THEM
sur l'idée de l'histoire de la philosophie et sur le système de Thaïes, Erlangen, 1794, in-8 (ail.). — Voy. l'article Ionienne (Philosophie).
THÉANO, célèbre pythagoricienne qui était, selon les uns, la fille de Brontinus de Crotone et l'épouse de Pythagore; selon les autres, l'épouse de Brontinus, un des premiers pythagoriciens. Porphyre dit, dans sa Vie de Pythagore, que, « de toutes les femmes pythagoriciennes, Théano seule est devenue célèbre; » mais il ne nous apprend pas à quel titre, si 'c'est par sa vertu ou par sa science. On lui attribue des lettres et divers fragments qui ont été réunis, par Th. Gale, dans ses Opuscula mythologica, physica cl ethica. p. 740; par Woif, dans'son recueil intitulé : Fragmenta midicrum grœcarum prosaica , p. 224; par Fabricius, dans sa Bibliothèque grecque, t. I, p. 508; mais tous ces écrits sont évidemment sup] X.
THÉISME. S» l'on s'en tient à l'élymologie du mot (Osôr, Dieu), le théisme est simplement le contraire de l'athéisme, et comprend toutes les opinions qui affirment l'existence d'une divinité, sans distinction des différences qui existent entre elles quant à la nature de Dieu. Ainsi il devrait, avec cette acception, exister également dans le panthéisme ou la croyance que tout est Dieu • dans le polythéisme ou la croyance qu'il y a plusieurs dieux; dans le dualisme ou la croyance qu'il y a deux principes divins, le hien et le mal, l'esprit et la matière; et dans le monothéisme ou la foi en un seul Dieu distinct du monde. Mais la langue philosophique y attache un sens plus précis : elle appelle théisme la conviction de ceux qui admettent un Dieu libre, intelligent, auteur et providence du monde. En effet, ce n'est qua ces conditions qu'on croit en Dieu. Ceux-là ne croient pas en lui 'véritablement, qui le confondent avec l'univers, ou qui lui ôtent la liberté et la conscience, par conséquent la bonté, la sagesse, et détruisent toute idée de providence: ceux qui, le dépouillant de son unité, le dégradent en même temps de son infinitude, et le font descendre au rang des créatures. D'après cette définition, le théisme n'est pas moins opposé au panthéisme qu'à l'athéisme; car il ne sépare pas la providence de la liberté de Dieu, de son unité et de son existence, l.e théisme, comme nous l'avons déjà dit, diffère du déisme (voy. ce mot) bien que dans les noms il y ait cette seule différence, que l'un vient du grec et l'autre du latin. Le déisme exclut quelquefois l'idée de providence, ou tout au moins d'une providence morale, d'une intervention divine dans les affaires de l'humanité; il est hostile à toute révélation, à toule tradition, et ne voit, dans les faits qui portent ces noms, qu'un fruit de l'imposture. Le théisme, au contraire, ne suppose point ces restricl ons. Voy. m
themistius. surnommé Euphradès à cause de son éloquence, naquit dans une petite ville dc l;< nie, vers l'an 330 de l'ère chré-
pour père le philo enius,
qui Un donna une éducation di l Dguée et dont 11 a ' e. Successi-
vement professeur à Nicomédie, à Constantinouis de nouv tantinople,
sans parler de plusieurs séjours qu'A fil à Antiochc< ,1 ,hn ;,,1X ou son
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celui d'être appelé (m 365] par consfc ace dans le sénat, faveur bien rare alors I'"!"' "" philosophe, puisque L'empereur luimême prit Boin de la justifier dans une lettre au sénat, que nous pouvons lire encore aujourdhu, .Julien et Valens lui avaient, dit-on, offert la préfecture de Ci □ : ,i cst certain
que le grand Theodose la lui conféra en 384, et sans doute il l'exerça pendant plusieurs années. 11 atteste, dans son trente et unième discours avoir consacré quarante ans de sa vie à des fonctions publ.ques; et dans son vingt-troisième discours U se vante d'avoir donné vingt ans aux spéculations de la science. Ces chiffres, où il se mêle peutêtre quelque emphase oratoire, ne sont pas faciles à concilier. Quoi qu'il en soit, Themistius avait laissé de nombreux ouvrages, dont une grande partie est parvenue jusqu'à nous. Plusieurs de ses écrits sont des discours d'apparat des remercîments officiels ou des panégyriques' dont la composition se rattache aux° devoirs mêmes des charges importantes que l'auteur a remplies; ils n'intéressent la philosophie que par le soin qu'y prend Themistius de la montrer honorée et glorifiée en sa personne, et par l'expression quelquefois éloquente de certaines vérités morales. Ses autres ouvrages peuvent se diviser en deux classes : les traités ou discours sur des sujets de philosophie, et les commentaires sur Anstote. Ni les uns ni les autres ne nous donnent une haute idée de l'originalité de son esprit. Ses discours sur l'amitié, sur la différence du philosophe et du sophiste, à propos des attaques dont il avait été l'objet, son exhortation à la philosophie, ne contiennent guère que des lieux communs développés en assez beau style par un lecteur assidu et un admirateur passionné de Platon et d'Aristote. On y sent une âme honnête, profondément convaincue des devoirs que la philosophie impose et de l'efficacité morale de ses leçons. Bien qu'on l'ait, un jour, confondu avec un hérésiarque postérieur à lui de plus d'un siècle, bien qu'il ait eu pour ami saint Grégoire de Nazianze (voy. les lettres 139 et 140 de ce Père), il est tout à fait étranger non-seuiement au christianisme, mais à toute controverse entre le paganisme et la nouvelle religion; il ne paraît pas même connaître les alexandrins et leurs disputes, alors si bruyantes, il professe à l'égard de Platon et d'Aristote un culte quelque peu emphatique, sans chercher d ailleurs a concilier ces deux maîtres dans les divergences, souvent si graves, de leurs doctrines. On croit néanmoins, çà et là, sentir dans sa morale un reflet de la morale évangélique : il a sur la fraternité humaine des accents qui touchent et qui étonnent de la part d'un païen ■ et dans l'oraison funèbre de son père, il fait 1 apothéose de ce vénérable personnage à peu près comme un orateur chrétien décrirait l'entrée d'un saint parmi les élus de Dieu. Mais ce qui est plus remarquable, ce qui caractérise singulièrement une époque où le paganisme, longtemps persécuteur, semble à son tour craindre la persécution, c'est le cinquième discours, adressé a Jovien pour le féliciter d'avoir proclamé le libre exercice de tous les cultes? quels que ! les motifs et les sentiments dont il s'inl'auteur devance là les plus belles pages de ■râleurs et de nos publicistes modernes en faveur de la liberté de conscience. Malheureusement, Themistius est de ces écrivains qui ne il pas s'arrêter à temps, et qui gâtent souvent les plus belles choses par la déclamation et la subtilité. Reprenant ailleurs (discours dou- . à Valens) la même thèse, il s'égare jusqu'à réclamer en matière de religion ce que nous nommerions aujourd'hui la libre concurrence ''"mine une soi le d'émulation qui, selon lui enan les hommes. - Les commentaires de Themistius sur Platon, que
mentionne Pholius, ne se sont pas , , ,.
i commentaires mu- ,\ les
caractérise lui-même (discours vii
THÉO