisme, le matérialisme, le dualisme, le système de la création; en un mol, il faut examiner sous toutes ses faces le probli tm il'1 la métaphysique. Enfin, si, non content de rechercher la substance et la cause dis
êtres, vous voulez savoir aussi quelle est leur fin et surtout la vôtre, c'est-à-dire quel doit être le principe déterminant de vos actions, vous rencontrez devant vous le problème le plus éleyé de la morale.
Qu'on passe en revue les différents systèmes philosophiques de l'antiquité, et l'on verra qu'ils répondent tous à cette même question : « Quel est le principe des choses? » Les systèmes modernes, comme nous l'avons déjà remarqué, ont surtout pour but de déterminer le principe de nos connaissances. Aristote, en cherchant à remonter aux premiers principes, qu'il réduit à quatre : la cause motrice, la cause finale, la matière et la forme, aboutit à la création de toute la science métaphysique. Kant, en remettant en question et en soumettant à une analyse nouvelle tous les principes de l'intelligence humaine, aboutit à un système de métaphysique et de psychologie tout à la fois. Il est donc impossible d'accorder une grande valeur aux traités spéciaux qui ont été écrits sur les principes, tels que celui qu'on rencontre dans les œuvres de Reid (t. V, p. 69-182, de la traduction de Jouffroy), ou le livre Ier de l'Essai sur Ventendement humain. Quant au Traité des vérités premières, du P. Buffier, c'est un traité complet de psychologie.
PRISCUS de Molosse , ou de Thesprotie, philosophe néo-platonicien, florissait vers le milieu du v8 siècle de notre ère. Il était disciple d'^Edésius, et se distingua par ce seul fait, qu'il repoussa la théurgie et les pratiques superstitieuses qui envahissaient alors l'école d'Alexandrie. Eunape (Vitœ sophistarum) est le seul historien de l'antiquité qui nous ait transmis son nom. X.
PRIVATION (aTÉpriffiç). Ce mot a été employé par Aristote dans la partie de sa doctrine qui concerne la matière. Selon Aristote, la matière, qui est un des quatre principes des choses, n'existe pas sans la forme qui en est un autre. Mais la matière, supposée encore indéterminée, peut revêtir défiformes contraires, par exemple, le chaud ou le froid; à ce titre Aristote l'appelle une simple puissance. Lorsqu'elle est devenue un corps chaud, elle n'est plus une simple virtualité, elle est en acte; mais par cela même qu'elle est revêtue d'une forme, le chaud, elle est privée de la forme contraire, le froid, qu'Anstote appelle du nom de privation. En sorte que toute réalité, dit-il, exige trois principes : la matière, la forme et la privation, c'est-à-dire la puissance de devenir l'un des deux contraires, l'un des contraires réalisé, le contraire non réalisé.
Voy. Aristote, Métaphysique, liv. IX, X, XI, XII ; — Ravaisson, Essai sur la métaphysique a" Aristote, t. I, liv. III, ch. n, et l'article Aristote.
Leibniz a aussi fait un assez fréquent usage du mot privation ou de ses dérivés. Il est pour lui simplement synonyme de limitation. .imperfection. Voy. Leibniz, Théodicée. X.
PBOBAbilisme. Voyez Carnéade.
PROBABILITE. Nous traiterons dans cet article de deux sortes de probabilités : de la probabilité qu'on appelle mathématique, et qui se ramène à une évaluation numérique des chances, et d'une autre probabilité qui ne comporte nullement une telle évaluation, et que nous proposerions de nommer la probabilité philosophique, parce qu'elle tient essentiellement à l'idée que nous nous faisons de l'ordre et de la raison des choses, idée qui est à la fois l'origine et le terme de toutes les spéculations des philosophes.
De I" probabilité mathématique. L'idée de la probabilité mathématique se rattache à l'idé«