‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 370 sur 439 · ST · texte numérisé non relu

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stattler (Bénédict), philosophe allemand contemporain et adversaire do Kant, avait publié divers ouvrages, où il ne s'écart ut guère des opinions de Wblf, modifiées bâr Baùmgarten, lorsque parut la Critique de la raison pure. Ce livre, qui menaçait dans ses fondements l'enseignement scolastique des universités et d< >nnait au scepticisme une forme savante, fut accueilli par lui avec inquiétude et roljère. Il s'en fit le critique acharné, où plutôt le détracteur, et essaya moins de l'attaquer dans ses princ que de le diffamer dans ses conséquences, en soutenant qu'il était incompatible avec la murale et la religion chrétienne. Voici la liste de ses ouvrages: PhiloSophia, Munich, 1769; — Dissertàtib logica de valore sensus corrimv 1780; — Animant. Munich, 1788 (àll.). Il publia ensuite un Supplément, et bientôt après un Abrège, où il attaque violemment Schul/.c : — Esquisse abrégée des inconséquences intolérables de la philosophie kantienne, et témérités de plusieurs de ses partisahs; le tout démontré pourloute intelligence saine, Munich, 1792 (ail.) ; — Véritable relation entre la philosophie kantienne, là religion et la morale chrétienne, ib. (ail.). ' E.C.

STEFFENS (Henri), naturaliste et philosophe danois de naissance. Allemand par choix, naquit en 1773 à Stavangér dans la Norvège, qui alors était encore unie au Danemark. L'éducation qu'il reçut d'une mère très-pieuse le destinait à la carrière ecclésiastique ; mais son goût pour les sciences naturelles, subitement éveillé par la lecture de Buffon, lui fit abandonner la théologie, et ses études philosophiques l'écartèrent même du luthéranisme auquel il revint plus tard avec éclat. Après avoir terminé ses études à Copenhague, il résolut de s'établir en Allemagne, et après avoir échappé à un naufrage qui le laissa dans un extrême dénûment, il vécut quelque temps à Hambourg et à Kiel. et fut reçu en 1797 docteur en philosophie. Il devint ensuite le disciple et l'ami de Schelling, auquel il fut adjoint dans la chaire de philosophie d'Iéna, On le retrouve à Freiberg où il apprend la géologie, à Copenhague où il donne des leçons, et enfin' à Halle où il est professeur de minéralogie et de philosophie, deux sciences qu'il a souvent, mêlées au grand détriment de l'une et de l'autre. Pendant l'invasion française il épousa sans arrière-pensée la cause de sa patrie d'adoption, aida au soulèvement de l'Allemagne et servit en qualité de lieutenant dans l'armée qui entra à Paris. Il fut ensuite nommé professeur de philosophie naturelle à l'université de Berlin, où il mourut en 1845. 11 est très-difficile de rendre compte de ses doctrines philosophiques : elles sont étroitement mêlées à ses travaux sur les sciences naturelles, auxquelles elles communiquent un caractère systématique et conjectural. Ce qu'on peut assurer, c'est qu'il applique à lanature laphilosophie de Schelling et, comme il le dit lui-même, s'efforce de développer par induction les idées que son maître a trouvées par déduction. L'unité de la nature et de l'esprit devient pour lui comme une formule qu'il prétend tirer de l'histoire du globe et de ses habitants, des révolutions f tes, des évolutions de la vie, des propriétés des cléments de la matière; mais au lieu de l'extraire des faits, il la leur impose et n'interroge la nature qu'avec le parti pris de lui arracher une réponse convues théoriques, c'est-à-dire au panthéisme. La philosophie ne'lui doit aucune idée qui n uve ailleurs,; la science pure ne souscrirait pas à ses spéculations sur les six prétendues époques géologiques, Sqr l'antithèse

de l'oxygène et de l'hydrogène, sur celle des plantes el des animaux, repi i l'homme

par l'opposition des deu* sexes, et sur la quadruplicité essentielle de tous les élémi nts. Un a reproché à Steflçns, dans son i cole moins, de se

nier d'analogies plus ou moins il .

et de prendre pour des similitudes réelle simples rapprochements de mots. Pourtant ce n'est pas un esprit médiocre ni un écrivain lans talent, et il ne faut pas oublier quel cas en

il Schelling quj a écrit pour servir M préîes Œuvres posthumes (Berlin, lKï(i) les dernières pages que sa plume ait tracées. Voici le titre de ceux de ses écrits qui concernent plus particulièrement la philosophie : lissai sur la constitution intérieure de la terre, tfreibergj 1801, son meilleur ouvrage, celui, dit F.nlmann, qui montre pour la première fois un philosophe de la nature ayant des connaissances positives;

— le Temps présent et ses origines^ Berljn, 1817 ;

— Caricatures de ce qu'il y a de plus saint. Leipzig, 1821. Ces deux ouvrages contiennent des principes sur le droit naturel et la morale : le titre bizarre et presque intraduisible du second exprime pour l'auteur la différence entre l'idée pure et ses manifestations dans la vie sociale. L'idée de l'État est celle de la liberté

le, mais elle se fractionne en moments isolés, qui en sont comme l'expression dérisoire, la caricature; — Principes delà philosophie delà mil ure, Berlin, 1800. Stetrens mêle dans cet écrit les opinions de Schellingàcclles de Schleiermacher ; — Anthropologie, Breslau, 1822. Les deux volumes de ce livre sont divisés en trois parties: l'homme étant le tout de la nature, résumant en son éternelle personnalité le monde entier, il faut d'abord suivre pas à pas l'évolution par laquelle la nature arrive à cette expression définitive de son essence : c'est l'anthropologie géologique; puis montrer que toutes les formes de la vie arrivent à leur état le plus parfait dans l'homme, c'est l'anthropologie physiologique; et enfin considérer le genre humain tout entier dans ses évolutions à travers le temps, c'esL l'anthropologie psychologique. Outre ces œuvres, Steffens a publié plusieurs écrits qui touchent à des questions de théologie, des nouvelles et de volumineux mémoires sur sa vie. E. C.

STEINBART (Gotthilf-Samuel;, né à Zùllichau en 1738. mort en 1809, après avoir enseigné pendant longtemps, comme professeur ordinaire, la philosophie et la théologie à Francfort-surl'Oder, a propagé sous une forme populaire, et s'est efforcé de concilier avec le christianisme la doctrine si accréditée alors de l'intérêt bien entendu. A cette morale facile, qu'on est surpris de rencontrer chez un théologien, se joignait une logique tout aussi peu profonde. 11 soutenait que la vérité est inaccessible à l'homme, et que nos connaissances n'ont qu'une valeur relative. Son principal ouvrage, celui qui lui a vaiu la célébrité dont il jouissait, a pour titre Système de la philosophie pure, ou Théorie du bonheur selon le christianisme, in-8, Berlin, 1778 et 1780; Zùllichau, 1786 et 1794 (ail.). Ce livre ayant soulevé de très-vives critiques, surtout parmi les théologiens, Steinbarl leur répondit par un nouvel écrit qui n'est en quelque qu'un appendice du précédent : Entretiens philosophiques pour servir d'explication plus étendue à la théologie du bonheur, trois cahiers in-8, Zùllichau, 1782-94 (a 1.). Lesautres ouvrages philosophiques de Steinbart, également rédigés en allemand, sont : Examen des motifs de la vertu, d'après le principe de l'amour de soi, in-8, Berlin, 1770; — Introduction de l'entendement humain à une connaissance aussi par-

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fkite que possible, 2 vol. in 8, Zulliehau, 1780 ;

— le même ouvrage, sous le titre suivant: Introduction utile de l'entendement à l'art de penser par soi-même d'une manière régulière. m-8, ib.; 1787 et 1793; —Notions fondamentales de la philosophie du àdût, in-8, ib., 1785. On trouvera sa biographie dms le Magasin des prédicateurs de Reyde, t. V. p. 69.">. ' X.

STELLINI (Jacopo), philosophe italien, né en 1699 à Cividale en Frioul. enseigna d'abord la rhétorique au collège des nobles à Venise, et en 1739 fut appelé à la chaire de morale de l'université de Padoue, qu'il occupa pendant plus de trente ans. S'il faut en croire les biographes italiens, c'était un homme d'une intelligence extraordinaire. Il est capable des œuvres les plus diverses : faire des vers grecs, latins, italiens, défendre Euclide, traduire vingt-deux odes de Pindarc, justifier Epicure, faire l'éloge d'Hermogène, corriger le texte de Platon, expliquer les p s -curs d'Aristote. éclairjir Aristide

et Quintilien. traduire la Perspective de Taylor. discuter sur le calcul infinitésimal, voilà uri aperçu de ses travaux, sans parler d'un vaste système de morale qui est son plus grand titre de gloire. A dire vrai, ce fut un professeur de mérite qui sut conserver à Padoue les traditions péripatéticiennes, sans cependant les suivre à la lettre. Dans le recueil de ses œuvres, on voit qu'il se préoccupait avant tout de la morale : Oralio ad Ethicam tradmdam, Padoue, 1739;

— Spécimen de or tu et progréssù morum, Venise, 1740; — Opéra omnia , Padoue, 1779, recueil où se trouve son cours de morale et d'histoire, professé pendant six ans. Romagnesi en faisait grand cas et estimait que sous les apparences d'une soumission absolue aux principes d'Aristote, il dissimulait une véritable originalité. On le croira d'autant plus aisément que malgré ses précautions, il lut accusé de nouveautés suspectes, et même soupçonné d'enseigner les idées de Spinoza et celles de Hobbes. Les philosophes italiens plus récents n'ont guère profité de ses travaux, mais ils parlent de lui avec respect. Voy. Luigi Mabil, Lettres slclliniennes. Milan, 1811 ; — Roinagnosi, Philosophie morale des anciens, 1831 ; — De Angelis, Biographie un i > : si lie, article Stf.lli'ni. E. G.

STÉSIMBROTE de Thasos nous est signalé par Platon (dans Vfon), par Xénophon (Banquet, liv. III, ch. vi), et par Tatien, comme un des premiers critiques qui essayèrent d'appliquer a l'interprétation des anciens poètes la méthode de l'allégorie (voy. Philosophie homérique). Il ne reste de son travail, sur ce sujet, qu'un petit nombre de citations assez courtes et assez obscures dans les commentateurs d'Homère. Le grammairien, auteur du lexique intitulé Grand Etymologique, lui attribue aussi un livre sur les Mystères ou sur les Initiations (Ilcçà te^etwv), que parait aussi avoir eu sous les yeux le scoliaste d'Apollonius de Rhodes. Suidas, enfin, lui donne pour disciple, sans doute dans l'interprétation critique d'Homère, le célèbre poète Antimaque, de Colophon. H. E.

STILPON. un des chefs les plus célèbres de l'école mégarique, naquit à M'égare et y passa la plus grande partie de sa vie. La date de sa naissance nous est inconnue; mais on sait du moins que, contemporain de Démétrius Poliorcète et de Ptolémée Soter. il florissait trois cents ans avant notre ère et atteignit un âge très-avancé. Tel était le talent avec lequel il enseignait sa doctrine, qu'il s'en fallut peu. dit Diogènc Laërce (liv. II, §>s 113-119). qu'il n'y convertit la Grèce entière. ïl ne fut pas moins admiré pour l'élévation de son caractère et l'austérité de ses mœurs.

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